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Que retenir de PSG/OL (2-1) ?

Publié le lundi 20 mars 2017 à 14:41 par Philippe Goguet
Le PSG a disposé de l'OL ce dimanche soir en clôture de la 30ème journée dans un match en deux périodes bien distinctes. Retour sur quelques points marquants de la rencontre.

Un passage au 4-2-3-1 acté ?

Même si Unai Emery a souvent évoqué Javier Pastore comme l'un de ses rares joueurs capables de jouer en n°10 dans son équipe (avec Ben Arfa), l'entraîneur basque n'avait  jusque-là pas fait évoluer son 4-3-3 pour autant. Alors que l'OL s'est présenté avec un dispositif défensif très similaire à celui de Lorient la semaine précédente, à savoir un 4-4-2, le coach du PSG a pourtant fait passer son équipe du 4-3-3 au 4-2-3-1, plaçant un double pivot Rabiot/Verratti devant la défense et Pastore en n°10 très libre. La prestation de l'Argentin, particulièrement avant la pause, valide complètement le choix effectué mais il ne faut pas pour autant imaginer que toute la fin de saison sera jouée dans ce système.

En effet, Emery affectionne particulièrement jouer dans ce dispositif contre l'OL. Il avait déjà disposé son équipe de cette façon au Trophée des Champions en août puis, en novembre dernier, au Parc OL, il avait là aussi privilégié le 4-2-3-1 au 4-3-3, avec Ben Arfa en soutien de Cavani. Les prochains matches permettront d'en savoir plus concernant l'orientation tactique choisie par l'entraîneur et le principal enseignement est surtout qu'il est plus que jamais en position de varier d'un système à l'autre.

PSG/OL (4-1), Trophée des Champions, 6 août :

OL/PSG (1-2), L1, Dimanche 27 novembre :

Deux mi-temps radicalement opposées :

Rarement un match du PSG cette saison aura eu deux visages aussi opposés et différents. Mieux, les deux équipes ont pratiquement signé le même match avec une première période pleine d'espaces, d'occasions et de rebondissements puis une seconde sans aucune vie et où les opportunités de marquer auront été bien plus rares, à l'image des zéro frappe de l'OL au cours des 40 dernières minutes. Le hourra football de la première période, très portée sur l'offensive, a ensuite été remplacé par un duel entre deux équipes attentistes, ou tout simplement fatiguées par l'enchaînement des matches. Lyon n'avait plus de jambes et Paris plus d'envie, en plus d'avoir probablement un peu peur de se découvrir. Et pour trouver une partie aussi différente entre ses deux mi-temps, il faut d'ailleurs remonter au match à Lyon en novembre, avec toutefois une différence notable : chaque équipe avait eu sa mi-temps ce soir-là.

Pastore change (presque) tout :

Ses partenaires et son entraîneur sont unanimes, aucun joueur ne change autant la face du PSG que Javier Pastore. Positionné en numéro 10 mais surtout très libre dans ses mouvements, l'Argentin a littéralement renversé le match à lui seul et résolu des situations souvent problématiques pour le club parisien. Sur le premier but, ses déplacements et son utilisation de ses partenaires permettent à Paris de marquer dans une situation qui ne lui convient pas habituellement, à savoir un bloc bas et en position d'attente. Sur le second, son appel dans le dos du milieu ouvre une brèche bien vue par Maxwell et immédiatement exploitée. Intelligemment, il va alors utiliser l'appel de Cavani, la cible généralement la plus recherchée par ses partenaires et donc la plus surveillée par l'adversaire, pour servir Draxler seul au point de penalty.

