Pour son premier match officiel face à l'Eintracht Frankfurt en barrages de la Ligue des Champions, l'entraîneur brésilien des féminines du PSG Paulo César tenait son premier point presse. Face à l'enjeu d'une qualification en phase de poules de la Ligue des Champions, le coach a tenu à être rassurant sur l'état de forme de ses joueuses, les estimant prêtes pour ces deux rencontres importantes. Transcript complet.
C'est la reprise des matchs officiels, dans quel état d'esprit êtes vous à la vue de ce gros match déjà qui vous attend demain ?
« Moi, je suis dans un très bon état d'esprit, les joueuses aussi. Dans cette reprise, il y a beaucoup de motivation, d'enthousiasme aussi pour cette nouvelle saison. Un match important demain et nous, on l'a pris avec une responsabilité énorme de représenter le Paris Saint-Germain. Je pense que les joueuses sont prêtes aujourd'hui pour qu'elles puissent disputer ce match-là.»
Quel bilan faites-vous de de la préparation et des premiers matchs que vous avez joué ?
« Le bilan est très positif parce que lors de tous les matchs qu'on a joué, on a pu contrôler la charge de travail de tout le monde. Toutes les joueuses ont la possibilité de jouer, elles ont eu la possibilité d'être performantes sur le terrain. Cela me donnait beaucoup d'options aussi pour former l'équipe. Après, aujourd'hui, nous sommes prêts, on va prendre un match à la fois parce que ce sont deux matchs. Il faut qu'on pense au match aller, un premier match très sérieux parce qu'il est très important. Et je pense qu'on a tout pour bien faire.»
Et est-ce qu'il y a des joueuses qui ne sont pas prêtes pour le match de demain ?
« Il y a des joueuses qui ont des petits bobos physiques et qui peuvent pas jouer ce match-là. Mais ça reste quand même un groupe assez soudé. C'est un groupe qui a aussi des options importantes et ces options-là, elles vont être prêtes pour demain.»
Pouvez-vous nous parler de de l'adversaire ? Qu'est-ce que vous redoutez de leur part ?
« Frankfurt, c'est une équipe qui a beaucoup d'expérience. Des joueuses de qualité, qui sont très efficaces, qui défendent super bien et c'est une équipe qui ne prend pas beaucoup de buts, comme la saison dernière. Elles ont des qualités mais nous aussi, on a des qualités, on y va avec nos armes, on connaît les points forts de cette équipe mais aussi ses points faibles. Il faut que nous soyons attentifs, et qu'on respecte le poids du jeu, qu'on applique les choses que nous avons travaillé pour que les choses se passent bien. »
Avec l'avantage du match retour à domicile, ça fait différence ?
« On va dire qu'on joue 4 matchs, on joue 4 fois 45 minutes. C'est important de se dire que chaque 45 minutes, on fait très attention. On fait un bilan de ce qui s'est passé ces 45 minutes pour les prochaines 45 minutes. On sait que ce match aller va être très important. Pour que ça soit bénéfique en vue du match retour, il faut qu'on fasse bien le premier.»
Cet été, il y a eu du renforcement au niveau du staff, notamment avec un changement de l'entraîneur des gardiennes. Comment vous avez appris à travailler justement avec ce renforcement ? Comment se passent ces entraînements avec eux ?
« C'est un changement naturel. Michael et Mylène sont sortis du staff parce qu'ils ont eu d'autres opportunités. Je les remercie parce qu'ils ont fait un super travail la saison dernière. Cette saison, on a eu la possibilité de recruter Sébastien Moncé qui vient d'une équipe de garçons et il va amener son expérience à notre mentalité, à notre exigence. Et il y a Élise Bussaglia aussi qui a un parcours en tant que joueuse que je n'ai pas besoin de mettre en avant. Elise, c'est quelqu'un qui a beaucoup de personnalité, elle peut transmettre beaucoup de choses qu'elle a appris sur le terrain pour ces joueuses d'aujourd'hui. Les membres du staff, ils travaillent bien, on reste dans les mêmes organisations. On a modifié quelque chose de la saison dernière mais ça reste quand même un très bon staff.»
