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Le début de saison du PSG en L1 vu par les stats (3e partie) : les limites

Publié le jeudi 12 octobre 2017 à 12:43 par Thibaut Brossard
Après avoir constaté dans les deux premiers volets consacrés au bilan vu des stats du début de saison parisien que le PSG commençait la saison sur des bases records en s’appuyant à la fois sur ses principes de jeu habituels mais aussi sur les variations apportées par ses recrues stars de l’été, nous allons, dans cette troisième et dernière partie, tempérer quelque peu ce tableau trop idyllique.

Deux types de données nous amènent à relativiser un peu la qualité du jeu parisien : d’une part, les écarts avec les meilleures équipes européennes dans un certain nombre de secteurs, et d’autre part l’évolution entre août et septembre de plusieurs indicateurs à caractère défensif.

L’exploitation des statistiques des équipes des cinq grands championnats du continent fait en effet émerger au moins trois domaines où les Parisiens présentent une marge de progression importante. Il s’agit du jeu long, du nombre de frappes et des coups de pied arrêtés. Il n’est évidemment pas question, après huit matches de championnat, de tirer des conclusions définitives sur les éventuelles lacunes du jeu parisien mais plutôt de mettre en évidence certaines écarts par rapport aux références continentales et de voir comment cela évolue au fil de la saison.

Un jeu qui manque toujours de variété

Concernant le jeu long, les statistiques nous disent ceci : 6 % des passes des joueurs de la capitale sont des « passes longues ». Ce taux est en baisse par rapport à la saison dernière (7.4 %) et surtout très inférieur aux meilleures équipes européennes. A titre de comparaison, le Bayern Munich est à 11.8 %, le Real Madrid et la Juventus sont au-dessus des 10 % et le Barça, à la philosophie de jeu proche de celle du PSG, est à 9.3 %. Au classement général du nombre de passes longues réussies par match, le PSG est seulement 8ème de Ligue 1 et se situe surtout au 42ème rang (sur 98 équipes) des cinq principaux championnats ! Paris réussit 31 passes de ce type par rencontre contre 56 pour le Bayern, leader en la matière.

C’est grave docteur ? Cela n’est évidemment pas pénalisant jusqu’à présent au niveau des résultats mais cela semble traduire un manque de variété dans le jeu des Rouge et Bleu qui pourrait être dommageable à terme. Cette absence de diversité dans les passes rend plus prévisible le jeu parisien et le style d’attaque pratiqué. Ainsi, seulement 1.8 passe clé provient d’une longue passe : c’est le 38ème score d’Europe, à égalité avec Troyes, et le 10ème de Ligue 1 (les premiers sont Strasbourg, Monaco et Caen avec 2.3).

Autant que le taux, c’est l’évolution à la baisse de ce ratio qui peut interroger. Les « responsables » de cette baisse sont à chercher chez les nouveaux venus (Neymar est à 4.5 % de passes longues et Mbappé à 2 %) et les défenseurs centraux (-4.3 passes longues réussies par match pour le trio Thiago Silva-Marquinhos-Kimpembe par rapport à la saison dernière) alors que les milieux parisiens tendent au contraire à varier davantage leur jeu (+3.4 pour Verratti-Thiago Motta-Rabiot). 

Seulement 3 buts sur coups de pied arrêtés

Dans deux autres catégories statistiques, le PSG présente une marge de progression importante : les coups de pied arrêtés et le nombre de frappes au but.

Les phases arrêtées ne sont en effet génératrices que de 3.4 tirs par match, soit le 48ème rang européen et le 8ème de Ligue 1. C’est, là aussi, un ratio en baisse par rapport à la saison passée (3.9) dont il faudra surveiller l’évolution au cours de la saison. Hors pénalty, Paris n’a inscrit que 3 buts sur coups de pied arrêtés contre déjà 8 pour Monaco, spécialiste en la matière. Pour être honnête, on préfèrera quand même toujours les coups-francs géniaux (mais rares) de Neymar (contre Bordeaux) aux (fréquents) buts de la tête de Kamil Glik.

Enfin, concernant le nombre de frappes au but, si Paris présente un score (16.4 par match) qui en fait le leader dans l’Hexagone, les comparaisons avec les meilleures équipes européennes sont très défavorables. Les joueurs d’Unai Emery se classent en effet 15ème au niveau européen, très loin derrière les leaders dans ce secteur que sont le Real Madrid (20.7 tirs par match) et Naples (19.9). Surtout, presque toutes les équipes pratiquant un style de jeu axé sur la possession du ballon présentent des statistiques plus favorables que les Parisiens. Compte tenu du niveau de possession du ballon, on pourrait en effet s’attendre à être plus dangereux offensivement. Le graphique ci-dessous montre que parmi les 10 équipes ayant le plus fort taux de possession du ballon toutes réalisent, sur ce début de saison, plus de tirs au but que le PSG, sauf Barcelone. 

Paris plus mis en danger défensivement en septembre qu’en août

Le dernier angle analyse des données statistiques des huit premiers matches de la saison qui nous invite à la prudence concerne l’évolution des indicateurs défensifs entre août et septembre.

Le tableau ci-dessous décrit la tendance entre les quatre premiers matches et les quatre suivants pour les statistiques du domaine défensif. Elles mettent toutes en évidence que les coéquipiers de Thiago Silva ont été davantage bousculés et mis en danger sur les dernières rencontres (Metz, Lyon, Montpellier et Bordeaux) que sur les quatre premières (Amiens, Guingamp, Toulouse, St Etienne).

Paris a certes été séduisant et très réaliste offensivement mais il semble se mettre au fil des matches disputés plus en danger qu’en tout début de saison. Bordeaux a par exemple frappé 11 fois dans la surface parisienne, et Lyon à 7 reprises. Areola a eu plus d’arrêts à effectuer contre Lyon lors de la 6ème journée que lors des cinq premiers matches cumulés.

Pris séparément, chacun de ces indicateurs aurait peu de sens. C’est la conjonction de tous ces signaux qui connaissent la même évolution, assez nette, entre août et septembre qui nous incitent à les mettre en avant. Cela n’a pas eu d’incidence sur le total de points gagnés en championnat mais cela conduit à relativiser (un peu) l’excellent parcours estival des joueurs de la capitale.

Une équipe qui se cherche encore

En conclusion de cette étude du jeu parisien à fin septembre vu par l’intermédiaire des statistiques, le PSG semble à un tournant. C’est un peu comme si les attaquants étaient, en quelque sorte, en train de prendre le pouvoir aux milieux de terrain. Avec les avantages et les inconvénients que cela implique. L’arrivée des recrues offensives apporte une formidable nouvelle dimension, plus risquée, au jeu jusque-là quasi exclusivement basé sur la possession du ballon. Tout l’enjeu sera d’intégrer cette nouvelle arme offensive tout en préservant une solidité défensive dont on a vu qu’elle pouvait commencer à légèrement faiblir. A Emery et ses joueurs de trouver le bon équilibre…



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