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Emery face à l'impossible choix du milieu

Publié le mercredi 14 février 2018 à 14:14 par Philippe Goguet
Alors qu'il aborde son premier sommet européen de la saison sans aucun parachute, le PSG se retrouve déjà dans le pire cas possible, à devoir bricoler au milieu du terrain en l'absence de Thiago Motta. Tour d'horizon des différentes solutions.

Une situation qui pendait au nez du PSG

En concentrant l'essentiel de ses ressources sur l'achat de joueurs offensifs durant l'été dernier, le PSG a assumé un choix discutable : c'est par l'attaque que le club espère gagner la Ligue des Champions. Malgré six buts encaissés à Barcelone, le club parisien n'a que peu retouché un secteur défensif pourtant très défaillant. Pas de nouveau gardien, un nouvel arrière droit pas vraiment connu pour sa défense et, surtout, un Thiago Motta plus que jamais titulaire devant la défense vu qu'aucun concurrent n'a débarqué, la vente de Matuidi plaçant même Rabiot comme relayeur gauche à coup sûr. 

Il n'aura fallu que quelques semaines pour constater à quel point cette stratégie pouvait être aussi payante, le trio offensif étrillant tout ce qui passe, que risquée, Motta ayant passé la moitié de la première partie de saison à l'infirmerie. Cet hiver, le PSG a bien tenté de corriger la chose en recrutant Lassana Diarra mais la longueur des négociations ainsi que l'année 2017 compliquée vécue par le joueur n'ont pas changé une conclusion qui s'annonçait depuis quelques semaines. Au coup d'envoi, Paris sera affaibli à ce poste clé de milieu défensif. 

Un premier choix à faire devant la défense

Une fois ce constat fait, il faut bien lister les solutions que le PSG a pour s'organiser. D'entrée, il semble évident de mettre de côté la thèse d'un changement de système. Cette saison comme la précédente, les essais avec deux joueurs devant la défense n'ont que trop rarement donné satisfaction à l'entraîneur parisien. Déséquilibré, trop penché vers l'avant, n'utilisant pas forcément au mieux les qualités des divers joueurs, le milieu en binôme plutôt qu'en trio n'a pas convaincu. Et il n'est donc pas question de le sortir lors du grand soir.

Reste donc les solutions de secours, notamment celles vues au cours des derniers mois. Depuis la déroute de Munich, ce sont principalement Lo Celso puis Diarra qui ont ont évolué devant la défense. L'Argentin y a fait des bons matches mais la défaite à Lyon a montré tout ce qu'il lui manque : de l'impact à la récupération, de la rigueur dans le placement et de la justesse dans les déplacements à la relance. On ne devient pas un spécialiste de ce poste si particulier en deux mois à peine, malgré tout le talent et la bonne volonté du monde. Et si le milieu dit tournant du PSG a des bons côtés, il présente aussi de sérieuses lacunes défensivement, notamment en contres.

L'autre candidat est une sentinelle de métier, Lassana Diarra. Bien plus apte défensivement, il présente lui aussi quelques sérieux défauts. Outre un coffre qui laisse à désirer et une vivacité qui est apparue comme douteuse, le joueur manque de repères avec ses partenaires. Le staff parisien lui reproche également de garder beaucoup le ballon et d'avoir tendance à trop dribbler, un trait de caractère qui peut s'avérer dangereux alors que le Real prévoit de presser haut selon les fuites de la presse madrilène. 

Rabiot, clé de l'organisation du milieu

Dans ce contexte où il faut choisir entre deux solutions qui ne donnent pas vraiment de garanties, un joueur représente une alternative, Adrien Rabiot. Le joueur n'a pratiquement plus évolué à ce poste depuis la défaite à Munich début décembre, son entraîneur a même balayé cette possibilité devant la presse mardi soir, quelques jours après en avoir déjà fait une solution secondaire, mais il reste compliqué de mettre totalement cette idée de côté. Si Verratti est assuré de débuter côté droit, notamment pour aider Alves face aux montées de Marcelo, Rabiot est entre deux postes : milieu relayeur gauche ou sentinelle. 

