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Buffon, son interview dans la Gazzetta dello Sport

Publié le vendredi 19 octobre 2018 à 14:27 par Philippe Goguet
Arrivé l'été dernier, Gianluigi Buffon découvre toujours la vie parisienne et il s'est confié concernant cette nouvelle aventure dans la Gazzetta dello Sport, faisant d'ailleurs la une du journal. Il aborde tous les thèmes autour du PSG, tant concernant son intégration personnelle qu'à propos des autres membres du club parisien (Tuchel, Neymar, Mbappé, Verratti, etc).

D'entrée, il est question de Paris avec Buffon et d'une éventuelle relation amoureuse avec sa nouvelle ville : «Oui, mais pas d'un endroit en particulier. J'aime la vague d'énergie et l'aspect positf que dégage le quotidien à Paris. Quand tu es touriste, tu ne le perçois pas forcément.» En France, Buffon tente de parler français et explique qu'il le fait «avec humilité. Je n'aimais pas les étrangers qui, après 6 ou 7 mois en Italie, ne faisaient pas l'effort de parler notre langue. Je ne peux pas demander une telle chose si je ne l'applique pas moi-même. C'est pourquoi j'ai essayé d'entrée. J'aime le mot "drôle". C'est comme ça que je veux être : "drôle"'.»

Il est ensuite interrogé sur sa fameuse parade de 2006 face à Zidane en finale de la Coupe du Monde et confesse qu'aucun reproche ne lui a été fait : «Juste pour rire. J'ai ressenti une grande estime et un grand respect à partir de mon premier moment ici, et pas seulement de la part des fans du PSG. Quand je suis entré sur le terrain à Rennes et Guingamp, j'ai reçu des applaudissements. J'y étais habitué en Italie.»

«Dans les passes en profondeur, Verratti vaut Neymar.»

L'interview passe ensuite sur le PSG et il lui est demandé s'il est stimulant de se frotter à Neymar et Mbappé. Il répond : «Et ça l'est aussi pour eux d'affronter Gigi Buffon, je pense. Dans toute ma carrière, j'ai été assez chanceux de toujours m'entraîner avec de grands champions. Ce n'est pas nouveau. La confrontation avec les meilleurs m'a rendu fort. Neymar a une vision de la dernière passe déconcertante. Parfois, tu te demandes où il a fait passer le ballon... Mais attention. Maintenant que je m'entraîne avec Verratti tous les jours, je peux vous dire qu'il n'est pas inférieur. Dans les passes en profondeur, Marco vaut Neymar. Ce n'est pas un hasard si 80% des ballons passent par eux. »

Buffon conclut par un mot sur la plus jeune star du PSG : «Mbappé est une force de la nature et il veut tout casser.» De là à avoir le Ballon d'Or ? «J'espère qu'il le gagnera. Kylian le mérite. La France est championne du monde et c'est en grande partie grâce à lui. »

«J'ai conquis le rôle que je voulais et pour lequel j'ai été choisi.»

L'interview repasse ensuite sur lui et son temps de jeu et l'Italien se montre satisfait : «Oui, j'ai conquis le rôle que je voulais et pour lequel j'ai été choisi : mettre à disposition mes connaissances pour faire grandir le club et démontrer que je suis encore au niveau. Je me sens plus fort qu'il y a cinq ans. Après une semaine ici, ils avaient compris qu'ils n'avaient pas recruté un joueur qui vieillit mais bien un joueur qui veut atteindre certains objectifs. Sans perdre de vue le but : faire grandir l'équipe. Quand Alphonse joue, je travaille dur pour qu'il puisse atteindre son maximum.»

Avec Areola, il va bientôt se poser la question de l'identité du titulaire en Ligue des Champions et Buffon est interrogé sur un éventuel problème avec cette collaboration entre eux : «Mais non ! De par l'âge et les perspectives, nous sommes trop différents. Une situation déplaisante ne peut pas arriver. Je ne dois pas jouer 50 matches sur les 70. Plus que le nombre, c'est la qualité des matches qui compte.»

«Tuchel transmet une empathie incroyable.»

Il est ensuite question de son nouvel entraîneur Thomas Tuchel et l'Italien n'a que des bons mots pour son nouvel entraîneur : «Tuchel transmet une empathie incroyable. Et une grande sérénité, pas comme certains entraîneurs italiens qui blindent les entraînements, comme si c'étaient des laboratoires nucléaires.... Il aurait pu avoir des réserves sur un gardien de 40 ans. Au lieu de ça, il m'a observé, il a compris et il gère très bien. Concernant la tactique offensive, il est très préparé.»

