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[Interview CulturePSG] Ollé-Nicolle : « Une volonté réelle du PSG de s'inscrire dans la durée » (1ère partie)

Publié le jeudi 20 janvier 2022 à 17:36 par Bruno Hermant
Avant la rencontre de championnat entre le PSG et Dijon comptant pour la 12e journée de Division 1, second match de l'année civile 2022 finalement reporté ; nous avons rencontré Dider Ollé-Nicolle au centre d'entraînement des féminines à Bougival. Avec lui, nous avons évoqué la première partie de saison du PSG dans un long entretien de plus d'une heure, effectué sous forme de bilan dont voici la première partie.

Avant de démarrer sur la saison, nous aurions aimé revenir sur votre arrivée au club. Comment se sont noués les contacts ? Vers quelle période ? Quelle était votre vision sur l'effectif du PSG ? A-t-il fallu attendre véritablement la signature du contrat pour commencer à travailler sur l'effectif ?

« Pas du tout. Le contact est né entre le début de juin et la mi-juin je pense, à peu près. Ulrich Ramé m'a appelé, il m'a téléphoné pour me demander si je pouvais être intéressé par le football féminin, déjà. Il m'a expliqué qu'il avait été nommé manager général de la section féminine du PSG, qu'il cherchait un entraîneur puisqu'Olivier Echouafni n'était pas conservé. Il m'a expliqué le projet. Mais dans un premier temps, il m'a demandé si vraiment je pouvais être intéressé par un poste d'entraîneur dans le football féminin. Dans un premier temps, je lui ai dit que j'étais surpris - parce que je ne m'y attendais pas du tout. Et surtout je n'avais pas du tout réfléchi à cette option, d'entraîner en football féminin. 

J'avais déjà été sollicité quelques années plus tôt, quatre ou cinq ans avant par l'Olympique Lyonnais, qui cherchait un remplaçant à Patrice Lair. Florian Maurice, le directeur sportif de Lyon, que j'avais entraîné à Chateauroux, m'avait appelé en me disant qu'il cherchait un entraîneur. Je lui avais demandé ce qu'il en pensait. Il y a cinq ou six ans en arrière, le football féminin avait moins évolué. Et il m'avait dit franchement qu'il n'y aurait que l'opposition contre le PSG qui serait intéressante, en plus des matchs de Coupe d'Europe. Mais après, pour une équipe du niveau de Lyon, j'allais m'ennuyer. Du coup, j'avais décliné la proposition, expliquant que je n'étais pas prêt.

« Quand Ulrich Ramé m'a appelé un week-end, pour être très sincère, je devais m'envoler pour Chypre »

Quand Ulrich Ramé m'a appelé un week-end, pour être très sincère, je devais m'envoler pour Chypre le vendredi suivant. Je m'étais mis d'accord avec un club de 1ère division dont le championnat allait bientôt commencer. C'était un de mes anciens présidents qui m'avait appelé et m'avait demandé à ce qu'on puisse retravailler ensemble, et nous nous étions mis d'accord. Et après cela, Ulrich Ramé m'a rappelé et effectivement, dans un premier temps, je lui ai dit que je ne savais pas et qu'il me fallait deux ou trois jours de réflexion. Je me suis beaucoup renseigné sur l'équipe du PSG féminin, puisque je ne connaissais pas trop le groupe. Je connaissais les joueuses de l'équipe qui jouent en équipe de France et des matchs que j'avais vus les années précédentes, notamment les confrontations contre Lyon en championnat et en Ligue des Champions. Mais c'était trop succinct pour avoir un véritable avis. Ma première réaction a été de dire au club que c'était "très sympa d'avoir pensé à moi, mais je ne suis pas prêt à ça ou je n'y ai pas réfléchi."

Le second contact entre le club et moi a été l'occasion pour moi de repousser d'une semaine mon voyage auprès du club masculin avec lequel je m'étais engagé, ayant une très bonne relation avec le président de ce club, afin de me donner vraiment du temps pour étudier le football féminin. Et j'ai questionné beaucoup de gens qui connaissent mieux, ou très bien le football féminin. Que ce soit les anciens entraîneurs de l'équipe de France, Bruno Bini, Corinne Diacre. Que ce soit des entraîneurs qui avaient travaillé avec des filles, Patrice Lair, Jean-Claude Vasseur, Ronald Pédros, des gens de ce type, que je connaissais par ailleurs. Et tout cela ajouté, tout le monde m'a dit, m'a incité même, à prendre le PSG, en m'expliquant d'abord que c'était le PSG ! Mais également qu'il y avait du potentiel et une véritable volonté d'avoir des amibitions avec cette équipe.