Neymar a fait de lui son partenaire privilégié quand il évolue en relayeur mais le grand gaucher a encore été testé dernièrement devant la défense par son coach, désespérément à la recherche d'une solution permettant de garantir l'équilibre du milieu de terrain du PSG. Avec Rabiot devant la défense, c'est de l'impact en plus, même s'il a aussi montré des lacunes de placement dans cette position, notamment sur les centres, une des armes favorites du Real. Parti dans le dos de Rabiot à plusieurs reprises, Corentin Tolisso se rappelle encore de son doublé de la tête sans aucune opposition pour le gêner...

En alignant Rabiot à ce poste, il faudrait aussi trouver un joueur capable d'occuper la position de milieu relayeur gauche et les candidats sont nombreux, voire même très nombreux. Mais là encore, ils n'ont pas forcément plus de références dans cette position que les Rabiot, Lo Celso ou Diarra devant la défense et, quelque part, cela ne fait donc que déplacer le problème. Le nom de Lo Celso, capable d'évoluer à peu près partout au milieu ressort une nouvelle fois, même si ce n'est pas là qu'il a le plus joué. Pour le jeune Argentin, le problème des repères se pose donc.

Di Maria, Draxler, Pastore les offensives solutions alternatives

Pour le reste, ce sont surtout des solutions alternatives qui se dessinent si Rabiot était finalement aligné devant la défense. Et toutes ont la particularité d'être pour le moins offensives. Du côté des deux Argentins Di Maria et Pastore, c'est pratiquement le seul espoir au coup d'envoi mais celui-ci est bien mince. El Flaco s'est complètement grillé avec son retour tardif de vacances et ses performances depuis ne sont vraiment pas en sa faveur. Quant à Di Maria, étincelant depuis la reprise, il est compliqué de l'imaginer redevenir relayeur quatre ans après, et sans repère. Après y avoir été réfractaire pendant des années, il se dit que le joueur est désormais prêt à accepter d'y jouer. Mais c'est probablement trop tard...

Reste donc le troisième larron, celui qui avait été le grand perdant de la défaite de Munich, à savoir Julian Draxler. Aligné comme relayeur gauche, il n'avait pas su peser offensivement, sa relation technique avec Neymar touchant le fond, tandis que son impact défensif avait été nul. Abandonné face à Coman, Kimmich et compagnie, le pauvre Kurzawa avait bu la tasse, trop seul et submergé par des vagues. Mais la configuration offensive du Real Madrid est toute autre. Point de Kimmich à l'horizon, Carvajal qui est dans le même style également absent, c'est tout le flanc droit des Madrilènes qui change de physionomie.

Le remplaçant annoncé, Nacho, est un bon défenseur mais il ne brille pas par ses capacités offensives, quand bien même il avait su cueillir Trapp quand celui-ci était parti aux fraises lors du dernier Real/PSG. Avec un joueur moins offensif à gérer dans le couloir, l'hypothèse Draxler relayeur gauche prend de l'épaisseur et l'Allemand a d'ailleurs été aligné à ce poste à l'entraînement, avec Berchiche et Neymar sur son aile. Mais là encore, rien n'est parfait puisque son opposant direct se nomme Luka Modric, maître à jouer des Merengues. Petit, vif, très mobile, il représente tout ce qu'un grand gabarit peu efficace défensivement comme l'est Draxler peut redouter de pire... 

Aucun choix n'est donc celui de l'évidence pour Unai Emery. Et face à toutes ces possibilités, c'est aussi une histoire de personnalité et d'envie qui va le guider. Selon l'idée générale retenue par l'entraîneur parisien, le choix effectué coulera de source. Veut-il attaquer pour tenter de marquer au moins un but à l'aller ou au contraire rester prudent afin de ne pas se retrouver pratiquement éliminé dès l'aller car son équipe a cédé défensivement ? Veut-il mettre en danger l'équipe adverse plus qu'il ne va protéger la sienne ? C'est de l'évaluation de ses troupes et de celles adverses issue de la préparation minutieuse du match que découlera ce choix. Et pour son avenir comme pour celui du PSG, il vaut mieux pour lui qu'il soit le bon.

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