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Ce que le Bayern a changé depuis le match aller

Publié le mardi 5 décembre 2017 à 13:49 par Philippe Goguet
A l'issue de la déroute de Paris fin septembre, le FC Bayern n'a pas hésité à prendre une décision forte en renvoyant Carlo Ancelotti pour faire revenir Jupp Heynckes. Tour d'horizon sur ce qu'a changé l'expérimenté tacticien allemand avant la manche retour.

Le Bayern de retour aux bonnes vieilles méthodes de 2013

En nommant Jupp Heynckes à la place de Carlo Ancelotti début octobre après la déroute du Parc des Princes, les dirigeants bavarois ont fait un choix à la fois validé par tout le monde, des joueurs aux fans en passant par des anciens dont le verbe est parfois acide, et pour le moins efficace. Le tacticien de 72 ans a su remettre la machine bavaroise en route. Que des victoires en Ligue des Champions, certes pas toutes convaincantes, et un Bayern qui retrouve la tête du classement en Bundesliga pendant que Dortmund s'effondre. 

Dès qu'il est arrivé, Heynckes a vite remis en place ce qui avait fait son succès lors du triplé de 2013 à l'issue duquel il avait pris une retraite bien méritée. Alors que Carlo Ancelotti se cherchait et enchaînait les essais, l'Allemand a directement remis en place le 4-2-3-1. Depuis, seules les blessures l'ont empêché de jouer tous les matches dans ce système, le 4-3-3 apparaissant par moments. Autre mesure marquée du sceau de Heynckes et rappelant terriblement 2013, Javi Martinez est redevenu un milieu de terrain. Fini les piges en défense centrale, il est de nouveau la sentinelle des Bavarois, celui qui soulage la défense dès que possible. Indirectement, Heynckes a même fait d'une pierre deux coups en redonnant les clés de la relance à Boateng et Hummels, relançant ainsi les deux joueurs tout en regonflant leur confiance.

Un style de jeu plus allemand

Porté par cet homme du cru qui connaît les moindres rouages du très politique FC Bayern, les Bavarois ont vite retrouvé ce trait de caractère qui fait leur force, cette confiance en eux parfois démesurée que certains voient comme de l'arrogance. Alors que l'effectif était malade et en proie au doute, la confiance est de retour dans toutes les strates de la Säbener Strasse. Le coach évolue sans même avoir signé son contrat ? Ce n'est pas grave, Jupp est de la maison. Et alors que celle-ci brûlait à pratiquement tous les étages, le coach a ramené du calme et de la sérénité. Il n'a pourtant pas pris de gants pour critiquer certains qui se sont alors remis au travail quand ils rechignaient à le faire sous Ancelotti...

Sur le terrain, Jupp fait jouer le Bayern à l'allemande, une petite révolution après deux coaches étrangers qui avaient plus ou moins saisi la culture locale. Dans le FCB de Heynckes, on travaille sur toute la largeur du terrain, avec notamment ce gros travail sur chaque côté entre le latéral qui monte et l'aillier qui fixe la défense. L'action se finit en général par un centre dans une surface où les joueurs capables de recevoir le ballon sont nombreux. La tactique est simple mais elle a plus que fait ses preuves. Alaba symbolise d'ailleurs parfaitement cette relance de Heynckes, le latéral gauche autrichien étant de nouveau très performant avant de se blesser encore une fois.

D'un point de vue défensif, l'ancien a aussi fait des ajustements. Son équipe joue désormais avec un bloc médian afin de protéger l'arrière-garde. Les joueurs ont certes changé, à l'image de Javi Martinez, mais l'attitude aussi. Le pressing très fort capable d'imprimer les premières lignes bavaroises est notamment de retour et paye régulièrement. Le week-end dernier, Hanovre a ainsi concédé plusieurs occasions en ne parvenant pas à se dégager, littéralement étouffé.

Toujours une défense douteuse et des blessures en nombre

Reste qu'on ne transforme pas une équipe en crise et dont le renouvellement a trop tardé depuis des années en une machine de guerre invincible en deux mois, malgré tout le talent du coach. Comme l'a dit Emery, tout n'a pas changé au FC Bayern et la défense montre toujours quelques signes inquiétants de fébrilité. Certes, l'absence de Manuel Neuer dans les buts se fait forcément sentir, la capacité du gardien allemand à repousser l'impossible étant plus que connue. Et ce Bayern est encore capable de concéder beaucoup.

Samedi dernier, une équipe moyenne de Bundesliga comme l'est Hanovre s'est créé bon nombre d'occasions franches, la base défensive étant parfois dépassée sur les contres. Alors que le Bayern ne menait que 2-1 à quelques minutes de la fin, sa défense s'est parfois retrouvée à gérer des 2 contre 2 ou des 3 contre 3 assez surréalistes vu le contexte. L'équilibre de l'équipe est encore à trouver, celle-ci penchant encore trop vers l'avant par moment, au point de se retrouver avec un grand vide au milieu. A l'aller, c'est cet équilibre manquant qui avait tué les Bavarois, Paris faisant exploser la base arrière avec ses rapides ailiers, quitte à... se couper en deux, mais de façon mieux organisée. 

Autre souci pas encore totalement réglé, les très nombreuses blessures. Il manquera pas moins de trois joueurs importants au Bayern au coup d'envoi avec les absences de Neuer, Alcantara et Robben et il faut encore rajouter la forme douteuse d'Alaba et Müller, à peine de retour. Cette infirmerie pleine est l'un des grands problèmes du coach, et ce malgré le retour du mythique docteur Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt. Lewandowski n'a d'ailleurs pas hésité à cibler la préparation de l'été dernier, les blessures actuelles étant le fruits du manque de travail d'il y a plusieurs mois selon lui, quand les joueurs n'avaient pas le droit de travailler plus.

Heynckes dans l'urgence avant la trêve

Pour l'heure, le patient FC Bayern, comme on l'appelle en Allemagne, n'est donc pas encore totalement remis. Il va mieux, beaucoup mieux même, et est reparti de l'avant. Heynckes a accompli un boulot de pompier de service remarquable mais il reste de nombreuses failles. La chance des Bavarois vient probablement du calendrier allemand et de sa longue trêve hivernale. Le tacticien aura alors du temps pour travailler réellement et faire un travail de fond qui lui permettra de présenter, au printemps, une toute autre équipe. Mais d'ici-là, il aura peut-être déjà perdu la première place du groupe, avec tous les risques que cela comporte au tirage...



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