« Leonardo s'est rappelé du match en Coupe de la Ligue entre Orléans et le PSG »

Et puis, le premier contact s'est passé comme cela. Après, j'ai senti une véritable volonté du PSG de me recruter. Le club avait d'autres contacts en plus du mien, qui devaient être bien plus avancés. Moi, je suis arrivé comme cela, par le biais d'Ulrich Ramé. Par la suite, Léonardo a pris le relais, il m'a appelé, il était intéressé pour que je vienne au PSG. Et je sais qu'il s'est renseigné auprès d'Orléans me concernant, certainement également auprès de Michel Denisot je pense, et d'autres personnes proches. Et il s'est rappelé du match en Coupe de la Ligue entre Orléans et le PSG. Et tout cela m'a donné envie, et très honnêtement, il y a eu un très bon feeling avec Ulrich Ramé. Je l'ai senti posé, et (j'ai senti) qu'il y avait une volonté réelle de s'inscrire sur la durée. Et ce qui a fait la différence, quand il m'a contacté, il m'a dit qu'il était intéressé par mon profil d'entraîneur ; parce qu'il m'aimait bien en tant qu'entraîneur, qu'il me connaissait bien, qu'il connaissait bien ma façon de faire jouer mes équipes.

« Pour être très très honnête, je n'avais pas trop de connaissance des autres équipes hormis celles du PSG et de Lyon »

Après, cela s'est décidé assez vite. Dans la semaine suivante, on s'est rapidement mis d'accord. Pour le recrutement, il y avait déjà des signatures qui avaient été réalisées, comme Elisa De Almeida, Estelle Cascarino, des dossiers que j'ai aussi validés. Il y avait des dossiers en cours et d'autres déjà conclus. Pour certains dossiers en négociations, j'ai eu également des interventions en visioconférence avec les joueuses et leurs agents. Toutes les discussions en cours avec ces joueuses-là sont des dossiers qui ont été concrétisés. Pour être très très honnête, je n'avais pas trop de connaissance des autres équipes hormis celles du PSG et de Lyon, notamment leurs joueuses de l'équipe de France. Les top joueuses des autres clubs de D1 Arkéma, je ne les connaissais pas assez, je n'avais jamais creusé le dossier auparavant, puisque je n'avais vraiment aucune idée de venir travailler dans le football féminin.»

Pour revenir sur le recrutement, les départs de trois titulaires dont la capitaine et la gardienne (Paredes et Endler) ainsi que de joueuses d'expérience (Formiga, Nadim) ont-ils été un obstacle pour votre prise en main de l'équipe ? 

« Non pas du tout, parce que cela rejoint la deuxième partie de ma réponse précédente. Ulrich Ramé m'a dit qu'il voulait s'engager dans la durée, que l'on mette (en place) un vrai projet d'équipe et de compétitivité, puis de résultats sur les trois saisons à venir. C'était la première idée, parce qu'on arrivait tous les deux. Et il y avait de gros changements - comme évoqué. L'idée était déjà de rajeunir l'équipe. Les filles qui avaient signé étaient de jeunes joueuses. Dans cette équipe, il y a déjà beaucoup de jeunes joueuses. Que ce soit Léa Khelifi qui revenait de Dijon, Sandy Baltimore ; même des joueuses comme Marie-Antoinette Katoto, Grace Geyoro, Paulina Dudek, je parle des titulaires qui sont encore jeunes.

« Il fallait des joueuses avec un peu plus d'expérience »

Il y avait des dossiers qui étaient en cours comme Amanda Ilestedt, Sakina Karchaoui mais ce n'était pas encore signé. Après, j'ai fait le forcing pour que ces filles nous rejoignent, dans la mesure où il fallait des joueuses avec un peu plus d'expérience. C'était la période des Jeux Olympiques pour Ilestedt, j'ai pu l'observer un peu plus. Pour Karchaoui, insister aussi pour la faire venir à Paris. Il y a eu cette notion là, mais surtout celle de repartir sur quelque chose de différent. Effectivement, je savais notamment qu'Irène Paredes et Christiane Endler étaient des top joueuses du football mondial et des joueuses de base de l'équipe, qui n'étaient pas forcément faciles à remplacer. Mais on a aussi d'autres arguments. Et (on a) la notion de temps et de construction, et le fait qu'Ulrich voulait un certain profil d'entraîneur et qu'il me connaissait bien des années précédentes, pour venir ici et bâtir cela. Moi, ce qui m'intéresse c'est le foot, le terrain. L'idée d'apporter ma façon d'être au club, ma façon de faire à mes équipes.

