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Buffon, le compte-rendu complet de sa présentation

Publié le lundi 9 juillet 2018 à 20:30 par Philippe Goguet
Trois jours après l'officialisation de son arrivée au PSG, le gardien italien Gianluigi Buffon a été présenté à la presse ce lundi. Face à une audience très nombreuse et à fort accent italien, l'Italien de 40 ans est revenu sur ce mouvement que peu avaient imaginé il y a encore quelques mois. A l’aise en toutes circonstances, toujours dans l'argumentation et d'une sérénité à l'image de celle qu'il dégage dans ses buts, il a réussi sa première intervention publique comme membre du club parisien.

Comme à chaque conférence de presse importante, le rendez-vous est fixé dans le grand auditorium du Parc des Princes et c'est avec le retard traditionnel d'un bon quart d'heure que le président Nasser Al-Khelaïfi et son nouveau gardien Gianluigi Buffon se sont présentés face aux nombreux journalistes accrédités. Il y avait foule pour la légende italienne, et notamment pas mal de journalistes venus de l'autre côté des Alpes. 

Comme toujours, c’est le boss qatari qui a commencé à parler : « Bonjour à tous, merci d'être ici au Parc des Princes, on est très heureux, j'ai l'immense plaisir de vous présenter le grand Gianluigi Buffon. Tout d'abord, c'est un grand gardien, un grand leader, sur le terrain et en dehors. Il a beaucoup d'expérience avec tous les trophées qu'il a gagnés. On n'oublie pas non plus qu'il est champion du monde. Gigi a choisi Paris parce qu'il veut encore gagner beaucoup de trophées avec nous. Pour moi, j'ai toujours pressenti qu'il allait venir à Paris.» Le président parisien Nasser Al-Khelaïfi se tourne alors vers le gardien et lui parle : «On a une très belle histoire qui commence aujourd'hui entre Paris et toi. Bienvenue dans ta nouvelle maison. Merci beaucoup, grazie mille.»

Buffon répond immédiatement, en français : « Merci beaucoup.» Après un temps d'arrêt, il commence son discours : «Bonjour, bonsoir (rire), je suis très content d'être ici avec vous et je suis extrêmement excité par cette nouvelle aventure. Il y a là une énergie particulière que je perçois. Je ne sais pas si c'est dû à l'ambiance, à la magie de Paris, à l'enthousiasme des supporters, des dirigeants et du président (pour l'énergie) que nous voulons former ici. Merci encore pour tout cela et pardon, je préfère passer à l'italien car c'est plus facile pour moi pour le moment.»

Son choix, la Champions League et son statut

La conférence de presse est lancée et la première question de la presse concerne l'origine de sa venue au PSG, notamment la date des premiers contacts : «C'était une surprise, une surprise de début mai, très appréciée de ma part bien évidemment. Il faut dire que je pensais déjà à planifier un avenir différent pour moi. Mais il faut dire que j'ai toujours eu l'ambition et l'espoir en moi que quelque chose arrive. Je sentais en effet que j'avais encore quelque chose à donner, à l'intérieur de moi, et c'est ce qui s'est passé d'ailleurs. La vie est imprévisible.»

«J'ai commencé bien avant le PSG à essayer de gagner la Ligue des Champions»

Après ces révélations sur sa venue, Buffon est interrogé sur la Ligue des Champions. La raison de sa venue ? Il corrige d'entrée : «J'ai commencé bien avant le PSG à essayer de la gagner (sourire). Je pense que ce n'est pas l'objectif ou l'obsession du PSG. C'est un trophée intéressant et j'ai accepté l'offre car je pense qu'il y a les conditions pour que je puisse progresser en tant que personne et joueur. Je pense pouvoir contribuer à faire en sorte que ce club, sur le terrain, puisse progresser encore un petit peu plus. Il pourrait avoir l'ambition de résultats de plus en plus importants. Mais au début d'une saison, on ne peut pas uniquement à un objectif comme celui de remporter la Ligue des Champions. Ce serait de la folie, de la folie complète, et on n'est pas fou ici.»

