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Son départ, son possible retour, son but contre le Real : les confidences de Ginola sur sa relation avec le PSG

Publié le mercredi 20 novembre 2019 à 10:50 par Homer
Invité de l'émission de Pia Clemens sur France Bleu Paris, David Ginola est longuement revenu sur son passage au PSG : de sa complicité avec les supporters à son but face au Real Madrid en passant par son départ en 1995. El Magnifico a même évoqué un possible retour au club à l'avenir. Morceaux choisis.

Son départ du PSG : 

«Quand je regarde le nombre de temps que j'ai passé à Paris, qui est très court par rapport à ce que j'aurais dû faire, je voudrais régler les choses des années après. Je ne suis pas parti de Paris parce que je n'aimais plus le club ! Je ne suis pas parti de Paris parce que j'en avais la possibilité. Je suis parti de Paris parce que j'avais une incompatibilité de travail au quotidien avec certaines personnes. (Avec qui ?) Mon entraîneur de l'époque (Luis Fernandez, ndlr). C'était très clair. A un moment donné, il faut savoir quand on éprouve des difficultés au quotidien, il faut savoir tirer sa révérence et dire bon... Et je ne l'ai pas fait de gaïeté de coeur. Les dernières discussions avec Michel Denisot (le président de l'époque, ndlr) ont été très claires là-dessus. Je lui ai dit : "Michel, moi, c'est mon club, c'est mon jardin le Parc. J'ai l'impression d'être chez moi. Quand je sors, je regarde autour de moi, je vois les travées du Parc, je n'ai aucune angoisse. J'ai l'impression qu'ils vont m'aider, me soutenir, me transcender". Ca, c'est très difficile parce que partir pour recommencer à vivre ça, c'est compliqué. Tout ce que j'ai ressenti à travers mes années au Parc, j'aurais aimé que ce soit pour toujours. Malheureusement, il y a des impondérables. Il y a des choses qui sont indépendantes de votre volonté. Et qu'à l'époque... Une carrière de footballeur, c'est très court, vous savez. Je pense qu'un entraîneur peut très rapidement vous déglinguer. Et que si on ne fait pas attention, on peut très vite se retrouver dans des positions inconfortables.»

Sa relation avec les supporters du PSG : 

«Ce que j'ai vécu avec les supporters du PSG, je l'ai vécu quand je suis arrivé à Newcastle en Angleterre. Je ne sais pas si c'est lié au jeu ou à ma façon d'être, ma façon de vivre, ma façon d'être avec les gens. Il se crée quelque chose immédiatement, je n'arrive pas à m'en défaire. Partir d'un club, ça a toujours été compliqué pour moi. Je prends d'autres cas de joueurs qui ont réussi à le faire sans aucune difficulté. Moi, chaque fois que je suis parti d'un club, ça a été un crêve coeur. Kevin Keegan, mon entraîneur à Newcastle, m'a dit que s'il me laissait partir au Barça, parce que l'épisode a continué en Angleterre, il m'a dit : "David, si je te laisse partir, je me fais pendre haut et court sur la place publique." Donc, on arrive à des situations où il n'y a plus seulement la performance du joueur qui compte, mais ce que tu représentes en tant qu'homme, en tant que personne. Et je crois que c'est le plus important. Ce que tu es en tant qu'homme, c'est ce qui reste après. Parce que si tu es un sombre connard, à l'arrivée, tu as beau être un bon footballeur, cela n'a aucun intérêt. (...) Oui, je serai toujours parisien. Je le serai toujours. (...) J'ai toujours dit les choses telles qu'elles étaient, telles qu'elles le sont. Je le fais encore aujourd'hui, je n'ai jamais renié mes origines du sud de la France, proche de Marseille. J'avais vraiment grandi dans un environnement qui était très proche, avec des gens qui étaient supporters de l'OM. Mais ma décision de signer à Paris était autre. Quand j'ai décidé de signer à Paris, je me suis dit que je serais loin de tout, je suis jeune, j'ai ma carrière devant moi, j'ai besoin de travailler dans des conditions où je ne vais pas être pollué au quotidien par un environnement, les copains qui te disent "vas-y, on va faire çi, ça". A Paris, je savais que j'allais me mettre focus sur le job et que j'allais passer un pallier. C'est ce que j'ai fait.»

