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Mbappé, Neymar, la Ligue des Champions, etc, l'interview complète d'Emery à beIN Espagne

Publié le mercredi 31 janvier 2018 à 9:00 par Matthieu Martinelli
En marge de la victoire parisienne (3-2), hier à Rennes, l'émission espagnole Universo Valdano (beIN LaLiga) diffusait une longue interview d'Unai Emery. Le coach parisien y parle notamment du rôle d'un capitaine, de la vie d'un groupe et se montre particulièrement élogieux envers Neymar et Kylian Mbappé.

En Bretagne avec ses joueurs pour la victoire en demi-finale de Coupe de France (3-2), hier, Unai Emery était également à l'antenne en Espagne. L'émission de Jorge Valdano, sobrement intitulée Universo Valdano, a diffusé une interview du Basque dans laquelle celui-ci aborde de nombreux sujets.  

Le capitanat

«Un génie se reconnaît à sa capacité à pouvoir porter une équipe»

«Certains joueurs ont l’écusson du club dans leur coeur, et arrivent à transmettre ce qu’ils ressentent. Pour en nommer un, Rakitic à Séville m’avait demandé en début de saison de pouvoir porter le brassard. Souvent, ce sont les capitaines qui ont ça. Ici, nous avons un grand capitaine, Thiago Silva, avec une grande influence dans le vestiaire et qui se sent comme un père pour ses coéquipiers. Et d’autres joueurs, sans être très communicatifs, transmettent des choses sur le terrain. Neymar transmet de la magie et fait s’embraser le stade. C’est un génie, comme il y en a peu. Comment reconnaît-on un génie ? Même si tous les joueurs dépendent du collectif, un génie se reconnaît à sa capacité à pouvoir porter une équipe.»

La vie de groupe

«Cette relation d'amitié se traduit sur le terrain»

«Aujourd’hui, les joueurs sont rarement ensemble. Sur le terrain, dans le vestiaire, et lors des repas durant les mises au vert. Le reste du temps, ils sont séparés. Mais j’ai eu la chance d’avoir des vestiaires différents. A Séville, les joueurs se réunissaient souvent pour parler du Comunio. Et ici, au PSG, je suis heureux de voir les joueurs se parlant, communiquant et rigolant tous ensemble en jouant à la play. Je n’ai pas approfondi pour voir de quel jeu il s’agit, mais je les écoute, et ils participent presque tous. Et je suis persuadé que cette relation d’amitié entre eux se traduit ensuite sur le terrain, et surtout dans les moments difficiles qui nécessitent une réponse collective. Et Neymar, au-delà de son génie individuel, est également un joueur d’équipe. Cette volonté de se mettre au service du collectif, et dans le cas de Neymar, de mettre tout son génie au service de la communauté, est présente dans cette équipe.»

Neymar

Son statut à part

«Cela ne doit pas être facile de vivre au jour le jour en sachant que chacun de tes faits et gestes peut avoir des répercussions, que tout est épié à la loupe et que les gens n’attendent rien d’autre de toi que l’excellence. Ce type de joueurs est très intelligent. Au-delà du talent footballistique dont ils sont dotés, ces joueurs ont conscience d’avoir une certaine responsabilité, et savent comment ils doivent se comporter, sans que l’entraîneur n’ait à le leur dire. Ce sont des leaders sur le terrain sans avoir la nécessité d’être extraverti. Mais Neymar est extrêmement intelligent dans l’usage qu’il fait de son génie.»

Un génie

«Neymar est extrêmement intelligent dans l’usage qu’il fait de son génie»

