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Le match, le mental défaillant, Mbappé, Cavani, son avenir, la conf' de Tuchel après PSG/Rennes (2-2)

Publié le dimanche 28 avril 2019 à 3:20 par Philippe Goguet
C'est un Thomas Tuchel touché mais très bavard qui s'est présenté en conférence de presse après la défaite en finale de la Coupe de France 2019 face à Rennes. Il est longuement revenu sur la rencontre, la défaillance mentale de ses troupes, le match loupé de Mbappé, l'entrée tardive de Cavani ou encore son avenir au PSG. Pour l'heure, il refuse de tirer trop de conclusions du match et s'imagine encore à Paris.

Son explication du match, notamment comment Rennes est revenu :

«C'est difficile à expliquer, aussi pour moi. On a commencé très fort, de façon très structurée, avec beaucoup de qualité et d'occasions. Et je dois dire qu'on a eu beaucoup d'occasions dans le match complet. Mais après un 2-0, c'est difficile à expliquer. On a perdu la seconde période 1-0 et j'en suis très déçu, je n'ai pas d'explications. J'avais l'impression dans le vestiaire que nous étions contents, qu'on n’était pas attentifs, qu'on ne voyait pas que c'était un match ouvert grâce à nous. C'était de notre faute si c'était un 2-1 et pas un 3 ou 4-0 ! J'ai eu l'impression que nous n'étions pas attentifs pour ça. La façon de commencer la deuxième période a montré qu'on n'avait pas mis la même énergie qu'en première. J'ai encore eu l'impression qu'on n'était pas attentifs et c'est dangereux. Après le 2-2, Rennes a couru beaucoup, on a contrôlé le match encore mais ce n'était pas possible pour nous aujourd'hui de marquer un autre but alors qu'il restait beaucoup de minutes. Après, c'est toujours possible de perdre un match mais c'est peut-être un trop tôt pour tout expliquer, et très difficile.»

Le match et la nervosité de Mbappé :

«Il a eu beaucoup d'occasions d'être décisif pour nous mais il n'a pas réussi à marquer. Il a eu quelques problèmes hier, il s'est arrêté lors du dernier entraînement. Il est allé à l'hôpital pour des soucis musculaires. Peut-être que c'était dans sa tête car, normalement, il est fiable dans les matches comme ça, les finales, et il sait être décisif dans les moments décisifs. Mais on a eu l'impression qu'il a manqué de confiance, qu'il ne se sentait pas libre. Peut-être qu'on peut le voir dans le carton rouge à la fin, ce n'est pas lui normalement. Peut-être ce qui s'est passé hier après l'entraînement est resté dans sa tête, c'est peut-être une explication.»

Le bilan personnel de la saison ?

Avant la finale, le coach parisien avait refusé de le faire.

«C'est trop tôt pour faire un bilan, je dois réfléchir quelques jours.Comme à chaque fois, on doit être honnête avec nous et avec ce qui se passe. C'est une situation pas facile, une phase pas facile. On a perdu notre intensité après la trêve (internationale) mais c'est une situation qui dure depuis des semaines, on est sans joueurs. On doit réfléchir à toutes les choses mais c'est trop tôt pour faire un bilan. Les résultats sont là et nous ne sommes pas satisfaits avec ça, c'est clair.»

Un mental qui est apparu friable chez certains joueurs :

Tuchel commence par commenter le mot friable.

«Un mental fragile dans mon équipe ? C'est dur de dire non... Mais j'ai l'impression que ce sont beaucoup de choses. Avec l'arbitre, ce n'était pas comme ça non plus, il y a eu trop de fautes sans cartons jaunes et sans qu'on ait l'impression qu'il protège le jeu. C'est comme ça... Mais oui, nous sommes évidemment fragiles. On était devant avec un 2-0 mais on manque pour moi de constance (NDLR : il dit conséquence mais confond probablement les deux mots d'où notre correction). On ne fait pas ce qui est nécessaire pour marquer un troisième but, un quatrième, on manque de ça. Après le deuxième, on manque d'un peu de ci, d'un peu de ça. Cela me donne un sentiment que c'est fragile. On manque de constance dans le jeu, pas seulement dans le jeu offensif mais aussi défensivement, dans la prévention des contre-attaques, dans le positionnement au début des attaques, où on ferme les espaces. On n'est pas cliniques. Après le deuxième, on est un peu comme ci, comme ça, peut-être qu'on aura d'autres occasions alors qu'on a fait le plus difficile puisque nous sommes à 2-0... Non, ce n'est pas comme ça ! Ce sont des matches décisifs avec des détails mais nous n'y sommes pas attentifs. On est à 2-0 et on n'est pas attentifs ! C'est toujours possible de perdre la confiance, un match ou laisser l'autre sentir que c'est possible. C'était possible de mener 3 ou 4-0 et de fermer mais on n'a pas fait ça ! Après le 2-1, quand on a commencé la deuxième mi-temps, je n'ai pas eu l'impression que nous avions le contrôle. Je suis surpris, vraiment surpris, car c'est le moment de prendre ses responsabilités, de montrer la qualité, d'être fiable pour montrer "OK, vous avez marqué un but mais pas un deuxième". Je n'ai pas ressenti ça et c'est une grande surprise...»

