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Les chiffres confirment, Dani Alves est bien le meilleur latéral du PSG

Publié le dimanche 12 novembre 2017 à 14:20 par Thibaut Brossard
Premier grand nom débarqué l'été dernier, Dani Alves n'a pas mis bien longtemps à faire l'unanimité au PSG. Et si son apport est facile à voir sur le terrain, il est également largement quantifiable dans les statistiques. Les chiffres le confirment, le Brésilien de 34 ans est bien le meilleur arrière latéral du PSG.

Nous profitons de cette trêve internationale pour, une nouvelle fois, essayer de faire parler les statistiques des joueurs du PSG. Dans cette série d’articles, nous nous sommes penchés sur les performances individuelles, analysées poste par poste. Il y aura donc quatre articles : un pour les arrières latéraux, un pour les défenseurs centraux, un pour les milieux et un dernier pour les attaquants. L’analyse porte uniquement sur les douze matches de Ligue 1 (soit un tiers du championnat) et est principalement basée sur les statistiques publiées par le site Whoscored. 

La pondération des statistiques de chaque joueur permet à Whoscored de produire une évaluation chiffrée censée représenter la performance globale de chaque joueur à chaque match. Nous utiliserons cette évaluation, sur 10 points, pour classer les joueurs par poste mais cette note et ces données sont surtout utilisées ici pour comparer les joueurs et le style de chacun. Cette comparaison des performances par les statistiques a plus de sens quand elle porte sur des joueurs évoluant au même poste.  

Daniel Alves, le chaînon manquant 

Concernant le poste de latéral (droit et gauche confondus), c’est sans surprise Daniel Alves qui mène la danse avec une évaluation moyenne de 7.78, devançant assez nettement Thomas Meunier (7.25), Layvin Kurzawa (7.19) et Yuri Berchiche (6.91). Les droitiers dominent dans ce classement et jusque-là, difficile de donner tort aux chiffres « moulinés » par Whoscored. 

Essayons d’analyser maintenant un peu dans le détail ce qui explique cette domination chiffrée d’Alves et quelles sont les caractéristiques qui différencient nos quatre latéraux. Ce que semble nous dire les statistiques de Dani Alves que nous allons étudier ci-dessous c’est que tout en s’intégrant parfaitement dans le style de jeu parisien fait de maîtrise technique, il a su combler beaucoup des lacunes historiques du jeu des Rouges et Bleus. 

Les données chiffrées du latéral brésilien témoignent en premier lieu de son volume de jeu et sa qualité technique. Deux atouts qui collent parfaitement au jeu de possession labelisé PSG. La comparaison avec les trois autres latéraux parisiens est assez éloquente : il touche en moyenne 95 ballons par match, soit 30 % de plus que son premier poursuivant (Kurzawa avec 73 ballons). Il s’agit même du 4ème plus gros total de l’équipe. C’est dire son influence sur le jeu de l’équipe et la rapidité de son intégration. 

Son habileté technique et son entente avec ses nouveaux partenaires se retrouvent également dans sa qualité de centre puisqu’avec 31 % de réussite dans cet exercice, il devance assez nettement Meunier (25%), Kurzawa (20 %) et Berchiche (15 %). 

Ses statistiques relatives à la passe traduisent bien l’emprise qu’il a prise sur le jeu parisien tant, là aussi, les écarts avec ses collègues arrières latéraux sont importants. Il est non seulement celui qui fait le plus de passes (72) mais aussi celui qui a le plus haut taux de réussite (88.6 %) dans ses transmissions.

Plus de jeu long, de frappes lointaines et d’efficacité avec Alves

Donc non seulement, il s’inscrit pleinement au cœur du jeu parisien, malgré sa position initiale de latéral, mais en plus il est celui qui fait le meilleur usage du ballon. On peut signaler en passant que, dans ce secteur (nombre de passes et % de réussite), il présente même les plus hautes statistiques de sa carrière en championnat européen. Alors, Alves encore plus fort à 34 ans ? 

Difficile à dire mais ce qui est sûr c’est que son recrutement a vraiment tout de la bonne pioche et du chainon manquant. Car non seulement il ne jure pas dans le paysage ultra technique des Parisiens, mais en plus il compense certaines lacunes du jeu de l’équipe d’Unai Emery. Un certain nombre de statistiques permettent en effet de mettre en évidence toutes les nouveautés qu’il apporte : dans le jeu long, dans les frappes lointaines et l’efficacité. 

Les chiffres qui témoignent de ce dernier point sont d’ailleurs assez éloquents : il a délivré 13 passes clés depuis le début de saison, soit le 2ème total de toute l’équipe (derrière les 34 de Neymar), et 3 passes décisives (dont deux contre Angers récemment) soit le meilleur total parmi les non-attaquants, et évidemment parmi les arrières latéraux.

Outre le nombre de ballons joués atypique pour un latéral, c’est la diversité qu’il apporte notamment avec son jeu long qui constitue une arme nouvelle dans le jeu du PSG cette année. Il a en effet tenté 56 passes longues depuis le début de saison, soit le 2ème total de l’équipe derrière Verratti. Là aussi, il se distingue considérablement des autres arrières latéraux du PSG puisque, par exemple, Kurzawa en a tenté une seule en sept matches ! Ces passes longues représentent près de 10 % de ses passes totales, soit le plus haut taux parmi tous les Parisiens. 

