Une fois n'est pas coutume, Luis Enrique était en conférence de presse dimanche avant le 16e de finale de Coupe de France du PSG face au Paris FC ce lundi soir (21h10). L'Espagnol a encensé Gonçalo Ramos et mis en garde contre les fake news qui pullulent autour du club en ce moment selon lui. Voici ses propos complets, retranscrits par nos soins.
« Vous disiez jeudi que Gonçalo Ramos était toujours prêt. Justement, au quotidien, comment vous arrivez à le garder aussi concerné et motivé, malgré son faible temps de jeu ?
« Bien sûr que Gonçalo Ramos mérite de jouer plus de minutes, je le sais »
« Bonjour à tous. Je pense qu'à la fin, quand tu signes un contrat avec un grand club comme le Paris Saint-Germain, tu ne sais pas combien de minutes tu vas jouer. Et quand tu signes le contrat, il faut savoir que ta responsabilité, c'est d'être prêt pour aider ton équipe et pour représenter le club. C'est ce que fait Gonçalo Ramos, c'est ce que font beaucoup de joueurs dans l'équipe. Il est un vrai exemple de ce que doit être un joueur professionnel. Il est tout le temps prêt. Cela n'a pas d'importance qu'il soit énervé ou agacé. Je sais bien sûr qu'il veut jouer beaucoup plus de minutes, mais il montre clairement ce qu'est un joueur du PSG. Je suis très content pour lui. Bien sûr qu'il mérite de jouer plus de minutes, je le sais. Mais je dois dire que je suis très heureux d'avoir un joueur comme Gonçalo Ramos. Il est le joueur qui a marqué le plus de buts cette saison (10, ndlr). Son nombre de buts est incroyable cette saison et les saisons d'avant également. »
Vous avez plusieurs joueurs qui sont en négociation pour prolonger en ce moment. C'est toujours le cas, ce n'est pas spécifique en ce moment. Mais est-ce que vous avez l'impression que cela peut parasiter un petit peu la cohésion du groupe ? Ou est-ce que ce sont des affaires privées et il n'y a pas d'incidence sur le collectif ?
« Il y a beaucoup de gens à l'extérieur qui cherchent à déstabiliser notre club avec ce type de fake news »
« Ce sont des rumeurs... Ce sont des rumeurs, il y en a tout le temps autour du PSG. On est habitué à ça. Je pense que c'est privé, très privé. Il y a beaucoup de fake news, il y en a tout le temps autour du PSG. On peut considérer que c'est important de déstabiliser le club, les joueurs, l'équipe. Mais rien de tout ça ne va arriver. C'est normal d'avoir des négociations. C'est normal d'avoir des moments plus ou moins importants pour nous. Mais cela reste privé. Nous savons ce que nous voulons, c'est la chose plus importante. Et en ce sens-là, on est calme, on est tranquille, comme d'habitude. Il n'y a rien. Normalement, tu dois gérer les problèmes sur le terrain, sur la pelouse, mais en ce moment, il y a beaucoup de gens à l'extérieur qui cherchent à déstabiliser notre club avec ce type de fake news. Mais cela n'a rien à voir avec la réalité. »
Au-delà de la pelouse, il y a aussi le simple fait d'avoir des négociations. Ça peut être compliqué pour eux de se motiver s'ils sont en discussion, non ?
« Ça restait privé, ça reste privé et ça restera privé. »
Le coach du PFC a dit que c'était une forme d'avantage de rejouer aussi rapidement contre le PSG parce qu'ils vous ont affrontés il y a une semaine. Est-ce que pour vous, c'est un désavantage entre guillemets ? Est-ce que vous vous attendez à un match encore plus compliqué vu que la Coupe de France est une compétition différente, un peu particulière ?
« C'est plus positif de jouer tous les 4 jours que tous les 10 jours »
« Je pense que c'est plus positif de jouer tous les 4 jours que de jouer tous les 10 jours. Je pense qu'en ce sens-là, on a un avantage. Mais en même temps, le problème, c'est les voyages. Les voyages, c'est ça qui est très fatigant. Il y avait seulement deux heures de différence horaire (avec le Koweït, où le PSG a joué le Trophée des champions jeudi dernier, ndlr). Mais le problème, ce sont les 5, 6 heures de voyage. On est habitué. Ce n'est pas une excuse. On reste concentré sur cette compétition. On aime la Coupe de France. C'est une compétition différente. On reste concentré sur ce match en sachant que c'est un match différent, particulier, parce que tu peux continuer la compétition comme la finir (en cas de défaite, ndlr) et on veut la continuer, bien sûr. »
Sans rentrer dans ces rumeurs ou ces fake news, est-ce qu'aujourd'hui, le PSG doit conserver à tout prix un Ousmane Dembélé, qui a reçu le Ballon d'Or l'année dernière ?
