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Ce qu'Idrissa Gueye peut encore améliorer cette saison

Publié le dimanche 3 novembre 2019 à 19:57 par Thibaut Brossard
Idrissa Gueye est l'un des joueurs phares du début de saison du PSG. Malgré la récente défaite à Dijon, il a conquis staff, coéquipiers, suiveurs et supporters dès ses premiers pas sous ses nouvelles couleurs. A tel point que l’on peut se demander s’il va être capable d’aligner d’aussi belles performances sur la durée. Nous avons vu dans une première partie de cet article qu’il affichait avec Paris dans beaucoup de secteurs des stats bien supérieures à ses stats en carrière. Analysons maintenant les domaines où, au contraire, ses prestations sont en-deçà de ce qu’il faisait jusque-là et où il est susceptible donc d’apporter davantage.

La première partie avait été publiée il y a deux semaines et est disponible ici, les chiffres ont été arrêtés avant Dijon/PSG.

On n’a pas encore vu l’intégralité du talent d’Idrissa Gueye. Dis comme ça, ça peut faire peur, surtout aux adversaires. Et cela peut surprendre car on a vu dans une première partie qu’il présentait avec Paris des stats bien supérieures à ses précédentes saisons. Mais, pourtant, il y a des secteurs du jeu où il semble en retrait par rapport à ce dont il est capable. 

Beaucoup de dribbles mais peu de réussite

Commençons par le domaine offensif. En premier lieu, ses stats relatives au dribble sont très perfectibles. Le Sénégalais affiche en effet un moyen44 % de réussite aux dribbles, qui fait un peu tâche dans l’effectif du PSG où la moyenne est de 61 %. Surtout, ce taux de succès est très éloigné de ses stats en carrière : il n’est jamais descendu sur une saison sous les 57 % de réussite et avait un taux moyen de 69 % en Angleterre et de 73 % avec Lille !

Le graphique ci-dessus nous révèle également que, peut-être grisé par les louanges qui l’entourent depuis sa venue, il se montre beaucoup plus entreprenant que durant sa carrière. Alors que sa moyenne en carrière était de 1.3 dribble tenté en moyenne par match, elle est de plus du double sur ses 6 premiers matches de Ligue 1 avec Paris. Il a en effet pris 18 fois sa chance, pour 8 réussites, soit une moyenne de 1.3 dribble réussi sur 3 tentés par match.

Plutôt timide à son arrivée (seulement 2 tentatives lors des 3 premiers matches), il s’est ensuite senti poussé des ailes et s’est un peu pris pour son nouvel ami Neymar (7/16 lors des 3 matches suivants). Mais la réussite n’est pas la même que celle du Brésilien : 1 dribble réussi sur 4 contre Lyon et 4 sur 8 face à Angers. 

Avec ces stats, il est même le 4ème joueur du PSG en termes de dribbles tentés par match derrière Neymar (8.6), Di Maria (6) et Mbappé (5.8). Mais il a encore des progrès à faire pour se mettre au niveau des meilleurs : Verratti a tenté autant de dribbles que lui (18) mais n’en a raté que 2 (contre 10 pour Gueye)

Peu de tirs de loin et de jeu long, faiblesses récurrentes du jeu parisien

Autre domaine où il doit et peut mieux faire, toujours dans le domaine offensif : les tirs, et notamment les tirs de loin. Si son nombre de tirs/match est dans ses standards en carrière, voire même légèrement supérieur (1 avec le PSG contre 0.8 en carrière), ses tentatives de loin sont beaucoup plus rares. Or, il s’agit justement d’un point de faiblesse majeur du PSG où il pourrait apporter beaucoup. Il n’a en effet pris qu’une seule fois sa chance de loin en 6 matches alors que les frappes lointaines représentaient 75 % de ses tentatives en Angleterre (73 tirs de loin en 4 saisons) et à Lille (83 en 5 saisons).

Autre faiblesse récurrente du jeu du PSG où Gueye était, compte tenu de ses stats en carrière, supposé apporter une amélioration : le jeu long. Avec Everton et Aston Villa, il réussissait en moyenne 3.2 passes longues (toutes les 90 minutes). Sa période lilloise est dans les mêmes eaux (2.8 réussies en moyenne, avec une saison à 4.2). Il se montre beaucoup plus timide avec Paris avec 1.7 passes longues réussies par match. Comme s’il était contaminé par ses coéquipiers, peu adepte des longues transversales. Il n’est que 12ème de tout l’effectif parisien, le premier étant Marquinhos avec 5.4 passes longues par match

Logiquement moins d’interventions défensives avec le PSG

Après avoir vu les gestes à caractère offensif où Gana apporte moins avec le PSG que lors de ses précédentes saisons, penchons-nous désormais sur les interventions défensives.

