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Les meilleures progressions individuelles de 2017/2018, vues par les stats

Publié le mercredi 8 août 2018 à 14:03 par Thibaut Brossard
​Après avoir dressé le bilan collectif du PSG 2017/2018 à l’aide des données statistiques, nous allons désormais nous pencher sur les situations individuelles. Plutôt qu’un bilan personnalisé joueur par joueur qui pourrait s’avérer fastidieux, nous allons nous concentrer sur quelques cas individuels. Il va notamment être question de mesurer quels joueurs ont le plus progressé au cours la saison écoulée, tout du moins selon les chiffres.

Bien évidement, il n'est pas question d’apporter une réponse tranchée et définitive sur le thème, mais nous allons voir comment les statistiques nous permettent d’apporter des éclairages à ces interrogations.

La moitié des joueurs ont progressé entre 2016-2017 et 2017-2018

Le graphique ci-dessus présente l’évaluation moyenne faite par le site Whoscored (pour les matches de championnat) des joueurs ayant connu une progression entre 2016-2017 et 2017-2018 (de la plus forte progression relative à la moins forte). Nous reviendrons sur les joueurs considérés comme en régression dans un second article.

Nous avons bien conscience que cette « note », qui repose sur un algorithme propre à Whoscored, est loin d’être un indicateur optimal de la performance des joueurs. Nous avons cependant choisi de le retenir car, au-delà du fait que ce type d’évaluation est maintenant relayé lors des retransmissions télévisées des matches, cela constitue surtout un prétexte pour s’intéresser aux différents composants de cette note (frappes, dribbles, buts…) et à leur évolution. Par ailleurs, la méthode utilisée par Whoscored étant constante dans le temps, les comparaisons d’une année sur l’autre nous semblent avoir du sens afin d’essayer d’analyser l’évolution des performances des joueurs. 

Il est possible en premier lieu de constater que 10 des 20 joueurs soumis à l’analyse (il s’agit des joueurs de la saison 2017-2018 ayant disputé au moins 10 matches de championnat), ont connu une progression (au sens de l’évaluation statistique) entre les deux saisons.

Autre remarque générale avant de s’attaquer aux cas individuels : les quatre attaquants (Neymar, Cavani, Mbappé et Di Maria) sont considérés comme en progression alors que l’on ne retrouve que deux défenseurs (Alves et Berchiche) sur les sept de l’effectif. Ce constat confirme l’analyse faite dans un précédent article sur l’évolution du jeu parisien entre ces deux dernières saisons qui a connu une « production » offensive en hausse accompagnée d’une mise en danger plus importante du gardien parisien.    

Les joueurs ayant le plus progressé

Nous allons nous intéresser désormais aux situations individuelles qui ont connu la plus forte progression en essayant de comprendre ce qui explique les évolutions positives de ces joueurs. 

1. Neymar Jr

Aussi fou que cela puisse paraître tant son niveau de jeu barcelonais paraissait déjà impressionnant (il a d’ailleurs la meilleure note de départ avec 8.52 pour sa saison 2016-2017 en Liga), c’est le génial Brésilien qui enregistre la plus forte progression relative entre les deux saisons (+0.43 point, soit + 5%). La comparaison de son jeu entre ses années barcelonaises et parisienne faisant l’objet d’une étude spécifique publiée ultérieurement, nous ne nous attarderons pas ici sur son cas.

2. Edinson Cavani

Mis à part Neymar, c’est donc le goleador uruguayen qui enregistre la meilleure progression entre les saisons 2016-2017 et 2017-2018. Loin d’être pénalisé par l’arrivée combinée de ses nouveaux partenaires si complices, il connaît même, selon l’évaluation de Whoscored, sa meilleure saison sous les couleurs parisiennes. 

Le graphique ci-dessus, qui présente ses buts par saison en championnat et ses évaluations annuelles met d’ailleurs bien en évidence sa courbe de progression depuis son arrivée au PSG (lors de la saison 2013-2014). Après deux premières saisons correctes, mais inférieures à ses productions napolitaines, il démontre sur ses trois dernières saisons une progression impressionnante (son rating passe de 7.05 en 2014-2015 à 7.69 l’an passé, soit le même niveau que sa dernière saison italienne).

