Anfield, match piège, Ruiz, etc, la conf' complète de Luis Enrique avant Liverpool/PSG
Publié le mardi 14 avril 2026 à 9:58
par Jean Chemarin
C'est un Luis Enrique assez détendu mais bien conscient des difficultés qui attendent son équipe qui s'est présenté lundi en conférence de presse avant Liverpool/PSG. L'Espagnol s'attend à un match piège à Anfield, mais est persuadé que son équipe est prête à tenir son rang et il l'a préparée pour aller chercher la victoire. Voici ses propos en intégralité traduits et retranscrits par nos soins.
« Quand on a gagné 2-0 le match aller, qu'on a montré qu'on était supérieur à son adversaire, est-ce qu'il y a des erreurs à ne pas commettre ?
« C'était le premier match et il faut jouer le deuxième. C'est très clair pour nous qu'il y aura de la difficulté dans ce match. Quand tu joues dans cette compétition, à l'extérieur, contre une équipe du niveau de Liverpool, qui a deux buts de retard, tu sais que ce sera difficile. C'est clair pour nous et on sait clairement qu'il y aura des moment de difficultés. »
Est-ce que vous pensez que les 15/20 premières minutes vont vraiment peser dans le match, avec peut-être la volonté de Liverpool d'emmener son public avec lui ? Est-ce que vous pensez que ça aura un impact majeur et qu'il faut insister sur ça auprès des joueurs ?
« Normalement, les débuts de match sont très importants, mais dans le football actuel, les résultats changent en 5 minutes. Et tu peux voir différents matches dans lesquels le score change en 5 minutes. Tu peux marquer des buts comme en concéder. C'est important de débuter le match de la bonne manière, mais je ne pense pas que ce soit la clé. »
Vous avez une longue expérience de joueur et de coach. Je n'ai pas dit que vous étiez vieux, j'ai dit que vous aviez une grande expérience. Est-ce que c'est plus facile d'être chasseur ou d'être chassé dans ce type de match ? Vous avez gagné 2-0, vous avez fait forte impression. Mais pour quelle équipe ça va être le plus facile entre guillemets ?
« J'ai entendu, mais je n'ai rien écouté. Vous pouvez parler plus fort ? Ou peut-être que le micro ne marche pas... »
Je disais que vous aviez une longue expérience...
« Plus fort, s'il vous plaît. Je ne t'entends pas. Et je suis très jeune (rires dans la salle). Plus ou moins. »
J'ai parlé d'expérience, pas d'âge. Vous avez une longue expérience de joueur et de coach. Est-ce que c'est plus facile ? Vous avez gagné 2-0 au match aller. Mais pour quelle équipe ça va être le plus facile mentalement ? Est-ce que c'est plus facile d'être le chasseur qui doit remonter un score ? Ou est-ce que c'est mieux d'être l'équipe qui doit gérer ou maintenir un avantage ?
« Pour moi, c'est un match piège »
« C'est là toute la difficulté de ce match. Parce que pour moi, c'est un match piège. Tu as gagné le premier match, tout le monde dit que tu as été très supérieur et c'est peut-être vrai, c'est sûrement ce qu'il s'est passé. Mais le football et les matches changent très vite. Et il faut être attentif, il faut être prêt, parce que tu peux concéder un but en première mi-temps et le match est encore ouvert. Ce que je pense, c'est qu'il faut chercher à préparer le match de la même manière que d'habitude, parce que c'est notre mentalité de chercher à gagner chaque match. Et quand tu penses, non à défendre, mais à gagner le match, à attaquer, à marquer des buts pour surmonter cet éliminatoire, c'est pour moi la clé. Et ce que j'ai cherché à faire passer comme message à mon équipe, c'est qu'on allait avoir des difficultés. »
Pour revenir sur l'ambiance, je pense qu'on se souvient tous ici, peut-être vous le premier, de ce moment compliqué à Villa Park la saison dernière en Coupe d'Europe, où le stade avait énormément poussé. Est-ce que l'ambiance, c'est quelque chose que vous craignez demain dans ce stade, même si vous avez réussi à surmonter déjà tout cela l'année dernière ?
