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La saison 2018/2019 des latéraux du PSG vue par les stats (Partie 3)

Publié le samedi 22 juin 2019 à 20:51 par Thibaut Brossard
Pour terminer le bilan comparatif de la saison des quatre latéraux (Meunier, Dagba, Kurzawa et Bernat) du PSG, nous allons maintenant nous pencher sur les statistiques défensives. Après avoir vu que Dagba, véritable révélation de la saison, sortait du lot en termes de statistiques relatives au volume de jeu et à la maîtrise technique, et que Meunier se détachait pour les indicateurs offensifs (du moins en Ligue 1), voyons quel latéral se distingue dans les missions défensives.

Pour rappel, la première partie est disponible ici et la seconde ici.

Aucun des quatre joueurs étudiés n’est spécialement réputé pour ses qualités défensives. Intrinsèquement et physiquement, c’est le jeune Dagba, d’ailleurs parfois utilisé en défense centrale (signe de son aptitude aux duels), qui semble avoir le plus de qualités défensives. L’indicateur de réussite aux tacles confirme cette impression puisque le jeune latéral devance nettement ses trois concurrents dans cette catégorie :

Avec 80 % de réussite aux tacles (24/30), Dagba s’avère donc être le latéral le plus difficile à passer en un contre un, malgré son inexpérience. Par contre, le bon taux de Meunier (75.9 %) est plus étonnant compte tenu de son profil, mais finalement exactement dans la lignée de ses années dans la capitale (76.1 %).

Si le côté droit de la défense a donc été performant en terme de tacles (surtout si on pense que Kehrer et Alves, autres spécialistes du genre, ont également joué de ce côté), on ne peut pas en dire autant du côté gauche. Le volume de tacles tentés est certes impressionnant concernant Bernat (3.5 par 90 minutes, soit le 5ème ratio de toute l’équipe), mais le taux de succès est très suspicieux (66.2 %). C’est encore pire pour Kurzawa qui cumule faible volume (2.6) et taux de réussite insuffisant (65.5 %).

Un côté gauche de la défense très sollicité

Si l’on se penche sur ses stats en carrière, on constate que jamais jusque-là, Bernat n’avait affiché un tel volume de tacles (maximum à 3.2) ; et son taux de réussite est habituellement bien meilleur (plus souvent au-dessus des 70 % qu’en-dessous).

Sa saison parisienne est donc vraiment atypique. Faut-il y voir un certain déséquilibre du jeu parisien où le latéral gauche a souvent été livré à lui-même, en particulier quand Neymar occupait le poste de milieu gauche ? A confirmer la saison prochaine.

En tous les cas, les stats de « dégagements » confirment que le côté gauche de la défense parisienne a été particulièrement sollicité :

Le graphique ci-dessus illustre cette plus forte sollicitation des arrières gauches puisque, à eux deux, Bernat et Kurzawa réalisent 2.76 dégagements contre 2.26 pour le côté droit.

C’est l’Espagnol qui s’illustre dans cette catégorie des dégagements avec 1.42 par 90 minutes. En ligue des champions, sa moyenne grimpe même à 2. Là encore, ses productions défensives sont supérieures à ce qu’il produisait à Munich où sa moyenne de dégagements en Bundesliga était de 1 (pour 90 minutes).

Curieusement, la courbe des dégagements suit la trajectoire inverse dans la carrière de Kurzawa. Chaque saison, sa moyenne (ramenée à 90 minutes) ne cesse en effet de décliner.

On aurait pu au contraire imaginer que cette saison au moins, avec un côté gauche souvent mis sous pression, le nombre de dégagements de l’ancien Monégasque reparte à la hausse. Ce n’est donc pas le cas non plus dans cette catégorie statistique.

Meunier intercepte proprement

Autre donnée utilisée pour apprécier les interventions défensives, les interceptions : dans ce domaine, c’est extrêmement serré entre les quatre joueurs, mais c’est Meunier qui se détache légèrement avec 1 interception toutes les 90 minutes.

Meunier est dans sa moyenne de la saison passée, tandis que Bernat en réalise moins qu’à Munich et que Kurzawa a, encore une fois, sensiblement baissé sa productivité par rapport aux saisons passées.

Dernier indicateur relatif à l’aspect défensif : le nombre de fautes commises :

C’est Thomas Meunier qui se distingue positivement avec seulement 1.3 fautes commises toutes les 90 minutes en moyenne. A l’autre extrémité, Kurzawa en a commis près du double.

Côté droit, seulement 4 cartons jaunes sur toute la saison. A gauche, 10 avertissements dont 6 pour le seul Bernat (plus 2 autres en Europe). La confirmation que le côté gauche de la défense a été très attaqué et très souvent débordé. L’ancien Munichois a même récolté un carton rouge (à Lille), la première expulsion de sa carrière.

Inutile de préciser que pour Kurzawa ces 2.5 fautes (par 90 minutes) constituent, et de loin, le « record » de sa carrière…

Au global, sur cette partie défensive, ce sont donc Meunier (tacles, interceptions) et Bernat (dégagements) qui ont réussi, sur la saison de Ligue 1 vue des stats, les meilleures performances tandis que les productions de Kurzawa sont toutes en recul, parfois de manière forte, par rapport à ses précédentes saisons.

Les enseignements d'une telle étude :

Nous avons donc essayé au travers de cette étude consacrée aux latéraux du PSG d’évaluer leur saison écoulée par le prisme des statistiques. Plusieurs enseignements ont pu être tirés de cette analyse.

Nous avons tout d’abord mis en évidence que le jeune Colin Dagba a tiré son épingle du jeu parmi ces latéraux plus chevronnés et a su gagner du temps de jeu notamment grâce à son volume de jeu et son habileté technique.

Dans la partie consacrée à l’aspect offensif, c’est plutôt Juan Bernat, en Ligue des Champions et Thomas Meunier, en Ligue 1, qui ont fait valoir leur expérience et leur efficacité devant le but adverse.

Enfin, sur l’aspect défensif, nous venons de voir que c’est une nouvelle fois plutôt le Belge et l’Espagnol qui présentent, là encore, des statistiques supérieures aux deux Français. Deux Français aux trajectoires d’ailleurs totalement opposés : le jeune Colin Dagba est la révélation défensive de la saison, tandis que Layvin Kurzawa a, selon les statistiques présentées, disputé sa plus faible saison en carrière.  

Globalement, les statistiques étudiées, hormis l’épiphénomène des trois buts de Bernat en Ligue des Champions, ne classent cependant pas les latéraux parisiens au sommet de la hiérarchie européenne, ni même de la Ligue 1. Rien que dans le championnat de France, plusieurs joueurs ont montré des qualités supérieures aux latéraux parisiens (Attal ou Lala à droite, Mendy ou Koné à gauche). Est-ce un problème de qualités intrinsèques ou de système de jeu qui a les peu mis en valeur ? Le mercato estival et la saison à venir permettront peut-être de répondre à cette question.

NB : La première partie est disponible ici et la seconde ici

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