Son statut au PSG est le thème de la question suivante, un doute entourant ce point, et Buffon répond : «Comme vous le dites, j'ai toujours été n°1 à Parme, à Turin et dans l'équipe d'Italie mais personne ne m'a jamais dit que j'allais être titulaire a priori. J'ai toujours été un joueur qui a gagné le droit d'être titulaire, d'être sur le terrain. C'est ça le sport, la compétition. Bien évidemment, j'ai un certain âge, 40 ans, mais j'ai un bon état de santé, un bon mental aussi je crois, et je sais que pour atteindre certains résultats, il faut l'aide de tout le monde, donc des 25 joueurs de l'effectif du club. Il faut également l'aide de la direction du club. Je crois que tout le monde essaye d'avoir une place importante au sein de l'équipe et je vais faire tout mon possible pour faire en sorte que mes coéquipiers, et donc les autres gardiens, puissent faire de leur mieux. Mais je tiens à montrer encore une fois que je suis un grand gardien et je suis sûr que je vais le faire.»

Son âge et son intégration au cœur des questions

Buffon a effectivement 40 ans et il lui est demandé combien d'années il compte encore jouer au très haut niveau. Sa réponse est pleine de charme : «J'ai arrêté de faire ce calcul il y a un bon moment. Lorsque j'avais 30 ans, je pensais pouvoir jouer encore 2 ou 3 ans. Puis, à 34 ans, je me suis dit que je vais encore jouer 2 ans. Pareil, à 36 puis 38 ans, et j'ai maintenant franchi les 40 ans et j'ai encore joué en équipe nationale. Cela veut dire quelque chose, cela veut dire qu'on est des compétiteurs et au plus haut niveau. Je ne veux donc plus me poser cette question, ce n'est pas la bonne à se poser d'ailleurs. Cela me mettrait dans une situation négative dont je n'ai pas besoin. J'ai envie de jouer tant que mon corps me le permettra, tant que je suis encore parmi les meilleurs joueurs. Quand je ne pourrai plus être à ce niveau, j'arrêterai de jouer (rires).»

«Dans un mois, je serai plus en confiance, je pourrai mieux m'exprimer avec tout le monde et je serai aussi un meilleur gardien car je travaillerai autrement»

Au PSG, Buffon va découvrir sa première expérience à l'étranger et il est interrogé sur ce premier au revoir à sa terre : « C'est une très bonne question... J'ai joué pendant 10 ans à Parme et pendant 17 à la Juventus. A Turin, j'avais créé une zone de confort, que je dirais considérable. Je n'ai jamais aimé me trouver dans une zone de confort car j'ai toujours aimé la compétition, j'ai toujours cherché les défis et j'aime bien cela en tant que joueur et personne. Aujourd'hui, j'ai eu mon premier entraînement à Paris, la plupart des gens parlent une autre langue, c'était bizarre mais agréable de pouvoir communiquer. Ces moments-là sont très beaux, ce sont de très beaux souvenirs qui vont me permettre de progresser encore davantage. Dans un mois, je serai plus en confiance, je pourrai mieux m'exprimer avec tout le monde, je connaîtrai de plus en plus de personnes et je serai aussi un meilleur gardien car je travaillerai autrement. C'est la vie d'une personne, il faut élargir ses horizons, connaître de nouvelles personnes, de nouveaux amis, je ne pouvais pas refuser cela, même si j'ai 40 ans.»

 

Matuidi le guide, Neymar le revanchard, son énergie intérieure comme moteur

Débarqué à Paris il y a peu, Buffon a connu Blaise Matuidi à Turin, un ancien Parisien bien connu. Et le rôle de l'ex-milieu gaucher est sondé : «Je n'ai joué qu'un an avec Blaise Matuidi mais c'est une personne extraordinaire. Il y a de l'affection entre nous, une empathie très forte. Lorsqu'il a su qu'il y avait la possibilité que j'aille à Paris, il m'a encouragé à venir. Il m'a dit :" A mon avis, Gigi, Paris a besoin d'un joueur comme toi et je pense que ça se passera très bien pour toi à Paris et dans le vestiaire du PSG." Connaissant son affection et son estime pour moi, c'est pour cela que je l’ai écouté.»

Après les Français, ce sont les Brésiliens qui l'interrogent sur Neymar et sa Coupe du Monde en demi-teinte : «Cela peut arriver à tout le monde d'avoir des moments difficiles dans une carrière, c'est arrivé à tous, dans la vie d'abord mais aussi dans une carrière professionnelle. Ce sont des étapes. Si on arrive à les passer, on progresse de façon considérable et un champion comme Neymar peut bien réagir après une déception comme celle de la Coupe du Monde. Il peut rentrer à Paris avec une rage et une envie de gagner considérables. Cela va être positif pour ses coéquipiers et pour le club.»

