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Les latéraux vu par les stats, Alves n°1 de la saison passée

Publié le samedi 11 août 2018 à 16:31 par Thibaut Brossard
Thomas Tuchel a semble-t-il pointé à son arrivée la nécessité de renforcer l’équipe sur les postes d’arrières latéraux. Il est vrai que l’absence prolongée de Daniel Alves conjuguée aux performances 2017-2018 des latéraux restants doit beaucoup l’interroger, voire l’inquiéter. Nous vous proposons un retour en chiffres sur la saison de Ligue 1 de Daniel Alves, Thomas Meunier, Layvin Kurzawa et Yuri Berchiche.

Comme il n’y a pas vraiment de suspens pour désigner le meilleur latéral parisien de la saison écoulée, commençons une fois n’est pas coutume par la conclusion avec les évaluations produites par le site Whoscored. Les données statistiques mettent clairement Daniel Alves (rating de 7.45) loin devant ses trois compères qui ont quasiment le même rating (7.09 pour Meunier, 7.12 pour Kurzawa et 7.16 pour Berchiche).

La cohérence du coaching d’Unai Emery

Le graphique ci-dessous met en parallèle ce rating moyen avec les minutes totales disputées en championnat par chacun des latéraux. N’en déplaise à Thomas Meunier, on ne peut que constater la cohérence du coaching d’Unai Emery qui s’est parfaitement adapté aux performances des joueurs. En effet, à droite, le temps de jeu d’Alves est largement supérieur à celui de Meunier (+24%) tout comme ses prestations sur le terrain se sont nettement distinguées de celles du Belge (écart de rating de 0.36). Tandis qu’à gauche, les temps de jeu (7 minutes d’écart sur toute la saison !) et les performances sont extrêmement proches entre Kurzawa et Berchiche. 

Signalons au passage qu’il s’agit, pour Alves, de sa meilleure évaluation en championnat depuis 2010-2011 (7.66 avec Barcelone), tandis qu’à l’inverse, Kurzawa a disputé, selon les statistiques, sa plus mauvaise saison de Ligue 1.

Attardons-nous à présent sur les composantes de ce rating, en commençant par les données relatives à l’aspect offensif.

Meunier, serial buteur

L’arrière latéral qui a inscrit le plus de buts a pourtant la moins bonne évaluation globale.  C’est dire s’il a dû être défaillant dans les autres aspects du jeu… En tous les cas, Thomas Meunier a fait étalage de ses talents, indéniables, de buteur lors de la saison passée de Ligue 1 puisqu’il est l’auteur de 4 buts (son record de la saison 2012-2013 égalé), soit le meilleur total pour un défenseur du PSG. On se souviendra notamment de son doublé salvateur à Dijon en octobre (victoire 2-1 avec un 2ème but dans les arrêts de jeu).

Les défenseurs parisiens ont peu scoré la saison passée mais leurs buts ont le mérite d’avoir marqué les esprits. C’est également le cas de Kurzawa, auteur de 2 buts en Ligue 1 qui font tous deux partie des (nombreux) chefs d’œuvre de la saison écoulée : volée exceptionnelle sur corner fouetté de Neymar contre Toulouse, et reprise canon à Lyon sur un centre d’Alves. Ce dernier n’a quant à lui marqué qu’une seule fois en championnat, à Nice, pour un but décisif en fin de match sur un superbe service de Rabiot. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé puisqu’il a tenté 27 fois sa chance en championnat (dont 6 à Nantes) ! Ce ratio du nombre de tirs par but n’est pas favorable au Brésilien, surtout comparé à Meunier à qui il n’a fallu que 11 tirs (dont 5 cadrés) pour marquer 4 fois ! 

Alves roi de la passe

C’est néanmoins une des rares statistiques où Alves est distancé par ses coéquipiers. Car pour le reste, sa domination est totale. A commencer par les passes décisives où il s’est particulièrement distingué avec 7 assists, soit le 3ème meilleur total du club derrière Neymar (13) et Mbappé (8). Et aussi surprenant que cela puisse paraître, aucune de ses passes décisives n’a eu comme destinataire son grand copain Neymar, mais, au contraire, sept coéquipiers différents (Cavani, Mbappé, Draxler, Di Maria, Kurzawa, Lo Celso et Nkunku). Meunier et Berchiche ont quant à eu réalisé 4 passes décisives, Kurzawa une seule.

