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Que retenir de PSG/Saint-Etienne (1-1) ?

Publié le samedi 10 septembre 2016 à 19:35 par Philippe Goguet
Le PSG a concédé un match nul 1-1 douloureux face à l'AS Saint-Etienne ce vendredi soir, les Parisiens se faisant rejoindre en toute fin de rencontre. Si le scénario est cruel et le contenu du match moyen, il offre malgré tout de nombreux points d'analyse.

Une défense sans banc, une attaque en méforme :

A la lecture de la feuille de match, la situation compliquée que vit Unai Emery apparaît de façon claire : la défense est décimée, aussi bien sur les côtés que dans l'axe, tandis que l'attaque est presque au complet mais avec le seul Lucas en pleine possession de ses moyens. Entre les problèmes de poids de Ben Arfa, le manque de compétition de Jesé et les retours tardifs de Cavani et Di Maria, le coach se retrouvait dans une situation des plus compliquées. C'est possiblement pour cette raison qu'il a opté pour un banc de touche avec de nombreuses cartouches offensives, le seul arrière remplaçant (Georgen), ayant été envoyé en tribunes. Et comme les mauvaises nouvelles s'accumulent, c'est forcément un défenseur qui s'est blessé, obligeant le coach à une adaptation de fortune qui a envoyé Kimpembe sur le côté gauche et Motta en défense centrale. Il n'aura donc fallu que 9 jours pour voir le PSG s'inventer un quatrième défenseur central, voire même un cinquième puisque c'est plutôt le nom d'Aurier qui avait jusque là été cité par l'entraîneur parisien.

Emery a tâtonné toute la partie :

Si Unai Emery a disposé son équipe dans un 4-3-3 plutôt simple à lire et s'y est tenu sur la durée, seul le positionnement de Matuidi ou Verratti en phase défensive alternant parfois de façon déconcertante, il a en revanche cherché des solutions durant une bonne partie du match concernant le positionnement offensif. Après avoir aligné le gaucher Di Maria à gauche et le droitier Lucas à droite à Monaco, il a cette fois placé ses ailiers du jour Ben Arfa et Lucas de façon à ce qu'ils rentrent dans l'axe, donc sur leur mauvais pied. L'expérience n'a pas vraiment tenu sur la durée puisque le coach a tout chamboulé à la pause avec Lucas qui repasse à droite, Jesé placé à gauche et Ben Arfa dans l'axe. Avec l'entrée de Di Maria, le faux pied du début s'éloignera encore plus, le PSG finissant avec l'attaque vue à Monaco. Et si ce ne sont que des placements très théoriques, cela confirme aussi que l'entraîneur parisien cherche encore la meilleure place pour bon nombre de ses joueurs, Lucas et Ben Arfa les premiers.

Un jeu offensif à reconstruire :

Le plus gros point noir du match du PSG contre Saint-Etienne est plutôt facile à cerner et il s'agit bien évidemment des difficultés parisiennes à se créer des occasions. Bloqué à 30 mètres des buts stephanois avant la pause, le PSG a su s'approcher un peu plus après la pause mais les occasions n'ont pas pour autant été plus nombreuses. En terme de création, le jeu parisien a été des plus pauvres malgré le bon match du maestro Verratti, définitivement de retour à un très bon niveau. Pour autant, sa très bonne relation avec Ben Arfa et ses passes en profondeur pour Matuidi sont les seuls points positifs du jeu placés du PSG. Paris a tous ses mécanismes offensifs à créer et cela s'est vu, malgré tous ses talents individuels. Les circuits de circulations de balle imposés par Emery ne sont pas encore tout à fait au point, à l'image des difficultés du trio Ben Arfa/Verratti/Meunier sur le côté droit et l'ensemble se cherche. 

