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Callegari au PSG, son parcours des U14 aux professionnels

Publié le jeudi 28 juillet 2016 à 20:01 par Noreaga
Révélation de l'été avec le PSG, le jeune milieu défensif Lorenzo Callegari (18 ans) est arrivé au club en U14, à l'été 2011. Nous sommes quelques membres de la rédaction du site à le suivre depuis son arrivée et l'un d'entre eux a décidé de rassembler ses souvenirs afin de raconter son parcours, depuis ses débuts en 2011 jusqu'à sa soudaine explosion durant cet été.

La découverte en U14

Le premier souvenir de Callegari remonte à un match amical de septembre pour l'équipe U14 du club de la capitale, alors entraînée par Sébastien Thierry. L'ancien milieu de terrain de Clamart, tout comme la plupart de ses coéquipiers, n'avait alors que treize ans à peine. Nous sommes à l'entrée du centre de préformation, et c'est à cette période de l'été que l'on a coutume de découvrir la plupart des nouveaux joueurs arrivants. L'occasion pour le coach de procéder à l'habituel match servant de revue d'effectif, et qui permet d'avoir un premier aperçu global de cette génération. Et au risque de surprendre aujourd'hui, la première image que j'avais eue du prénommé Lorenzo fut celle d'un relayeur alors dans la moyenne haute niveau taille, qui se distinguait par son activité incessante et son volume de jeu. Si bien que sur ce match, la comparaison avec le Toulalan de son époque nantaise m'était venue à l'esprit.

Je me souviens que le natif de Meudon avait cette particularité de réclamer et d'aimanter pas mal de ballons, et qu'il se projetait souvent ballon au pied sur ce match. Il n'hésitait pas à prendre des initiatives, qui sur cette rentrée en jeu n'avait pas été toujours bien senties, logique pour un gamin qui désirait manifestement se montrer, et je me souviens m'être fait la réflexion que s'il disposait d'une belle activité et de vraies attitudes de relayeur, il s'éparpillait un peu. Ces prises de contact sont toujours intéressantes car on voit systématiquement une ébauche de ce que ce que ces très jeunes joueurs pourraient éventuellement donner plus tard, avec le travail. En général ils sont encore "foufous" à cet âge là, bruts, ils ne sont encore que des feuilles blanches qui ne demandent qu'à écrire leurs plus belles lignes, ce qui nous fait nous rendre compte à posteriori du travail accompli par les formateurs qui doivent les accompagner au quotidien, les faire progresser et les faire mûrir non seulement en tant que footballeurs mais ausssi en tant qu'individus, et ce via un processus établi sur plusieurs années.

Haut : Cibois, Kanga, Gelanie, Moukila, Zagadou, Traoré, Soni, Da Cruz.
Bas : Doucouré, Georgen, Somay, Soumaré, Carneva, Guendouzi, Rodrigues, Callegari.

U15, l'affirmation

N'ayant pu suivre régulièrement cette équipe en U14, c'est véritablement à partir de la saison U15 que j'ai pu me forger un réel avis sur cette génération 1998. Je me souviens que l'équipe avait réalisé une sacrée saison sous l'égide de Cédric Cattenoy et, si on savait déjà qu'il s'agissait d'une grosse génération sur le plan individuel de ce que l'on avait pu entrapercevoir avec les premiers produits de cette classe 98, c'est vraiment à partir de cette année-là que cette somme d'individualités est devenue une équipe. Alors disposée en 4-3-3, la formation était finalement passée en 4-2-3-1, un système assez adapté aux profils des joueurs composant l'équipe, et Lorenzo jouait alors milieu relayeur aux côté de Kévin Soni, actuel pensionnaire du centre de formation des girondins de Bordeaux. L'anecdote veut que ce dernier était alors vu comme le milieu de terrain le plus attendu et l'un des piliers de cette génération, notamment pour ses faits d'armes avec l'équipe U13 la saison précédente. Le camerounais était le plus offensif et créatif du duo quand Lorenzo était plutôt le régulateur, celui qui se chargeait d'effectuer un travail peut-être moins voyant mais primordial pour le bon équilibre de l'équipe.

En mai 2013, au bord d'un terrain : «Le blanc au milieu, il est trop chaud.»