Pour revenir sur Elise Bussaglia justement, quel rôle elle a auprès de vous et auprès des joueuses ? Quelle relation elle a déjà pu créer avec elles ? Il y en a certaines qu'elle connaissait j'imagine.
« Oui, elle a une bonne relation avec toutes les joueuses. Avec moi spécialement, elle est en en charge de tout ce qui est formalisation des séances, d'application des séances sur le terrain plus sur la partie technique. S'occuper spécifiquement de tout ce qui se passe au milieu de terrain. Parce qu'ici, il y a Noémie qui s'occupe de ce qui se passe sur la défense et Greg sur l'attaque. C'est un peu l'organisation que je donne. Educatif pour les 3 adjoints que j'ai avec moi et moi je suis avec tout le monde pour surveiller et contrôler que les choses se passent bien.»
Il y a deux ans, vous n'étiez pas encore là mais il n'y avait pas eu de qualification en barrage face à la Juventus. Cela avait été une année sans Ligue des Champions. Il y a la possibilité d'être reversé malgré tout même si ce n'est pas du tout envisageable. Quelles conséquences cela aurait finalement ?
« Les conséquences… Moi, je ne travaille pas sur les conséquences négatives. Je travaille sur tout ce qui est positif. Aujourd'hui, je ne peux pas regarder ce qui s'est passé 2 ans en arrière. Je n'étais pas là. Si cela arrive et que j'ai fait tout pour que ça n'arrive pas, c'est la direction qui devra répondre à votre question. Mais en tous cas là, moi, je suis focalisé pour faire un bon travail là demain avec mes joueuses et avec les stratégies et les détendus qu'on a mis en place.»
Au niveau du mercato, on a vu l'arrivée de Naomie Feller. Beaucoup de joueuses qui ont prolongées aussi. Est-ce que vous êtes satisfait du mercato, même si on sait que la date limite est le 18/09 ?
« Comme vous le dites, le mercato n'est pas fini. Moi je pense que les meilleures personnes pour répondre à votre question, c'est la direction sportive. Je vais les laisser y répondre. Et moi je vais travailler avec les joueuses que j'ai à ma disposition. Et ces joueuses que j'ai à ma disposition, je vais tout faire pour les faire progresser. Il faut ces joueuses là à être performantes sur le terrain. Avec Naomie Feller qui vient d'arriver, qui est une plus value, qui a une expérience aussi au niveau international, qui va nous apporter sa qualité sur le côté gauche.»
Justement, l'attaque, l'année dernière, c'est quelque chose que vous aviez mis en lumière. Il y a eu des matchs avec une efficacité offensive. Comment pensez vous que ça va se passer cette 1ère partie de saison ?
« Sur la 1ère partie, on a eu un manque de réalisme devant le but. Comme on a eu aussi un manque de réalisme pour bien défendre sur les transitions défensives. On a rectifié ça en 2e partie de saison. En 2e partie de saison, on a marqué quand même pas mal de buts. Vous pouvez le constater. Aujourd'hui, c'est un travail qu'on a déjà fait dès maintenant pour que ce réalisme nous fasse faire un bon début de saison. Et là j'attendais de Romée mais aussi de toutes les joueuses qui sont là pour attaquer et qu'elles puissent faire le travail, à la fois tactique, défensivement mais que ce soit devant le but, qu'elles soient très adroites et qu'elles puissent marquer des buts.»
Il y a une joueuse qui s'est illustrée, qui est très très jeune dans la préparation, c'est Alyssa Charlier, elle a 15 ans, elle a marqué 2 buts. Qu'attendez vous d'elle ?
« Cette saison, j'attends qu'elle continue à faire ce qu'elle fait là maintenant. Parce que c'est une jeune joueuse, elle a 15 ans, bientôt 16. Elle a son gabarit, elle a la compréhension du jeu, elle respecte le plan de jeu, elle respecte les choses que nous mettons en place. Pour moi, ça reste une joueuse très importante aussi dans cet effectif là même si ces jeunes, cette année, on va plus en parler. Parce que on parlait des jeunes la saison dernière, ce qui a amené des reconsidérations du club et qu'on allait valoriser ces jeunes-là. Mais ces jeunes-là aujourd'hui la plupart, elles ont des contrats pro, ce sont des professionnelles. Et aujourd'hui, pour être professionnelle, il faut confirmer. Donc c'est une étape qui est très importante de signer un contrat pro, c'est valorisant pour les joueuses. Mais ce n'est que la 1ère étape, il faut pas s'asseoir sur les contrats, ou se reposer sur ses lauriers. Il faut donner plus parce qu'elles ont encore des choses à prouver. Et j'attends cette année qu'elles prouvent des choses importantes comme les cadres ont déjà prouvé auparavant.»
