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Le début de saison du PSG en L1 vu par les stats (2e partie)

Publié le mercredi 11 octobre 2017 à 12:44 par Thibaut Brossard
Après une première partie décrivant le début de saison presque parfait du PSG d'un point de vue comptable, le tout en s'appuyant sur des recettes bien connues, voici la deuxième partie qui montre les nouveautés dans le jeu parisien, toujours en s'appuyant sur les statistiques.

Nous avons fait le constat dans la première partie de l’article consacré au bilan statistique des matches d’août et septembre du championnat que le PSG réalisait un début de saison historique et s’était appuyé pour cela sur ses principes fondamentaux, possession du ballon et maîtrise technique, poussées même à leur paroxysme. Nous allons voir dans cette seconde partie que ce début de saison fait néanmoins émerger quelques nouveautés dans le jeu parisien que les statistiques permettent d’illustrer.

Un réalisme offensif à faire peur

La principale nouveauté de ces huit premiers matches de championnat provient de l’efficacité des Parisiens devant le but adverse. La tendance émergente en août s’est confirmée en septembre.

La statistique des « expected goals » illustre parfaitement ce nouveau réalisme offensif, qui contraste avec les chiffres de la saison passée : Paris a en effet inscrit 27 buts contre 19.8 attendus (selon des paramètres comme le lieu où les tirs ont été exécutés notamment). Il s’agit du plus gros différentiel de toute la Ligue 1. Paris a donc inscrit près d’un but de plus par match qu’attendu compte tenu des (pourtant elles-mêmes nombreuses) occasions qu’il s’est procurées. A voir si cela se confirme dans la durée mais c’est assez remarquable. L’évolution par rapport à la saison passée est saisissante puisque l’an dernier le PSG marquait autant de buts qu’attendu (2.18 contre 2.13 par match). A titre d’illustration, rappelons que contre Bordeaux, Paris par exemple trouvé le chemin des filets sur chacun de ses trois premiers tirs de la rencontre.

Difficile de ne pas faire le lien entre cette statistique et les arrivées des stars offensives lors du mercato estival. Les productions de Mbappé (0.48 but par match contre 0.37 attendu) et surtout de Neymar (0.64 but pour 0.29 attendu) sont assez sidérantes, et, au passage, bien meilleures que celles de Cavani (0.78 but pour 0.8 attendu).

Dans le prolongement des « expected goals », les stats relatives aux tirs confirment ce nouveau réalisme parisien. On peut citer le % de tirs cadrés qui atteint 44.3 % (et même 50 % si on intégrait les frappes sur les montants) : ce ratio est en forte hausse par rapport à 2016-2017 (38.3 %) et c’est le meilleur de Ligue 1. On peut surtout mettre en avant le rapport entre le nombre buts et le nombre de tirs : Paris inscrit depuis le début de saison un but tous les 4.9 tirs, contre un but tous les 7.1 tirs l’an passé. Le ratio est même encore meilleur que celui de Monaco l’an passé (5.2 tirs pour un but, meilleure efficacité d’Europe à l’époque). Le summum a été atteint contre Bordeaux avec 6 buts en 11 tirs.

« Paris do Brasil »

Avec un but tous les 3.3 tirs, Neymar contribue évidemment fortement à cette efficacité retrouvée. Cet apport de Neymar, et des nouvelles recrues en général, se retrouve d’ailleurs dans d’autres statistiques qui permettent de faire émerger quelques autres nouvelles tendances dans le jeu parisien.

La statistique où l’apport de Neymar se fait le plus sentir reste sans surprise celle du dribble. Paris en a tenté en moyenne 21.3 par match contre 18.9 l’an dernier, et en a réussi 14.9 contre 12.6 l’an dernier. Neymar, à lui seul, en a réussi 7.7 par match (leader de Ligue 1 devant Ndombélé 2ème avec 4.7), contre « seulement » 2.8, par exemple, pour Mbappé 2ème dans cette catégorie. 

On sent d’ailleurs bien l’apport dans ce domaine des derniers joueurs arrivés puisqu’en incluant Draxler (recruté à l’hiver dernier), quatre des six meilleurs dribbleurs (en nombre moyen de dribbles réussis par match disputé) sont des recrues récentes : Neymar 7.7, Mbappé 2.8, Draxler 1.8 et Alves 1.2.

Cela change quelque peu l’identité de l’équipe en l’orientant davantage vers la prise de risque individuelle. Cela se traduit dans les chiffres de la manière suivante : Paris est désormais l’équipe du championnat de France qui réussit le plus de dribbles (2ème l’an dernier) et se classe même 2ème au niveau européen derrière Barcelone (16.3). 

Un centre de gravité qui se déplace vers l’attaque ?

On peut ajouter à ces statistiques sur le réalisme offensif et la prise de risque individuelle une évolution intéressante concernant la répartition du temps passé dans les différentes parties du terrain. Paris passe cette année 32 % du temps dans le dernier tiers adverse du terrain. Il s’agit d’une progression assez nette par rapport aux années antérieures :

Le PSG, longtemps mal classé en Ligue 1 dans cette catégorie statistique qui témoigne assez bien de la pression mise sur les défenses adverses, est désormais leader du championnat. L’équipe d’Unai Emery se situe même dans la moyenne des meilleures équipes européennes (à titre d’exemples : Real Madrid est à 37 %, Manchester City 36 %, Bayern Munich 34 %, Barcelone 32 %, Dortmund 30 %, Chelsea 26 %, etc…)

En conclusion de cette seconde partie, on se gardera bien de dire que les arrivées galactiques de cet été ont révolutionné le jeu d’attaques placées du PSG mais les statistiques indiquent bien un frémissement vers un jeu moins stéréotypé et plus efficace. Bref, l’ADN est toujours bien là mais une mutation semble en cours. Nous verrons dans la troisième partie que ce n’est pas sans poser quelques problèmes et que des marges de progression importantes semblent exister. 



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