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Tuchel, entre innovation et recherche de la perfection

Publié le lundi 21 mai 2018 à 11:11 par Julien Peschaux
Alors que Thomas Tuchel vient d’être intronisé officiellement comme le nouvel entraîneur du PSG pour les deux prochaines saisons, L’Equipe, dans son édition du jour, dresse un portrait riche du tacticien allemand, appuyé par dires d’anciens joueurs, anecdotes et marottes innovatrices d’un profil qui tranche singulièrement avec celui de ses prédécesseurs du Camp des Loges.

A travers la description faite par ses anciens joueurs et collègues et qui est relatée aujourd’hui par le journal L’Equipe, il apparait que le fil directeur de la courte carrière d’entraîneur de Thomas Tuchel semble être l’innovation. Du haut de ses 44 ans, et alors qu’il a déjà été amplement décrit comme un homme qui ne s’en laisse pas conter, on découvre comment le natif de Krumbach (Allemagne) se distingue surtout par une volonté de penser le football autrement, alliant recherche de la perfection et ouverture sur d’autres mondes pour faire évoluer son effectif dans la direction exigeante qu’il a choisie.

Si Tuchel est certes un admirateur de Guardiola, l’ancien tacticien de Dortmund choisit une voie propre, n’hésitant pas, par exemple, à ne pas suivre les conseils de l’actuel entraîneur de Manchester City qui le poussait à prendre les rênes du Bayern Munich. Dans la filiation, on peut reconnaître des points communs. Des entraînements techniques, très axés sur la qualité des passes : Julian Weigl, le milieu de Dortmund, évoque que Tuchel « pouvait s’emporter quand on ratait une passe à l’entrainement » ; un ancien joueur de Mayence narre que si « tu rates ton premier ballon le lundi matin, il te met le feu au cul ! »… Et un penchant constant vers la perfection qui le voit, par exemple, solliciter l’aide d’un neurologue pour comprendre comment un footballeur apprend lors d’un exercice, ou axer son approche sur la nutrition, tentant de limiter la consommation de viande, blé ou sucres à ses protégés pour améliorer leurs performances.

Mais loin d’être enfermé dans un carcan de rigidité, Tuchel est aussi un créatif : capable de changer souvent de système et de s’adapter à de nouvelles situations par des armes tactiques, Reiner Calmund, ancien dirigeant de Bundesliga aujourd’hui consultant, le juge à même d’utiliser « des tactiques complètement nouvelles » et d’être « capable de réagir pendant les matches avec un plan A, B, C… ». Un aspect qui sera sans nul doute apprécié par les supporters parisiens habitués aux schémas plutôt fixes de Laurent Blanc et Unai Emery ces quatres dernières saisons.

Il créée également des exercices novateurs lors des séances d’entraînement : il change les proportions du terrain en lui donnant la forme d’un cercle, d’un losange ou d’un rectangle de 70 mètres sur 18 pour travailler le jeu dans la largeur… Comme le raconte L’Equipe, il peut aussi faire tenir un objet à ses défenseurs sur des exercices pour les inviter à ne pas être tentés de tirer le maillot des attaquants sur lesquels ils défendent !

Et qu’en est-il du ressenti du milieu sur ses pratiques ? Certains l’adoubent, tels que Julian Weigl qui estime que « cette méticulosité est primordiale pour la progression », Peter Zeidler, entraîneur de Sochaux cette saison un temps pressenti pour l’accompagner à Paris, qui raconte comment Tuchel interpellait le formateur lors des sessions pour obtenir le diplôme d’entraineur en 2006, « d’une manière constructive, en disant qu’il fallait faire mieux » ou encore Reiner Calmund qui juge « qu’il a toutes les compétences pour réussir : la tactique, la préparation physique, le team building, la nutrition, la passion… ».

Mais tous ne sont pas dithyrambiques : Ivan Klasnic, l’ancien joueur de Nantes et de Mayence, estime « qu’il n’est pas toujours facile de s’entendre avec lui, surtout quand on est un joueur d’expérience », ce joueur anonyme interrogé par le journal et qui ne peut évoquer l’ancien entraîneur de Dortmund sans utiliser des noms d’oiseaux, ou Mario Götze, ancien taulier de la Mannschaft, qui s’était fait vertement tancer par Tuchel, qui lui reprochait de s’entraîner « comme chez les cadets »…

On l’a compris, le profil du technicien allemand semble clivant, spécialement pour ceux qui ne sont pas adeptes d’entraînements poussés, complexes (Eugen Polanski, ancien joueur de Mayence, estime qu’il faut au moins « un baccalauréat » pour suivre ses séances) et pointilleux. La greffe parisienne ne semble donc pas gagnée d’avance, mais beaucoup aujourd’hui croient en ce perfectionniste, exigeant avec lui-même comme il l’est avec les autres, et en ses chances de devenir un des plus grands entraineurs du continent, à l’image de ces grands clubs européens qui ont voulu le recruter (Bayern Munich, Arsenal, Chelsea).



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