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PSG/Barça : Bilbao en modèle ?

Publié le lundi 9 janvier 2017 à 17:47 par Victor Lefaucheux
Contraint au match nul dimanche soir à Villarreal (1-1), le Barça avait déjà montré des signes de faiblesse jeudi à Bilbao avec une défaite 2-1 en Coupe du Roi. Bougée par l’Athletic, l'équipe de Luis Enrique a montré certaines faiblesses face au pressing tout-terrain imprimé par les Basques. Un match intéressant entre pression et relance, qui a montré - cela dit - à quel point aller chercher le Barça très haut reste une mission périlleuse, voire impossible.

Du 4-2-3-1…

En théorie, on divise l’attaque en 3 phases : relance, construction, finition. On peut aussi se repérer aux 3 tiers du terrain pour disséquer l’animation offensive d’une équipe. 

Face au 2 dernières citées (construction / finition), les Basques s’organisaient en 4-2-3-1 : un schéma calqué sur le 4-3-3 du Barça (bien qu’ils défendaient en zone), et garantissant une supériorité numérique derrière (6 contre 5), en laissant Iñaki et Aduriz à 2 contre 3 face à Busquets, Pique et Umtiti.


L’organisation de l’Athletic Bilbao à mi-terrain

… au 4-1-3-2

Une fois que les Barcelonais reculaient face à cette pression, un second pressing se mettait en place, spécialement adapté à la première étape offensive du Barça : sa sortie de balle. 

Les Basques ont contesté le principe le plus basique de l’éternelle Salida Lavolpiana pratiquée par le Barça : la supériorité numérique. Mikel San Jose (relayeur gauche) montait d’un cran, lâchant la zone de Rakitic pour celle de Busquets, créant ainsi un 3 contre 3 face au trident Busquets – Pique – Umtiti.

Les hommes de Valverde étaient très compacts latéralement et bougeaient en fonction du côté-ballon une fois la passe courte de Ter Stegen déclenchée : 

  • L’attaquant côté ballon sur son central
  • L’attaquant opposé sur le gardien
  • San José sur Busquets
  • L’ailier sur son latéral
  • L’ailier opposé à l’intérieur, prêt à récupérer le central opposé, ou le relayeur opposé
  • Le latéral opposé du Barça était abandonné

L’attaquant côté ballon sur son central, l’attaquant opposé sur Ter Stegen

A gauche, lorsque Rakitic était lâché par San Jose (relayeur gauche), il était récupéré par Balenziaga, le latéral gauche de Bilbao. 

A droite, le schéma était plus simple, le relayeur droit Iturraspe suivant Iniesta dans son décrochage et l’arrière droit faisant de même avec Neymar.

Supérieurs athlétiquement, les défenseurs basques géraient les longs ballons forcés d’Umtiti et Pique, pour renvoyer le Barça dans son camp, et réimprimer le même pressing, perdant ainsi la bataille de la possession, mais gagnant celle pour le territoire.

Il est d'ailleurs intéressant de constater que lorsque le ballon est à droite, alors que la sortie de balle est mise sous pression, c’est Suarez qui devient ailier droit. Il peut ainsi faire valoir ses qualités athlétiques, supérieures à celles de Messi, mais il déserte aussi l’axe dans lequel sa vitesse peut faire beaucoup plus mal à l’adversaire sur du jeu direct et vertical.

A ce moment, l’enjeu pour Bilbao était de faire mal au Barça sur la transition offensive, en profitant de l’écart entre les joueurs (notamment Pique et Umtiti) pour attaquer l’axe le plus vite possible. Cette animation offensive inclut un certain déchet, mais elle a le mérite de ne pas créer de déséquilibre à la perte, et de produire une certaine domination territoriale, qui permettra à l’Athletic d’ouvrir le score sur attaque placée.

Cette transition « d’après pressing » sera d’ailleurs payante sur le second but qui arrive après une récupération rapide et une perte de balle d’Iniesta, privé de solutions par ce pressing compact.

Un plan harassant et risqué

En théorie, au moment où il était pressé, le Barça bénéficiait alors d’une égalité numérique devant (3 contre 3), voire d’une supériorité (4 contre 3) en cas de projection de Rakitic. 

C’est d’ailleurs en connectant entre les lignes avec le Croate (ou Iniesta) que les hommes de Luis Enrique « casseront » plusieurs fois le pressing de l’Athletic. C’est notamment le cas sur la séquence qui aurait dû mener au penalty sur Neymar.

Mais que ce soit au sortir d’une contre-attaque, ou sur un moment où le pressing baisse d’intensité, le Barça est capable de trouver l’homme libre entre les lignes.

La paire San José – Iturraspe est un peu loin d’Iniesta et Busquets. Rakitic vient entre les lignes et le Barça va casser le pressing de l’Athletic, mettant Laporte face à un dilemme : charger Rakitic, au risque de laisser Suarez à 1 contre 1 avec l’autre central.

C’est aussi le désavantage d’un plan sophistiqué dans lequel chaque joueur a plusieurs rôles : une seconde de déconcentration et un changement de marquage mal assuré offrent la possibilité à l’adversaire de progresser. 

Face à un adversaire si bien doté techniquement, et avec un bloc compact latéralement, les changements d’aile ont également été une arme efficace pour faire passer les Basques du pressing au repli, et ainsi les faire reculer sur le terrain.

L'Athletic l'a montré : avec un Busquets méconnaissable cette saison, il est possible (voire nécessaire) d'aller chercher le Barça à la source, sur sa sortie de balle. Mais même avec ce plan quasi-parfait tactiquement, l'équilibre des Basques est resté relativement précaire et le Barça a marqué à l'exterieur. L'en empêcher sera un ingrédient quasi indispensable à la survie du PSG avant le retour en Catalogne.

Victor Lefaucheux / Premieretouche.com

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