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Du Barça au PSG, les stats de Neymar en hausse

Publié le dimanche 12 août 2018 à 18:41 par Thibaut Brossard
Alors que Neymar devrait retrouver le onze de départ du PSG, voici un retour sur la première année statistique du Brésilien en France. Et si cette première saison a forcément été gâchée par une grosse blessure, le n°10 avait malgré tout réussi à augmenter ses stats par rapport à sa saison précédente au Barça.

Le temps nous dira si Neymar est le meilleur joueur de l’histoire du championnat français, mais en attendant, par le biais des statistiques, nous avons essayé d’évaluer sa saison parisienne (2017-2018) par rapport à ses quatre saisons barcelonaises (de 2013 à 2017). Bien sûr, les chiffres ne disent pas tout, et la différence de niveau et de style de jeu entre la Ligue 1 et la Liga rendent les comparaisons difficiles. Nous avons quand même essayé. A vous de juger.

Avant de rentrer dans le détail des différentes phases de jeu disponibles en statistiques (issues du site Whoscored), intéressons-nous à l’indicateur synthétique censé évaluer la performance globale du joueur, à savoir le rating.

Un premier constat, assez incroyable, à la lecture de ce graphique qui retrace le rating annuel de Neymar en championnat et en Ligue des Champions : l’attaquant brésilien a progressé chaque saison depuis son arrivée en Europe (il passe de 7.51 à 8.52 entre sa première et sa dernière saison espagnole), y compris donc lors de sa saison au PSG (évaluation de 8.95 en Ligue 1). Le Neymar du PSG serait donc encore plus fort que celui de Barcelone. Nous allons essayer de rentrer un peu dans le détail de ses performances pour étayer cette affirmation. 

Neymar plus fort que Zlatan

Cette évaluation de 8.95 de Neymar en Ligue 1 est assez surréaliste. Il est, et très nettement, le meilleur joueur de l’ensemble des championnats européens, devant Lionel Messi qui affiche pourtant également un excellent rating (8.68 en Liga). Il domine évidemment la Ligue 1 dans des proportions que même le grand Zlatan Ibrahimovic n’avait pas rendu possibles (sa meilleure évaluation parisienne n’est « que » de 8.29). C’est dire les différences faites par Neymar sur notre sol. Pour le plaisir, ci-dessous, le classement des dix meilleurs joueurs de Ligue 1, avec quatre parisiens. 

En Ligue 1, le show Neymar a même parfois tourné à la démonstration ; d’où l’impression de facilité qu’il a souvent dégagé et qui a eu pour effet de relativiser ses incroyables performances. Le site Whoscored lui a accordé à six reprises la note maximale de 10. Il est vrai que les chiffres produits lors de ces six matches paraissent ahurissants :

  • 1 but, 1 passe décisive, 129 ballons joués et 11 dribbles réussis contre Guingamp
  • 2 buts, 2 passes décisives et 14 dribbles réussis contre Toulouse
  • 1 but, 1 passe décisive et 7 passes clés contre Metz
  • 2 buts, 2 passes décisives et 12 dribbles réussis contre Rennes
  • 4 buts, 2 passes décisives et 122 ballons joués contre Dijon
  • 1 but, 1 passe décisive et 5 passes clés contre Strasbourg

On pourrait toujours lui reprocher la faible qualité de ces adversaires-là. Ce à quoi il répondrait qu’il a su maintenir un niveau très élevé lors de toutes les rencontres de Ligue 1 (jamais d’évaluation inférieure à 7.24. Pour vous donner un ordre d’idée, cette évaluation de 7.24 correspond à peu près à la moyenne sur la saison de Marco Verratti, soit la 6ème meilleure évaluation de l’équipe) ; et qu’il a encore élevé son niveau de jeu dans la compétition reine, la Ligue des Champions.

Encore plus fort en Ligue des Champions

En effet, son rating est encore plus élevé en Ligue des Champions (9.11 contre 8.95 en championnat). Dans cette compétition également, il a progressé chaque année jusqu’à en devenir, pour la saison écoulée, le meilleur joueur, au sens statistique. Il devance en effet Harry Kane et Philippe Coutinho dans ce classement où figurent quatre joueurs de Liverpool et 2 Parisiens parmi les 10 premiers.