« La seule véritable inconnue était le fait que ce soit des filles plutôt que des garçons »

La seule véritable inconnue était le fait que ce soit des filles plutôt que des garçons ; j'avoue que sur le plan psychologique, je me suis posé des questions. Sur le plan de la méthode, est-elle exportable chez les filles ? Et le degré d'adaptabilité des filles par rapport à ces changements, quel est-il ? C'était la vraie question. C'est pour cela que j'ai questionné beaucoup de gens que je connaissais, qui me connaissaient, qui connaissaient le football féminin. Et qui m'ont fait comprendre en fait qu'il n'y avait pas, ou alors très peu de différences au niveau de l'entraînement, du jeu, du foot. Ce qui m'intéresse en tant que coach, c'est ça. Le reste ne m'intéresse pas trop. 

Ce qu'on avait vécu au mois de novembre (N.D.L.R. : l'affaire Hamraoui) à un moment donné était très perturbant, parce qu'on n'était plus dans la notion du foot. Mais cela ne m'a pas du tout freiné. Si on m'avait dit, à l'inverse, qu'il fallait être aussi productif cette saison avec tous ces changements, si c'est "gagne ou rien d'autre", je n'aurais pas accepté. Le fait (est) que le PSG m'a fait comprendre qu'il me connaassait, qu'il me souhaitait et qu'il voulait rebâtir quelque chose d'ambitieux dès cette saison - ce qui pourrait arriver je l'espère, (afin) d'avancer la première année et les deux suivantes.

L'idée rejoint ce que j'ai pu dire lors de la conférence de presse avant Dijon (N.D.L.R. : match finalement reporté pour cas de COVID à Dijon), soit on prend une top player et on peut la prendre au mercato ; mais sinon, on a beaucoup de jeunes joueuses à faire progresser, à faire évoluer, à qui donner du temps de jeu. Par contre, notre souhait, celui d'Ulrich et le mien, c'est d'avoir 3 ou 4 joueuses de très très haut niveau, de niveau international, françaises ou étrangères lors du mercato d'été et de ne pas perdre les 15 ou 16 joueuses de base pour avoir réellement les joueuses qui avaient évolué comme Paredes et Endler, qui ont permis au PSG d'avancer. Il faut qu'on retrouve le goût du sacre, une fois que toutes les filles qui sont là actuellement continueront de monter en puissance ; après il faut leur donner aussi l'envie d'aller plus haut encore, et que tout le groupe puisse continuer à être très très ambitieux.»

Le recrutement des joueuses qui sont arrivées, qui sont pour la plupart de jeunes internationales, s'est déroulé plus tôt que les saisons précédentes, hormis les gardiennes Barbora Votikova et Stéphanie Labbé ; mais une partie de l'effectif était présent aux Jeux Olympiques. Comment prépare-t-on une saison avec une partie importante de l'effectif qui n'est pas encore présente ?

« C'était très compliqué. Moi, j'avais vécu ça déjà à Nice, parce que c'était une année de Coupe d'Afrique des Nations et de qualifications à la Coupe du Monde. Et j'avais 16 joueurs absents, pas 2, 3 ou 4, ce qui peut déjà être perturbant. J'avais 16 joueurs sur les 25 professionnels qui étaient concernés par la CAN qui avait lieu en janvier/février et les éliminatoires de la Coupe du Monde. À chaque fois, 16 joueurs qui partaient tout le temps. J'avais connu ça et c'était ingérable, très compliqué. On savait que c'était une période d'adaptation directement. Pour moi, de découvrir le PSG, Bougival, le staff, le football féminin sur le plan plutôt de l'entraînement, du relationnel, du psychologique. De découvrir aussi de jeunes joueuses, même celles des moins de 19 ans qui sont venues faire la préparation avec nous. Et de découvrir les filles qui étaient là, leur consacrer un peu plus de temps. Il y a des filles qui arrivaient de l'extérieur, comme De Almeida, Cascarino.