« On connaît la difficulté de jouer dans un stade de ce niveau, mais c'est aussi une motivation pour nous »
« C'est clair que quand tu joues à domicile avec tes supporters, c'est plus facile et plus agréable. Et quand il y a la connexion entre l'équipe et les supporters, c'est beaucoup mieux et tu es plus fort. Et c'est ça que nous ne voulons pas voir avec Liverpool et Anfield. On connaît la connexion (entre leur équipe et leur public), on connaît la difficulté de jouer dans un stade de ce niveau, mais c'est aussi une motivation pour nous. On va chercher à jouer notre match, à surmonter leur pression et chercher à gagner le match, c'est notre objectif. Et je me répète, c'est un match piège parce que les personnes autour de l'équipe peuvent penser qu'il y a une différence (de niveau) entre les deux équipes, mais vous allez voir demain que ce sera un match très serré. »
Est-ce que vous confirmez que Fabian Ruiz a bien une fissure de la rotule ? Et est-ce que c'est le diagnostic qui existe depuis le début ?
« Le diagnostic ? »
Oui, le diagnostic sur Fabian Ruiz. Vous aviez dit que c'était une contusion, mais là, les médias disent que c'est une fissure de la rotule. Est-ce que vous confirmez ça ?
« Fabian Ruiz est en train de s'entraîner avec l'équipe et c'est une très bonne nouvelle pour nous »
« Il faut voir ce que disent les docteurs parce que les journalistes ne savent rien de l'infirmerie et moi je ne suis pas docteur. Normalement, l'information médicale appartient aux personnes, aux joueurs dans ce cas. Et ce qui est important, c'est de respecter la santé de chaque personne. Et la belle nouvelle, c'est que Fabian est en train de récupérer. Il est en train de s'entraîner avec l'équipe et c'est une très bonne nouvelle pour nous. »
Beaucoup de personnes parlent de la qualité de votre jeu de l'an passé. Est-ce que vous estimez qu'en raison de vos péripéties vécues en début de saison, le fait d'avoir gagné a rendu votre équipe plus forte aujourd'hui ? Peut-être psychologiquement ou à travers le football, mais est-ce que vous la sentez plus forte ?
« On a la même mentalité que l'année dernière »
« C'est très difficile de juger ça et d'analyser si mon équipe est plus forte ou moins forte. Ça ne m'intéresse pas de toute façon. Ce qui m'importe, c'est qu'on a montré notre capacité à surmonter des difficultés. Et ça ne garantit pas que tu vas surmonter la prochaine difficulté, mais tu es plus prêt à montrer ton niveau. Je pense que c'est une qualité très claire que nous avons, à savoir chercher à préparer les matches de la même manière, sans analyser si on a gagné ou on a perdu. On a la même mentalité que l'année dernière, quand nous devions gagner parce qu'on avait perdu à l'aller. Là, on a gagné le premier match et on va chercher à gagner le deuxième. C'est la clé pour nous. »
Pour parler de Bradley Barcola, qui est dans le groupe, est-ce qu'il est prêt à jouer une rencontre complète ou est-ce que c'est un retour crescendo ? Comment ça va se passer pour lui ?
« Il faut voir la séance d'entraînement. Mais chaque fois qu'il y a un joueur qui est de retour, c'est une très bonne nouvelle. Dans ce cas-là, Bradley a été absent entre trois ou quatre semaines. Il a fait trois semaines de récupération. Après, il faut voir comment il se sent aujourd'hui. C'est important pour nous de récupérer les joueurs. En ce moment, il reste seulement Fabian (Ruiz) et Quentin (Ndjantou), c'est tout. »
Place maintenant à une question en anglais. Luis Enrique répond en anglais.
