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Denisot revient sur les épisodes Ronaldo, Klinsmann et Stoitchkov

Publié le vendredi 10 octobre 2014 à 13:10
Michel Denisot était l’invité hier de l’Équipe du soir, une émission de l’Équipe 21. Présent pour présenter son livre, « Brèves de vie », il a longuement parlé de son passage comme président du PSG de 1991 à 1998.

La superstition, liée à une place de parking, prise un jour par le chauffeur de Tibéri :

« On a des superstitions, comme tous les gens qui font de la compétition ou qui présentent de la télé, des rituels. Quand on arrive au stade, on a une place [de parking], on a une forme de stress qui est très fort. Quand on est président de club, on vit les matches avec une dose d’adrénaline qui n’a rien à voir avec le public, même les supporters les plus acharnés, c’est une autre histoire. Et on a besoin de retrouver avant le match, comme un joueur met toujours avant sa chaussette gauche, de retrouver sa place. Et quelqu’un a pris ma place, ça m’a chauffé les oreilles. »

Les retours de matches :

« Le gout de la défaite dure beaucoup plus longtemps que le plaisir de la victoire. Quand vous revenez en bus de 400 km et que vous avez gagné, c’est court. Quand vous avez perdu, cela dure huit jours. »

Le PSG de Canal + et les montages financiers :

« Je travaillais pour une entreprise qui était cotée au CAC40 et il n’y avait pas de places pour des malversations de quelque ordre que ce soit. Qu’on soit sollicité pour des montages financiers qui existaient par ailleurs, peut-être mais j’ai été entendu ensuite par le juge Van Ruymbeke dans les affaires et je n’ai pas eu de suite du tout [dans l’affaire des contrats d’image entre le PSG et Nike]. Mes prédécesseurs ont eu des soucis mais je n’en ai pas eu. Et quand on est devant le juge Van Ruymbeke, on joue la Coupe d’Europe de la justice et on n’en mène pas large. »

A l’aise devant le juge Van Ruymbeke :

« C’est ma meilleure prestation au niveau de la blague. Mon avocat m’avait bien briefé : répondre aux questions et quand cela ne vous concerne pas, ne pas répondre. Et, au bout de 2 heures [d’audition], il me raconte une histoire de transfert, il connaît 100 fois mieux la gestion du PSG que moi puisque j’étais président du club mais je ne signais pas les chèques, c’était la direction financière de Canal+ [qui le faisait]. Je savais que je n’avais pas fait de malversation à titre personnel mais il me raconte une histoire de transfert entre Marseille et le Servette de Genève, où je n’étais plus, où un joueur va là pour 1 € puis passe là puis là, etc. Bref, je ne vais citer personne mais…(rires).
Il me dit ça et je lui dis « j’ai une blague qui illustre assez bien ce truc ». Mon avocat me fusille des yeux, le juge me regarde, et je lui dis « Je ne vais pas vous la raconter… Mais si, je peux vous la raconter ». Le greffier a posé son crayon et n’a pas noté. C’est un type qui croise quelqu’un qui vend un chien en bas de Wall Street. Il le vend 1 M€ alors que le chien n’a rien de particulier. La journée se passe et le type n’a plus le chien le soir. Il lui demande « Vous l’avez vendu 1 M€ ? ». « Oui, j’ai réussi ». « Mais comment vous avez fait ? ». « Je l’ai échangé contre deux chats à 500 000 € ». Et, bien, dans le football, ça existe. »

Les propos récents d’Ancelotti dans So Foot :

« Ce n’est pas un tacle, il dit ce qu’il pense, il raconte ce qu’il s’est passé. On lui demande son avis longtemps après, il n’a pas mis de l’huile sur le feu, il est parti et tout s’est passé entre gentlemen. Aujourd’hui, il y a un magazine qui vient lui demander d’expliquer comment il a vécu cette saison avant de partir donc il raconte qu’il avait annoncé assez tôt qu’il allait partir donc je trouve que tout ça était assez clair et qu’il avait un comportement très professionnel. Aujourd’hui, il explique ce qu’il s’est passé mais ce n’est pas très méchant. […] Personne n’a parlé donc il écrit l’histoire. […] Je trouve ça relativement élégant. […] Paris a eu beaucoup de chance de l’avoir.