Responsable de la défaite ce soir ?

«C’est toujours ma responsabilité. Qu’est-ce que j’aurais pu faire différemment ? C'est trop compliqué de répondre, on peut seulement prendre la décision quand on la prend. Je ne peux pas réfléchir après ou revenir sur les décisions que j’ai prises. On a eu un entraînement, on a des joueurs ici et hier, j'étais absolument sûr que Thiago Silva pouvait jouer. Ce matin, je ne savais pas si Kylian allait jouer ou non. On a pris le risque avec Angel Di Maria qui a eu une blessure musculaire, pareil avec Marco Verratti. Mais c'est trop long dans une phase où c'est pratiquement clair qui joue et ne joue pas. Nous n'avons pas la possibilité de dire "OK on fait comme ça, les gars sont fiables et jouent avec des automatismes". Ce n'est pas comme ça ! À chaque match, j’ai 14 joueurs et des blessés donc on ne peut pas être fiable dans la durée au niveau des performances depuis quelques semaines. Mais je suis toujours responsable, c'est clair. Mais réfléchir après et penser à ce que j'aurais pu faire différemment, c'est nécessaire que je le fasse d'abord avec mon staff et avec l'équipe, pas aujourd'hui en conférence de presse. Quelques fois, on peut perdre sa tête dans ce genre de choses car on doit prendre la décision avant. Après, tout le monde peut être entraîneur.»

Un échec qui remet en cause sa volonté de rester ?

«Si je veux continuer ici ? Oui, bien sûr !»

En colère par rapport aux joueurs ?

«Vous avez l'impression que je suis en colère ? Non (le journaliste dit aussi "non"). Mais pourquoi tu demandes si tu n'as pas cette impression ? Je ne suis pas en colère, tu as raison, j'ai l'impression que tu es calme et je ne comprends pas pourquoi tu demandes si je suis en colère. Tu es calme et je suis calme. Si j’ai l’impression que les joueurs respectent mes consignes ? Oui. J'ai eu l'impression. Et toi ? »

Pourquoi Cavani est-il entré en jeu si tard ?

«Il y a beaucoup de choses... Tout d'abord, nous avons décidé de commencer avec un attaquant et c'était Kylian. C’était tactique. Ensuite, Edi était blessé musculairement. On a pris beaucoup de risques aujourd'hui avec Di Maria, Verratti et Neymar. Et ensuite avec Kylian. Ce n'était pas possible de laisser Edinson débuter aussi. Il a fait 10 jours d'entraînement et deux entraînements avant Monaco puis trois cette semaine alors qu'il a manqué des mois d'entraînement. C’était trop de risques de les mettre tous ensemble au coup d’envoi. Ensuite, Thiago Silva a dit hier qu’il ne pouvait pas jouer donc on a changé Colin Dagba et Dani Alves de postes et on a mis Angel. J'aime beaucoup Edi Cavani et vous savez bien qu'on a joué dans les matches importants avec Angel, Neymar, Edi et Kylian mais les gars étaient des blessés de longue date. C’était trop de tous les faire commencer. C’est une décision dure mais Edi est un attaquant, un 9, ce sont des gars sensibles à ce poste, on doit avoir de la confiance. On peut voir qu'il manque un peu de ça mais c’est absolument normal. C'était nécessaire pour moi d'avoir une possibilité d'entrer en jeu avec Edi. Malheureusement, dans une prolongation mais c'était 30 minutes pour être décisif. Avant, je ne voulais pas changer pour mettre deux attaquants.»

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