Avant le premier match, vous aviez dit que vous vouliez avoir le ballon et vous avez eu plus de 70% de possession. Cette fois-ci, Arne Slot a dit clairement qu'il voulait avoir le ballon. Comment allez-vous vous opposer à cela parce que vous voulez probablement encore gagner le match ?
« Nous aimons avoir la possession du ballon, mais nous pouvons aussi attaquer les espaces »
« Je ne sais pas. Cela va être difficile. Si vous analysez les matches que nous avons joués l'année dernière contre eux, le premier match était similaire, pas dans le résultat, mais dans les conditions et les situations durant le match. Plus ou moins. Et le deuxième match était si différent. C'est difficile d'avoir le contrôle quand ils pressent tout le temps. Ils ont besoin de marquer des buts, cela veut dire qu'ils doivent prendre des risques. Il va y avoir beaucoup d'espaces. C'est un match différent. Nous pouvons gérer le ballon. Nous aimons gérer le ballon. Nous aimons avoir la possession du ballon, mais nous pouvons aussi attaquer les espaces. Nous aimons attaquer en contre-attaquant aussi. Nous essayons d'être une équipe redoutable dans les deux sens. Je pense que c'est une des meilleures choses que nous avons. »
Retour d'une questions en français. Luis Enrique répond en français.
Vous avez insisté sur l'idée d'un match piège. C'est vrai qu'au match aller, Paris a dominé, a impressionné. On s'est même dit que ça aurait pu terminer en 3-0, 4-0 ou 5-0. Mais il n'y a que 2-0. Est-ce que vous, en termes de coaching et de management, ça peut être un avantage pour motiver les joueurs ? Évidemment, ils sont motivés. C'est un quart de finale de Ligue des champions. Mais est-ce que vous pouvez jouer là-dessus pour les maintenir ? Ça reste des jeunes, entre guillemets.
« Je suis sûr qu'on va être prêts, mais je suis sûr qu'on va souffrir »
« En tant qu'entraîneur, ce que nous cherchons à faire, c'est toujours à faire la balance et à équilibrer ce que nous pensons, c'est important. C'est une avance très petite par rapport à ce que j'ai vu dans le premier match, mais il faut savoir être prêt pour surmonter chaque moment de difficulté, et il y aura plusieurs moments de difficulté. Ce sera clé. Et après ça, vous l'avez dit, tous les joueurs sont motivés. Normalement, chercher à trouver la motivation presque parfaite, c'est la clé. Et normalement, on a de l'expérience dans ce type de match. Je suis sûr qu'on va être prêts, mais je suis sûr qu'on va souffrir. »
La dernière question est posée par un journaliste de Liverpool, avec un fort accent local.
J'ai lu que quand vous avez fini votre carrière de joueur, vous êtes venu à Anfield regarder un match dans le Kop. Vous vous êtes mélangé avec les supporters. Pourquoi ?
« Je n'ai rien compris à votre question (en espagnol). Excusez-moi (en anglais). Je ne comprends pas votre accent (rires dans la salle). »
J'ai lu que quand vous avez arrêté votre carrière de joueur, vous êtes venu ici voir un match dans le Kop. Est-ce que c'est vrai ? Et est-ce que vous vous souvenez de quel match c'était et pourquoi vous vouliez venir à Anfield ?
« Oui c'est vrai. Belle question... Comment vous savez ça ? »
Vous l'avez dit dans une interview il y a plusieurs années.
« Ok. Je ne me souviens pas du match parce que ma tête ne fonctionne pas très bien en dehors du monde du football. Je ne me souviens pas du match, mais c'était très bien. Je voulais vivre le match comme un supporter, dans l'un des meilleurs stade du monde, Anfield. J'ai pris beaucoup de plaisir. Je me souviens que j'ai eu les tickets parce que Luis Garcia (ancien du Barça qui a évolué trois ans à Liverpool) jouait ici. Et il m'a donné les tickets pour moi et pour, je pense, 10 personnes de plus. Et c'était très bien, très spécial. C'était très différent de ce que j'ai vécu dans le passé comme joueur. Et oui, j'ai beaucoup apprécié. »