On remarquera également que son nombre de buts annuels suit globalement la même tendance que celle de sa note (logique pour un joueur qui vit par et pour le but). Ce n’est cependant pas le cas pour sa dernière saison où il a moins marqué qu’en 2016-2017 mais présente pourtant une meilleure évaluation. Nous allons essayer de comprendre pourquoi en marquant un peu de moins de buts que la précédente, Cavani a pourtant réussi sa « meilleure » saison sous les couleurs Rouge et Bleu. 

Cavani, où l’art de faire beaucoup avec peu

Les statistiques 2017-2018 de Cavani sont marquées par son efficacité clinique et sa propension à faire beaucoup avec peu. Parfois moqué pour ses nombreuses occasions manquées, il a réussi une dernière saison exceptionnelle dans sa faculté à faire fructifier le peu de ballons mis à sa disposition. Ses statistiques aux tirs sont pour cela incroyables : il a marqué un but tous les 3.8 tirs (28 buts en 105 tirs) et a cadré 53 % de ses tirs. Deux statistiques où il est en progression par rapport à 2016-2017 (un but tous 4.1 tirs et 46 % de tirs cadrés) alors même qu’il a pris cette saison plus de tirs de loin (20 % de ses tirs contre 12.5 % en 2016-2017).

Sa participation au jeu est quant à elle toujours aussi basse (15.9 passes en tout) mais là aussi, il fait preuve d’une grande efficacité puisque 7.5 % de ses passes sont des passes clés (c’est-à-dire qu’elles amènent un tir d’un partenaire). Ce ratio, pour lequel il se situe en 2ème position parmi les joueurs du PSG (derrière Mbappé) est lui aussi en progression par rapport à 2016-2017 (5 %). Il a globalement réalisé 38 passes clés (son record en carrière, 26 en 2016-2017) dont 4 contre Dijon (victoire 8-0). 

Toujours au rayon des passes, on notera également qu’il a délivré 2 passes décisives de plus que la saison précédente, soit 6, égalant ainsi son record 2010-2011 de Naples. Ces 6 assists ont d’ailleurs uniquement bénéficié à des joueurs sud-américains : 2 pour Neymar et Di Maria, 1 Pastore et 1 Lo Celso.

Le même type de constat, c’est-à-dire une rentabilité maximale avec peu de déchet, s’applique également aux dribbles où, sans doute inspiré par les arrivées de Neymar et Mbappé, il s’est un peu plus risqué à ce jeu que la saison précédente (0.8 par match contre 0.4) et avec une meilleure réussite (58 % vs 44 %). On reste cependant loin des chiffres de ses partenaires de l’attaque puisque puisqu’il n’a jamais tenté plus de 4 dribbles (à Marseille). Il a cependant provoqué plus de fautes que la saison passée (0.6 contre 0.3).

Enfin, on relèvera que son activité défensive ne se dément pas d’une année sur l’autre et est même en progression dans certaines catégories (0.7 dégagements contre 0.4 la saison précédente).

En conclusion, la progression statistique de Cavani entre ces deux dernières saisons ne provient pas de son nombre de buts (en légère baisse de 1 à 0.9 par match en moyenne) mais de son efficacité offensive encore accrue que ce soit dans les tirs (son domaine de prédilection), ou les passes et les dribbles (secteurs où il produit moins de volume mais avec une grande rentabilité).  

Meilleures progressions individuelles : Lo Celso (3ème) et Mbappé (4ème)

Nous continuons notre analyse des performances individuelles des joueurs du PSG lors de la dernière saison en les comparant à la saison précédente par le biais des statistiques. Après avoir constaté que les deux meilleurs buteurs Neymar et Cavani avaient enregistré les meilleures progressions, intéressons maintenant aux 3ème et 4ème de ce classement à savoir Giovani Lo Celso et Kylian Mbappé.

3. Giovani Lo Celso

Ce n’est pas une surprise de retrouver le jeune milieu argentin dans ce classement des meilleures progressions tant la saison passée fut celle de la révélation pour le talentueux milieu gaucher. 

Alors qu’il n’avait disputé que quatre rencontres lors de la saison 2016-2017 (pour une seule titularisation), il s’est affirmé en 2017-2018 comme l’un des piliers de l’équipe : avec 33 matches disputés en championnat, il est même, avec Rabiot, celui qui en a joué le plus. L’écart par rapport à sa première saison au club est colossal.

Logiquement, cette présence plus importante sur le terrain lui a permis de montrer beaucoup de choses (et vice-versa) et donc d’obtenir une évaluation sans commune mesure par rapport à 2016-2017 : il est passé, selon le site Whoscored, d’une note moyenne de 6.76 à 7.06. 