L'attaque a manqué de poids et de mouvement :

Sans sa vigie Zlatan pour orienter la manœuvre dans la défense adverse, le PSG a fortement peiné à trouver des solutions dans la zone la plus peuplée du terrain, les ailiers parisiens étant bien loin d'être des mangeurs de craie. Et alors que le trio Ben Arfa/Jese/Lucas possèdent des troncs pour le moins imposants en ce début de saison, les trois joueurs n'ont jamais su peser au sein de la défense adverse et ont fui tout combat ou fixation qui aurait pourtant pu permettre au bloc parisien de monter sur le terrain et de forcer l'AS Saint-Etienne à se placer juste devant sa surfaec. Problème, ils ont également manqué de mobilité et de disponibilité pour aller attaquer la profondeur, rendant ainsi leur contrôle plutôt facile à assumer pour la défense verte. En réalité, ils sont surtout apparus scolaires et parfois trop soucieux de se positionner exactement comme le souhaite Emery, au point d'oublier de jouer, tout simplement. Là encore, cela rejoint le point précédent sur le manque d'automatismes dans les circuits offensifs. Paris a changé d'entraîneur, de philosophie mais aussi de joueurs cet été et il ne faut pas oublier que Jesé et Ben Arfa débutent à peine sous leurs nouvelles couleurs.

Des arrières latéraux neutralisés :

Si la partie axiale du terrain a été globalement verrouillée par la présence verte, les ailes parisiennes n'ont pas eu non plus leur rendement habituel, un constat valable pour Kurzawa, Kimpembe et Meunier. Galtier avait pris le pari d'offrir aux latéraux parisiens un un contre un permanent dans les couloirs et cela a en partie fonctionné. Malcuit a fait le travail face au côté gauche parisien tandis que Meunier a eu des difficultés face à M'Bengue. Pour autant, il ne faut pas détacher ces duels du contexte collectif du match, bien différent des deux côtés du terrain. Sur la gauche, Matuidi faisait son retour et il n'a pas hésité à plonger très souvent sur l'aile afin d'apporter des solutions, profitant du travail de fixation de Kurzawa. Habitué à jouer avec un Rabiot bien plus axial, Kurzawa et Kimpembe n'ont pas forcément su s'adapter à cette occupation différente de leur côté. Sur l'autre côté, Meunier a quant à lui souffert d'un manque de connivence avec Ben Arfa et Verratti, deux partenaires qu'il découvrait en match. Et, là encore, le manque d'automatismes a joué contre l'équipe parisienne, très expérimentale ce vendredi soir.

Du mieux défensivement :

Le constat peut paraître paradoxal vu à quel point le but encaissé est une succession de duels perdus de la part de Krychowiak, Kimpembe et surtout Meunier mais il faut noter que le PSG a globalement bien mieux défendu que dernièrement. Complètement absent à Monaco; le pressing parisien a de nouveau été payant, les Stéphanois se retrouvant forcés à faire des erreurs techniques car régulièrement étouffés par les joueurs du PSG. On notera d'ailleurs la bonne activité de Verratti et Matuidi dans ce domaine, les deux pressant haut à tour de rôle. Par ailleurs, l'apport de Krychowiak a été très important au milieu du terrain quand il s'agissait de récupérer la balle devant sa défense. Le Polonais a montré un impact impressionnant à la récupération, confirmant en une mi-temps son apport attendu dans ce domaine. 

Un arrière goût de PSG/Monaco 2014 :

Avec son scénario cruel et son enchaînement de blessures qui touchent des secteurs du jeu en particulier, ce PSG/Saint-Etienne n'est pas sans rappeler le match des Parisiens contre l'AS Monaco début octobre 2014. A l'époque, le PSG ne parvenait pas vraiment à lancer sa saison, privé de Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva, et ce match contre Monaco avait montré un PSG qui avait longtemps peiné à ouvrir le score avant d'enfin y parvenir par l'intermédiaire de Bahebeck. En toute fin de match, les Monégasques avaient finalement égalisé par le biais de Martial sur une action encore plus improbable que celle d'hier. A l'époque, le PSG souffrait de joueurs en méforme en raison de la Coupe du Monde et il avait fallu attendre le retour de Thiago Silva en défense centrale pour remettre un peu d'ordre dans la maison. Cela tombe bien, le Brésilien est annoncé contre Arsenal...

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