Son match contre le Real :

«Pour moi, ce match-là, cela a été peut-être le resultat de beaucoup d'années de sacrifices, de travail à travers l'équipe. Quand tu veux être footballeur professionnel, quand tu es jeune, tu veux vivre des moments comme ça. Perdre 3-1 à Madrid, contre une équipe du Real, une équipe incontournable, qui a gagné des tonnes de choses, retourner la tendance au match retour, il faut vraiment que l'équipe soit une vraie équipe. Que le but de Valdo, de Weah, de Ginola, de Kombouaré soient anecdotiques... ils sont anecdotiques, ils viennent conclure cette osmose qu'il y avait entre nous, ce travail technique, physique, tactique, psychologique qu'on avait mis en place tous ensemble. On n'était pas les meilleurs du monde, mais tous ensemble, on pouvait l'être. Et ce soir-là au Parc, on a eu ce sentiment-là, il y aurait pu avoir ce soir-là n'importe quelle équipe du monde, on les aurait battu. C'est le sentiment qui t'arrive très peu souvent dans une carrière et on l'a vécu ce soir-là. Et quand tu rentres dans le vestiaire, tu te poses la question : "Mais, je l'ai vraiment vécu ce moment-là ?". C'est incroyable, c'est comme s'il y avait des bulles, j'explique souvent ça parce que c'est réel, c'est ce que j'ai vécu, quand Daniel (Bravo) me fait la remise de la tête, au moment où le ballon rebondit par terre, puisque c'est une demi-volée. J'ai comme une sort de bulle qui m'entoure et je ne vous (les supporters) entendais plus. J'étais comme dans un univers parallèle. Attention, je n'ai pas fumé, je n'ai pas bu... C'est vraiment un sentiment. Tout le geste qui vient est parfait, parce qu'une demi-volée comme celle-là, elle peut finir chez vous, dans les tribunes, au dessus du stade, être dévissée... Pour qu'elle parte comme ça, parfaite sous la barre, c'est qu'il y a tout un concours de circonstances qui fait que c'est parfait. Et au moment où le ballon tape dans le filet, il y a un réveil, et là de suite c'est l'explosion. C'est un moment très rare. Il y en a très peu dans une carrière, sur une vingtaine d'années, et ce soir-là, c'est arrivé. Je pense qu'on ne peut l'avoir qu'après des années de sacrifices. Parce qu'on oublie souvent de le dire. Je crois que c'est très important de le rappeler, quand on parle du football et notamment en ce moment, on parle des footballeurs, de leur argent, du côté bling-bling, etc... Il ne faut pas oublier que ce sont des années de sacrifices et au quotidien beaucoup de travail. Je me rappelle quand j'étais joueur, si je lésignais sur les parties physiques de l'entraînement, mon dribble ne passait pas. Il manquait 10 cm, il y avait un pied, une épaule, alors que quand j'étais à 100% physiquement, personne ne pouvait me prendre le ballon.»

Ginola à Auteuil : 

«J'étais invité pour un PSG-Nice en 2003. Je n'étais pas revenu depuis pas mal de temps. J'étais en tribune VIP avec coupes de champagne et tout. Et je leur ai dit que je souhaitais aller dans la tribune. On m'a expliqué que c'était très compliqué mais je leur ai dit : "Je veux ça". Je n'ai pas fait non plus la Diva. Mais c'est quand meme vachement important pour moi. Je pense ne l'avoir même jamais fait quand j'étais sous contrat à Paris. Donc ils se sont débrouillés, j'y suis allé. Je me rappelle être arrivé, sur la tribune où il y a tout le ciment des murs, je me rappelle, cela m'avait surpris, je ne les avais jamais vues, il y avait des fresques avec des joueurs sur le mur, il y avait notamment Bernard Lama. Je trouvais ça magnifique. On aurait dit qu'on rentrait dans une cave, comme dans les grottes de Lascaux, avec des peintures murales. Je trouvais ça magnifique parce que c'était l'histoire du club. Et après je suis entré dans la tribune, je suis allé me mettre carrément avec eux et tous les gens n'en revenaient pas. "Mais qu'est ce que tu fais là ?" Je leur ai répondu que j'étais venu les voir. Et en discutant, je leur ai demandé si on venait souvent les voir, on m'a répondu que personne ne venait jamais les voir. Et ça, ça m'a meurti. Et je le pense encore aujourd'hui, si je m'investis dans un club de football, c'est une chose qui ne se passerait plus jamais.»

Un possible retour au PSG : 

«Oui, mais pas aujourd'hui. Je vous dis "pas aujourd'hui" parce que les choses sont trop compliquées et je n'ai pas envie de faire du rentre-dedans. J'ai envie que les gens aient envie de m'avoir. D'avoir mes idées. J'ai envie que les gens aient envie de me prendre pour développer quelque chose qui soit différent. Pour arriver à ce que l'équipe soit victorieuse demain et que les supporters soient à l'unisson avec le club. »



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