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Al-Khelaïfi prépare sa défense

Publié le samedi 14 octobre 2017 à 9:47 par Philippe Goguet
Dans l'affaire de corruption liée aux droits TV des Coupes du Monde 2026 et 2030 qui l'éclabousse, le président de beIN Media et du PSG Nasser Al-Khelaïfi prépare sa défense et devrait réagir sous peu.

Au surlendemain de l'annonce par la justice suisse de l'enquête pour corruption ouverte à l'encontre de Jérôme Valcke (ex-FIFA) et Nasser Al-Khelaïfi concernant l'attribution des droits TV des Coupes du Monde 2026 et 2030, l'heure de la réponse de l'accusé devrait bientôt arriver. Actuellement au Qatar, le président du PSG, accusé en tant que président de beIN Media Group qui est la maison mère mondiale de la chaîne, s'était dit surpris selon les premiers échos. Il est désormais en train de se préparer à répondre aux nombreuses accusations.

Hier, son directeur de la communication qui est aussi depuis peu celui du PSG, Jean-Martial Ribes, s'est envolé pour Doha au Qatar en compagnie de l'avocat français Francis Szpiner. C'est déjà lui qui avait défendu le Qatar il y a quelques années dans une plainte en diffamation contre Florian Philippot, alors vice-président du Front National. Une fois sur place, comme l'explique L'Equipe, «cette cellule de crise a étudié avec les équipes de beIN Media les contrats relatifs aux deux Coupes du monde concernées, en 2026 et 2030, pour lesquelles Al-Khelaïfi est soupçonné de corruption.»

Une réponse est désormais attendue sous peu et une communication officielle devrait avoir lieu dans la journée selon le quotidien sportif, et ce même si Nasser Al-Khelaïfi se dit serein. Dans Le Parisien, un avocat habitué à ce genre de dossiers confirme toutefois que l'exercice est périlleux : «Ce qui est compliqué pour Nasser Al-Khelaïfi, c'est de parler maintenant. D'une part, il ne serait pas entendu, à cause de la déflagration médiatique ; et surtout, avant de prendre la parole, il a besoin de savoir ce que lui reproche exactement la justice suisse.»

Pour l'heure, celle-ci n'a pas communiqué de façon précise et elle ne le fera que lors de l'audition du dirigeant qatari. Or, l'audition n'est pas encore fixée. Pour l'heure, ce sont seulement les divers communiqués et la façon dont l'enquête a avancé qui ont renseigné Al-Khelaïfi, à savoir notamment la perquisition puis la saisie d'une villa en Sardaigne qu'il aurait prêtée à Jérôme Valcke. L'avocat de ce dernier a toutefois démenti et assuré que l'ex-numéro 2 de la FIFA avait un contrat de location et qu'il avait payé. 

Du côté de beIN Sports, on est également concerné par cette affaire. Contrairement à ce que la chaîne avait affirmé dans un communiqué, la perquisition du siège français jeudi s'est mal passé selon le Parquet National Financier qui témoigne dans L'Equipe : «La collaboration des équipes présentes sur place a été minimale. Ils se sont opposés au rapatriement des données informatiques hébergées sur de serveurs localisés à Doha (au Qatar)». Du côté du parquet, on estime que cette attitude crée de la suspicion concernant la chaîne. Et le même parquet va désormais devoir obtenir l'autorisation du Qatar pour obtenir les données souhaitées...

La chaîne n'a pas communiqué depuis son démenti de jeudi soir mais elle pourrait elle aussi aller de l'avant, notamment en révélant le montant des droits TV incriminés. Si l'accord n'avait pas filtré alors qu'il a été signé il y a un bon moment, une rareté dans ce milieu, il ne serait pas vraiment à un prix avantageux pour beIN Sports. Et comme le fait remarquer un proche d'Al-Khelaïfi dans Le Parisien, «les droits télé en cause ne concernent que la zone Moyen-Orient/Maghreb, or dans ces pays-là, beIN Media n'a aucune concurrence. Pourquoi Nasser al-Khelaïfi aurait voulu corrompre certains protagonistes alors qu'il n'avait pas de concurrent ? » C'est une des zones d'ombre de cette affaire qui risque de durer un long moment.



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