Alors que son équipe venait de perdre un match qu'elle avait pourtant tout pour gagner, c'est un Luis Enrique très paradoxal qui s'est présenté en conférence de presse, puisque « fier » du match de son équipe et « confiant en l'avenir ». Voici ses propos complets, retranscrits par nos soins.
Comment expliquer une telle défaite ? On a l'impression que vous avez fait plutôt un bon match collectivement. Mais comment expliquer que vous arrivez finalement à le perdre ?
« Avec ce caractère, on est prêt pour être compétitif, quel que soit le stade »
« C'est très facile à expliquer. C'est le football. Pour moi, ça a été le meilleur match à l'extérieur de cette saison, clairement. On a surmonté l'adversaire, un très bon adversaire, mais aujourd'hui, pour moi, il n'y a eu qu'une seule équipe sur le terrain et on aurait clairement mérité de gagner ce match. Mais le football, c'est comme ça. C'est décevant, très injuste, et c'est tout ce que je peux dire. C'est clair et c'est vrai que les matchs se gagnent quand tu mets des buts. C'est clair. Mais dans ce cas-là, je dois dire que je suis très fier de mes joueurs, de l'équipe. C'est ça la pression et la personnalité dont on a besoin pour jouer à l'extérieur. Je suis très confiant de ce que sera l'avenir parce qu'avec ce caractère, on est prêt pour être compétitif, quel que soit le stade. »
Juste sur la fin de match, après le but de Kvaratskhelia, sur les 7-8 dernières minutes, on a vu des pertes de balles, de la nervosité. Est-ce que vous pensez que le fait d'avoir fait rentrer Ilya (Zabarnyi), d'avoir replacé Warren au milieu de terrain, ça a un peu déstabilisé l'équipe ? Ou peut-être les choix ? Ou peut-être la nervosité ? Je ne sais pas. On n'a pas reconnu le calme de votre équipe, même vous, vous êtes un peu agacé à la fin ?
« On a perdu parce que c'est le football de m**** ! C'est un sport de m**** ! »
« On a fait le dernier changement parce que Fabian (Ruiz) était blessé et on avait sur le banc seulement 4 ou 5 joueurs. Il y a tout le temps des problèmes, ne t'inquiète pas, c'est le problème de l'entraîneur, je suis là pour répondre à ça. C'est ma responsabilité. Mais je suis très encouragé par ce que j'ai vu. Et la frustration finale, c'est parce que je comprends mes joueurs, ils ont été aussi supérieurs à l'adversaire, à un très bon adversaire qu'on a vu jouer très bien au football. Aujourd'hui, il n'y a eu qu'une équipe sur le terrain, c'est le Paris Saint-Germain. On a perdu parce que c'est le football de merde ! C'est un sport de merde ! Ce sont des nuits qui sont incroyables. Et quand tu es entraîneur, tu vois comme ce sport peut être aussi injuste. Mais c'est tout, il faut accepter ça. J'ai perdu beaucoup de fois de cette manière.
Et si je me rappelle bien, ces derniers mois, on a perdu trois matchs : contre le Paris FC en Coupe, un autre dont je ne me rappelle plus (NDLR : Monaco) et lors du match d'aujourd'hui. Et Bilbao aussi (NDLR : en fait 0-0). A Bilbao aussi, on a été bien meilleurs que l'adversaire et on a fait match nul. C'est Ok. Je suis habitué à ça et c'est frustrant parce que, quand tu ne mérites pas le résultat et que l'adversaire fait tout ce que font les adversaires quand ils marquent d'abord, l'arbitre n'ajoute pas de temps (NDLR : il se plaint de la fin de match, le Sporting a marqué et longuement célébré mais aucun temps additionnel n'a été ajouté). C'est un petit peu frustrant et je peux comprendre mes joueurs.
Mais je voudrais aujourd'hui, et je sais que vous aimez les résultats et les critiques, je voudrais féliciter mes joueurs. Je suis très fier de ce que j'ai vu. Et pour moi, c'est la manière pour arriver très loin dans cette compétition et c'est ce que j'espère. »
Justement, comment étaient vos joueurs au coup de sifflet final et dans le vestiaire ? Une défaite avec ce scénario peut peut-être faire un petit peu mal dans les têtes.
« Avec notre pressing haut, ils n'ont pas fait plus de trois ou quatre frappes contre nous »
« Non. On est habitué. Nous savons clairement. Je me répète. Je ne peux pas être plus fier que aujourd'hui de ce que j'ai vu, on a contrôlé tout le match. Avec notre pressing haut, ils n'ont pas fait plus de trois ou quatre frappes contre nous, avec beaucoup de chance. Ils sont une très bonne équipe et je voudrais souligner ça. Mais aujourd'hui, pour moi, il n'y a qu'une équipe et on a perdu le match, c'est incroyable. »
On se souvient que l'an passé, ce qui a fait la différence, c'est que dans les zones de vérité, les joueurs, que ce soit le gardien ou les attaquants, étaient en confiance. Comment on fait pour accélérer un processus chez les joueurs, pour leur redonner cette confiance ? Sachant que ce soir, ce qui a manqué, effectivement, c'est peut-être un petit peu de décision dans les deux zones de vérité.
« On a marqué, je pense, deux buts, qui ont été annulés. Je peux comprendre que, peut-être, c'est juste mais on a tout fait. Je peux le dire à mes joueurs, on a contrôlé le match, on a été agressifs en défense, on a été calmes et avec la tranquillité qu'on avait besoin pour jouer à ce niveau et on a dominé les matchs dès le début et jusqu'à la fin. Et peut-être que lors des cinq dernières minutes, la frustration fait qu'on fait des erreurs et je peux comprendre cette frustration parce que j'ai été moi-même frustré sur le banc.
« S'il faut jouer le barrage, pas de problème, pas de souci. On est prêts, clairement »
Mais c'est tellement immérité qu'il n'y a aucun manque de confiance. Je pense que l'équipe est prête pour n'importe quel adversaire. On est prêts pour jouer. S'il faut jouer le barrage, pas de problème, pas de souci. On est prêts, clairement. Et c'est la même chose que l'année dernière. Mais l'année dernière, encore, quand ça s'est passé, personne n'avait confiance en nous. Aujourd'hui, les joueurs, l'équipe, nos supporters, tout le monde sait quel type d'équipe nous sommes et on est prêts pour montrer ça pendant cette compétition. »
Vous me corrigez si je me trompe, mais il m'a semblé que le Sporting a joué en bloc bas. Souvent, la meilleure solution, justement, c'est de tirer de loin. Il m'a semblé que le Paris Saint-Germain a tiré très peu de la distance jusqu'à l'entrée en jeu de Kvaratskhelia qui, effectivement, a marqué le but. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette analyse ?
« On a parlé avant le match des différentes manières de surmonter une équipe qui est en bloc bas et il y a clairement les frappes. Je pense qu'on n'a pas frappé beaucoup, mais suffisamment pour gagner ce match. Normalement, pour affronter un bloc bas, tu dois savoir où sont les espaces. Normalement, ils ne sont pas dans l'axe, il faut progresser par les côtés, pour arriver à des centres. Mais bien sûr qu'il y a des choses à améliorer dans ce match et peut-être que c'est ça, les frappes, qui sont une des solutions.
Mais je pense et je me répète, aujourd'hui, je suis très fier de ce que j'ai vu, de la personnalité de mon équipe, et je suis très courageux de voir comment notre équipe joue la compétition. Mais le foot, c'est comme ça. Il faut féliciter le Sporting du Portugal. Mais pour moi, c'est un résultat très, très, très injuste. »