Buffon est ensuite lancé sur une éventuelle finale de Ligue des Champions PSG/Juventus à Madrid en juin prochain, un événement qu'il veut éviter : «Parce que je ne veux pas que ma joie soit conditionnée par les larmes de mes anciens compagnons et de mes anciens fans. On a déjà suffisamment pleuré ensemble. Je mérite une joie pleine. Si je dois affronter la Juve, c'est mieux que ce soit avant la finale.» Et il place d'ailleurs la Juventus «parmi les trois favoris. En Ligue des Champions, il ne peut y avoir un seul favori.»

L'interview bascule ensuite sur le football italien, et notamment le Napoli : «Ancelotti est un grand entraîneur qui, à travers la tranquillité du travail au quotidien, peut transmettre une mentalité de vainqueur, pas d'anxiété. C'est un cycle difficile et stimulant.» Et la Juve qui gagne la C1 sans Buffon ? «Une victoire de Buffon sans la Juve serait plus absurde qu'une victoire de la Juve sans Buffon parce que l'histoire de la Juventus est bien plus grande que Buffon, ils peuvent gagner sans moi.»

Le PSG est arrivé, ce dont j'avais besoin»

Arrive ensuite la partie où l'Italien retrace les circonstances de son départ de Turin : «Je n'ai aucun regret ou désillusion concernant mon départ. Nous l'avions planifié avec la Juve ensemble depuis bien longtemps, il fallait changer de cycle et on l'a parfaitement fait. Tout le monde est satisfait. Cela n'avait pas de sens de repousser l’échéance d'un an.  [...] J'avais décidé de partir, de quitter le football, même si je sentais toujours capable de jouer. Mais si vous vous comportez bien, sans égoïsme, la vie vous récompense.  En fait, le PSG est arrivé, ce dont j'avais besoin. J'ai appelé Andrea Agnelli (président de la Juve) et il m'a « Vas-y Gigi. Bonne chance.»

La discussion se poursuit encore sur la Juventus, Cristiano Ronaldo ou encore ce que sont devenus ses anciens coéquipiers Inzaghi (coach), Nedved (manager) et Del Piero (TV). Buffon répond quant à ces trois possibles reconversions : «Je peux aller à la TV, mais ce n'est pas la voie prioritaire. Je laisse les deux autres routes possibles ouvertes. Quand j'avais décidé de me retirer, avant le PSG, j'avais commencé à parler d'un possible rôle à la fédération. Je pourrais le reconsidérer dans le futur, mais nous avons besoin d'évaluer le contexte, les gens et les réelles possibilités de faire des choses utiles.»

Buffon est ensuite interrogé sur sa fin de carrière internationale, avec sa retraite suite à l'élimination en barrages du Mondial 2018. Il s'explique sur son vrai/faux retour pendant l'intérim de Di Biagio : «Nous sommes l'Italie et nous devons toujours gagner. Le maillot bleu que j'ai porté pendant 25 ans, avec gloire et émotion, mérite du respect. En équipe nationale, il doit toujours y avoir les meilleurs, sans regarder l'âge. Comme quand ils (les médias) ont remis en cause Thiago Motta... Thiago a gagné deux Champions League, il jouait au PSG avec Verratti. Est-ce que Motta était le problème ? J'avais l'impression de devenir fou... Si lui l'était, les 22 autres... Pour gagner, vous avez besoin d'expérience, de personnalité, de charisme. Et puis, par fierté et par dignité, même si j'ai pu paraître vaniteux, je me suis mis de côté

Après avoir annoncé qu'il ne reviendrait en sélection qu'en cas d'urgence absolue, Buffon conclut l'interview sur un ton plus léger, la Gazzetta dello Sport l'interrogeant sur un autre Buffon célèbre à Paris, à savoir l'écrivain des Lumières Georges-Louis Leclerc de Buffon. L'Italien répond, plein d'humour : « Oui ! La Rue Buffon est proche de chez moi. Mon fils l'a vu et il m'a dit "Papa, ils ont déjà fait une rue pour toi !" J'ai dû le convaincre que c'était un autre Buffon. » Et comme le conclut la Gazzetta, la Tour Eiffel sert à faire des examens. Tant que Buffon la voit encore clairement, c'est qu'il peut continuer à jouer.

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