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Cavani, son interview complète dans MARCA

Publié le lundi 12 février 2018 à 14:56 par Philippe Goguet
L'attaquant du PSG Edinson Cavani fait la une du quotidien sportif madrilène MARCA à deux jours du grand choc contre le Real. Il évoque longuement le match, forcément, mais aussi son parcours personnel, Mbappé ou encore Emery et Cristiano Ronaldo.

MARCA : Parlons du match en lettres capitales.

Cavani : «Oui, c'est pour cela que vous êtes venu, non ? (rires)

Comment est le PSG avant d’affronter le Real Madrid ?

Nous sommes dans un grand moment, honnêtement, nous tournons bien dans toutes les compétitions, avec quelques erreurs, mais je trouve cela logique. Le football est comme ça. Vous pouvez avoir un match à l’extérieur, à un niveau peu élevé, et vous perdez. Mais cela sert aussi à vous réveiller et à réaliser ce que vous avez en tête. Nous travaillons pour faire des progrès tous les jours.

Cela fait 5 ans que vous êtes ici, est-ce la meilleure période de l'équipe depuis votre arrivée ?

Nous avons fait signer des personnes importantes, ce qui améliore beaucoup notre équipe. C'est évident. Cela nous donne de la confiance sur le terrain. Cela nous motive pour tous les défis, y compris la Ligue des Champions, évidemment.

Ce match peut faire devenir le PSG, enfin, un grand d'Europe. Ressentez-vous cela dans le vestiaire ?

Nous sentons tous que ce sera difficile, autant que prestigieux. Les deux. Cela sera quelque chose de spécial à jouer contre un Madrid avec autant d'histoire. Cela vous enthousiasme, cela vous donne envie de sauter sur le terrain. Mais ce sera compliqué, nous affrontons un rival avec beaucoup d'expérience et avec des joueurs qui peuvent faire la différence à chaque minute. Et oui, le Bernabeu est aussi vu comme une étape dans le processus de croissance du club de ces dernières années, avec beaucoup de changements. Nous voulons être encore meilleurs, continuer à grandir en tant qu'institution et emmagasiner de l’expérience.»

Qu'est-ce qu'Unai Emery vous a apporté en tant que technicien ?

La confiance. C'est la chose principale. C'est un entraîneur qui se base beaucoup sur la motivation et c'est essentiel et utile pour le joueur. En football comme dans la vie, vous avez besoin de confiance. Et Unai fait du bon travail de ce point de vue-là. Entraîner une équipe avec de grands joueurs et d'énormes recrues, c’est facile sur certains aspects et difficile sur d'autres. De nouveaux joueurs sont arrivés et cela a pris du temps. Emery apporte des choses très positives.

En Espagne, nous avons connu le match éliminatoire contre le Barca avec l'arbitrage d'Aytekin. Avez-vous déjà oublié cela ?

Le football dépend de beaucoup de choses, ce n'est pas aussi simple. L'équipe la plus mature, la favorite de la Champions League, peut être éliminée ou une nouvelle équipe ou de moindre qualité peut créer la surprise. Le football, comme je vois la vie, est basé sur le travail. Et si vous travaillez, et que vous avez aussi de la qualité, tout peut arriver. Le match du Camp Nou ? Oui, nous avons été sortis, nous avons perdu un match incroyable, mais cela faisait partie du chemin de ce club. Nous avons perdu et nous avons appris. Ce PSG a été renouvelé, avec plus d'expérience, et tout s'additionne.

Vous ne citez pas l’arbitre...

Je ne suis pas une personne qui va blâmer qui que ce soit. Je crois au travail sur le terrain. 98% des matches sont perdus à cause de la supériorité de l'adversaire ou parce que vous n'étiez pas à la hauteur. Les autres choses n'ont pas d'importance. Le match à Barcelone entre dans ce genre de cas où on se demande ce qu'il s'est passé, pas parce que j'y étais, mais parce qu'il y a eu des choses évidentes, très claires. Mais ça ne sert à rien de revenir dessus. C'est à chacun de les juger. C'est arrivé et c'est déjà du passé.

Revenons au match de Madrid. Vous imaginez une confrontation avec beaucoup de buts ?

Il est inévitable de penser à la façon dont le match se déroulera, de quelle manière il va se dérouler. Vous pensez à comment Madrid est, comment il a abordé ces matchs les années précédentes... Je ne sais pas si ça va être un match avec beaucoup de buts. Je ne crois pas. Le début, tout du moins, est toujours plus fermé. Ils ne veulent pas que nous marquions des buts, et à l'extérieur ils essayeront d'attendre pour contre-attaquer. Mais il peut très bien se passer quelque chose d'autre... Parfois, c'est inutile d'imaginer des choses, parce que le football est imprévisible. Ce sera un très grand match à vivre pour nous et où les défenses auront beaucoup de travail.

Vous êtes un attaquant et vous pouvez le comprendre. Cristiano n'est pas dans une très bonne période. Qu'est-ce qu'il peut faire dans ces moments-là ?

Et bien, il possède plus d'expérience que moi et il saura s’en sortir. Je ne crois pas que ça doit le préoccuper. Il sait que ces choses arrivent pour nous autres attaquants. D'autant plus pour le type d'attaquant qu'il est, avec cette conviction et la confiance qu'il a en lui-même. Mais cela peut vite s'arrêter et la motivation se réactiver en un match. Comme collègue de football de Cristiano Ronaldo, vous savez que cela fonctionnne comme ça.

