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Le mercato, Neymar, les ambitions, la C1, les jeunes, etc, l'interview complète de Leonardo sur RMC

Publié le lundi 16 septembre 2019 à 20:43 par Philippe Goguet
Leonardo a accordé un entretien de pratiquement 20 minutes à RMC ce lundi, à l'avant-veille de PSG/Real Madrid en Champions League. Il n'a pas été question du match, un peu de la compétition, mais surtout beaucoup de l'été, du mercato et du cas Neymar. Voici ses propos en intégralité.

Pour les personnes souhaitant écouter le passage de Leonardo sur RMC, la radio a mis plusieurs extraits sur son site web, notamment ici, iciici, ou encore ici. Le podcast est également disponible ici.

Un vide comblé par son retour ?

« Non, sincèrement, ce n'est pas le retour du patron. Le PSG est devenu un club très important, et pas seulement au niveau sportif. Aujourd'hui, on parle d'une entreprise de près de 700 employés. Je ne suis pas le patron, je me sens très lié et très dedans mais travaillant au sein d'un groupe de personnes qui font honnêtement un très beau travail. Après, les résultats, si le poteau est entrant ou sortant, cela change mais tout le travail est très bien fait.»

Comment il juge le début de saison de son équipe ?

« On ne part pas comme les grands favoris de tout. Non, mais on a quand même un grand effectif. »

« Beaucoup de choses se sont passées on ne peut pas dire qu'il n’y a rien eu et que tout va bien, tranquillement. Non, il y a eu des changements, même mon arrivée est un changement. Pas un changement qui change tout mais cela change quand même la direction sportive. Des personnes sont arrivées, d'autres sont parties, même au niveau de l'effectif, il y a eu des choses à régler, même pendant le mercato. C'est normal et il faut de la stabilité. On a besoin d'attendre. Comme je l'ai dit, et ce n'est pas pour nous protéger, ce sera une saison difficile, une saison à laquelle il faudra être attentif. Il arrivera des choses où on sera vraiment très proches parce que je pense les choses qui sont là sont encore fragiles. On doit reconstruire et on ne part pas comme les grands favoris de tout. Non, mais on a quand même un grand effectif. »

Une année de transition pour le PSG ?

« Cette équipe a besoin de sérénité, elle a besoin d'avoir du temps, de se reconstruire un jeu. »

« C'est difficile vu l'effectif qu'on a... Avec les moyens qu'on a dans tous les secteurs de l'équipe, c'est difficile de parler de transition. Je parle de transition pour des choses existantes, on a des joueurs en fin de contrat, le cas de Neymar dont on a beaucoup et même trop parlé. C'est le moment d'arrêter de parler de tout ça et de penser au terrain. Beaucoup de joueurs sont arrivés, huit quand même, c'est beaucoup dans un effectif donc on doit calmer les choses. Et je pense aussi qu'on doit se calmer au niveau général. Cette équipe a besoin de sérénité, elle a besoin d'avoir du temps, de se reconstruire un jeu. C'est normal durant une saison d'avoir une base qu'on est en train de construire. »

Satisfait du mercato ? 

« Cela a été un mercato un peu bloqué par la situation de Neymar »

« C'est bien d'en parler parce qu'il y a beaucoup de raisons pour lesquelles on a fait des choses. Beaucoup de joueurs sont partis, on a eu la réserve qui a été supprimée et c'était difficile pour des jeunes, il y a eu des possibilités pour eux. Il y a eu des jeunes très prometteurs qui sont partis aussi et huit joueurs qui sont arrivés. Si on regarde un peu, les arrivées de Herrera, Sarabia, Bulka et Bakker ont été prévues, ils sont arrivés dès le début du mercato, et après, on ne peut pas se le cacher, ça a été un mercato un peu bloqué par la situation de Neymar. On attendait la fin pour savoir comment on pouvait faire, il y avait la possibilité de changer d'autres joueurs qui auraient été complètement différents. À la fin, il est resté et on a fait Areola au Real Madrid, Navas et Sergio Rico, Icardi comme avant-centre. Diallo et Gueye étaient importants car, c'est quelque chose dont on ne parle pas trop, mais dans la liste de la Champions League, on doit avoir des joueurs français, formés en France. C'était important l'arrivée des deux, on est très contents des deux, ce sont aussi des joueurs formés en France. On a une liste de 23 joueurs car on a 2 formés en France, Dagba et Kimpembe, et Kurzawa, Diallo, Mbappé et Gueye formés en France. C'est une richesse d'avoir des Français de ce niveau dans la liste. »

Les jeunes vendus par le PSG et la suppression de la réserve :

« Je pourrais dire que c'était le choix du PSG quand je n'étais pas là et que ce n'était pas ma faute. Non. L'équipe de N2 avait été supprimée avant moi mais je pense que la logique, quand on est en U19 aujourd'hui, tu as la Youth League, la Gambardella, le Championnat de France, la Premier League U23 International. Un joueur aujourd'hui, à 19 ans, il est presque fait donc peut-être qu'on a pensé un peu comme ça. Après, le fait de ne plus avoir de réserve pour relancer des joueurs, leur faire récupérer ou donner du temps de jeu, c'est vrai que ça manque un peu. Mais la question des jeunes n'est pas facile.