Le graphique ci-dessus témoigne de la montée en puissance du jeune Argentin. Le détail mois par mois met bien en évidence le temps de jeu qu’il gagne match après match (il passe de 16 à 87 minutes jouées en moyenne entre septembre et janvier). On constate également que, globalement, ses performances suivent la même courbe que ses minutes disputées (son évaluation passe sur la même période de 6.33 à 7,52, en augmentant aussi tous les mois), le joueur rendant bien à Emery la confiance témoignée. Le graphique met également en évidence le trou d’air qu’il a connu en février-mars où il a eu du mal à se remettre de son match raté à Madrid, avant de se reprendre en avril afin d’accrocher une place dans les 23 Argentins pour la coupe du monde. 

Cette parfaite intégration témoigne à la fois de sa bonne adaptation au jeu si particulier de l’équipe en ne jurant pas au niveau technique (90.3 % de passes réussies) mais également de sa capacité à apporter des éléments qui font parfois défaut au milieu parisien, à savoir :

  • Des frappes, notamment de loin : avec 37 tirs, il est le joueur, parmi les non attaquants, à avoir le plus frappé au but, dont 76 % d’en-dehors de la surface (ratio le plus élevé de l’équipe)
  • De l’efficacité devant le but : pour sa première vraie saison pleine, il a des stats de buts (4, dont 2 dans le match du titre contre Monaco en avril) et de passes décisives (3) à faire pâlir d’envie Marco Verratti (jamais auteur de plus de 3 buts sur une saison de championnat)
  • De l’agressivité : avec 2.3 tacles réussis par match, il est second de l’équipe (derrière Alves) dans ce secteur où il apporte toute sa « grinta »
  • Du jeu long : près de 7 % de ses passes sont des passes longues et avec 86.1 % de réussite dans cet exercice, il est 2ème de l’équipe (derrière Diarra)

Pas utilisé durant la Coupe du Monde, la saison qui arrive s’annonce capitale pour l’ancien de Rosario. Après avoir convaincu Unai Emery de lui confier un rôle majeur dans l’équipe, un nouveau challenge s’offre à lui avec l’exigeant Thomas Tuchel. 

4. Kylian Mbappé

Pourtant déjà auteur d’une saison 2016-2017 fracassante à Monaco avec un titre de champion de France à la clé, Kylian Mbappé a encore fait mieux en 2017-2018 avec le PSG où il est considéré comme le 4ème joueur ayant le plus progressé d’une année sur l’autre. Son évaluation moyenne est en effet passée de 7.22 à 7.54 (ce qui fait de lui, à 19 ans, le 5ème meilleur joueur de la saison écoulée de Ligue 1 selon le classement du site Whoscored). 

Là encore, un graphique vaut mieux que de longs discours :

Avec un nombre de matches de championnat légèrement inférieur (de 29 à 27), le prodige français a quasiment inscrit le même nombre de buts (13 vs 15) et distribué le même nombre de passes décisives (8).

En revanche, dans la quasi-totalité des autres catégories statistiques, il est en augmentation, ce qui explique que son évaluation moyenne progresse autant (+0.32 en moyenne). Il a en effet plus frappé aux buts (77 vs 53), notamment de loin (9 contre 2 avec Monaco) et réussi plus de passes clés (52 vs 31) dont 6 à Rennes. Cette victoire 4-1 en décembre en Bretagne restera d’ailleurs comme son match le plus abouti puisqu’il a marqué une fois, distribué deux passes décisives (pour Neymar), cadré 3 frappes sur 4 et réussi 4 dribbles !

Son nombre de dribbles réussis est d’ailleurs lui aussi en hausse sensible (de 32 à 79) avec un record à 7 contre Caen toujours en décembre. L’ouest de la France lui réussit globalement bien puisqu’il a également inscrit deux doublés contre Angers. 

Alors qu’il est parfois critiqué pour son manque d’implication collective et défensive, les stats 2017-2018 viennent contredire cette assertion : il a réussi 20.5 passes en moyenne par match au PSG contre seulement 8.5 avec Monaco et semble même avoir davantage défendu que la saison précédente comme le montre son nombre de tacles qui passe de 14 à 24. 

Tout n’est pas parfait dans le jeu du golden boy français, mais les chiffres tendent à prouver qu’il ne cesse de progresser. Et ce ne sont pas ses performances en coupe du monde (où Whoscored le crédite au passage de la note de 7.75) qui nous feront mentir…

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