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Après l'Espagne, le foot allemand s'en prend au PSG

Publié le mercredi 13 septembre 2017 à 18:40 par Philippe Goguet
Après la Liga et son président Javier Tebas, c'est le football allemand qui s'en prend au PSG et à son non-respect éventuel du fair-play financier. Le président du RB Leipzig puis celui de la ligue allemande ont tenu des propos durs sur le club parisien.

Castro fidèle aux gros clubs espagnols

Depuis quelques semaines, la grande figure de proue du combat contre le PSG du côté des clubs se nomme Javier Tebas, le très volubile président de la Liga (l'équivalent espagnol de la LFP) qui attaque le club parisien et Manchester City dès lors qu'un micro se présente devant lui. Et si le Real Madrid et le FC Barcelone se font discrets publiquement, les deux géants espagnols sont également très actifs en coulisses auprès de l'UEFA pour pousser l'instance européenne à mettre le nez dans les comptes parisiens.

Il y a peu, un autre président de club espagnol s'est d'ailleurs exprimé sur le cas du club parisien, José Castro du Séville FC. Sur les ondes de la Cadena COPE, celui qui était pourtant bien content de survendre Krychowiak un an auparavant a fortement critiqué le PSG : «Le transfert de Neymar est une folie. D’abord parce qu’aucun joueur ne vaut cet argent et, surtout, parce que je suis préoccupé par le fair-play financier. La Ligue française l’a fait voler en éclats. Le PSG n’est pas capable de générer de tels revenus. Ici, la Liga a fait du bon travail. Tu peux avoir les joueurs en fonction de la capacité de ton club à engranger des recettes.»

Quand Leipzig fait la morale...

Cette question de la capacité du PSG à générer assez de recettes pour compenser ses achats, donc indirectement sa capacité à respecter les principes du fair-play financier, n'intéresse pas que l'Espagne puisque cette question trouve un écho en Allemagne, un pays où les nouveaux riches du football ne sont pas bien vus. C'est pourtant le président du RB Leipzig, club historique racheté par Red Bull il y a quelques années qui s'est permis une sortie pour le moins douteuse sur le club parisien, et ce alors que les clubs de la galaxie Red Bull sont parmi les plus gros dérégulateurs du marché en proposant des contrats hors-normes à des jeunes footballeurs... 

Durant l'émission Sky90, Oliver Mintzlaff a demandé des sanctions fortes : «Ceux qui ne respectent pas (le FPF) ne devraient plus pouvoir prendre part aux compétitions européennes.» Quelques jours plus tôt, c'est dans SportBild qu'il avait envoyé la première salve : «Une peine d'amende ne suffit pas, parce que sur certains clubs ça n'aurait pas d'effet. En Bundesliga, tous les clubs respectent le FPF.» Pour l'anecdote, le RB Leipzig a été autorisé par l'UEFA à participer à la Ligue des Champions malgré le fait que son actionnaire soit propriétaire d'un autre club participant, le RB Salzbourg, ce qui est normalement interdit par l'instance européenne...

Le patron du foot allemand et de Dortmund s'en mêle

«Le transfert de Neymar marque le début d’une ère de transferts démesurées.»

Mais le football allemand ne s'est pas arrêté là et c'est le patron de la Ligue allemande, par ailleurs boss du Borussia Dortmund, qui a aussi chargé le PSG. Dans SportBild, Reinhard Rauball y est allé de son petit commentaire : «Ces derniers mois et semaines, on s’est habitué à ce que les transferts impliquent des sommes folles. Le transfert de Neymar a coûté un quart de milliard d’euros. Cela montre à quel point le montant est important. Le transfert de Neymar marque le début d’une ère de transferts démesurées. Tout ce qui s’est passé à partir de là est une conséquence du transfert de Neymar, et ce, malgré le fair-play financier.» Celui qui a négocié le transfert d'Ousmane Dembélé, joueur âgé de 20 ans, de son club de Dortmund vers le Barça pour 147M€ bonus compris s'est même félicité des actions de l'UEFA : «L’ouverture de l’enquête est remarquable. Mais ce qui sera décisif, c’est l’issue du processus.»

Trop bien parti sur l'autoroute de l'indécence, le dirigeant ne s'est pas arrêté là et a critiqué le modèle des prêts avec option d'achat d'obligatoire comme celui de Mbappé: «Le PSG a déjà été puni par le passé. (...) Je me demande pourquoi, si l’UEFA a des doutes, elle laisse de nouvelles pratiques se développer en matière de transferts. Auparavant, un joueur était transféré pour une certaine somme d’argent, payable immédiatement. Il était possible d’étaler ensuite les paiements. Cependant, le modèle du prêt avec option d’achat obligatoire, qui se développe ces dernières années, permet de différer un transfert, et ce, malgré les règles du fair-play financier. (...) L’UEFA devrait redéfinir ces conditions des transferts.»

«La question à son sujet est de savoir si l’UEFA est prête à exclure de grands noms des Coupes d’Europe.»

Rauball a fini en beauté en remettant encore un peu la pression à l'UEFA : «Le fair-play financier est, en principe, une bonne idée, de qualité même. Il correspond à la philosophie de la Bundesliga. (...) La question à son sujet est de savoir si l’UEFA est prête, si nécessaire, en cas d’infractions, à exclure de grands noms des Coupes d’Europe. Le président de l’UEFA Aleksandr Ceferin a annoncé qu’il suivrait cela sérieusement. Il a tout mon soutien. Mais depuis l’instauration du fair-play financier, les clubs ont engagé des avocats et des auditeurs pour trouver les solutions pour le contourner.»

Si le PSG n'était pas au courant, il a désormais deux pays qui comptent dans le football européen contre lui.

NB : Traduction des propos de Rauball par FootMercato, ceux de Mintzlaff par l'AFP



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