La saison 2025/2026 du PSG s’est achevée il y a pratiquement deux mois avec le sacre des Rouge et Bleu contre Arsenal en finale de la Ligue des Champions, au bout du suspense. Alors que la reprise de la saison 2026/2027 aura lieu ce lundi, CulturePSG revient sur près de dix mois de compétitions officielles des champions d’Europe 2025 et 2026, au travers de l’analyse des performances individuelles, joueur par joueur parisien. Aujourd’hui : focus sur les tauliers de la saison.
Méthodologie : cet article est basé sur les notations (/10) attribuées par CulturePSG après chacun des 56 matchs officiels disputés depuis la mi-août. Est noté par le site tout joueur qui participe à au moins 45 minutes du match en question. Ne sont donc pas englobées dans cette analyse, ou marginalement, les participations des joueurs correspondant à un temps de jeu inférieur à cette durée, soit les titulaires sortis en cours de première période et les remplaçants qui entrent en jeu en cours de seconde période, sauf à ce que le match ait été jusqu’en prolongations.
Les deux premiers épisodes :
Les tauliers de la saison passée
Zaïre-Emery (note moyenne : 5.78/10, 50 notations) : Il est presque étrange de retrouver le titi parisien à la huitième place, « seulement », du classement des notes moyennes sur l’ensemble de la saison, tant son nom revient fréquemment sur le podium des suiveurs des rouge et bleu au moment de faire le bilan de la saison. Et c’est fort logique : quelque peu dans le dur en 2024/25 après une première année synonyme d’explosion sous les ordres de Luis Enrique, le natif de Montreuil, qui a fêté ses vingt ans en mars, a crevé l’écran sur la saison écoulée. Fréquemment utilisé comme un titulaire par son coach dès le mois d’août, il a alterné entre son habituel rôle de relayeur et celui d’arrière droit quand Hakimi soufflait ou était blessé.

Titulaire à absolument tous les matchs du 22 septembre 2025 à Marseille au 22 avril 2026 face à Nantes, soit sept mois sans jamais s’asseoir sur le banc au coup d’envoi (!), il cumule le record de notations de la saison avec celui du volume de minutes jouées. Endurant, dur au duel, en progrès techniquement, archi-polyvalent puisqu’il a évolué à six postes au total, et très fiable quand il a fallu remplacer Hakimi en tant qu’arrière droit pendant de longues semaines à l’hiver puis au printemps, il a totalement repris le fil de sa progression. Sa cruelle non-titularisation pour l’épilogue de la saison contre Arsenal a dû lui rester en travers de la gorge, mais les mots du coach à son égard après-match ont très bien traduit le sentiment général à son égard : on t’aime, Warren.
Kvaratskhelia (5.82, 34 not.) : Dans le même esprit, le fait que « Kvara » soit un candidat possible au Ballon d’Or 2026 alors qu’il n’obtient « que » la septième place au classement des notes moyennes constitue une forme de paradoxe. Là où Zaïre-Emery a probablement un peu payé la répétition des matchs pour aller chercher un meilleur classement, l’explication est plus simple concernant le Géorgien : sa seconde moitié de saison (6.00/10 tout rond à partir de janvier), et particulièrement lors des matchs de C1, fut largement meilleure que la première (5.57 de moyenne avant Noël).

Déjà, avant la trêve hivernale, l’ancien du Napoli avait semblé choisir ses matchs, étant souvent brillant en milieu de semaine sur les pelouses européennes, et plus quelconque voire parfois agaçant le week-end dans les stades de Ligue 1. Son coach ne s’y est pas trompé et l’a piqué à plusieurs reprises en le laissant hors du onze de départ, en particulier en deux occasions en Ligue des Champions. La première fois au Sporting en phase de ligue en janvier, son entrée tardive et son but magique n’ont pu empêcher la défaite (1-2) des siens.
Mais contre Chelsea au Parc en mars, avec un doublé et une passe décisive en une petite demi-heure (victoire 5-2 longue à se dessiner), il a bien fait comprendre à tout le monde que ne pas débuter ce type de matchs ne lui convenait pas du tout. C’est sur la double-confrontation contre les Londoniens que sa saison a commencé à tutoyer les sommets, si bien qu’il fut le facteur X du PSG à partir de mars. Virevoltant, cauchemardesque balle au pied pour son vis-à-vis, dur au mal, buteur à de nombreuses reprises de l’extérieur de la surface, le Géorgien a régalé, et a surtout porté les siens à de nombreuses reprises, spécialement les mardis et les mercredis.

Ruiz (5.83, 24 not.) : L’Espagnol aurait très bien pu figurer dans le groupe des « simples » satisfactions de la saison rouge au bleu à l’heure d’effectuer ce bilan, la faute notamment à près de quatre mois sans jouer en début d’année 2026 et de facto à un total de notations relativement faible, mais celles-ci ayant été la plupart du temps de qualité, il convient de rendre hommage à l’autre ancien Napolitain de l’effectif.