En Champions League aussi, il a d’ailleurs réussi un match avec 10 d’évaluation : contre le Celtic (2 buts, 1 passe décisive, 110 ballons joués)

Alors, qu’est-ce qui justifie que Neymar, sans même être le meilleur buteur de Ligue 1 et en étant éliminé piteusement en 1/8ème de finale de Ligue des Champions, soit quand même considéré comme le meilleur joueur de ces deux compétitions, et en progrès par rapport à ses saisons précédentes ? En rentrant dans le détail de ses statistiques offensives, on va mieux comprendre.

Une moyenne d’un but par match en Ligue 1

Par la faute d’une fin de saison tronquée en raison d’une vilaine blessure au pied droit (contre l’OM le 25 février), il n’a disputé que 20 matches de championnat, soit à peine plus de la moitié des parties possibles. Par conséquent, impossible de briguer le titre de meilleur buteur (il est quand même 3ème…). En revanche, avec 19 buts inscrits, il détient la meilleure moyenne de but/match de Ligue 1. C’est même le meilleur ratio de sa carrière (il n’avait jamais fait mieux que 0.7 but par match avec Barcelone).

Petites innovations relevées dans la manière de battre le gardien adverse cette dernière saison : il a marqué 7 buts en-dehors de la surface (dont 5 en Ligue 1), soit autant que lors de ses quatre saisons en Espagne. Il a par ailleurs scoré à 7 reprises sur coup de pied arrêté en L1 (dont 4 pénalty), ce qui constitue un nouveau record personnel.

Cette capacité à marquer de loin n’est pas anodine et semble bien refléter une évolution de son jeu lors de la saison écoulée. En effet, alors que les tirs pris de l’extérieur de la surface ne représentaient, en moyenne, que 25 % de ses frappes à l’époque catalane, ce taux est passé à 39 % avec le PSG (soit 35 de ses 90 tirs de championnat). On remarquera au passage que cela n’a pas d’influence sur sa réussite puisqu’il cadre autant (et même légèrement plus), qu’à Barcelone (46 % vs 45 %). Il s’agit donc d’une nouvelle corde à un arc déjà bien fourni, qui a fait de lui, sur la saison de Ligue 1, le joueur qui frappait, en moyenne, le plus aux buts (4.5 par match, devant Balotelli 3.9). L’écart avec ses saisons antérieures est important puisque jusque-là, il n’avait jamais dépassé 3.6 tirs par rencontre en moyenne (en 2015-2016).

Un match résume bien cette évolution dans le jeu de Neymar : lors de la fameuse démonstration (8-0) contre Dijon, le 17 janvier 2018, il frappe 11 fois au but, dont 4 de l’extérieur de la surface, cadrant 7 fois pour 4 buts inscrits ! 

Co-meilleur passeur de Ligue 1 en jouant la moitié des matches !

S’il n’a pu s’emparer du titre de meilleur buteur de Ligue 1, Neymar s’est en revanche adjugé celui de meilleur passeur (à égalité avec Depay et Payet). Que ce soit en chiffre brut (13) ou en moyenne/match (0.7), il s’agit de ses records sur une saison (il n’avait jamais fait mieux que 12 au total et 0.4 passe décisive par match avec Barcelone).

Le principal bénéficiaire des caviars de Neymar n’est autre que celui à qui on a voulu l’opposer une partie de la saison, à savoir Cavani (7 buts), devant Mbappé (2).

Les autres statistiques relatives à la passe témoignent de plusieurs évolutions par rapport à son époque catalane :

  • Avec Paris, il a distribué plus de passes clés qu’avec Barcelone : 3.5 par match en Ligue 1 (dont 7 contre Guingamp et Metz et aucun match sans aucune passe clé), contre jamais plus de 3 en moyenne chez les Blaugranas
  • Avec Paris, il a réussi en moyenne 79.6 % de ses passes en L1. C’est moins bien que 3 de ses 4 saisons espagnoles (max 84.5 % en 2013-2014)
  • Avec Paris, il a donné en moyenne 67 passes par match de Ligue 1, soit près de 20 plus que sa moyenne barcelonaise (48, et jamais plus de 53 sur une saison avec Barcelone)
  • Avec Paris, il a réussi 2 fois moins de centres que la saison précédente (1.1 par match vs 2.2)

En synthèse sur les données concernant la passe, les statistiques montrent qu’il est davantage le dépositaire du jeu de Paris qu’à Barcelone et qu’il a donc gonflé ses stats de passes créatrices d’occasions, mais avec plus de déchet technique et en débordant moins sur son aile pour centrer.

