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[Entretien] Anissa Lahmari : «Jouer, je n'ai que cette idée dans la tête !»

Publié le mardi 5 juin 2018 à 22:50 par Homer
Anissa Lahmari, joueuse du Paris Saint-Germain prêtée cette saison au PFC, s'est confiée à CulturePSG. La jeune milieu de terrain formée au PSG est revenue à notre micro sur ses seize derniers mois, marqués par deux prêts consécutifs. Un entretien réalisé il y a dix jours, soit quelques jours avant la fin du Championnat de France de D1 Féminine.


Avant d'évoquer cette saison qui se termine, j'aimerais revenir sur la précédente. Après avoir signé un contrat professionnel de trois saisons, tu as intégré l'équipe première du PSG. Cependant, tu auras très peu joué sous les ordres de Patrice Lair (11 matchs, seulement 2 titularisations, 3 buts inscrits TCC). Après une rencontre rocambolesque contre Guingamp à domicile (NDLR : Le PSG mène 3-0, puis est rejoint dans le dernier quart d’heure en 8min, à 3-3), les jeunes joueuses du groupe ont été la cible de l'entraîneur lors de son interview d'après-match, alors que la défense parisienne était pourtant clairement fautive. Les jours suivant ce match, tu es prêtée jusqu'à la fin de la saison à Reading, en D1 anglaise. Comment as-tu vécu cette période précédent le prêt ? Comment est arrivée la proposition de prêt de Reading ? Quelle a été la réaction du club à cette proposition ?

Pour parler de la saison précédente, comme vos statistiques l'expliquent, je n'ai pas beaucoup joué sous les ordres de Patrice Lair. Je dirais juste que ce sont les choix du coach. Concernant le match face à Guingamp, je pense que Patrice était frustré du résultat. Frustré parce que ces derniers matches étaient importants pour une qualification en Ligue des champions, qui n’a pas été atteinte. Tous ces éléments, mis bout à bout, m’ont amenée à étudier serieusement avec mon agent (NDLR : Pierre Ducrocq, ancien joueur PSG, lié à l'agence KEMARI) une offre de prêt à Reading.  

Tu as donc évolué 3 mois dans le club anglais de Reading, et tu es même devenue la première joueuse française à évoluer dans le championnat anglais. Comment s'est déroulée ton adaptation dans ce club ? Que retiens-tu de cette expérience à l'étranger ?

Sur la route de Reading, je parlais avec mon agent. Je lui disais avoir vraiment pris la décision de partir pour pouvoir jouer plus ! Me mettre en danger et progresser sur le plan sportif mais aussi mental ! Pas partir juste du PSG, mon club de cœur. Mais partir de Paris, de France, loin de ma famille et de mes amis. Et j'avais un peu le cafard. Mais à mon arrivée à Reading, le staff et les joueuses m’ont tout de suite superbement bien intégrée. Le foot est complètement différent de l’autre côté de la Manche : les échauffements, les matchs, tout est vraiment différent de la France. La façon de voir les choses n'est pas la même, d'un point de vue sportif mais aussi culturel.

Lors de mon premier match, dans un superbe stade, je ne savais pas que j'étais la première française à jouer dans le championnat anglais. Je vous laisse imaginer l’honneur que c'était pour moi. J'ai eu du mal à m'intégrer au début question football car le jeu anglais est plutôt physique, et je dirai que je préfère le jeu technique. De plus, mon anglais n'était pas très bon. J'ai eu la chance d'être accompagnée par un éducateur français qui travaillait à l'académie du club. Ils l'ont tout de suite intégré dans l'équipe première, afin qu'il me puisse me traduire la tactique, les exercices et toutes les consignes. Mon passage à Reading a été riche en émotions. Mais surtout, il m'a fait grandir. Et il m'a fait comprendre qu'il fallait travailler dur pour réussir sur tous les points, pas que sur le plan du football. Je remercie d'ailleurs le club, c'était vraiment cool. 

On te retrouve au Paris FC cette saison, toujours prêtée par le PSG. Qu’est-ce qui t’as poussé à demander un nouveau prêt ? Pensais-tu que tu n'obtiendrais pas de temps de jeu avec l'équipe première du PSG ?

La raison qui m'a donné envie de redemander un prêt au PSG est toute simple. Si le coach du PSG n'a pas forcément besoin de toi dans son effectif et qu'il te le fait sentir, du moins sur le onze du départ, pourquoi rester pour jouer 20 minutes par ci, 10 par là ? Non ! J'aime le PSG, mais j'aime encore plus le football et je voulais connaître la D1 féminine en disputant plusieurs matchs. Certes, on peut apprendre aux entraînements mais la vérité se trouve sur le terrain. C'est la raison pour laquelle j'ai demandé un nouveau prêt. De plus, j'ai la chance d'être toujours liée au club. Cela me permet de prendre de l'expérience ailleurs pour peut-être revenir et jouer sous les couleurs du PSG. 

Comment est arrivée la proposition du PFC ? Quel a été le critère le plus déterminant dans le choix de rejoindre ce club en prêt ? Est-ce qu'il y avait d'autres propositions ? En terme de temps de jeu, si le PFC a pour habitude de faire jouer les jeunes joueuses, ne pensais-tu pas que le club favoriserait les joueuses issues de sa formation, à tes dépends ? Avec 20 rencontres jouées dont 11 titularisations, penses-tu avoir obtenu le temps de jeu que tu espérais en rejoignant le PFC ?