« Le système ne t'aide pas trop, même si c'est vrai que c'est difficile pour eux »

Aujourd'hui, il y a un règlement qui te permet de faire un contrat de trois ans seulement avec un jeune de 16 ou 17 ans. Quand tu fais le premier contrat, il y a une période très courte pour faire le parcours jusqu'à la première équipe. Malheureusement, la France est devenu un berceau à bons joueurs et le mercato attend les jeunes joueurs français pour les acheter à un moment où ils sont à un an de la fin de leur contrat. Tous les joueurs qui sont partis cette année étaient à un an de la fin de leur contrat. Si tu attends, tu n'as plus le joueur. Le système ne t'aide pas trop, même si c'est vrai que c'est difficile pour eux.

Mais aujourd'hui ont joué Areola, Rabiot, Diaby, Nkunku, Timothy Weah, Nsoki, ils ont tous joué et c'est pour ça qu'ils ont été vendus. Mais le problème avec un joueur de 17, 18 ou 19 ans, tu es presque obligé et, malheureusement dans la tête du jeune aussi, de partir. Parce que les Français sont des joueurs qui peuvent jouer partout. L'Italien, l'Anglais ou l'Espagnol ne part pas, il reste dans son pays. En France, ils ont déjà la mentalité de partir et il y a un contrat, un règlement, qui donne cette opportunité. On devrait donner cinq ans de contrat pour le premier contrat d'un joueur, pas trois ans. Trois ans, ça ne te donne pas le temps de donner l'opportunité. »

Le cas Neymar :

« Pas  trop hein, on ne va pas exagérer, on en a déjà trop parlé. Une deadline ? Honnêtement, tu ne peux pas donner une deadline, c'est un mercato ouvert quand les parties sont en discussion ou ont des intérêts. Si un club veut acheter un joueur qui veut partir et qu'un club veut le vendre ou pas, le mercato est ouvert, on ne peut pas dire qu'on se ne parle pas. Cela n'existe pas. C'était clair pour tout le monde. Cela donnait parfois un point de vue différent en extérieur à la fin mais, en interne, on a toujours discuté de manière claire : tout le monde savait qu'elle était la situation. C'était ce qui a été communiqué. Aujourd'hui, je ne voulais pas retourner dans tout ça et vous savez ce qu'il s'est passé (NDLR : il fait allusion à son interview après Metz/PSG (0-2)).

« Il marque un but incroyable et tellement spectaculaire à la dernière minute que ça ressemble à une histoire de Hollywood »

Aujourd'hui, quand je regarde ce qu'il s'est passé lors des derniers jours, et c'est de ça dont je veux parler, je pense que Neymar a commis des erreurs, oui, la situation a été plus compliquée que la normale parce qu'il est un joueur très important, mais, si on regarde ce qui s'est passé dans les derniers jours, quand le mercato a été fini et qu'on a décidé qu'il ne partirait pas, il est allé en équipe nationale, il a fait un très bon match, il a récupéré lors du deuxième match, il est revenu de manière très positive, il s'est mis au travail, à s'entraîner, il arrive à l'heure, il s'est très bien comporté après avoir décidé de rester et je pense qu'il a fait un match très important parce que les conditions qu'il a vécues n'étaient pas faciles. Il est resté silencieux, il a joué et, vu que c'est une histoire extraordinaire, il marque un but incroyable et tellement spectaculaire à la dernière minute que ça ressemble à une histoire de Hollywood. Mais c'est comme ça à la fin.

Après le match, il a fait une communication très directe, honnête et même humble. Même humble. Et je pense que c'était une très bonne communication. Là, il est au PSG, concentré sur le PSG, il s'entraîne tous les jours. Il ne jouera pas en Champions League mais il jouera en championnat. »

Des propos maladroits de Neymar concernant le fait qu'il va jouer tous ses matches à l'extérieur ?

« Si tu regardes mot par mot... C'est une situation qui est je pense normale... On ne peut pas dire que tout est réglé, c'est vrai que ce n'est pas le cas, il s'est passé des choses. Mais si tu regardes mot par mot pour dire qu'il a raté (sa communication), je pense qu'en général, il a été très bon. Il a fait un très bon match, il a été engagé dans le match, il a été très pro au niveau de l'entraînement et, comme je l'ai toujours dit, ce n'est pas un mauvais gamin. Neymar est quand même un patrimoine du football, pas seulement du PSG. Aujourd'hui, si tu regardes l'effectif et le fait qu'on est dedans, cela nous rend plus forts...