Parlons de vous. Qu'est ce qui vous est passé en tête quand vous avez marqué ce 157e but qui vous fait passer devant Ibra comme meilleur buteur de l'histoire du PSG ?

Je n'étais pas anxieux ce jour-là (contre Montpellier). Quand j'ai marqué, je me suis rappelé du chemin parcouru avec ce club durant toutes ces années. Je suis de ceux qui regardent en arrière quand quelque chose d'important arrive. Ce qui m'a le plus frappé, après avoir atteint le record, c'était la réaction de certains coéquipiers... et des gens ! J'ai senti que les fans étaient connectés avec moi, qu'ils m'ont aidé à marquer autant. Cela m'a rempli de joie, au-delà d'être le recordman.

Quel but aimeriez-vous réaliser et où... que vous n'ayez pas encore réussi avec Paris ?

C'est clair. Je n’ai pas encore réussi de ciseau retourné et j'aimerais que ce soit le jour d'un grand titre pour ce club, en finale de la Ligue des Champions, par exemple (rires). J'ai marqué des buts de toutes sortes, mais dans cette liste, il me manque le ciseau retourné.

L'autre match que vous avez joué à Bernabeu (en novembre 2015 en Champions League), vous n'avez pas pu marquer. Vous le regrettez ?

Je m'en rappelle, il y avait Blanc sur le banc. Nous avions perdu 1-0 avec le but de Nacho. C'était la phase de poules. Et oui, ce serait bien de marquer à Bernabéu, bien sûr. Je me souviens de l’action de ce match, c'était un centre évident, j'étais sûr de le toucher de la tête en premier, et en me tournant pas totalement, je l'ai raté et la balle est partie. Nous avons fini par perdre... Alors que nous avions dominé la première période, avec des occasions. Ce sera un beau challenge et j'espère pouvoir marquer cette fois-ci à Madrid pour aider mon équipe.

Je suppose que ça fait du bien d’être un pur '9'. Avant, vous couriez beaucoup derrière les adversaires pour défendre ...

Vous savez que je ne le vois pas de cette façon ? J'aime faire une diagonale, défendre un ballon, récupérer la balle à un attaquant sur une contre-attaque. Cela me réjouit aussi en tant que joueur. Je cours et j'y arrive ! C'est moi. Cela fait partie de moi. Le jour où je ne le ferai plus, je ne jouerai plus au plus haut niveau. J'en suis sûr. Ces choses me donnent la force d'arriver encore plus fort et de marquer.

Cela ne vous enlève pas de l'énergie pour marquer des buts ?

Peut-être, oui, mais personne ne me garantit qu'en restant calme, et sans défendre, je marquerai deux fois plus de buts, 10 ou 15 de plus que dans l'autre sens. Défendre est quelque chose en moi. Je suis né comme ça, je suis sur le terrain pour tout donner, et si je dois faire une course pour couvrir un partenaire, je le fais.

Au PSG on veut la Champions League coûte que coûte. On n'accorde pas de valeur aux compétitions nationales. Vous partagez cette vision des choses ?

Cette question me plaît. C'est que je crois qu'il s'est créé toute une histoire, un mythe autour de la Champions League. Evidemment c'est la plus belle des compétitions, mais pour moi le championnat est plus important. C'est le résultat de toute une année de travail. Ce mythe de la Champions suscite beaucoup d'anxieté chez les supporters et chez les joueurs qui arrivent à Paris. Je ne crois pas que cela soit une nécessité pour un club comme le PSG, qui, outre les recrutements, est en train de grandir, d'avoir l'obligation de gagner coûte que coûte la Champions. 

Parlons de Mbappé.

Je crois que certains naissent avec le talent dès le berceau, touchés par la grâce de Dieu. Ils ont une classe naturelle depuis tout petits. Et d'autres joueurs y arrivent avec beaucoup de travail. Les deux peuvent devenir des cracks, mais ce sont deux chemin différents. Kylian, par exemple, est un joueur qui dispose d'un potentiel énorme et qui est en train de prendre de l'expérience. C'est un jeune homme très mûr, et il sait qu'il doit apprendre pour grandir. C'est déjà une icône internationale, mais tout dépend de lui pour l'être encore plus. Il est très jeune, mais déjà reconnu mondialement. Pour être une figure mondiale il faut non seulement être un grand joueur, mais aussi avoir une personnalité, un comportement et une éducation déterminées. C'est comme cela qu'on y arrive, en dédiant sa vie au football.

Et vous-même vous considérez comme de ceux qui été touchés pas la grâce de Dieu ou de ceux qui ont réussi grâce au travail ?

Je me sens béni de Dieu par mon mental de gros travailleur. J'ai toujours eu le sens de la compétition, et ne pas rester en retrait dans quoi que ce soit. Depuis tout petit, j'ai eu beaucoup moins de qualités que les autres meilleurs joueurs, mais par le travail et le dévouement j'ai obtenu de grands accomplissements. Avec ma façon de voir les choses, il y a des choses qui me comblent bien plus que d'être le buteur d'un club ou d'obtenir le Ballon d'Or. Je travaille pour ces choses moins concrètes et avoir cette mentalité de travailleur.»

NB : Propos recueillis par MARCA. Nous publions cette version intégrale de façon exceptionnelle car non-disponible en français.

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