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Tebas plus que jamais en pointe du front anti-PSG

Publié le lundi 11 septembre 2017 à 11:12 par Julien Peschaux
L’Equipe relate dans son édition du jour les nouveaux propos que le président de la Liga, Javier Tebas, a tenu à l’encontre de ses ennemis favoris du moment, le PSG et Manchester City. Son cheval de bataille ? Faire condamner à tout prix le PSG, qui ne respecte pas le Fair Play Financier selon lui.

Javier Tebas ne cache plus ses intentions, il les crie même à qui veut l’entendre : le PSG doit être puni pour sa politique financière qui ne rentre pas dans le cadre du Fair-Play Financier. Une revendication qui ne date pas du transfert de Neymar, selon L’Equipe. En effet, selon les propos du président de la Liga, c’est le train de vie du PSG qui le dérange, mettant en péril l’ensemble du football européen, et ce depuis de longs mois : «Nous ne dénonçons pas le PSG à cause de Neymar. Ce n’est pas de la jalousie. Fin mars à Madrid, j’ai eu une réunion avec le président Nasser (Al-Khelaïfi, NDLR.) dans mon bureau. Je lui ai dit que nous allions les poursuivre.»

«Pour un type de contrat comme celui du PSG avec QTA, c’est deux ou trois fois plus que ce qui se fait pour les très grands clubs européens. »

Car selon lui, les ressources dont disposent les clubs dont les fonds viennent du Moyen-Orient ne seraient pas en adéquation avec les prérequis du Fair-Play Financier : «Nous avons étudié les comptes du PSG et de Manchester City de ces cinq dernières saisons, avec toutes les données : les droits télé nationaux et internationaux, ceux des Coupes d’Europe, la billetterie, les revenus dans les stades. On a conclu que leurs revenus commerciaux étaient impossibles puisqu’ils dépassent ceux de marques aussi connues que Manchester United ou le Real Madrid. En fait, ces revenus sont artificiels. Pour un type de contrat comme celui du PSG avec QTA (200M€ annuels, ramenés à 100 par l’UEFA à une époque), c’est deux ou trois fois plus que ce qui se fait pour les très grands clubs européens. ».

Javier Tebas se montre ainsi en fervent admirateur des grandes causes pour la justice dans le football, et ce ne serait pas pour protéger les grands clubs historiques qu’il se lancerait dans cette vendetta mais pour permettre notamment aux petits pays de survivre dans le paysage footballistique européen : « Nous ne cherchons pas à les protéger. Nous avons par exemple dénoncé la réforme de la Ligue des Champions avantageuse pour les grands clubs, notamment le Real et le Barça, et préjudiciable aux clubs français. Didier Quillot (directeur général exécutif de la LFP, NDLR.) peut en témoigner puisqu’il m’a entendu l’expliquer. On veut juste un marché concurrentiel, avec des normes économiques. Si on continue comme ça, on aura beaucoup de mal, d’ici trois ou quatre ans, à maintenir une industrie du football dans de nombreux pays. On ne fait pas ça pour faire du bruit, mais pour régler les problèmes.»

Ce défenseur de la veuve et de l’opprimé, comme le rappelle L’Equipe, s’il s’illustre souvent par des propos médiatiques forts, n’a pas toujours de nobles desseins : militant au sein du parti nostalgique du Franquisme Fuerza Nueva, et proche de l’extrême-droite, c’était, avant de s’attaquer au PSG, récemment pour regretter « qu’il n’y ait pas une Marine Le Pen en Espagne » qu’il avait fait entendre sa voix. Le quotidien rappelle que le dirigeant espagnol de 55 ans a pourtant obtenu des victoires, avec son franc-parler et sa détermination, sûrement à l’origine de sa confiance actuelle : en 2013, il a pris la place de l’historique et puissant président de la fédération espagnole Angel Maria Villar, en poste depuis 1988 et qui a depuis été placé en détention pour des soupçons de détournement de fonds et d’abus de confiance. Il est très estimé en Espagne, pour défendre la Liga en toutes circonstances, obtenant par exemple la centralisation des droits TV pour que l’ensemble des clubs espagnols profite des droits importants de la Liga et que les deux historiques (Real et Barça) conservent des revenus conséquents (140 millions d’euros par an chacun). Il a l’ambition qu’à terme, la Liga dépasse la Premier League au niveau des revenus télévisuels pour atteindre les 2.5 milliards d’euros de droits TV dans trois ou quatre ans, ceux-ci ayant atteint les 1,66 milliards aujourd’hui.

C’est donc fort de cette notoriété en Espagne et de ces succès qu’il élève sa voix au niveau européen ces jours-ci. Et il n’est pas prêt de lâcher le PSG, même s’il doit laisser sur le chemin ce fameux Fair Play Financier dont il fait tant l’éloge aujourd’hui : « s’il (le PSG, NDLR.) n’est pas puni et que le fair-play financier lui permet de faire ce qu’il fait, nous dénoncerons le fair-play financier devant les tribunaux ». Et gare également à l’UEFA si elle venait à être clémente avec le club Parisien : «Si l’UEFA ne fait rien, nous poursuivrons nos actions devant le TAS et l’Union européenne. C’est prévu.» Entre dérapages et tirs à boulets rouges, le show Tebas est donc loin d’être terminé.



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