C'est dans ce rôle de stabilisateur qu'il s'était affirmé tout au long de la saison, à l'instar d'autres jeunes qui avaient profité de cette période pour effectuer de gros progrès, à l'instar de Georgen (d'abord remplaçant à des postes offensifs, auxquels que je ne le trouvais pas trop mal sans être non plus en très convaincu, avant qu'il ne se repositionne et n'explose au poste d'arrière droit, notamment en raison d'un physique beaucoup plus affûté). On voyait vite qu'il n'allait pas beaucoup grandir (à l'instar d'un Ikone, qui était petit à petit rentré dans la norme après avoir été l'un des plus grands en U13 et U14) et c'est véritablement à partir de là qu'il avait su donner une esquisse de son profil actuel, développant ses qualités de conservation du ballon et sa vitesse dans la prise d'information et de décision. Auteur d'une très bonne saison et plus spécifiquement d'un second acte de haute volée qui lui avait valu une place de titulaire dans la sélection d'Île-de-France U15, j'aurais toujours en tête l'image du match énorme qu'il avait réalisé sur la pelouse de l'UJA Alfortville, rayonnant comme jamais au milieu. Affalés sur la main courante, des jeunes du coin avaient alors résumé sa prestation avec des mots bien à eux, «le blanc au milieu il est trop chaud.» 

C'était un joueur dont il était facile de remarquer les facilités dans les petits espaces avec ce si distinctif combo première prise de balle/appuis/ centre de gravité plutôt bas, et le potentiel qu'il laissait déjà entrevoir au niveau de son bagage de milieu de terrain. Je ne sais pas si c'est parce que Verratti commençait à se mettre les supporters dans la poche à l'époque, mais je ne serais vraiment pas surpris qu'il se soit inspiré de son jeu pour définir son style. Attention tout de même aux comparaisons fortuites, car si les rapprochements sont faciles, les deux ne partagent pas vraiment le même profil, le jeune franco-italien se rapprochant plutôt d'un Motta dans le rôle qu'il occupe sur un terrain. Au niveau du profil justement, bien qu'étant un joueur chargé d'assurer la première relance et la stabilité du milieu, c'était un joueur à qui il arrivait alors d'être décisif, plus que désormais, et qui n'hésitait pas à apporter le soutien. Je me souviens d'ailleurs qu'il disposait d'une très belle qualité de frappe (relativement trop peu exploitée), se révélant d'une adresse particulière sur coup-francs et corners qu'il avait l'habitude de tirer, et très souvent avec réussite. Je dois d'ailleurs dire que j'ai toujours eu le regret de ne pas le voir davantage faire valoir cet aspect de son jeu au cours des années qui ont suivi.

U17, l'explosion en regista

L'Al Kass Cup 2015 comme référence

Après une première saison d'acclimatation au niveau U17, c'est vraiment à partir de la deuxième année qu'il a commencé à occuper ce que je lui imagine comme son meilleur poste, à savoir celui de sentinelle devant la défense. Certains doivent avoir en mémoire l'Al Kass de 2015 (un tournoi U17 de niveau international), très révélateur de ses progrès accomplis cette année-là. Comme il devenait évident que son profil n'était pas celui d'un joueur à vocation offensive, il fut replacé très bas sur le terrain, dans une configuration de base du milieu où il pouvait toucher un maximum de ballons et fluidifier le jeu de l'équipe. Il avait deux vrais relayeurs devant lui, les surclassés Bernede et Soumaré, qui chacun dans leur rôle se chargeaient d'aller au pressing, de se projeter, et d'aller au duel. Callegari était de ce fait déchargé de certaines missions et c'est ce qui lui permettait d'être dans un fauteuil pour exercer son jeu et faire valoir ses qualités de distributeur. Dans le profil, c'est vraiment ce qui colle parfaitement à la définition d'un regista à l'italienne. 

Il développe alors certaines qualités qu'on retrouve aujourd'hui : capacité à se constituer comme une solution constante pour le porteur avec sa qualité de placement, prises de balle pures, coup d'oeil furtif à droite ou à gauche, qualité de transmission très propre que ce soit dans l'horizontalité ou la verticalité du terrain, aisance naturelle dans le jeu long avec une capacité à effectuer de longs changements de jeu précis et plutôt rapides. C'est véritablement dans cette configuration qu'il est le plus à l'aise car c'est un joueur qui a besoin d'avoir un champ de vision assez élargi et de l'espace devant lui. Comme il est à l'aise dans les petits périmètres et qu'il est assez tonique sur ses premiers appuis, il peut tout à fait se défaire du pressing d'un vis à vis, mais ce n'est pas le genre à pousser très haut ses actions. A cet endroit du terrain, je trouve qu'il est moins efficace et qu'il risquerait bien vite d'être pris dans la tenaille adverse. 