« Le fait d'avoir fait trois ou quatre semaines de préparation sans les 13 ou 14 joueuses internationales A françaises et étrangères, c'est vrai que c'était perturbant »

Le fait d'avoir fait trois ou quatre semaines de préparation sans les 13 ou 14 joueuses internationales A françaises et étrangères, c'est vrai que c'était perturbant. Parce qu'on s'entraîne mais on sait qu'on a une équipe jeune, à qui cela va servir bien sûr, mais qui au final ne sera pas l'équipe qui démarrera la saison. On a fait une bonne préparation au niveau de l'entraînement. Au niveau des matchs amicaux, cela a été très compliqué. Mais comme par hasard, quand on débuté le stage de Louisville aux États-Unis, on a récupéré tout le monde ; il ne manquait que les gardiennes (Votikova et Labbé) et les finalistes des Jeux Olympiques (Lawrence, Huitema et Ilestedt), qui avaient besoin de temps pour récupérer. Autrement, toutes les autres joueuses sont arrivées en cours de route, cela nous a permis d'avoir un groupe cohérent. Et en fait notre préparation d'équipe, de groupe, sur le plan collectif et tactique, a démarré à Louisville où on a pu faire deux matchs contre le Bayern Munich (2-2) et Chicago Red Stars (1-0), deux rencontres très intéressantes. »

La préparation a été, disons, laborieuse du fait du gros travail foncier qui a été effectué afin d'être prêts en octobre-novembre pour la préparation de la Ligue des Champions. N'avez-vous pas eu peur d'avoir un peu trop forcé durant cette période ?

« Si, bien sûr. Parce que l'idée était d'adapter qui j'étais et comment je fonctionnais à cette équipe. On a fait une grosse préparation où effectivement, il a manqué beaucoup de gaz au niveau des matchs. On avait souvent, comme cela est le cas actuellement, beaucoup de possession. Ce n'était pas mal sur le plan du jeu, les filles essayaient de mettre en place notre fonctionnement de possession et de déplacement complet. Mais par contre pour attaquer ou défendre dans notre dos, dès qu'il y avait un contre, qu'on perdait le ballon, ça partait direct. On prenait des buts de 30, 40m. Dès qu'il y avait une frappe, une joueuse lancée adverse reprenait. Je vois encore le match de Bordeaux, on perd 3-0. Contre Lyon à Toulouse, on les a dominées en première mi-temps collectivement ; mais on est menées 3-0 à la pause. On avait une équipe sans les joueuses qu'on a maintenant - avec la seule Dudek en défense.

C'est aussi là qu'on voit le fruit du travail athlétique qui a permis à l'équipe d'être prête pour la Champions League en octobre-novembre. On est quand même la seule équipe à avoir gagné ses six matchs sans prendre de but. On peut discuter quant à l'opposition... Mais je suis persuadé que le Real Madrid, qui n'est pas favori de son quart de finale contre Barcelone, est une bonne équipe de possession et qu'elle mettra en difficulté le Barça sur certains moments. Je me trompe peut-être mais je les vois bien les mettre en difficulté. Sûrement que Barcelone passera par son expérience. Mais Madrid est une équipe de qualité.

« J'avoue qu'à certains retours de matchs amicaux, d'entraînement, je me posais quand même certaines questions »

On a eu une très bonne période durant ces deux mois-là, la préparation a servi cela. Cela a été malgré tout utile mais sur cette phase de préparation, il nous manquait trop de joueuses de base sur le plan défensif ; et on voit aujourd'hui par exemple que les quatre filles qui démarrent, ont une certaine assurance et ont donné une certaine confiance à l'équipe. On a aussi des jeunes gardiennes qui débutaient en D1 Arkéma. Cela a été un bon apprentissage pour les jeunes, très important ; (pour) leur montrer que la préparation était dure, qu'il fallait encore franchir des étapes, qu'il fallait qu'elles travaillent, qu'elles progressent encore. Mais j'avoue qu'à certains retours de matchs amicaux, d'entraînement, je me posais quand même certaines questions quant à mon positionnement dans le football féminin, mon rôle, ma remise en cause aussi. De me dire que j'avais pas mal d'interrogations. Après, très rapidement, cela a été levé, dès le stage de Louisville. Et encore plus après le premier match de Fleury où on avait fait cavalier seul. »

Abordons le début du championnat, le PSG s'est mis en ordre de marche en pulvérisant Fleury (5-0) mais par la suite, malgré de bonnes entames ou des rencontres dominées, les scores n'ont plus été aussi larges avant la trêve de septembre. Y'avait-il une explication à cela ?

« Les filles qui sont arrivées avec un peu de retard, je pense à Ilestedt par exemple, il leur a fallu refaire une seconde préparation dans la préparation. Il a fallu les ménager dans un premier temps, qu'elles récupèrent, puis les remettre dans le dur pour qu'elles puissent réattaquer quand elles ont eu à rejouer. Elles sont revenues petit à petit. Ilestedt a dû faire son premier match à Soyaux (2-0) lors de la 3e journée notamment. Il a fallu que tout le monde s'habitue à cela. Après, on a un problème d'efficacité. Dans cette période là, je pense au match de Soyaux, c'est un match qui doit se terminer avec 5 ou 6 buts d'écart, suite à une multitude de situations qu'on avait eues. À Montpellier, la première demi-heure était du même acabit que la rencontre contre Fleury, c'était une démonstration. Puis on ne mène qu'1-0 sur pénalty mais avant on a eu 5, 6, 7 situations de marquer. On avait pas encore cet esprit tueur.