Comme d’autres souvent soyeux en Ligue des Champions (contre l’Atalanta, à Barcelone ou encore contre Tottenham en phase de ligue) et plus quelconque, quoique précieux, en Ligue 1, sa première moitié de saison était satisfaisante, mais sa blessure au genou contractée sur la pelouse du Sporting fin-janvier l’a stoppé en plein élan. Long à revenir, il a quand même pu monter en puissance et revenir comme titulaire au meilleur moment, quand Hakimi s’est blessé en fin de demi-finale aller contre le Bayern, pour réintégrer le onze de départ en C1 au retour et à nouveau contre Arsenal, et reprendre ses habits de relayeur fiable, intelligent et complémentaire de ses partenaires de la moitié gauche qu’on lui connaît.
Pacho (5.84, 43 not.) : Méconnu du grand public il y a encore exactement deux ans, l’Équatorien a crevé l’écran cette saison, et est sans conteste reconnu de tous comme le défenseur le plus performant du PSG 2025/2026. Gage de sa fiabilité : il a été de très loin l’élément défensif de l’effectif le plus utilisé par Luis Enrique (troisième temps de jeu de l’effectif au total, à presque mille minutes disputées de plus que le quatrième). Ses notations inférieures à 5/10 se comptent sur les doigts d’une main -à six doigts, mais on lui pardonne-, et il n’a jamais enchaîné deux matchs décevants ou ratés de suite, ce qui signifie qu’il n’a connu aucun creux dans la saison en dépit de son temps de jeu important, amplifié par les titularisations et les déplacements harassants effectués avec sa sélection.

Buteur par deux fois, contre Leverkusen et Tottenham qui plus est, des premières pour lui en rouge et bleu, on peut rajouter à ses statistiques ébouriffantes qu’il n’a été sanctionné que de deux cartons jaunes en près de 4 000 minutes jouées, et qu’il n’a jamais été expulsé. Fiable, très dominant, fort au duel sans jamais se mettre à la faute, ses performances ont crevé l’écran. Et notamment ses prestations majuscules à Liverpool en quart de finale retour, puis à Münich en demi-finale retour, cette dernière lui valant le titre honorifique d’homme du match attribué par l’UEFA. L’ancien de Francfort est intouchable à son poste de défenseur central gauche.
Dembélé (5.95, 22 not.) : Le Ballon d’Or 2025 a connu une saison longtemps frustrante, largement perturbée par les blessures alors qu’il avait été épargné par son corps lors de la cuvée précédente. D’août à fin-décembre, l’ancien du Stade Rennais n’a pris part qu’à 591 minutes (hors arrêts de jeu) sur 2 280 possibles, dont une bonne partie en reprise en août, ou parfois en méforme. 2026 lui a jusqu’ici bien mieux réussi, pour autant le staff a encore une fois largement géré sa charge de minutes. Une gestion payante, qui lui a permis d’être déterminant lors de l’emballage finale de l’épopée européenne parisienne, bien que parfois à la limite physiquement sur les fins de match.

Encore en rodage contre Chelsea en huitièmes, il a sérieusement passé la seconde à partir du match retour à Liverpool, au point d’inscrire six buts et de délivrer une passe décisive sur les quatre derniers matchs de la campagne victorieuse des siens, précisément quand c’était le plus difficile d’être décisif, et aussi quand ça comptait le plus. En seconde partie de saison, le natif de Vernon a repris le fil de son histoire de faux neuf et de vrai meneur de jeu avancé du PSG de Luis Enrique, faisant briller les autres régulièrement et inscrivant quelques buts superbes, dont son chef d’œuvre face à Lille en janvier d’un lob astucieux et plein de finesse technique. Avec un but toutes les 110 minutes et une passe décisive toutes les 200 minutes, « Ous » a eu un impact direct sur les résultats des siens, bien qu’il n’ait été crédité que du quinzième temps de jeu de l’effectif avec 2 200 minutes.
Safonov (5.96, 27 not.) : Le natif et ancien de Krasnodar avait vu le club lui mettre dans les pattes un nouveau concurrent à l’été 2025 en la personne de Lucas Chevalier. Les rumeurs de départ avaient alors affleuré, renforcées par l’arrivée de l’Ukrainien Ilya Zabarnyi, mais le portier russe avait témoigné de sa volonté de rester et de disputer la place de titulaire à l’ancien lillois. Des déclarations qui avaient fait sourire à l’époque, mais qui disent beaucoup de sa force mentale et de sa confiance en lui.