En parlant des gardiennes, après le départ de Mary Earps, avez-vous défini une hiérarchie ? Sachant qu'Océane Toussaint est devenue internationale Haïtienne A.
« Déjà, on n'a pas de gardienne N°1 ou N°2 officielle. On va voir ce qui va se passer durant la saison. Les gardiennes, elles sont claires. Aujourd'hui théoriquement, Katarzyna Kiedrzynek reste la gardienne N°1 parce qu'elle a beaucoup plus d'expérience et elle a un vécu et ça reste quand même la gardienne plus importante à ce moment-là de la saison. Mais on a pas de gardienne N°2 ou N°3, il va avoir deux gardiennes N°2. Et ces deux gardiennes N°2, elles vont changer à chaque fois. Et en fin de décembre, on va voir quelles sont les meilleures solutions pour ces deux gardiennes là qui joueront la Coupe de la Ligue et la Coupe de France. Car l'objectif, c'est de mettre en concurrence tout le monde. Et ce n'est pas parce que Katazyrna commence là qu'elle va faire tout le championnat en tant que titulaire, peut-être que potentiellement, on va changer. Donc moi, je laisse cette compétitivité là qui est importante et qui met tout le monde déjà sur les bons rails. Il faut être performant sur le terrain pour que les choses se passent bien pour les matchs.»
Sur le plan personnel, le fait de commencer encore cette saison, c'est une continuité. Est-ce que c'est plus simple au moment d'aborder les objectifs en Ligue des Champions et en championnat ?
« Ce n'est pas plus simple mais c'est important d'être dans la continuité. Après, ca te donne une pression supplémentaire parce qu'il faut faire mieux que la saison dernière. Donc je pense que sur le terrain, on a eu les points qu'il fallait, on a fait une bonne saison. On n'a pas gagné de titres et ça c'est notre responsabilité. Il faut que nous, cette saison, fassions mieux que la saison dernière et pour moi, faire mieux, c'est déjà faire mieux en Ligue des Champions. Après pourquoi pas gagner des titres, même si on a des concurrences qui sont très fortes face à nous.»
Faire mieux, c'est sortir justement de cette phase de poules, il y a déjà la qualification, l'objectif est d'être dans les 12 ?
« C'est l'objectif. C'est de se qualifier, faire mieux que la saison dernière. Si on doit faire mieux que la saison dernière, c'est se qualifier. On veut se qualifier, donc déjà il ne faut pas penser à la phase de poules parce qu'on a deux matchs qui sont très importants. Et que ça commence demain ! Je trouve qu'on est prêts pour profiter de ces deux matchs là et après on verra.»
Un mot de la Coupe de la Ligue que vous avez évoqué, qu'en pensez-vous de ce changement de formule ?
« Ca reste quand même une compétition importante. Elle a commencé l'année dernière, et cette saison, c'est important d'avoir plus de compétitions pour ces joueuse-là, pour les mettre en lumière et jouer d'une façon claire pour aller gagner. Après, les ambitions de toutes les équipes sont les mêmes et je trouve que c'est une très bonne compétition. Et qu'on va prendre encore au sérieux, on va faire tout pour qu'on arrive aussi en finale.»
Ce sera une compétition qui permet aussi de voir pas seulement les gardiennes mais aussi les joueuses de champ…
« Ca dépend de l'adversaire que tu vas que tu vas affronter, tu peux changer ton équipe, tu peux avoir plus de possibilités de donner du temps de jeu pour les plus jeunes. Parce que c'est là que les plus jeunes ont eu du temps de jeu. Mais tout ça, ça va se préciser dans le temps, on va prendre la meilleure décision pour l'équipe.»