Outre ces deux actions, on l'a également vu dans un registre que le PSG a eu du mal à utiliser cette saison, le contre, ou même plus simplement les transitions offensives. Quand l'équipe d'Emery base son jeu sur le duo Verratti/Motta, il est rare de la voir utiliser un jeu rapide vers l'avant, les deux Italiens préférant un tempo maîtrisé. Avec Pastore en charge de l'animation, les choses évoluent et on a vu le PSG être dangereux sur des contres, fait rare. Au quart d'heure de jeu, un corner lyonnais s'est ainsi transformé en opportunité pour Paris, Tolisso empêchant Rabiot de conclure dans la surface après que Pastore ait remonté le terrain à une vitesse empêchant tout repli adverse. En un peu plus de 10 secondes, le ballon est passé de la surface parisienne à la lyonnaise et l'Argentin a remonté 60 mètres balle au pied :

Emery à la recherche de l'équilibre :

Le précédent match contre Nancy, certes dans une configuration totalement différente avec une attaque/défense de 90 minutes, avait déjà montré les soucis d'équilibre de l'équipe parisienne, symbolisée par le changement Krychowiak/Matuidi dès la mi-temps : Paris avait étouffé les contres avant la pause mais créé peu d'occasions avant de faire le contraire après la pause. On a retrouvé ce souci entre équilibre offensif et défensif dimanche soir. Avant la pause, le PSG crée beaucoup mais concède également énormément et le match bascule d'ailleurs en une minute : Depay loupe son duel face à Trapp sur un contre et Draxler marque dans la foulée.

Après la pause, la partie change radicalement avec une partie beaucoup moins enflammée mais Paris reste sous le menace lors de certains contres avec le double pivot Rabiot/Verratti devant la défense. Le jeune milieu va régulièrement haut sur le terrain, tant pour apporter un soutien offensif que pour presser, et l'arrière garde parisienne s'expose donc de façon régulière. Alors qu'il avait fait un changement offensif contre Nancy, Emery a donc fait un changement défensif en faisant entrer Matuidi pour Draxler, l'équipe se plaçant alors en 4-3-3 avec Pastore ailier gauche. L'OL ne va plus se créer la moindre occasion après cette entrée, ni même frapper au but. L'objectif a donc été partiellement atteint : l'équipe a rétabli un équilibre défensif impeccable mais va aussi perdre sa fougue offensive. Et la quête d'équilibre d'Unai Emery va donc continuer...

Paris a su retourner une situation et battre un top 5 :

Si les Parisiens ont connu une saison compliquée sur le plan mental avec des mini-crises et pas mal de hauts et de bas, il a montré une énorme faiblesse mentale à Barcelone il y a peu, craquant complètement. Emery a plaidé la thèse de l'accident concernant ce match mais cela a aussi confirmé que l'équipe parisienne avait du mal à s'en sortir quand les situations sont mal engagées. Cette saison, le PSG n'avait jamais réussi à gagner un match de L1 en ayant concédé l'ouverture du score. Toutes compétitions confondues, il n'avait même réussi qu'à Ludogorets (3-1) à surmonter une situation compliquée. C'est désormais chose faite et Paris prouve une nouvelle fois sa capacité à arracher des parties compliquées après les rencontres contre Lille (2-1) ou encore Nancy (1-0), un point clé dans la course au titre.

On notera également qu'il s'agit de la première victoire au Parc des Princes contre une équipe du top 5 du championnat après Monaco (1-1), Nice (2-2) et Marseille (0-0). Il ne faut toutefois pas négliger la faiblesse lyonnaise quand il s'agit de tenir un score :

Le PSG s'accroche, Nice décroche :

Alors qu'il ne reste désormais plus que huit matches, Paris s'est offert un nouveau sursis ce week-end puisque Monaco avait encore une fois gagné en s'appuyant sur son schéma classique : ouverture du score sur la première occasion, des joueurs offensifs en grande forme et trois buts marqués sans avoir l'air de forcer. Quelques heures plus tard, et dans son dernier match à domicile face à une équipe du top 5 cette saison, le PSG s'est encore une fois arraché pour gagner et continue d'être à trois petits points de Monaco, sachant qu'il en reste encore 24 à distribuer. En revanche, le train semble être passé pour une équipe de l'OGC Nice qui n'avance plus. Les Aiglons sont désormais à 7 points de l'ASM et à 4 du PSG. Ce week-end symbolise finalement très bien la deuxième partie de saison : Monaco flambe, Paris s'accroche et le titre va se jouer à deux.

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