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Le PSG «intéressé» par une réforme de la Ligue des Champions, mais mis en garde par Le Graët

Publié le vendredi 12 avril 2019 à 11:47 par Jean Chemarin
Par l'intermédiaire de son secrétaire général Victoriano Melero, le PSG s'est publiquement et pour la première fois prononcé en faveur d'une réforme de la Ligue des champions, qui cristallise tant d'inquiétudes au sein des Ligues nationales et des fédérations. Contre cette réforme, le président de la FFF Noël Le Graët a déjà répondu au PSG, lui demandant d'être solidaire du foot français.

C'était un secret de polichinelle, c'est désormais assumé, le PSG est favorable à une réforme de la Ligue des Champions, comme l'a confirmé son secrétaire général Victoriano Melero. Dans les colonnes du Parisien, ce dernier a expliqué pourquoi et avancé ses arguments : «L’objectif n’est pas de réformer pour réformer. Il s’agit de développer la valeur des compétitions européennes en leur donnant un nouvel élan, une nouvelle vie. Sur le principe, c’est un projet intéressant pour le PSG car créateur de richesses pour l’ensemble du football. N’oublions pas que La Ligue des Champions participe au financement de la Ligue Europa et de la future Ligue Europa 2.»

En pratique, l'une des grosses inquiétudes des opposants à ce projet concerne les conditions d'accès à cette future compétition, censées être de plus en plus verrouillées pour ceux qui n'ont pas l'habitude de la jouer. Si le PSG serait quasiment assuré d'y participer chaque année, qu'en serait-il pour les autres clubs français et le deuxième de Ligue 1 par exemple ? «Rien n’est figé notamment sur les conditions d’accès et il faudra voir dans quelles proportions les richesses peuvent augmenter, répond Melero. Ce sera un élément de réflexion important. Si l’on fait tout ça pour augmenter les droits audiovisuels de 5 %, il faudra en effet se poser la question de l’opportunité de cette réforme».

Avec l'arrivée quasiment bouclée d'une Ligue Europa 2 à horizon 2021, 128 clubs devraient être concernés par les Coupes d'Europe à court terme : 32 en C1, 32 en Ligue Europa et 64 en Ligue Europa 2. Sur ces 128 clubs, combien seront français et combien joueront la C1 ? «Selon les études disponibles, il y aurait entre 7 et 9 équipes françaises concernées par l’une ou l’autre des trois compétitions européennes, assure Melero. Après, combien en Ligue des Champions ? Là encore, rien n’est arrêté. Le football français a de bons arguments à faire valoir pour que cela soit mieux qu’aujourd’hui. D’abord parce que nous sommes 5e sur le plan des performances sportives et 2e sur le plan économique (en fonction du montant des droits audiovisuels versés par RMC Sport, le diffuseur français, ndlr).»

«L’ADN du football, cela reste le championnat national»

Autre crainte exprimée par les opposants à cette réforme, celle de voir les grands clubs concernés par la nouvelle Ligue des Champions se désintéresser de leur championnat national. Un argument que contre là aussi le dirigeant parisien : «Je vois mal le club et nos supporters accepter que le PSG joue les matchs de championnat de France avec une équipe B ou C, sous prétexte de focaliser l’énergie sur les matchs européens. L’ADN du football, cela reste le championnat national. Ensuite, n’oublions pas qu’il existe une incitation économique. On ne gagne pas les mêmes recettes si l’on est 10e de Ligue 1 ou si l’on termine champion.» Et à ceux qui sont juste opposés à la simple idée de Ligue fermée, Melero répond qu'en pratique c'est déjà le cas : «Nous pouvons observer que ce sont déjà, dans la formule actuelle, un peu toujours les mêmes qui participent de manière récurrente à la Ligue des Champions. La réforme entérinerait cela mais ne créerait pas une nouvelle donne», estime-t-il.

«On peut comprendre que le PSG soit d'accord, mais je lui demanderai d'être solidaire»

Dans le même temps, le président de la Fédération français de football Noël Le Graët s'est exprimé dans les colonnes de L'Equipe et a confirmé qu'il était contre ce projet : «Les grands clubs veulent toujours plus d'argent, c'est leur logique depuis un bon bout de temps. Mais là, on sacrifie les footballs nationaux, qui sont la base de tout. On ferait tout ça pour deux ou trois clubs... On peut comprendre que le PSG soit d'accord, mais je lui demanderai d'être solidaire. Jean-Michel Aulas est mon ami, je lui demanderai aussi de l'être. Qu'ils fassent attention à défendre l'intérêt général», a prévenu le dirigeant, avant d'adresser un message direct à Nasser Al-Khelaïfi, qui représente l'ECA auprès du comité exécutif de l'UEFA, censé voter in fine ce projet de réforme : «Nasser doit aussi être avec nous. Il ne peut pas voter ça uniquement pour le PSG.»



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