«Aujourd'hui, je suis arrivé à Paris avec l'enthousiasme d'un enfant.»

La presse italienne reprend la main et l'interroge sur une comparaison entre son arrivée à Turin en 2001 et celle à Paris maintenant : «Je suis arrivé à la Juve, j'avais 23 ans, j'avais une expérience limitée, je n'avais connu que Parme et si on se souvient de la somme déboursée pour m'acheter (53M€, soit le gardien le plus cher de l'histoire), j'avais ressenti un peu de responsabilités sur mes épaules. J'avais envie d'être à l'aise à Turin mais j'étais effectivement au début dans une situation un peu difficile. Aujourd'hui, je suis arrivé à Paris avec l'enthousiasme d'un enfant. C'est la vérité. C'est clair que j'ai 40 ans mais on a une énergie intérieure, un enthousiasme, on sait quel est notre état physique. Le sport a aussi beaucoup changé, il y a un grand nombre de joueurs qui continuent de jouer à 34 ou 35 ans, ils sont toujours très forts, très performants. C'était quelque chose qui était impensable il y a 15 ans. Aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi un gardien de 40 ans ne pourrait pas avoir des moments importants, de passion, en tant que protagoniste. Et mon rôle est bien évidemment différent par rapport au rôle d'un joueur de champ.»

Lancé sur la sélection nationale italienne, il a expliqué qu'il «pense que tout le monde aimerait voir l'Italie voir de retour pour la prochaine compétition.» Il dévie ensuite sur la France : «Je pense qu'elle va arriver au bout. Elle a un sélectionneur extraordinaire que j'ai connu à la Juve et elle a un talent et une équipe considérables. La France est un candidat sérieux pour gagner la finale. Je pensais le Brésil favori mais la France est juste derrière.»

Sa sanction et sa nouvelle équipe qu'il connaît déjà bien

Buffon est ensuite relancé sur sa suspension de 3 matches en Ligue des Champions et le frein que cette suspension aurait pu représenter. Il avoue être dans le flou : «Je ne sais pas, je pense que c'était plutôt le club qui aurait éventuellement dû réfléchir à cette possibilité. Ma décision de venir à Paris ne dépendait pas de la sanction et de la suspension de 2 ou 3 matches. Je respecte bien évidemment cette sanction. Après la fin du match, la rage et la colère se sont estompées et on accepte la situation.»

«Très souvent, l'équipe correspond à l'état d'esprit et à la personnalité de l'entraîneur»

Autre point abordé par la suite, le prétendu manque de caractère de l'équipe parisienne. Buffon va défendre sa nouvelle équipe : «C'est le club que j'ai le plus suivi ces dernières années parce que j'étais très curieux : les grands joueurs, le grand talent m'intéressaient et j'étais surpris que le club n'arrive pas à progresser comme il l'aurait souhaité donc j'ai toujours suivi avec beaucoup d'intérêt. Il faut toujours du temps, de l'expérience pour évoluer comme on le souhaite. Depuis quelques années, Paris a de grandes ambitions et il y a une progression continue. L'identité du club sur le terrain dépend aussi beaucoup de l'entraîneur. Très souvent, l'équipe correspond à l'état d'esprit et à la personnalité de l'entraîneur.» 

Le gardien est ensuite intéressé sur ce qu'il connaît de la Ligue 1, son nouveau championnat. Après un temps de réflexion, il répond : «Et bien je connais très bien le fils de Thuram puisque j'ai joué avec Lilian il y a 10 ans (sourire). Mais c'est aussi arrivé avec Chiesa et d'autres joueurs, ce n'est plus une nouveauté pour moi. Sinon, le championnat français, grâce aux investissements du PSG, est devenu de plus en plus intéressant et suivi à l'étranger. Il y a des équipes qui ont une grande tradition : Lyon, Saint-Étienne, Marseille, Bordeaux. Lorsqu'on joue dans ces stades, c'est toujours une très grande expérience. Pour un joueur comme moi qui a joué sur de nombreux terrains, c'est toujours fondamental d'avoir ce genre d'expériences et d'émotions.»

La conférence de presse se finit sur cette réponse, Buffon appartient désormais aux photographes. Après une première pose avec le président parisien, il part ensuite sur la pelouse du Parc des Princes pour une série de photos :

La séance dure quelques minutes puis Buffon part à la rencontre des supporters parisiens présents devant le Parc des Princes pour ses premiers grands moments de communion avec son nouveau public :

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