Régulièrement loué pour ses aptitudes défensives, son dévouement de tous les instants et ses nombreuses récupérations, Gueye présente pourtant ses plus faibles stats en carrière en matière de tacles. Avec 4.3 tacles tentés par match à 69 % de réussite, il est en-deçà de ses saisons anglaises (5.6 à 76 %) et lilloises (5 à 80 %). C’est tout simplement jusque-là sa plus mauvaise saison en terme de réussite dans les tacles.

Une explication évidente est la différence de style de jeu entre le PSG et ses clubs précédents, moins souvent en possession du ballon et plus enclins à générer des gestes défensifs. Mais cela n’explique pas son taux de réussite plus faible.

Et, surtout, la comparaison avec ses nouveaux partenaires ne plaide pas en sa faveur. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’est que le 7ème joueur du PSG en nombre de tacles tentés (rapporté à 90 minutes), loin derrière Kimpembe (6.2) et à égalité avec Paredes. L’Argentin, pourtant souvent raillé pour son manque d’implication défensive, présente en outre un meilleur ratio de réussite (74 % vs 69 %).

Les mêmes constats peuvent être faits avec les dégagements (0.5 par match) et les interceptions (1.8). Il n’avait jamais présenté des chiffres aussi faibles (1.3 dégagements et 3 interceptions de moyenne en carrière).

On peut évidemment, là aussi, mettre cela sur le compte du fait que le PSG a beaucoup plus souvent le ballon que ses équipes précédentes et qu’il est logique que son activité défensive soit moindre puisqu’il y a, au global, moins d’interventions défensives à réaliser (Everton avait par exemple 51 % de possession l’an passé, contre 64 % pour le PSG cette année).

Cependant, encore une fois, la mise en parallèle avec ses coéquipiers actuels ne lui est pas favorable : il est seulement 6ème du PSG au cumul dégagements + interceptions (2.3 contre 5 pour Kimpembe). Il est même derrière Paredes (décidément !) dans ce domaine (2.8/90 minutes)

Pour pondérer ce constat sur les gestes défensifs, on relèvera quand même qu’avec 11 interceptions en 6 matches de L1, il est quand même le 2ème du PSG en total d’interceptions depuis le début de saison en Ligue 1 (derrière les 15 de Thiago Silva). Il a à son actif 3 matches à 3 interceptions (Metz, Strasbourg et Bordeaux). Il est également l’auteur de 7 interceptions en 2 matches de Ligue des Champions (6ème de toute la compétition).

Au global, de gros écarts avec ses stats en carrière

Au final, que penser de ses stats et que veulent dire tous ses écarts recensés dans les deux volets de cet article entre ses stats parisiennes et celles qu’il avait jusque-là ? Pourquoi le Gueye du PSG semble-t-il, selon les stats, si différent de ce qu’il était en Angleterre ou à Lille ?

Vu l’écart de niveau et de style de jeu entre le PSG et ses équipes précédentes, il est en premier lieu logique que ses stats offensives soient globalement en hausse et, à l’inverse, que ses indicateurs défensifs soient en recul. Mais on a vu, en comparant ses stats aux autres joueurs de l’équipe, que ses performances offensives étaient extrêmement hautes et que ses interventions défensives pouvaient être améliorées.

Son positionnement en relayeur dans un milieu à trois, avec deux coéquipiers pas avares d’efforts non plus (Marquinhos et Verratti), lui permet sans doute de prendre plus d’initiatives offensives et d’être un peu moins sollicité défensivement qu’il ne pouvait l’être à Everton par exemple.

Enfin l’euphorie de ses excellentes premières prestations l’ont peut-être conduit, entouré de joueurs très doués techniquement, à hausser son niveau de jeu, notamment au niveau offensif. Reste à trouver un équilibre entre ce qu’il sait faire (à peu près tout apparemment) et ce dont le PSG a réellement besoin (son activité défensive, du jeu long, de l’intensité…).

Quoi qu’il en soit, l’échantillon de matches sur cet exercice est encore trop réduit (6 matches de Ligue 1 et 2 de Champions League) pour tirer des conclusions définitives. Mais il va être intéressant de suivre tout au long de la saison si les tendances observées dans cet article se confirment sur la durée et si le jeu de Gueye évolue sensiblement au contact de ses nouveaux partenaires.

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