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Un dernier regard sur 2017/2018, le jeu du PSG vu par les stats (Partie 3)

Publié le vendredi 3 août 2018 à 16:28 par Thibaut Brossard
Après avoir mis en évidence, par le prisme des statistiques, les similitudes dans le style de jeu parisien entre les deux saisons d’Unai Emery à la tête du PSG (volet 1), puis les différences dans la manière d’inscrire des buts (volet 2), ce troisième et dernier opus va se focaliser sur d’autres nouveautés apparues l’an passé.

Record de tirs sur une saison

La première concerne le nombre de frappes tentées par les rouges et bleus. Jamais dans l’histoire récente du club les joueurs parisiens n’avaient en effet autant tiré au but (16.4 par match contre 15.4 en 2016-2017).

Le graphique ci-dessus met également en évidence deux autres phénomènes : alors que le nombre de buts marqués par le PSG « qatari » est sans commune mesure avec les années antérieures (86 en moyenne pour les sept dernières saisons, contre 45 pour les sept précédentes), le nombre de frappes semble quant à lui moins varier entre les deux époques (les données disponibles ne permettent pas de remonter avant 2009-2010). 

Autre étrangeté : le nombre de frappes lointaines (en orange sur le graphique) des saisons pré-qatariennes étaient supérieures à l’époque qatarienne (et ce quel que soit l’entraîneur). On notera cependant que l’évolution récente est à l’augmentation de ces frappes hors-surface puisque la saison 2017-2018 flirte avec les 200 tirs (contre 151, point bas, en 2014-2015). 

Si Di Maria est toujours le leader de ce classement des frappes lointaines au sein du PSG (45 en 2017-2018), les arrivées de Neymar (35) et Alves (20) et la montée en puissance de Lo Celso (28) expliquent la progression de la dernière saison.

Petite anecdote concernant les statistiques relatives aux tirs : alors qu’au classement individuel, Neymar s’adjuge une récompense de plus, (avec 4.5 tirs par match dont 2.1 cadrés, il domine toute la Ligue 1 dans ces deux catégories), en terme d’équipe, ce sont les Marseillais qui décrochent un trophée supplémentaire dans leur saison déjà riche en récompenses (…) : celui du plus grand nombre de frappes aux buts en championnat (623, contre 622 pour le PSG) ! 

Plus de tirs et plus de précisions = plus de buts

D’autres données relatives aux tirs confirment que les Parisiens avaient la mire bien réglée l’an passé et qu’ils ont fait preuve d’une grande efficacité devant le but. Les joueurs de la capitale ont cadré 41 % de leurs frappes (contre 38 % l’année précédente) ; Nkunku (65 % de tirs cadrés), Cavani (53 %), Neymar (46 %) et Meunier (46 %) s’avérant être les plus adroits face aux buts adverses. A l’inverse, Marquinhos n’a pas cadré un tir de l’année (sur 14). 

Il n’a fallu que 5.8 tirs en moyenne aux Parisiens pour marquer un but (contre 7.1 l’année précédente), soit le meilleur ratio de toute l’Europe ! Ce n’est pas à Dani Alves que l’on doit cette performance (1 but en 27 tentatives) mais plutôt à Edinson Cavani (28 buts en 105 tirs). Cela signifie que plus d’un quart des tirs de l’Uruguayen se sont transformés en but. #efficacité

Concours de dribbles

Si les évolutions concernant les buts et les tirs sont importantes, la vraie nouveauté de la saison 2017-2018 provient du nombre de dribbles. Comme le montre le graphique ci-dessous, l’écart par rapport à la saison précédente (+33 % de dribbles réussis), et surtout par rapport aux saisons « Lolo White » (+55%) est impressionnant. 

Le PSG (16.8 dribbles réussis et 24.7 tentés en moyenne par match) domine la Ligue 1 quant aux dribbles réussis (devant Lille 15.1) et tentés (devant Lyon 22.8) mais ne se classe que 3ème en % de dribbles réussis. Avec 68 % de succès dans cet exercice, le taux parisien est en hausse par rapport aux années antérieures mais reste inférieur à Dijon 71 % et Lille 70 %. 

Cette évolution dans le jeu parisien est entièrement due au recrutement estival…et hivernal. En effet, si sans surprise Neymar trône au sommet des dribbleurs fous (7.1 réussis sur 10.6, soit loin devant Ndombele, 2ème de L1 avec 4.7 réussis sur 6.3), et que Mbappé ne manque pas une occasion de l’imiter (2.9 dribbles réussis sur 5), une autre recrue parisienne se hisse sur le podium et se glisse entre les deux vedettes : Lass Diarra est en effet le deuxième meilleur dribbleur du PSG 2017-2018 en nombre de dribbles réussis par match (3.2 sur 3.5 tentés). 

Pour le plaisir, quelques stats relatives aux dribbles de Neymar Jr :

  • Il a réussi au moins 10 dribbles à 5 reprises avec un record à 16 contre Toulouse (1er match au Parc)
  • Sur les 20 matches de championnat qu’il a disputés, il y en a 11 avec au moins 10 dribbles tentés (par comparaison : Mbappé aucun ; Cavani pas un match au-dessus de 4 dribbles tentés)
  • Il n’a réussi que 2 dribbles contre Lyon (son plus bas total de la saison)

Areola, meilleur joueur de la fin de saison

Enfin, nous terminerons ce tour d’horizon général des statistiques sur le jeu du PSG de la dernière saison écoulée par quelques mots sur les actions défensives. Le bilan est mitigé mais l’analyse des statistiques moins évidente à réaliser. S’il est incontestable qu’avec 29 buts encaissés, le PSG a présenté la meilleure défense de Ligue 1 avec une moyenne de buts encaissés proche des années antérieures, celle-ci a été davantage mise à contribution que lors des précédentes saisons. 

A titre d’illustration, il peut tout d’abord être mis en avant le nombre de tirs subis (10.8 par match contre 9.1 la saison précédente et 9.8 sous Laurent Blanc). On est très loin des moyennes des ténors européens comme Manchester City (6.3), la Juventus (8.3) ou le Bayern (8.5) et Paris est même derrière les « cadors » sudistes Marseille et Montpellier (avec 10.1 tirs encaissés par match). Paris a par exemple subi au moins 20 tirs à trois reprises la saison passée et au moins 15 tirs lors de 8 matches. 

Cette relative porosité défensive aura au moins permis à Alphonse Areola de briller puisqu’on enregistre 2.4 arrêts de gardien par match en moyenne sur la saison contre 1.8 la saison précédente. C’est surtout la fin de saison au ralenti des Parisiens qui aura donné l’occasion au titi de s’illustrer, en particulier lors de la victoire à Bordeaux fin avril (8 arrêts). Il sera d’ailleurs le joueur du PSG le mieux noté par le site de statistiques Whoscored (dont sont issues la majorité des données de cet article) lors de trois matches de fin de saison (à St Etienne, Bordeaux et Caen). 

En conclusion, on pourra retenir que si l’ADN du jeu parisien a su résister au vent de folie apporté par les arrivées conjointes de joueurs aussi atypiques que Neymar, Mbappé et Alves, l’influence de ces trois cracks a déjà produit son effet sur le jeu parisien. Il nous tarde vraiment de voir les évolutions que Thomas Tuchel pourra apporter à cet assemblage explosif.



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