Safonov a su attendre son heure, et à force de contre-performances de Chevalier, Luis Enrique lui a donné sa chance et ses premières minutes de la saison contre Rennes début décembre. Si « Motya » a quitté le onze titulaire deux semaines plus tard, c’est uniquement en raison d’une blessure à la main, et son coach l’a réintronisé titulaire dès qu’il l’a pu pour la réception de Newcastle en janvier, alors qu’il n’était pas totalement remis. La suite : un haut niveau de régularité, des prestations magnifiées par un brin de réussite, et quelques performances de très haut niveau à Chelsea, à Liverpool et à Münich, pour trois clean sheets ou presque, Harry Kane le trompant à la toute fin de la double-confrontation contre le Bayern.
Dans sa légende, il convient également d’inscrire ses nouvelles réussites lors des séances de tirs au but, bien aidé par sa serviette magique notamment contre Flamengo lors de la finale de la Coupe Intercontinentale avec ses quatre penaltys arrêtés ! Le héros le plus inattendu de cette saison légendaire, c’est lui, mais il n’est ni le moins méritant, ni le moins sympathique.

Vitinha (6.07, 46 not.) : Le cerveau de la bande a encore eu un rôle archi-prépondérant dans la saison des siens, avec le deuxième temps de jeu de l’effectif, et 100% des minutes disputées en Ligue des Champions jusqu’à sa sortie à la mi-temps des prolongations contre Arsenal. Absolument brillant sur la première moitié du millésime 2025/26 avec une note moyenne de 6.36, il a un peu flanché sur janvier – mai en « tombant » à 5.79 sur cette période. Mais c’est peut-être justement quand le reste des cadres du PSG peinait à se remettre de la saison précédente et que le collectif parisien n’était pas encore huilé que la magie du Portugais a été la plus déterminante. A l’automne, sa capacité à rayonner quand les autres autour de lui courraient après leur meilleure forme a été salutaire. Entre autres, ses cinq buts inscrits lors de la phase de ligue, pour beaucoup depuis l’extérieur de la surface, ont été importants.

Régulier, jamais blessé, quoique (tardivement) géré par le staff entre légère blessure au talon fin-avril et volonté de le ménager pour l’avoir sur le terrain contre le Bayern, toujours aussi participatif à la relance et à la construction du jeu, ce nouveau millésime a encore une fois été un bonheur pour les fans du PSG, qui pour certains ne reconnaissent peut-être toujours par le milieu de terrain pas encore acclimaté au PSG de la saison 2022/23, certes au sein d’un collectif alors totalement inexistant. Alors qu’il a été noté 46 fois, l’ancien de Porto n’est descendu que deux fois sous la moyenne, c’est dire sa constance. Toutefois et bien qu’il ait rayonné contre Arsenal pour l’ultime match, la tendance de fin de saison fut moins positive et il est raisonnable de se demander si sa surutilisation par le staff n’a pas fini par nuire à sa capacité à surperformer.
Neves (6.39, 31 not.) : Il y a quelque chose d’un peu inattendu à retrouver le Portugais sur la première marche du classement des notes moyennes de la saison, le milieu de terrain de poche n’étant pas le joueur le plus médiatique du vestiaire, ni le plus décisif ou directement impactant sur les résultats des siens. Pourtant, à mieux y regarder, ça n’est pas volé. Avec 0.32pt de moyenne de plus que Vitinha, son compatriote et dauphin au classement, on peut parler d’un écart assez colossal, qui témoigne de son utilité jamais démentie et de sa progression linéaire depuis son arrivée à l’été 2024.

Bien que l’ancien du Benfica ait raté une quinzaine de matchs, entre blessures et gestion par le staff, il a régalé quand il a revêtu son maillot rouge et bleu, qu’il aime tant rentrer dans son short. Sa saison avait démarré sur les chapeaux de roue avec un triplé à Toulouse en août, dont deux bicyclettes (!), et le relayeur complet et incroyablement combattif n’a jamais connu de creux tout du long des dix mois de compétition. Absolument brillant dans les matchs qui comptent, notamment contre Marseille pour la meilleure prestation de la saison des siens en L1 contre l’OM (victoire 5-0), par deux fois contre Chelsea et Liverpool puis à Münich, il a réussi la performance d’être aussi magistral avec le ballon que sans, ses marquages individuels dans certains gros matchs de C1 étant unanimement salués par les observateurs. Cole Palmer, qui l’avait sur les côtes à chaque minute de la double-confrontation avec les Londoniens, doit encore faire des cauchemars en pensant au chipleader de la saison 2025/26 du PSG.
Le classement final des joueurs notés au moins six fois :
1. Neves (6.39/10)
2. Vitinha (6.07)
3. Safovov (5.96)
4. Dembélé (5.95)
5. Pacho (5.84)
6. Ruiz (5.83)
7. Kvaratskhelia (5.82)
8. Zaïre-Emery (5.78)
9. Beraldo (5.71)
10. Doué (5.70)
11. Mendes (5.69)
12. Hakimi (5.63)
13. Lee (5.53)
14. Hernández (5.50)
15. Marquinhos (5.48)
16. Chevalier et Zabarnyi (5.31)
18. Barcola (5.30)
19. Mayulu (5.17)
20. Mbaye (5.00)
21. D.Fernández (4.70)
22. Ramos (4.31)