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Retour sur Nantes/PSG (0-1) en cinq remarques

Publié le lundi 15 janvier 2018 à 12:33 par Philippe Goguet
Le PSG s'est imposé 1-0 à Nantes ce dimanche grâce à un but de Di Maria dans un match de Ligue 1 pour une fois très disputé. Retour sur la partie en cinq points à propos de la composition, du jeu, du coaching ou encore de Cavani.

Lo Celso est de plus en plus la sentinelle du moment

Pour ce match en Bretagne (ou presque), Unai Emery avait décidé de reconduire le milieu qui avait tant brillé une semaine plus tôt sur la pelouse de Rennes plutôt que celui vu à Amiens mercredi soir en Coupe de France. En terme de joueurs, cela signifie donc que Lo Celso a été préféré à Draxler. Le jeune Argentin était de nouveau placé devant la défense avec Rabiot en relayeur gauche et Verratti sur la droite. Alors qu'Emery aurait tout à fait pu inverser les positions entre le Français et l'Argentin, cela confirme donc que le joueur de 21 ans est actuellement la sentinelle n°1 de l'effectif parisien. Indirectement, c'est aussi une petite victoire pour Rabiot qui n'apprécie pas vraiment le poste. Et le grand perdant du moment est donc Draxler.

Le PSG a offert une leçon de football à la Beaujoire

Pendant des années, le beau jeu à la nantaise a été mis en avant, les Canaris offrant en général des récitals collectifs à leur public de connaisseurs. Hier, c'est bien le PSG qui a donné une leçon collective aux locaux durant la première période. Car si les occasions ont finalement été assez rares, Nantes étant efficace dans ses 20 derniers mètres, la défense et le milieu du PSG ont encore offert des enchaînements techniques de très haut niveau. L'énorme loupé de Di Maria arrive par exemple après une séquence de passes commencée juste devant le but d'Areola, le terrain étant ensuite entièrement remonté en quelques passes. La qualité de relance de la défense parisienne, pourtant régulièrement soumise à un fort pressing, est notamment à souligner, de même que la capacité du «milieu tournant» à se mettre dans le sens du jeu tout en invertissant les postes. Comme l'a expliqué le milieu Valentin Rongier après la partie, «ils arrivent à se déplacer, et à casser des lignes, et nous ça nous use.»

Il est aussi dommage que cette belle fluidité dans les deux premiers tiers du terrain n'ait pas su être couplée à des choix plus pertinents dans le dernier tiers. Mais à l'heure où le PSG banalise l'exploit en enfilant les buts comme des perles et en engrangeant des points de façon gloutonne, il faut aussi savoir déguster ces enchaînements techniques qui ont régulièrement fait passer le pressing parfois intense des Nantais pour un simple toro de début d'entraînement.  

...puis une seconde période pleine de souffrance

Problème, cette belle démonstration collective n'a pas duré beaucoup plus que 45 minutes et la seconde période a vu un PSG souffrir comme rarement cette saison en Ligue 1. La fluidité dans la circulation du ballon a disparu de façon soudaine et on a vu le PSG entrer en résistance. Parfois décevante cette saison (par exemple lors des deux matches à Strasbourg), la charnière Kimpembe/Marquinhos a cette fois affiché toute sa solidité. Mais c'est surtout l'aspect physique qui semble être à retenir. Rarement Paris n'a semblé être autant dominé par son adversaire dans ce domaine, malgré l'enchaînement des matches, et le nombre de duels gagnés par les Nantais en dit long à ce niveau-là.

Il y a peu, et sans que personne n'y fasse attention, Unai Emery a annoncé une préparation spécifique pour arriver au top dans les gros matches à venir, soit la double confrontation contre le Real (14 février et 6 mars). De là à voir en seconde périodes les premiers effets néfastes de ce travail de fond, il n'y a qu'un pas qu'il est très tentant de franchir. Les prochains matches devraient forcément en dire plus sur l'état de fraîcheur des joueurs parisiens, notamment dès le compliqué déplacement à Lyon dimanche prochain.

Unai Emery s'est signalé par un coaching défensif et inattendu

Régulièrement taxé de coach prudent depuis son arrivée à Paris, Unai Emery s'était signalé dernièrement par quelques coachings très offensifs. Au cours de la saison, on l'a par exemple vu finir les rencontres avec des milieux constitués uniquement de joueurs au profil plutôt offensif comme Draxler, Nkunku, Pastore ou encore Lo Celso. Son onze de départ au coup d'envoi était encore plutôt porté vers l'avant avec deux latéraux offensifs, une sentinelle qui était encore un pur n°10 il y a un an à peine et un Rabiot qui se projette beaucoup, le tout derrière trois attaquants.

Son coaching a en revanche été bien plus défensif, ce qui est plutôt rare cette saison. Pas vu depuis le Trophée des Champions contre Monaco, le double latéral a fait son retour avec l'entrée de Meunier, Alves passant alors ailier droit. Le Brésilien était en souffrance défensivement et cela a plutôt bien marché mais cela peut être vu comme un aveu de faiblesse. Sur l'aile gauche, c'est Nkunku qui a fini la partie, un joueur certes polyvalent qui n'avait plus joué aussi haut sur le terrain depuis un moment. Alors que Draxler est étonnamment resté sur le banc, c'est possiblement pour sa culture défensive un peu plus développée que Nkunku a été choisi. Mais alors que le PSG se signale régulièrement par ses orgies offensives, c'est en faisant confiance à sa défense qu'il a protégé jusqu'au bout son court succès, ce qui est pratiquement une première cette saison.

Cavani s'est offert un retour totalement anonyme

Son nom était sur toutes les lèvres avant le match, ou presque, et le retour sur les terrains d'Edinson Cavani a finalement été un non-événement absolu. L'attaquant uruguayen a finalement joué une grosse heure, signant une passe rendue décisive par le génie de Kylian Mbappé avant de se retrouver impliqué sur la fabuleuse action aboutissant à la frappe sur la barre transversale d'Angel Di Maria grâce à une belle talonnade. Pour autant, le reste de son match est tout à fait anonyme et sa sortie n'avait rien d'illogique. Cavani devait retrouver les terrains pour éteindre les polémiques, c'est désormais fait et M. Chapron a finalement réussi en 5 secondes déjà mythiques de faire ce que le PSG n'a pas su faire au cours des 10 derniers jours, à savoir déplacer l'attention médiatique sur un autre sujet.

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