A la veille d'un Le Havre/PSG qui peut permettre à Paris de faire un premier break en tête de la L1, Luis Enrique était en conférence de presse. L'occasion pour lui
Comment avez-vous accueilli le tirage des huitièmes de finale de Ligue des Champions avec cette confrontation face à Chelsea ? Quel souvenir gardez-vous de votre dernière rencontre [NDLR défaite 0 - 4 en finale] ?
« (Ironie) Un tirage au sort est fascinant, comme d’habitude... Je suis très content, comme d’habitude… Nous ne nous attendions à rien de différent de ce qu’a donné le tirage au sort. On est contents. Ce sera fascinant de jouer contre une des meilleures équipes anglaises, que nous connaissons bien. Aucun sentiment de revanche, ce sont des compétitions différentes. Mais notre tirage au sort représente bien notre parcours, on est habitués. Nous sommes toujours les champions d'Europe en titre dans cette compétition. Le problème, c’est pour les équipes qui doivent jouer contre nous. C'est ce que je pense. On aime faire partie du tirage, cela signifie qu’on est qualifiés et qu’on arrive au moment clé de la saison. »
L'année dernière, au même moment de la saison, il y avait eu ce déclic face à Manchester City. Peu de gens croyaient que le Paris Saint-Germain allait réaliser ce parcours en Europe. Trouvez-vous votre équipe plus forte au même moment de la saison ? À qui pourcentage estimez-vous l’utilisation du potentiel de cette équipe du PSG ? 50%, 60% ou peut-être plus ?
« Ce qui me rend optimiste c'est la capacité de notre équipe à gérer les problèmes et les différentes situations qu’on a connues »
« Bien sûr que c’est différent de l’année dernière. Comme vous l’avez dit, personne ne pensait que nous pourrions gagner la dernière Ligue des Champions. En ce moment, c’est différent parce que le scénario a tellement changé. Aujourd’hui, tout le monde sait que nous pouvons gagner cette Champions League. Mais pour le faire, il faut améliorer nos performances. On est conscients de cela. Mais ce que j’ai vu est positif. Il faut s'adapter aux différentes situations que nous rencontrons. Mais je ne suis pas en mesure de vous dire exactement à quel pourcentage, je ne sais pas. C’est comme ça. Mais ce qui me rend optimiste c'est la capacité de notre équipe à gérer les problèmes et les différentes situations qu’on a connues cette saison. »
En Ligue 1, les choses sont peut-être moins faciles que l'an dernier. Vous ne pouvez pas faire tourner autant. Cela peut-il être un problème dans la gestion des états de forme ?
« Je pense qu'on en a déjà parlé ces dernières semaines. La différence en Ligue 1, c'est qu'il y a une équipe comme Lens qui est au-dessus des autres parce qu’elle est en train de faire une saison incroyable. Mais en ce qui nous concerne, on est à plus ou moins 3 à 5 points de moins, on est à notre niveau. Si on considère toutes les situations qu'on a vécues cette saison, je pense qu’on est à notre niveau. Plus ou moins parce que c’est impossible d’être tout le temps au même niveau.
Mais la différence cette saison et ce qui est une chance, c’est qu’on apporte de la motivation, c’est qu’il y a une équipe comme Lens qui, je le répète, connaît une très bonne période. C’est motivant aussi, d’avoir un adversaire de ce niveau, pour gagner cette Ligue 1. Et ce sera difficile, on en est sûrs parce qu’on arrive à la partie importante de la saison et qu’ils nous talonnent. On verra ce qu'ils feront contre Strasbourg à l'extérieur (ce soir), s’ils nous mettront la pression ou pas. »
L'année dernière en Ligue des Champions, vous aviez décidé, lors de la deuxième phase, la phase retour, de faire des modifications parfois ponctuellement au poste de gardien de but? Vous aviez donné du temps de jeu à Safonov pour faire souffler Donnarumma : entre les deux matchs contre Brest, entre les deux contre Liverpool et entre les deux contre Arsenal. Allez-vous utiliser la même méthodologie sur les prochaines semaines, les prochains mois, avec Chevalier et lui donner l’occasion de se montrer entre des matchs importants de Ligue des Champions ? On connaît très peu Safonov qu'on découvre depuis quelques semaines qu’il est numéro 1. Pouvez-vous nous parler de son caractère, de sa personnalité au quotidien ?
« Safonov a toutes les caractéristiques physiques et techniques pour être un gardien de foot moderne »
« Safonov est un gardien de haut niveau, international avec son pays. Il a toutes les caractéristiques physiques et techniques pour être un gardien de foot moderne parce qu’il a la capacité de jouer au pied, une condition que nous aimons et qui est importante dans notre intention de jeu. Au-delà de ça, c’est un gardien très intelligent, physiquement très fort, très courageux. Compte tenu de la manière dont nous défendons, nous sommes une équipe qui laisse beaucoup d’espaces aux adversaires et cela crée du danger. Je pense que c’est un gardien technique, parfaitement adapté à notre idée (de jeu).
Et ensuite, niveau caractère et personnalité, il a montré ces dernières années la capacité à être performant tout le temps : non seulement quand il est titulaire mais aussi quand il ne l’était pas et qu’il a su saisir son opportunité. C’est un très bon gardien. Et je suis très content d’avoir non pas deux mais trois gardiens de ce niveau, avec Renato Marin, le Brésilien, et Lucas Chevalier qui a joué beaucoup de matchs cette saison. Et ce que j’aimerais, et je pense que c’est le cas en ce moment, c’est d’avoir trois gardiens de très haut niveau et d’avoir la possibilité de choisir n’importe lequel des trois en sachant qu’il sera prêt pour aider l’équipe. C’est ça. C’est très facile à dire, mais très difficile à faire. Mais en ce moment, je pense que les trois sont prêts à jouer.