Ancelotti ne vivait pas dans une bulle, les grands entraîneurs ont des contacts avec des grands clubs.»

Concernant un retour à l’hiver 2013 :

« Cela ne s’est pas fait parce qu’on ne m’a pas prévenu, je ne me souviens de rien (sourires). Mon nom a été cité quelques fois où ce n’était pas vrai et pas cité d’autres fois où c’était vrai. 

Je discute avec Nasser quelques fois quand je vais au match mais c’est tout. »

Changer Kombouaré pour Ancelotti ?

 «  Quand on n’est pas à l’intérieur d’un club, on n’a pas tous les paramètres. C’est le boulot des journalistes et je suis vraiment à l’extérieur depuis longtemps. Quand on ne sait pas ce qu’il passe à l’intérieur, quand on n’a pas les clés ni le pouvoir…

J’ai contacté, après mon passage comme président, des gens pour le PSG parce que Pierre Lescure me l’avait demandé, pour lui, pas pour le président délégué qui était en poste. Et pas des moindres. Mais je m’arrêterai là. Personnellement, je n’ai jamais changé d’entraîneur en cours de saison, ni à Châteauroux ni au PSG. Ah si, à Châteauroux. »

Le retour des anciens abonnés, même s’il se faisait siffler à la fin :

« C’est le propre des supporters des tribunes dites populaires. Aujourd’hui, c’est différent, le modèle du PSG est un modèle à l’anglaise, avec des places plus chères, avec un public qui a de la tenue. Ce n’est pas non plus un salon de thé mais c’est beaucoup plus calme. Est-ce que je les ferais revenir ? Oui. »

Laurent Blanc, le bon coach pour Paris :

« C’est toujours pareil, j’ai suffisamment entendu de conneries de gens qui étaient à l’extérieur quand j’étais à l’intérieur donc je ne vais pas m’y mettre. »

Le PSG actuel :

« C’est une construction extrêmement prestigieuse avec un recrutement comme on en rêvait dans les équipes françaises en disant « Chelsea c’est formidable » et maintenant cela arrive à Paris, et un peu à Monaco aussi. C’est bien pour le public parisien et pour l’ensemble du championnat. »

La différence avec son époque :

« La génération 93/98 est différente parce qu’à l’époque les joueurs n’étaient pas des nomades si je puis dire. Et j’ai eu la chance de faire mes sept ans pratiquement avec le même groupe. Cela crée quelque chose, c’est un bonus. »

Pour quelle équipe pendant la finale de Coupe de France PSG/Châteauroux ?

« J’étais président de Châteauroux, tu rigoles ? J’avais même appelé le marabout pour qu’on gagne. Mais on a perdu 1-0. »

 

Il a également répondu à quelques questions rapides sur des rumeurs sous sa présidence :

- Guy Roux premier coach contacté par le PSG de Canal+ ?
- Faux.
- Bernard Tapie vous a soufflé vos trois premières recrues ?
- Non, on a fait un échange Angloma contre trois joueurs de l’OM, Germain, Pardo et Fournier et voilà…  (sourires). Cela vous fait rire et vous avez raison… On apprend toujours à ses dépends et ça a été fait.
- Est-ce vrai que vous avez voulu faire partir Daniel Bravo pour faire signer Laurent Blanc ?
- J’étais en contact avec Laurent Blanc à un moment donné et il est finalement parti à Marseille mais non… Je n’ai jamais proposé Lille à Bravo, peut-être à un autre club (sourires).
- Raï a-t-il été prolongé en 96 pour contrer les contacts de Luis avec Zidane et Dugarry ?
- S’il avait pris contact avec Zidane et Dugarry sans me le dire, ça m’étonnerait. Non, c’est une plaisanterie.
- Est-il vrai que vous avez fondu en larmes quand Luis Fernandez vous a annoncé son départ de Paris ?
- (rires)… Avec Luis, il y a des rapports toujours un peu fusionnels. J’ai parfois eu des émotions en sept ans mais c’était plus pour des matches.
 

