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«Pas une équipe», «comme à un jubilé», la presse anglaise très dure avec le PSG

Publié le mercredi 19 septembre 2018 à 15:02 par Philippe Goguet
Considéré comme un des favoris à la Ligue des Champions avant la rencontre face à Liverpool, le PSG se fait littéralement découper par la presse anglaise et ses consultants après la prestation de l'équipe parisienne du côté d'Anfield.

Neymar et Mbappé dans le viseur des consultants

Bien que le finaliste de la dernière Ligue des Champions se nommait Liverpool, c'est peu dire que le PSG était redouté en Angleterre ce mardi avant le premier match de poules entre les deux équipes. Sur le plateau du diffuseur britannique BT Sport, les consultants du soir Rio Ferdinand, Michael Owen et John-Arne Riise parlaient avant la rencontre d'une équipe de l'élite européenne qui allait se frotter aux Reds. L'ancien défenseur de Manchester United, certes pas forcément très objectif, voyait même les Parisiens venir gagner à Anfield. Comme le scénario l'a montré, il n'en fut rien et c'est peu dire que la presse britannique a retourné sa veste concernant le PSG après la partie.

Alors que les joueurs parisiens ont affiché à la grande surprise de leurs supporters ce qui ressemble presque à de la satisfaction après le match en y trouvant de nombreux points positifs, les journalistes et consultants anglais n'ont pas vraiment eu la même analyse de la rencontre et ils ont visiblement vu le même match que la plupart des fans de la capitale. Dès le match fini, le même Rio Ferdinand a fait feu de tout bois. S'il a vu un match «incroyable», c'est surtout grâce à Liverpool qui a été «bien au-delà de ce qui était attendu avec de l'énergie, cette intensité avec laquelle ils ont joué et la volonté d'attaquer à chaque instant.»

«Ils sont construits comme une équipe de superstars mais ils n'en sont pas une. Ils ont des joueurs qui sont des superstars mais je ne vois pas une équipe.»

Arrive alors son analyse du PSG et c'est la douche froide : «Mais ces gars, l'équipe du PSG, je vais être honnête avec vous, j'ai été très très déçu. En tant qu'individualités ou collectivement, il y avait zéro intensité. Complètement à l'opposé de ce qu'a montré Livepool. Pour moi, ils ont par moments joué d'une façon telle que ça ressemblait à un jubilé. Les attaquants n'ont jamais montré qu'ils voulaient défendre, je ne sais pas si c'était une consigne ou s'ils ne voulaient juste pas, mais ils ont été punis. Quand vous venez à Anfield, les 11 joueurs doivent être performants. Ils sont construits comme une équipe de superstars mais ils n'en sont pas une. Ils ont des joueurs qui sont des superstars mais je ne vois pas une équipe.»

Dans le même temps, sur beIN Sports, c'est une autre légende anglaise, à savoir John Barnes, qui pointait du doigt le match très insuffisant de Neymar et Mbappé, s'appuyant sur l'erreur du second ayant abouti au troisième but des Reds pour lancer son analyse : «Mbappé tente un petit pont devant sa surface, c'est incroyable. Il perd la balle et Liverpool marque. Mais pour être honnête, je pense que c'est l'une des choses qui font tomber le PSG parce que vous pouvez par moments voir Neymar et Mbappé ne penser qu'à eux-mêmes en termes d'efforts et de travail collectif.»

Le projet complet de QSI moqué

Si les consultants anglais se sont globalement payés le PSG et ont été aussi durs qu'ils étaient prudents et respectueux avant le match, ils ne sont pas allés plus loin qu'une analyse basée sur la partie et les attitudes qu'ils ont observés. Ce n'est pas le cas de la presse britannique et le réputé Guardian a probablement été le plus dur de tous. Plus que le match c'est carrément le projet complet du PSG qui est visé et l'attaque du journal est franche dans son article revenant sur la partie : «750M€ net dépensés en huit ans et c'est tout ce que vous avez ?» 

Après avoir rappelé que l'argent ne garantit pas tout dans le football, le journal va plus loin : «Au PSG, il n'y a eu aucun développment. Les leçons de la dernière saison n'ont pas été apprises. Tous les défauts qui ont éliminé le PSG contre le Real en 8e l'an passé étaient encore à Anfield ce mardi. Laisser trois attaquants très hauts sur le terrain se déplacer et réussir parfois un exploit est peut-être suffisant en L1 mais ce n'est pas une façon de jouer contre une réelle opposition. Le partenariat avec Jordan peut être vu comme un ajout de glamour mais il apparaît dans ce contexte comme voulant surtout dire "s'il te plaît, laisse moi te mettre un petit pont alors que je suis hors-jeu."»

«Le football du PSG n'est pas le football de Tuchel; ce n'est peut-être même pas du football.»

Après avoir fait le procès de L1, de «l'absence de défi» qu'elle représente et de «la complaisance naturelle qui s’installe» forcément côté parisien avec une compétition pareille, la ligne d'attaque du PSG définie par Thomas Tuchel avec les trois stars de devant est pointée du doigt : «Il ne peut y avoir aucune version de cette conception du jeu qui met en scène trois hommes se tenant à 50 mètres de leur milieu, commençant à peine à courir alors qu'un défenseur leur passe encore une fois devant. Le football du PSG n'est pas le football de Tuchel; ce n'est peut-être même pas du football.»

Après avoir salué le fait que Neymar et Mbappé ont su égaliser malgré leur mauvais match, c'est la fin de partie parisienne qui est singée : «Le plus accablant de tout était ce qui a suivi. Le PSG avait récupéré un point. Ils l'avaient fait avec l'une des performances les plus honteuses et les plus négligées qu'un club avec leurs ressources ait jamais fournie. Ils pouvaient rentrer à Paris et alimenter leur estime d'eux-mêmes avec un point utile pris à l'extérieur. Tout ce qu'ils avaient à faire était de jouer les sept dernières minutes plus le temps additionnel. Mais ils ne l'ont pas fait.»

«Quand il a de nouveau été mis sous pression, ce PSG fanfaron s'est transformé en pleunicheur.»

Le journal s'explique : «Liverpool, et c'est à son immense crédit, a été capable de se relancer. Quand il a de nouveau été mis sous pression, ce PSG fanfaron s'est transformé en pleunicheur. Regardez l'action victorieuse de Roberto Firmino et comptez combien de joueurs du PSG se sont retournés (sur sa feinte) plutôt que de tenter de le bloquer. Ce sont les bases de la défense, du respect de soi-même en tant que professionnel, et ils ne sont même pas capables de faire ça.»

Arrive alors la terrible conclusion, le coup de grâce, quant à ce PSG version QSI : «Chaque saison, la question semble devenir plus fondamentale : qu'est-ce que le PSG ? Un projet vaniteux autour de Neymar ? Une étrange stratégie de marketing de Nike ? Une laverie pour la réputation internationale du Qatar ? Ce n'est certainement pas un club de football au sens traditionnel. Et s'ils sont supposés être un agent du soft power qatari, ils ont vraiment besoin d'insister sur l'aspect puissance de cette phrase plutôt que sur le soft.»

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