« On a un règlement interne pour tous les joueurs et Neymar est dedans »

Si je vais parler à lui et à son père ? On parle mais que doit-on faire ? On doit jouer ! On ne peut pas faire une télénovela mexicaine autour de tout ça ! On doit jouer ! Il s'entraîne, il joue, il se comporte bien, on a un règlement interne qu'il suit. Toute la situation avant tout ça a été réglée en interne. On a un règlement interne pour tous les joueurs et Neymar est dedans. On a réglé notre problème. Les manquements, c'est dans le passé. Aujourd'hui, il est là, il se comporte bien, il fait son chemin et on va voir. Mais on parle et c'est un joueur du PSG qui est concentré et là. C'est le moment d'arrêter et de parler. Il est ici donc on parle du PSG. »

Un PSG et Tuchel dans l'incertitude au niveau du jeu...

« Il s'est passé beaucoup de choses et ce n'est pas pour dire qu'on joue bien. Non, je suis d'accord, il y a des choses à améliorer mais c'est évident que ce qui s'est passé les derniers mois... On a changé beaucoup de joueurs à la fin du mercato, on a eu des blessures. Tout le monde parle qu'il y a des problèmes médicaux, il n'y en a pas. Les blessures, et cela fait partie du jeu, mais elles sont arrivées en début de saison et on a eu beaucoup de joueurs out. Ce n'était pas facile pour lui de faire des choix.

«À la fin, on a vécu un moment honnêtement pas facile et on a réussi à avoir des résultats»

Par exemple à Metz avec des joueurs dont on est contents mais comme Adil Aouchiche qui fait son premier match, mais on a gagné quand même. C'était très difficile, avec Bulka qui a dû jouer parce qu'Areola allait partir. Ce sont des choses très positives aussi. Des joueurs comme Verratti, Gueye ou Di Maria qui ont été dedans à tous les matches, c'était très important. À la fin, on a vécu un moment honnêtement pas facile et on a réussi à avoir des résultats. Maintenant, on enchaîne des matches très importants avec encore des blessures. On doit gérer ça et on cherche notre jeu, oui, je suis d'accord, mais on a besoin de bases pour la continuité de la saison. C'est sûr mais des choses se sont passées et on a un problème. »

Quel objectif en Champions League ? 

« Si je fais le tour des bars de la France et même du monde, personne ne me dira que le PSG est favori vu les choses qui se sont passées. L'année dernière, c'était l'unanimité, tout le monde disait que le PSG était le favori. Peut-être que l'on dirait autre chose aujourd'hui mais c'est normal. Mais si on réussit dans ce groupe et avec ces joueurs à canaliser tout ça d'une manière positive, à créer une ambiance autour de cette équipe, créer dans cette équipe aussi une ambiance positive, si on met tout le potentiel qu'on, peut être qu'on peut devenir quelque chose d'important au mois de mars et d'avril. Mais si on y met tous les moyens, qu'on n'a pas de blessures, si on cherche tous le même objectif, et c'est plus facile d'en parler à la radio que de le faire tous les jours, si on réussit ça, on peut devenir une équipe très forte. »

Comment atteindre cette situation ?

L'exemple de Liverpool est donné par Dugarry

« Il y a autre chose que je dois sortir de tout ça, c'est un peu la peur »

« Liverpool a beaucoup souffert et ne gagne plus en Premier League depuis 1992 (NDLR : même 1990)... Imagine, ils ont gagné la Champions League mais jamais la nouvelle Premier League (NDLR : formée en 1992). Ce n'est pas facile de créer ça. Aujourd'hui, tu vois autour de Liverpool le contexte avec tout autour et les joueurs deviennent même meilleurs mais tu vas devenir une équipe comme ça quand tu réussis à l'intérieur à avoir une complicité dans les objectifs. C'est normal qu'il y ait des petits problèmes que tu cherches à régler et après, les décisions, ce sont le travail, l'application, des choses normales qu'on connaît et qu'on doit mettre en place. Il y a autre chose que je dois sortir de tout ça, c'est un peu la peur. Comme on ne l'a jamais gagnée à Paris, on a la peur que ce soit encore une année où cela ne va pas arriver. On doit sortir de ça alors qu'on a tellement de bonnes choses. Paris, Paris, comme ville, cela nous donne déjà la grandeur ! (il est malheureusement coupé par l'animateur). »

Un message aux supporters ?

« Leur demander d'être toujours à nos côtés, de penser au PSG. On dit qu'à la fin, c'est ce qui reste, qu'il faut donner à l'institution cette force-là. Et après, être à côté de l'équipe car on a toujours besoin d'eux. Nous, on va chercher à faire le mieux possible chaque jour pour le PSG. »

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