« C'est un des domaines où le football féminin doit avancer, l'efficacité ! »

Mais ce n'est pas que nous, je vois aussi l'équipe de France dans cette situation. C'est un des domaines où le football féminin doit avancer, l'efficacité ! Apprendre à marquer sur ses deux premières occasions. Quand on voit ces matchs de l'équipe de France, elles ont le ballon tout le temps mais elles n'ont gagné que 2-0 contre le Pays-de-Galles en marquant le 2e but qu'à la 90e minute, bien que l'adversaire ne puisse pas revenir et dépasser le milieu de terrain... On avait déjà senti ça avec la possession contre des équipes qui défendent bas. On joue, on joue, on joue mais on n'a pas encore la méchanceté offensive pour vite marquer ce premier but. Et on sait en général (que) dans le football féminin, tant qu'on n'a pas inscrit le premier but, l'adversaire y croit, met beaucoup d'énergie pour défendre son but. Mais après, ça s'écroule quand elles doivent sortir et faire du jeu après l'ouverture du score. On a de gros arguments de percussion, mais il faut que toutes les joueuses puissent encore passer un cap, elles ont une marge de progression très importante selon moi, pour faire encore plus la différence. »

Après cette première trêve, le PSG a remis les pendules à l'heure en terrassant le PFC (4-0) avec une énorme première période de votre équipe. Et l'enchaînement des rencontres, hormis peut-être le premier match de Ligue des Champions un peu difficile contre Breidablik (2-0) en Islande, n'a pas vraiment fait baisser le niveau de votre équipe...

« On a senti à ce moment là de la saison, à partir du moment où tout le monde a digéré la préparation, que tout le monde a bien compris ce que j'attendais de l'équipe et de mon concept de jeu. D'avoir un bloc très compact, qui défend en avançant, qu'elles aillent chercher l'adversaire et qu'elles enchaînent avec beaucoup de déplacements pour nous aider au niveau du jeu collectif en utilisant beaucoup les côtés. C'est devenu quelque chose de beaucoup plus naturel, petit à petit, à force de répéter, elles ont maîtrisé tout cela. Je pense qu'on a un style qui, petit à petit, s'est développé durant cette période-là. C'était une période où je dirais que tout le monde a essayé d'avancer. J'ai senti les filles très réceptives sur le plan tactique, sur le plan des déplacements. Elles étaient mieux sur le plan physique pour le faire et elles étaient très, très à l'écoute.

On a eu deux mois où on a enchaîné les matchs, avec de la qualité, des résultats un petit peu plus larges, en championnat et en Coupe d'Europe contre des adversaires qui venaient avec de la qualité mais on a su faire la différence rapidement. Et on a su continuer tout en sentant un essoufflement physique sur le mois de décembre. Est-ce un petit peu de fatigue avec la succession des matchs, les voyages des internationales qui ont eu trois trêves internationales avec des déplacements ? Là, je les ai retrouvées un peu comme lors des matchs de septembre, de la possession mais une différence tardive. Où on se réveillait en deuxième mi-temps, notamment contre Bordeaux, Issy. Avec des premières mi-temps laborieuses, peut être les seules fois où j'ai dû élever la voix à la pause. Et leur dire de se faire beaucoup plus mal pour l'emporter, de ne pas se contenter de se faire des passes pour faire des passes, et de prendre plus de responsabilités.

C'est ce qu'on avait fait contre Bordeaux (1-0). On leur a marché dessus dans la récupération et le jeu, mais c'est encore un soucis d'efficacité. C'était un match très abouti sur le plan du jeu, avec un but important de Sakina Karchaoui d'un point de vue collectif. Mais par moments, on a encore besoin psychologiquement de progresser encore. Et dans la mentalité, de donner une âme de gagnant à cette équipe et à nos joueuses. »

 

Dans la seconde partie de l'entretien, nous abordons la double confrontation face au Real Madrid puis celle contre l'OL, en pleine affaire Hamraoui, qui a considérablement impacté le groupe, la fin de la phase aller ; puis les objectifs du club pour cette seconde partie de saison et le recrutement éventuel lors du mercato d'hiver, ainsi que sa stratégie pour les années à venir.


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