U19, le contre-coup et l'adaptation

Après le titre remporté au Qatar, le meudonais finit sa saison en boulet de canon avec notamment un titre de champion d'Europe U17 dans l'escarcelle (réserviste, il sera appelé et jouera même la finale) et, surtout, la signature d'un premier contrat professionnel, à 17 ans à peine, à l'été 2015. Un horizon au beau fixe, qui pourtant va précéder un exercice 2015/2016 plus contrasté que le précédent. Outre le contrecoup du contrat professionnel, souvent difficile à gérer pour de très jeunes joueurs qui doivent alors assumer un nouveau statut, Callegari fut en effet plus souvent repositionné au poste de milieu relayeur droit dans un milieu à trois. Comme il s'agissait d'un joueur qui devait et doit encore encore gagner en volume physique, progresser dans la concentration (ayant une fâcheuse tendance à ne pas rentrer dans ses matches ou à en sortir) ainsi qu'au niveau l'impact offensif, il montrait une certaine forme d'irrégularité dans ses performances, ce qui rajouté aux quelques pépins physiques contractés cette année là, l'ont empêché d'être un acteur majeur lors des grandes échéances.

C'est notamment pour cette raison qu'il n'a pas beaucoup joué en Youth League au bout du compte, le poste de 6 étant dévolu à des joueurs plus âgés et matures que lui, à savoir Demoncy ou Epaillard, des joueurs qu'il est plus dur de déplacer à des postes de milieux relayeurs. Dans la campagne européenne du PSG, il ne sera finalement titulaire que deux fois : lors du quart de finale contre la Roma (4-1) et en demi contre le Real (3-1). Les deux matches ne resteront pas forcément dans les mémoires, et pas seulement parce que le deuxième ne durera qu'une demi-heure en raison d'une blessure. Ce qui, fort heureusement pour lui, n'était pas annonciateur du bel été 2016 qu'il allait connaître.

L'explosion avec les professionnels

Pour vous dire, qu'il soit performant avec les professionnels dès cet été n'est qu'à moitié surprenant. D'un côté, nous savions très bien qu'il ne pouvait que briller en étant mis dans de bonnes conditions, celles de l'équipe fanion : jeu de l'équipe première basé sur la possession; joueurs plus matures physiquement capables de faire le travail de harcèlement, de projection et de couverture de terrain, le déchargeant ainsi de certaines tâches; qualités et profil personnels formatés pour le niveau professionnel et plus précisément, le haut niveau. Mais je dois bien avouer que d'un autre côté, il m'a pas mal surpris dans sa capacité à faire preuve d'un tel sang froid, de culot et surtout, de prises de risques et d'initiative face à des joueurs qu'il devait encore voir à la télévision il y a peu. Ce qui atteste sans doute d'une prise de confiance auquel l'actuel entraîneur Unaï Emery ne doit pas être étranger.

Car faire ce genre de choses au niveau jeunes et avoir du déchet, des signes de perfectibilité, est une chose. Les faire au niveau pro sans (ou presque) le déchet inhérent à ces prises de risque, avec un taux de réussite désarmant, en est une autre. Alors bien évidemment, nous nous garderons de tirer des plans sur la comète : il faut garder à l'esprit que ce ne sont que des rencontres amicales, que les équipes qui y participent ne sont pas à leur meilleur niveau physique, que le turnover est très présent, que le contexte de compétition est très différent, et surtout, que ces jeunes sont avant tout là pour progresser et apprendre au contact d'un coach, d'un groupe, d'un environnement, d'une institution. Mais force est de constater que ces premières promesses sont plutôt encourageantes pour la suite. Ces jeunes emmagasineront beaucoup cette année et c'est là la principale raison de leur présence dans le groupe en ce moment. L'avenir est à eux, donc qu'ils continuent sur cette lancée et profitent au maximum des instants qu'ils auront à grapiller. Ils auront la possibilité de revenir s'ils parvennent à être à l'écoute, disciplinés, patients et motivés, c'est en tout cas le moins qu'on puisse leur souhaiter.

NB : Crédits photos PSG.fr 

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