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Patrice Lair : «La saison qui m'a procuré le plus d'émotions»

Publié le mercredi 9 août 2017 à 13:42 par Homer
L'entraîneur de l'équipe première des féminines Patrice Lair, actuellement en stage avec le groupe à Ploufragan en Bretagne, a répondu aux questions de nos confrères de Ouest France dans un long entretien. Morceaux choisis.

Retour sur la saison dernière : 

« On est partis de loin. Il y a un an, quand on est arrivés ici, on a assumé 15 départs. Aujourd’hui, le groupe s’est construit naturellement dans le travail mais aussi dans la difficulté. Avec la saison dernière, on s'est rapprochés un encore un peu plus du professionnalisme. Je pense qu’on est prêts à faire une grosse saison. Il ne nous manquait pas grand chose. Je dirais que la saison dernière, on a bricolé un peu. Il fallait construire un groupe. Quand je vois qu’en début de saison, on a eu du mal à battre Saint-Malo (NDR : Victoire 2-0 contre une équipe de milieu de tableau de D2) et on est quand même arrivés en finale de Ligue des Champions. On a perdu aux penalties. Même si ça reste une déception, je pense que ça a été une grosse saison quand même. J'en suis à ma 8ème saison dans le football féminin. L’année dernière est la seule où je n'ai rien gagné mais ça a été certainement l’une des saisons qui m’a procuré le plus d’émotions. C’était un beau défi avec un groupe qui a sans cesse progressé. Il y a eu des petits ratés parce que le groupe n’était pas étoffé. A un moment donné on a pêché physiquement parce qu’on a beaucoup travaillé en début de saison pour avoir une équipe compétitive physiquement, peut-être pour compenser beaucoup de choses au départ, tactiques et techniques. Mais dans la saison, en faisant venir certaines filles et en trouvant le bon système de jeu... J’avais rarement joué en 3-5-2. On va d'ailleurs sûrement revenir à un 4-2-3-1 que j'ai plus l'habitude de mettre en place. Même si on a pas l’Europe cette année, on a de grosses ambitions en championnat et en Coupe de France aussi. »

Le point sur le recrutement : 

« Quand je suis parti en vacances, j’ai donné une liste de 8 joueuses, là j’en ai 6. Pas forcément des joueuses les plus attendues mais elles vont apporter quelque chose collectivement. Je veux surtout qu’on garde cet état d’esprit qu’on a eu la saison dernière. Les autres années, les joueuses pourront le rapporter, l’ambiance n’était pas très bonne. Elles ont repris un certain plaisir. D’autres filles vont revenir de blessure comme Laure Boulleau, qui se prépare bien. J’espère qu’elle va être capable de nous faire une saison complète. Erika revient aussi et a re-signé. On va avoir un effectif de qualité. Athlétiquement aussi, on va être plus forts, notamment sur les balles arrêtées. 

« J’ai repris deux gardiennes, étrangères parce qu’en France malheureusement on a un petit déficit. Au niveau offensif, on a fait des paris. »

J’ai repris deux gardiennes, étrangères parce qu’en France malheureusement on a un petit déficit. J’ai été chercher une Chilienne (Endler) et une Allemande (Voll). Au niveau offensif, on a fait des paris. Diani arrive de Juvisy. Je veux aussi garder un équilibre français parce que la satisfaction l’année dernière, c’était quand même une fille comme Eve Périsset, qui jouait en DH à Lyon et qui est désormais internationale. »

Rebasculer dans le football masculin : 

« Aujourd’hui je suis sous contrat avec le PSG. On verra comment les choses évolueront. Cette année j’aurais pu replonger dans le football masculin. J’ai eu pas mal de propositions mais je me voyais pas partir de ce groupe là parce qu’on était passé à côté de titres, surtout la Ligue des Champions. Les filles le méritaient. Elles ne l’ont pas eu et ça aurait été lâche de ma part de partir maintenant. Je pense qu’elles adhèrent au discours. J’ai un staff, des gens qui sont en place avec moi, que j’ai fait venir aussi au Paris Saint-Germain. Partir ça aurait été trop facile. Et puis il faut admettre que j’ai des conditions extraordinaires au PSG aussi. Le PSG c’est énorme. L’année dernière, j’ai ressenti ça en jouant le Bayern au Parc des Princes. Le Parc, c’est quelque chose et pourtant j’ai joué dans des grands stades. Ça te prend, le Parc des Princes. Il y a quelque chose dans ce stade. La veille du match, je n'ai pratiquement pas dormi. Je n'avais pas le droit à l'erreur. On a gagné 4-0. C’est la première fois que j’ai senti quelque chose comme ça. Quand j’étais dans les vestiaires, j’ai vécu des trucs forts. J’ai eu ce privilège là, c’est fabuleux. Je n’attends qu’une chose, c’est d’y retourner coacher. Paris, c’est incroyable, pourtant j’ai connu des grands moments à Lyon. Lyon est un grand club, Paris c’est... Paris, c’est le seul club en France qui peut gagner la Coupe d’Europe chez les filles et les garçons. Je l’ai encore dit à Nasser Al Khelaifi il n’y a pas longtemps. »

Son entente avec Nasser Al-Khelaïfi : 

« Je suis un emmerdeur. Moi je m’en fous. Je veux faire bouger les choses quoi ! Je crois qu’il y a quelque chose qui a été fort quand même. Avant la finale de la Ligue des Champions. Le président Nasser (Al Khelaifi) qui ne rentre jamais dans les vestiaires, je l’ai pris par la main et je l’ai emmené dans le vestiaire. Il s’est retrouvé en plein milieu...

Nasser aux joueuses : « Ne vous inquiétez pas, on va continuer à mettre de l’argent, à structurer tout ça. On croit à ce football. Vous serez championnes d’Europe »

Il est revenu à la mi-temps. Il est venu voir les filles à la fin du match en disant : « Ne vous inquiétez pas, on va continuer à mettre de l’argent, à structurer tout ça. On croit à ce football. Vous serez championnes d’Europe ». Depuis ce temps là, on se fait la bise. On a été à l’enterrement ensemble de Louis Nicollin. Je pense qu’il y a quelque chose qui s’est créé. »

 

Le changement d'organisation au PSG : 

« On va bientôt être structurés comme les garçons. Notre organigramme va changer. C’est un grand club. C’est énorme. Il y a des postes où il faut qu’on s’améliore. Cette année à la formation j’ai changé tout le monde alors qu’on est champions de france dans ce domaine. Pour moi les filles n’arrivent pas avec le bagage technique et physique nécessaire pour jouer avec nous. Au niveau des gardiennes, j’ai pris un ancien pro parce que là j’ai été obligé d’aller chercher deux gardiennes étrangères. Ce n'est pas normal. Au minimum la troisième gardienne doit sortir du centre de formation. Il y a un gouffre entre les U19 et les pros. Il faut également accepter les gens qui viennent du football masculin. On a du mal à faire comprendre ça. Changer les choses c’est énervant. Moi quand je fais un staff autour de moi je veux des gens compétents. Certains ont peur de perdre leur poste. »

Dans ce même entretien, Patrice Lair évoque son retour en Bretagne, le match Guingamp - PSG à venir, son expérience à l'OL et en Afrique, l'Equipe de France Féminines. L'entretien est à lire dans les pages de Ouest-France



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