Le meilleur dribbleur du monde

Un autre aspect du jeu de Neymar a subi une impressionnante évolution depuis son arrivée en Europe, y compris lors de son passage entre le Barça et le PSG : sa réussite dans les dribbles

La courbe ci-dessus indique que son taux de réussite aux dribbles a augmenté chaque saison, passant de 46 % en 2013-2014 à 67 % en 2017-2018. Et ceci avec un volume de dribbles toujours plus important chaque saison.

A l’occasion de son arrivée au PSG, il a poursuivi cette incroyable croissance en passant au-dessus de la barre des 10 dribbles tentés en moyenne par match de championnat. Comme son taux de succès dans cet exercice a cru également, il a réussi en moyenne plus d’un quart de dribbles par match de plus que la saison précédente (7.1 vs 5.6) qui constituait pourtant sa plus forte saison dans ce domaine. Il a même fait encore mieux en Ligue des Champions avec 7.3 dribbles réussis par match !

Il est évidemment le leader en Ligue 1 dans cette phase de jeu, très nettement devant Saint-Maximin (3.6 dribbles réussis par match, soit quasiment moitié moins que Neymar). Comme le montre le graphique ci-dessous, il domine même l’ensemble des championnats européens dans cette catégorie, devant un certain Leo Messi. 

En championnat, cela a donné lieu à quelques festivals mémorables qui ont régalé les (télé)spectateurs de Ligue 1. On recense cinq matches à au moins 10 dribbles réussis (maximum 14 contre Toulouse), et jamais moins de 2 dribbles réussis dans un match. Très soucieux d’imposer immédiatement son style, il avait commencé la saison sur les chapeaux de roue avec une moyenne de 11 dribbles réussis/match après trois rencontres. Et même quand il abuse parfois (20 dribbles tentés contre Rennes), il s’en sort pour sortir le plus souvent vainqueur de ses duels face aux défenseurs adverses (12 réussis). On ne recense en outre que 2 matches à plus de dribbles ratés que réussis (2/5 contre Lyon et 3/7 à Lille) qui sont également les matches où il en a tenté le moins. Comme s’il avait besoin de beaucoup dribbler pour se sentir bien dans son match.

Ennemi public numéro un des défenseurs

On vient de le voir, le jeu de l’ancien de Santos est fait de provocations, voire d’humiliations. Et il est logiquement la cible des défenseurs adverses qui n’ont parfois d’autre moyen, ou d’autre envie, que de faire faute sur lui. Et là encore, les chiffres de sa saison française sont en hausse par rapport à son passé catalan. Et là encore, avec 5.2 fautes subies par rencontre, il atteint un chiffre qui en fait l’ennemi public numéro un des défenseurs, dans l’ensemble des grands championnats européens.  

Alors, on pourra toujours sa gausser de ses roulades et considérer qu’il en rajoute parfois, les chiffres sont là pour confirmer qu’aucun joueur ne subit plus de fautes que lui et qu’il en provoque davantage chaque nouvelle saison. Stat révélatrice : il a subi au moins une faute dans les 27 matches (Ligue 1 + LDC) qu’il a disputés la saison dernière.

La répartition des fautes subies par Neymar à domicile et à l’extérieur prête elle à interrogation. En effet, la saison passée en Ligue 1, il a bénéficié de deux fois plus de coups de sifflets des arbitres à domicile (dont 8 contre Toulouse, Troyes et Marseille) qu’à l’extérieur : 6.6 fautes subies en moyenne au Parc des Princes contre 3.4 à l’extérieur. Quelle explication donner à cet écart assez net alors même qu’il ne tente pas plus de dribbles à domicile ? L’ambiance du Parc inciterait-elle l’arbitre à davantage sanctionner les fautes ou semblant de fautes sur la star brésilienne ? Ou, au contraire, à l’extérieur, les contacts dont il est victime sont-ils moins sanctionnés par des arbitres moins complaisants ? A suivre…

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