Ces chiffres témoignent de cette volonté d’être décisif et d’aller de l’avant, qui contraste un peu avec le jeu « ronronnant » dans lequel les milieux parisiens se complaisent parfois. Il a dû parfaitement analyser ce besoin car il n’avait jusque-là dans sa carrière jamais autant pratiqué de jeu long (5 réussites par match avec Paris contre 2.7 en carrière).

Alves est également le latéral parisien qui prend le plus sa chance de loin (3 de ses 5 frappes ont été réalisées en dehors de la surface) et il tente de compenser, là encore, une des limites historiques du jeu des joueurs de la capitale.

Si l’on rajoute à cela, la prise de risque, raisonnée, qu’il prend à travers ses dribbles (8 sur 10 tentés, soit les plus hauts totaux des quatre latéraux) et sa légendaire grinta défensive (3.6 tacles réussis par match, plus haut score de toute l’équipe), on a un panorama complet des qualités de l’ancien Juventino et de son formidable apport au jeu parisien. Sans compter tout ce qui ne se voit pas dans les stats et où il excelle aussi (petites fautes à l’expérience, leadership, pression sur l’arbitre…) !

Un temps de jeu équilibré entre les quatre latéraux

Si les statistiques d’Alves sont assez exceptionnelles en ce début de saison, les trois autres arrières latéraux parisiens ne sont pas complètement en reste. 

Un premier constat pour commencer : le temps de jeu est assez équitablement réparti entre les quatre joueurs. Alves, en raison de ses performances et de sa capacité à jouer aussi au milieu, domine ses coéquipiers en nombre de matches et de minutes disputés mais la répartition du temps de jeu entre les quatre joueurs est plutôt équilibrée. Emery s’appuie bel et bien, jusqu’à présent, sur deux doublettes sur les deux postes de latéraux.

Alves domine beaucoup de catégories statistiques mais chacun des trois autres latéraux s’illustre dans un ou plusieurs domaines. 

Meunier buteur, Kurzawa frappeur, Berchiche puncheur

En terme d’efficacité devant le but adverse, c’est Thomas Meunier qui se distingue avec 3 buts inscrits en championnat (1 contre Bordeaux puis 2 à Dijon la journée suivante), soit le plus haut total en Ligue 1 pour un défenseur à ce stade. Il est déjà à un but de son record annuel en championnat (4 lors de la saison 2012-2013 avec Bruges) et fait trois fois mieux que l’an passé (un seul but mais quel but ! Le fameux « coup-du-sombero-petit-lob-lucarne-opposée » contre Lorient).

Il ne lui a fallu en outre que 5 tirs pour inscrire ces 3 buts, ce qui en fait, avec Pastore, le joueur le plus adroit devant le but de toute l’équipe ! Le Belge a également délivré une passe décisive (pour Cavani contre Saint Etienne).

Concernant les actions défensives, Meunier est le latéral qui effectue le plus de dégagements par rencontre (2.1) et Kurzawa celui qui réalise le plus d’interceptions par match (1.9)

Les statistiques de Kurzawa penchent elles aussi plutôt vers l’avant : avec 9 frappes depuis le début de saison (dont 4 contre Toulouse), pour un but (sa magnifique volée sur le corner de Neymar contre Toulouse justement), il est le latéral qui frappe le plus au but. Avec 1.3 tir par match, il est exactement dans sa moyenne de l’an passé et se classe au 3ème rang de tous les latéraux de Ligue 1 (derrière Ferland Mendy et Leo Dubois avec 1.6)

Plusieurs statistiques confirment cependant l’impression visuelle de performances en retrait par rapport à la saison passée : Kurzawa réussit moins de centres (20 % contre 27 % l’an passé), joue systématiquement court – pour Neymar arrêté à 3 mètres de lui – (0.1 passe longue par match contre 1.5 l’an passé) et commet deux fois plus de fautes (1.9 vs 0.9). 

Les débuts de Yuri Berchiche sont quant à eux plutôt encourageants. Il est celui qui a eu le moins de temps de jeu mais c’est surtout dû à sa blessure de début de saison. Avec moins de présence sur le terrain, il a forcément moins « produit » que ses coéquipiers, mais ramenés à 90 minutes, son volume de jeu est proche de celui de Meunier et Kurzawa. Sur 90 minutes, il est en outre celui qui réalise le plus d’interceptions (1.9) et provoque le plus de fautes (1.5). 

Ses statistiques sont globalement en retrait par rapport à celles qu’il avait en Liga l’an passé (0.6 frappe par match, c’est deux fois moins qu’en 2016-2017, par exemple) mais il ose peut-être moins parmi cette constellation de stars qu’au milieu des joueurs de la Real Sociedad. 

En conclusion, on a la confirmation avec ces statistiques après un tiers de championnat de l’importance des latéraux dans le système de jeu d’Unai Emery. Importance décuplée par le rayonnement ô combien bénéfique de Daniel Alves.

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