Ce que je vais faire pour répondre à la première question ? Je ne sais pas. On verra. Enfin, je le sais mais je ne veux rien dire. »
Ce matin, on apprend que Fabian Ruiz sera encore forfait demain. Cela fait un peu plus d'un mois qu'il est absent. Pouvez-vous nous dire à quel point son absence impacte les prestations de l'équipe ces dernières semaines ? Avez-vous des nouvelles concernant une éventuelle date de retour le concernant ?
« Je ne peux rien dire. Il y a des blessures qui guérissent plus vite que la normale et d'autres, comme celle de Fabian, un peu moins vite. C’est normal, ce n'est pas facile. C’est un coup. C’est un vrai problème pour nous d'avoir des joueurs importants comme Fabian indisponible autant de temps. On continue d'être optimiste et d'espérer son retour le plus vite possible. Mais je ne peux rien dire de plus que ce que vous avez dans le point médical. Rien. »
En plus de Fabian, on vient d’apprendre que João Neves aussi était forfait. Vitinha et Zaïre enchaînent beaucoup. Comment allez-vous préparer le match du Havre ?
« C'est comme ça, il faut s'adapter. Sur le dernier mois, on a eu des problèmes à trouver trois milieux de terrain. Il faut s’adapter. Il y a des joueurs qui ont cette capacité à jouer dans différentes positions. Il faut savoir que l’équipe est au-dessus de tous les joueurs et en ce moment, on a beaucoup de problèmes avec le milieu. Et c’est une ligne très importante pour nous. On a différentes options, il faut trouver la meilleure pour aborder ce type de matchs. »
Cette saison vous utilisez un vocabulaire qui est très particulier, vous vous adaptez beaucoup plus que vous ne cherchez à imposer. C’est votre discours. Avec tous ces joueurs blessés, comment vous sentez-vous personnellement ?
« Moi ? (Il plaisante en souriant) Je suis prêt. Demain je peux jouer. Si vous voulez, je peux jouer. Il faut s’adapter. En tant qu’entraîneur, on aimerait avoir tous les joueurs (à disposition). Pas seulement moi en tant qu’entraîneur du PSG, mais tous les entraîneurs. Mais c’est impossible d’avoir tous les joueurs prêts cette saison. L’année dernière fut très intense et on paie clairement le prix cette saison. Seulement trois semaines de vacances : ce ne sont pas des machines, ce sont des personnes.
Cette saison est particulière parce qu’elle a été clairement conditionnée par la précédente. Il faut s’adapter parce que tu n’as pas le choix d’avoir tous les joueurs. Aujourd’hui, j’ai fait l’exercice de chercher à savoir combien de fois on avait aligné le même onze que lors de la finale de la Ligue des Champions : aucune fois. Enfin avec les dix sans compter Donnarumma évidemment puisque c’est impossible. Mais avec les dix autres : aucune fois.
Ça signifie qu’on ne peut rien planifier. Il faut s’adapter. Je pense que c’est une situation très intéressante (à vivre) pour un entraîneur et c’est ce que nous cherchons à faire. Et si je dois juger, analyser notre équipe en ce moment, avec la moyenne de blessures qu’on a connues, ce n’est pas exceptionnel mais c’est significatif. On est encore en lice dans la compétition qu'on aimerait gagner, à savoir la Champions League. On est premiers en championnat, et c’est une obligation de le gagner (pour nous). Mais en termes d’adaptation, on s’adapte. On pense à s’améliorer tout le temps. On aimerait jouer comme l’année dernière, bien sûr, mais il faut valoriser tout ce qu’on a fait. »
Vous avez aligné peu de fois l’équipe titulaire et on a l’impression que vous avez encore une grosse marge de progression et qu’avec Ousmane, Fabian, et un peu plus de repos, cette équipe serait complètement différente, non ?
« Chaque match apporte de nouveaux éléments négatifs mais l’équipe montre sa capacité à surmonter ces situations »
« Pendant la saison, je pense qu’on a souvent montré ce qu’était notre équipe. On a joué de très bons matchs. Et si on analyse les stats de l'équipe, on est meilleurs dans certains aspects importants du jeu. Je suis content de la manière dont nous nous entraînons, dont nous performons en compétition, dont nous préparons les matches. On arrive au moment clé de la saison et chaque semaine, chaque match apporte de nouveaux éléments négatifs mais l’équipe montre sa capacité à surmonter ces situations. Demain, ce sera une nouvelle occasion pour l’équipe de montrer notre capacité à gérer les problèmes. »
Quel regard portez-vous sur votre prochain adversaire : Le Havre ?
« Ils sont dans une situation différente avec une position plus confortable au classement (13e). Ils jouent avec beaucoup de joueurs dans l’axe, c’est un petit peu différent à gérer pour notre défense. Il faut être attentifs à ce qu’ils font. Ça n’a jamais été facile de jouer contre Le Havre. L’année dernière, je me rappelle qu’à la 82e minute, on a failli concéder le nul. Jouer à l’extérieur est toujours compliqué donc contre Le Havre, ce sera serré. En ce moment, c’est important pour nous de continuer à gagner. On est prêt à performer mais ce sera compliqué. »