Je ne saurai pas répondre à la dernière question. On en veut toujours plus ! Mais le PFC m'a fait confiance alors que je sors d'une saison quasi blanche. Me donner ce qu'ils m’ont donné est déjà très bien. À mon arrivée, Pascal Gouzenes (NLDR : entraîneur du PFC) m'a tout de suite dit : « Il faut que tu gagnes ta place ! ». Et j'aime ce genre d'entraîneur qui ne te promettent rien et qui veulent que tu lui prouves. Car il faut toujours prouver. Alors j'ai accepté le challenge. Je ne jouais pas beaucoup au début. Et petit à petit, j'ai enchaîné les matchs, j'ai commencé à devenir titulaire et j'ai tout fait pour garder cette place. Le coach me disait lorsque ça allait moins bien, et quand c'était mieux…  Quand tout allait bien, j'ai eu une bonne approche avec lui. C'est ce qui, selon moi, m'a aidé à me dévoiler et je profite de cet entretien pour le remercier.

Le PFC a effectué une saison très irrégulière, capable de tenir tête au PSG, Montpellier, mais aussi de perdre des points contre des équipes bien plus faibles. Le club va terminer 4e mais aura très vite été distancé par le trio de tête en championnat, avec un retard très important. Comment l'expliquer ? À titre personnel, que garderas-tu de ton expérience dans ce club ?

Notre deuxième partie de saison n'a pas forcément été bonne. Mais après la victoire à Albi le week-end dernier, nous sommes quatrièmes au classement et très contentes, car on parle beaucoup du fait que nous faisions des mauvais résultats face à des équipes moins fortes. 

Cette saison a aussi été compliquée par le projet de fusion entre Juvisy et le PFC. De nouveaux dirigeants, de nouvelles exigences, l'adaptation était compliquée. Et surtout, nous étions 23 joueuses en août. Aujourd'hui, nous sommes 14 à être aptes au jeu. Je pense que vous avez connaissance de toutes les blessures des joueuses-clé de l’équipe qui nous sont malheureusement tombées dessus cette année. Malgré cela, nous n’avons rien lâché. Pour sa dernière année avant la fusion, Juvisy avait signé la cinquième place. On aurait pu mieux faire, mais avec tous ces différents événements qui n’ont pas épargné le club, cette 4e place reste méritée.

De manière assez peu compréhensible, alors que tu effectuais pourtant de bonnes performances avec le PSG, tu n'as pas été retenue pour les compétitions internationales avec l'Équipe de France U19 et U20. Après un changement de sélectionneur chez les A, et une demi saison au PFC, tu es rappelée en EDF B. Quel a été ton sentiment ? Penses-tu pouvoir atteindre les A, comme tes anciennes coéquipières (Grace Geyoro, Perle Morroni, Hawa Cissokho, Ouleye Sarr) de la formation parisienne ?

Pour parler des sélections, je les ai toutes faites, depuis les U16. Malheureusement, je n'ai pas pu faire la Coupe du Monde U20. Ce sont les choix du sélectionneur. Avec plus de temps de jeu et de bonnes performances, tu es appelée ou pas. Être appelée en Équipe de France B cette année, c'était superbe pour moi. L'Équipe de France A, je pense qu’il s’agit de l'objectif de chaque joueuse. Faire une Coupe du Monde en France est bien sûr dans un coin de ma tête... À moi de tout faire pour taper dans l'œil de la sélectionneuse. Si tout se passe sur et en dehors du terrain, comme dit précédemment, je peux avoir une chance. Et forcément, lorsqu'on voit ses copines qui brillent au plus haut niveau, on est déjà très fières pour elles. L'envie de les rejoindre fait partie de mes objectifs.

Quels ont été tes contacts avec le PSG durant ce prêt ? Est-ce qu'une personne du club est restée en contact avec toi régulièrement ? Hormis lors des confrontations avec le PFC, est-ce qu’une personne du club s’est déplacée pour savoir comment cela se passait pour toi ? Estimes-tu que le club a suivi ton parcours durant cette année ?

Cette année, j'ai toujours mes copines à Paris. Donc je venais voir les matchs quand je pouvais. J’ai rencontré le staff et tous les gens qui ont travaillé pour le PSG depuis plusieurs années, et c'était toujours un plaisir de les revoir. Concernant les dirigeants du club, je laisse mon agent s'occuper de ça. Il connait bien Bruno Cheyrou et Bernard Mendy. Je me suis juste concentrée sur ma saison avec les filles du PFC. 

Enfin, tu es liée avec le PSG jusqu'en 2019. Le club a t-il déjà évoqué avec toi la suite de ta carrière ? Comment l'envisages-tu ? 

Pour ce qui est de l'année prochaine, il reste encore un match avec le PFC (NDLR : entretien effectué avant la dernière journée). Donc je vais me concentrer sur ça. Le reste, j'en parlerai avec mes proches et mon agent. Mon souhait, c'est de jouer ! Jouer, je n'ai que cette idée dans la tête, je n’ai que ce mot dans la bouche. Donc nous verrons.

Crédit Photo Footofeminin.fr



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