Il a également raconté des anecdotes plus longues sur trois transferts en particulier :

Ronaldo au PSG :

« Oui, j’ai été en contact avec Ronaldo grâce à Ricardo à l’époque qui était assez proche de lui quand il était à Eindhoven [donc avant 1997]. Il arrive en Europe, le phénomène était évident, j’en avais parlé avec Pierre Lescure et on avait une stratégie à Canal à l’époque. Comme c’était avec l’argent des abonnés qu’on finançait le PSG, les abonnés de Marseille n’avaient pas envie que… On ne pouvait pas être dominant comme l’est le PSG aujourd’hui par rapport à nos abonnés de Canal+ sachant que c’était avec l’argent de Canal+. Aujourd’hui, par rapport aux abonnés de BeIN Sports, c’est différent parce que l’argent vient du Qatar. »

La folle affaire Weah/Klinsmann :

« On a engagé Klinsmann effectivement. Il a signé au PSG et il est resté deux jours. Au moment où on a signé Klinsmann, j’ai appris qu’il y avait une ouverture pour Weah à Monaco. J’ai continué à avancer avec l’accord de Pierre Lescure sur Weah, j’ai eu des discussions à Rome où j’étais en tournage, on est revenus et on est restés une semaine à Monaco pour se mettre d’accord avec Weah avec la bénédiction de Jean-Louis Campora (président de l’ASM). On s’est mis d’accord et le dossier Klinsmann avançait en même temps. On a switché les deux avec l’accord de tout le monde. Tout cela s’est fait conjointement et je n’ai croisé Klinsmann qu’à l’aéroport de Nice quand il arrivait et qu’on partait.

La fausse arrivée de Hristo Stoitchkov en 1992 :

« Je suis allé à Barcelone pendant une semaine, Stoichkov était en fin de contrat avec Barcelone donc on discute. On était financièrement prêts pour s’aligner sur le contrat, on se met d’accord avec lui. Non, il n’était pas en fin de contrat, il lui restait un an et il voulait partir. Son agent de l’époque nous dit que c’est possible donc on se met d’accord, on signe le contrat avant que le transfert ne soit fait, ce qui arrive… On signe un accord en tout cas. Et, ensuite, Barcelone nous a pris pour des débutants qu’on était et nous a dit « non, pas question ». Joan Gaspart, le vice-président qui était le patron, nous a éconduits et on est revenus à Paris sans Stoitchkov. Et on lui a dit « on déchire le contrat, on ne va pas faire d’histoire avec ça ».

Mais ce n’est pas fini. Quelques années plus tard, après nos 5 ans en demi-finale ou en finale de Coupe d’Europe, on a commencé à exister sur la scène européenne, on a battu Barcelone et Gaspart vient me voir un jour et me dit « Ecoutez, je suis désolé, on s’était conduits de façon un peu cavalière avec vous, si on peut vous rendre un service, cela sera avec plaisir. » Arrive alors le match entre le PSG et Bucarest. J’avais dit à Leonardo la veille « Si on perd, tu ne pars pas à Milan. On est dans une phase où tout le monde se fout de nous, si on perd, tu ne pars pas. S’il y a un exploit et qu’on gagne, tu pars ». A la fin, on gagne 5-0, je descends et je dis à Leo que c’est OK pour Milan. J’appelle Gaspart et je lui dis « Est-ce que vous pouvez me faire des offres, fictives, par fax, pour transférer Leonardo ? » Il m’en a fait jusqu’au moment où j’arrive auprès de Milan… »

On s’est régalés de cette anecdote avec Luis Fernandez :

« A La Corogne, je me souviens d’une blague de Luis. On était l’après-midi à attendre le match, à l’hôtel, et on boit quelque chose. Jean-Michel Moutier, comme d’habitude, dit « Je prends une bière ». Et Luis dit « Je prends une cerveza, j’aime pas la bière mais j’aime bien la cerveza en Espagne. »

Il a fini par une blague sur Chirac, tirée de son livre :

« En ce moment, je suis en tournée pour mon bouquin et je raconte toujours des blagues. Il y a la blague de Jacques Chirac quand il était maire de Paris. On était assis au premier rang et, comme le dit Platini, Jacques Chirac aime les sportifs mais il ne les connait pas toujours. On marque et il me dit « Qui a marqué ? ». Je dis « Bravo » et il me répond « Oui mais bravo qui ? »



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