«Le PSG était déjà une grande équipe, avant le mercato de cet été. Avec de grands joueurs, comme Marquinhos, Thiago Silva, Cavani, Di Maria, Verratti, Rabiot, d’autres qui sont sur le point d’exploser comme Kimpembe. Ce que nous avons fait cet été, c’est faire un pas supplémentaire. Alves amène une énorme mentalité de vainqueur qu’il transmet à l’équipe, en plus de ses qualités comme footballeur. Puis nous avons pris Neymar et Kylian. Je parle souvent avec Neymar à propos de situations tactiques. Une fois, à propos des stratégies sur corner. Je lui dis : ‘j’ai progressé en tant qu’entraîneur au fil des années en développant de nouveaux automatismes et de nouveaux mouvements sur phases arrêtées, qui m’ont mené au succès, puisque j’ai gagné au cours de ma carrière beaucoup de matchs de cette façon. Et voilà qu’arrive un joueur comme toi, qui fait tout ça naturellement sans que je n’aie à te le proposer ». C’est ça le génie. J’ai trois concepts basiques sur corner : le jouer vite pour surprendre, le jouer court pour faire bouger l’adversaire et le jouer avec un centre à partir de positions et de mouvements pré-définis. Et ces trois facettes Neymar peut les choisir et les exécuter seul, sans que je n’aie à les lui expliquer. Pour prendre un exemple, face à Toulouse en début de saison, on marque sur un corner qu’il joue vite de l’extérieur du pied. Ces joueurs te montrent le chemin et te font apprendre. Bielsa disait qu’il étudiait les grands joueurs pour ensuite enseigner leurs actions aux joueurs qu’il entraîne et qui n’ont pas ce talent. Au final, moi j’ai eu le processus inverse. Toute ma carrière j’ai enseigné des mouvements sur coups de pied arrêtés pour qu’aujourd’hui je rencontre un génie qui comprenne de lui-même ce qu’il faut faire.» 

Les enseignements de Barcelone

«Des désillusions très fortes, tous les vainqueurs de la Ligue des Champions l’ont vécu avant de la gagner»

«C’est une expérience, négative sur le moment, mais que l’on doit rendre positive. Le match aller avait été spectaculaire, et j’avais dit après le coup de sifflet final à une de vos confrères d’Antena 3 que l’éliminatoire n’était pas encore gagnée, et que 90 minutes au Camp Nou, c’est très long. Je l’ai aussi dit au Président et tous me l’ont rappelé après le retour. Mais c’est une expérience qu’il faut avoir, même si elle fait mal. Après le match, je n’étais capable de parler à personne, j’aurais voulu m’échapper. Je suis resté une demi-heure à déambuler dans les couloirs du Camp Nou, je ne sais pas combien de fois j’ai passé mes nerfs sur les barrières qui se trouvaient sur mon chemin. Mais cette année, l’équipe est mieux préparée. Ce processus, qui passe par des désillusions très fortes, tous les vainqueurs de la Ligue des Champions l’ont vécu avant de la gagner.» 

L'opportunité parisienne pour Mbappé

«Il peut devenir le meilleur au monde»

«Le PSG a gagné 6 fois la L1, 4 fois avec la propriété qatarie, et deux fois auparavant, avec Houiller puis Jorge comme entraîneur. C’est un club jeune, d’autres en France ont gagné plus de fois le championnat. Paris est une des 3-4 villes les plus importantes au monde, et qui devait avoir une grande équipe. En Espagne nous avons vécu la grandeur du Barça et du Real, qui ont gagné la Liga respectivement 24 et 33 fois. Ils ont toujours été le centre du monde du football. Des joueurs comme Mbappé, qui naissent en France et qui ont grandi avec cette domination des deux grands clubs espagnols, ont désormais cette opportunité de choisir un club de cette dimension dans leur pays. Bien sûr, c’est une menace pour le Barça et le Real. Avant, Mbappé n’aurait pas eu cette opportunité. C’est un privilège de l’avoir, et moi-même sur le banc je prends un plaisir monstre en le voyant jouer. Il peut devenir le meilleur au monde. C’est un joueur avec une personnalité énorme, comme je n’en avais jamais vue. Au début, avant que Neymar arrive, on imaginait le faire jouer à gauche. Finalement, il arrive en fin de mercato, pour jouer à droite ou avant-centre. La 1ère fois que je l’ai vu jouer à droite, c’était 20 minutes en Equipe de France avec Deschamps, et je me suis dit : « Madre mia, il va exploser à ce poste ». Il a cette capacité d’éliminer de façon très naturelle, avec son talent, ses capacités physiques et sa personnalité. Il fallait qu’il reste en France.»

Les vacances prolongées

«Avant la trêve, les joueurs m’ont demandé 1 jour de vacances supplémentaire. Ce n’est pas mon habitude, j’attache beaucoup d’importance au travail comme tu le sais, mais J’ai accepté. Mais pour eux, c’était une responsabilité, parce qu’il fallait qu’en échange, ils se montrent exemplaires dans leur implication à leur retour. Et non seulement ils ont tous respecté le programme que nous leur avions demandé de faire pendant les vacances, mais le jour de leur retour, ils se sont entraînés de façon spectaculaire. Et après seulement 4 jours de préparation, ce qui peut paraître court, ils ont joué un très grand match en coupe le week-end face à Rennes.»

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