(Luis Enrique reste muet pendant une dizaine de secondes, sourit, puis répond)
« C'est une question pour la direction sportive. Quand tu pourras parler avec Luis Campos, tu pourras lui poser la question. »
Depuis votre arrivée au PSG, il y a eu beaucoup de titres, beaucoup de victoires, beaucoup de succès. Est-ce que vous pourriez accepter un contrat à long terme avec le Paris Saint-Germain pour votre avenir ?
(Luis Enrique ferme les yeux et commence à ronfler, le journaliste enchaîne)
C'est rare dans le football, un entraîneur à vie dans un club. Est-ce que Luis Enrique pourrait être le premier cas de l'histoire à être entraîneur du PSG à vie ?
(Luis Enrique éclate de rire puis répond)
« On continue. Si tu prends mes déclarations dans le passé, c'est très clair ce que j'ai dit et rien n'a changé. »
Est-ce que la performance de Lucas Chevalier face à Marseille vous a rassuré ? Et surtout, est-ce que c'est prévu qu'il joue demain ou on pourrait assister à la deuxième titularisation de Renato Marin en Coupe de France ?
« Demain (ce lundi, ndlr), on va voir quel est notre choix. Mais normalement, je ne change pas ce que je pense des joueurs après un, deux ou trois matches. Non. Cela ne marche comme ça. Normalement, il y a une évaluation très large, très intense de ce qu'un joueur fait bien ou moins bien. Et un seul match ne change rien à notre manière de penser. »
Est-ce que c'est le bon moment de monter en puissance sur la saison et surtout sur le plan individuel ?
« Je pense que c'est toujours important de profiter et de chercher à améliorer individuellement et collectivement. Dans ce moment particulier, parce que c'est un moment où tu dois gagner des matches comme demain pour continuer dans la compétition, et après il restera encore beaucoup de mois, mais c'est important de monter le niveau pour affronter les matches importants en Champions League et les matches importants en Ligue 1. En ce moment, en Ligue 1, il y a plus d'adversaires qui sont en train de faire une très bonne saison et c'est important de montrer notre qualité à chaque match. »
Cette saison, on a vu le PSG changer le cours du match souvent dans les derniers instants. C'est le cas face à Marseille, Barcelone, Tottenham en Supercoupe notamment, Nice. Qu'est-ce que ça dit de votre équipe et comment expliquez-vous cette force mentale pour renverser les matches ?
« Quand tu fais la même chose beaucoup de fois, ce n'est pas le fruit du hasard »
« Tu as parlé de cette saison, mais si tu analyses et juges les dernières saisons, on a surmonté beaucoup de matches l'année dernière aussi. Et cette année, c'est la même chose et je pense que bien sûr que tu dois avoir un peu de chance dans ces moments. Mais la mentalité qu'a cette équipe est différente. Quand tu fais la même chose beaucoup de fois, ce n'est pas le fruit du hasard. Je pense que c'est très positif. Mais bien sûr qu'il faut améliorer des choses pour être dans cette situation le moins possible. »
Je voulais vous interroger sur Achraf Hakimi, qui s'est qualifié avec le Maroc pour les demi-finales de la Coupe d'Afrique des Nations. Il a enchaîné un deuxième match complet vendredi soir. Est-ce que vous, à titre personnel, vous échangez avec lui pendant cette CAN et est-ce que concernant sa blessure à la cheville, vous avez été rassuré par le staff médical du Maroc sur le fait que maintenant qu'il revient et qu'il joue, tout va bien pour lui ?
« Il est bien, il a joué tous les derniers matches et il est en demi-finale comme « Ibé » (Mbaye). Ce sont de bonnes nouvelles et pour nous c'est important qu'il prenne... (il ne termine pas sa phrase). C'est une chose d'avoir récupéré d'une blessure et c'est une autre chose d'être en forme à 100%. Bien sûr qu'il n'est pas encore à 100%, mais pour nous c'est important qu'il ait des minutes de jeu, qu'il puisse jouer avec l'équipe nationale et qu'il soit dans les meilleures conditions quand il reviendra à Paris. »
Je réalise un reportage sur le club en Coupe de France. Là, la saison 2024-2025 vient de se terminer et tout le monde le sait, ça va être difficile de faire mieux. Comment vous, en tant que chef d'orchestre, vous faites pour que ce groupe garde toujours la faim de trophées ?
« Pour être honnête, c'est impossible. Améliorer (notre bilan), c'est impossible. On pourrait l'améliorer s'il y avait la Coupe du monde des clubs cette année. Mais cette compétition ne se joue que tous les quatre ans. En termes de motivation, on en a parlé avec les joueurs, avec l'équipe. Quelle est notre motivation ? Qu'est-ce que nous voulons pour les prochaines années ou pour cette saison ? Je pense que c'est très clair. Quand tu profites du chemin, de chaque entraînement et que tu ne penses pas aux trophées, parce que ça c'est le dernier pas, je pense que c'est la clé. Je pense que la clé, c'est de rester concentré sur le présent, rester concentré sur les choses que nous faisons bien et sur les choses que nous pouvons améliorer. C'est un groupe de joueurs différents, c'est un groupe spécial, et je suis très content d'avoir ce type de joueurs. On reste concentré sur le chemin. »