Au-delà des passes décisives, les données relatives à la passe nous montrent toute l’implication du défenseur brésilien dans le jeu parisien, avec des statistiques atypiques pour un latéral qui témoignent de son rôle si particulier. Là où les autres latéraux de l’équipe culminent à 41 passes réussies par match en moyenne, Alves en réussit 63 (5ème total de l’équipe). Son nombre de ballons joués (97 par match) le rapproche plutôt des milieux de terrain (entre les 78 de Rabiot et les 108 de Verratti) et se situe très au-dessus des autres latéraux (64 en moyenne pour les trois autres). 

Dans le détail, cela donne 12 matches (sur 23 comme titulaire) avec au moins 100 ballons joués pour Dani Alves. Une marque dépassée une fois par Meunier, mais jamais atteinte par Kurzawa et Berchiche.

Alves a tout compris

Et non seulement Dani Alves participe beaucoup à la construction du jeu parisien mais il le bonifie en apportant ce qui fait souvent défaut au milieu du PSG : c’est-à-dire des passes qui font mal à l’adversaire (1.9 passes clés en moyenne par match) et du jeu long là où le style parisien s’entête souvent dans des répétitions de passes courtes. Il est, après Verratti, le joueur de l’équipe qui effectue le plus de passes longues (6.2 par match) et fait à ce titre figure d’ovni pour ses collègues latéraux : Alves a par exemple tenté en un seul match (contre Nice) plus de passes longues que Kurzawa sur toute la saison (18 contre 16). En regardant ses statistiques en carrière, on constate que le jeu long a toujours été une caractéristique de son jeu mais jamais dans de telles proportions. Comme si, grâce à son intelligence et son expérience, il avait compris que cette variété manquait au jeu parisien et qu’il pouvait et devait combler cette lacune.

Impossible de terminer ce tour d’horizon des statistiques offensives sans s’intéresser aux données relatives aux centres où, là encore, le vieux briscard brésilien fait mieux que ses confrères de la défense. Avec un taux de 31 % de centres réussis, il est d’ailleurs le meilleur centreur de tout l’équipe la saison passée en championnat et se distingue assez nettement des autres latéraux. On signalera au passage les 6 centres réussis sur l’intégralité de la saison par Kurzawa qui a terminé 15 de ses 20 matches disputés sans le moindre succès dans cet exercice. Si Thomas Tuchel compte jouer avec des latéraux très offensifs cette saison, il sait ce qu’il lui reste à travailler à l’entraînement…

Kurzawa meilleur défenseur ?

La domination d’Alves est moins flagrante dans les statistiques relatives aux interventions défensives. Si en matière de tacles (3.2 réussis par match, leader de cette catégorie statistique pour toute l’équipe), le rugueux brésilien montre l’exemple, pour le reste c’est plutôt Layvin Kurzawa qui se met en évidence. Le « Tupac de Fréjus » est même le n°1 du PSG en terme d’interceptions (1.75 par match).

Cette reconversion de Kurzawa en fort défenseur est évidemment à relativiser, notamment eu égard à son taux de tacles réussis (65 %, soit le taux le plus bas de l’ensemble des défenseurs parisiens) et au nombre de fautes commises. Il est en effet le joueur de l’effectif le plus sanctionné (après Diarra) en moyenne par rencontre (1.6 fautes par match, dont 5 à Marseille). Bizarrement, il bénéficie quand même de l’indulgence des arbitres car il est l’arrière latéral parisien qui a reçu le moins de cartons jaunes sur la saison (1 seul). A l’inverse, le pauvre Yuri Berchiche, qui présente la particularité étonnante d’avoir plus subi de fautes (28) que d’en avoir commises (18), a été néanmoins sanctionné de 4 cartons jaunes : 22 % de ses fautes ont débouché sur un avertissement, contre seulement 3 % pour Kurzawa ! Le leader incontesté dans ce domaine des cartons reste néanmoins, comme souvent, Dani Alves avec pas moins de sept cartons jaunes et un rouge (à Lyon).  

Au global, l’ancien Barcelonais domine, statistiquement parlant, de la tête et des épaules les trois autres latéraux qui ont quant à eux réalisé eux au contraire une saison décevante (notamment Meunier et Kurzawa compte tenu de leur potentiel). S’il fallait une preuve de plus de l’incroyable mercato réussi par le PSG l’été dernier, ces statistiques relatives aux défenseurs latéraux viennent confirmer le choix des dirigeants parisiens d’être allé chercher le « vieux » Daniel Alves. En espérant que l’opération soit aussi fructueuse avec l’arrivée cet été de Gianluigi Buffon…

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