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Echouafni avant Soyaux/PSG : « J'aimerais déjà qu'on arrive à avoir plus de régularité »

Publié le vendredi 16 octobre 2020 à 15:05 par Bruno Hermant
Avant la rencontre opposant le PSG à Soyaux pour la 6e journée de D1 Arkéma, le coach parisien Olivier Echouafni a été interrogé par la presse. S'il a été question du match, du bon début de saison et de l'impact de Diani dans son équipe, il a aussi été longuement sondé sur les différents problèmes qui minent l'équipe de France féminine, dont il a été le sélectionneur dans un passé récent. L’occasion aussi d’évoquer les remplacements en D1 Arkéma, les lourdes sanctions disciplinaires envers le coach de Guingamp, les conséquences et les inquiétudes nées de l'affaire Médiapro pour la Ligue 1. Voici le transcript complet.

L'état de Ramona Bachmann : 

« Elle est en phase de reprise, elle a encore quelques petits pépins mais il est possible qu'elle soit dans le groupe, on le saura demain après le dernier entraînement.»

L'état d'esprit du coach avant d'aller à Soyaux : 

« On joue tous les matches pour les gagner, il n'y a aucun match gagné d'avance. En aucun cas. On sait que le déplacement à Soyaux est un déplacement compliqué parce que c'est une équipe qui va chercher à obtenir des points. On arrive aussi derrière dans une période de trêve internationale, il faut qu'on soit dans une démarche, une volonté de prendre des points, afin de rester collé à la tête.»

La sélection des 4 parisiennes en équipe de France : 

« Toujours très content de les voir, que ça fonctionne bien. Si elles sont appelées régulièrement, cela veut dire qu'elles travaillent bien. Qu'elles sont à la fois sérieuses, appliquées, décisives, c'est bien. »

Des débuts de saison canon offensivement : 

« Sincèrement, on a eu des mi-temps qui ont été bonnes, très bonnes, et d'autres moins. J'aimerais déjà qu'on arrive à avoir plus de régularité sur l'ensemble de nos 90 minutes, ce serait déjà une bonne chose. Niveau statistiques, je les regarde aussi régulièrement, pour savoir où on se situe par rapport aux précédentes saisons. On est dans un bon tableau de marche. C'est vrai qu'on a la meilleure attaque (15 buts marqués) mais on aurait pu je pense marquer plus de buts avec de l'efficacité, je pense à Dijon où on a deux occasions faciles à mettre, pareil contre Montpellier.

Cela fait maintenant trois saisons qu'elles jouent sous mes ordres, il y a des automatismes qui se créent. Il ya aussi beaucoup plus de maturité pour certaines, comme Sandy Baltimore qui depuis deux trois matches est virevoltante, décisive, qui amène de la fraîcheur, du dynamisme, pareil pour Diani, Katoto, Bruun, sans oublier les autres. En plus de tout ça, on a maintenant une capacité à être décisifs sur coup de pied arrêté, on l'a démontré contre Montpellier, c'est un domaine où je trouvais que cela nous faisait un peu défaut et qu'on essaye de travailler un peu plus. On a plutôt bien digéré notre après-Ligue des champions. J'ai un groupe qui est bien concerné par rapport à ce début de saison. »

Un tableau de marche fixé : 

« Aucun, non. Sincèrement. Même si on regarde les matches où il y aura certainement un peu plus de difficultés parce qu'en face aussi il y a du répondant. Mais tous les matches sont difficiles. Je prends l'exemple du match à Dijon, la première mi-temps, on a été très en-dessous de notre niveau. Les conditions étaient difficiles entre le terrain et le climat. Tous les matches sont difficiles, il faut arriver à se rendre le match facile en marquant le premier but. Quand on a réussi à le faire, à ce moment-là, on commence à être mieux aussi, en confiance. Il faut prendre les matches les uns après les autres, sans se poser aucune autre question, c'est une réponse bateau je vous l'accorde, mais c'est la réalité. Si on veut aller cocher une date par rapport à un gros match, si en amont on n'a pas fait le nécessaire avant, cela ne sert à rien. Lyon, Montpellier, Soyaux, c'est trois points, c'est la même chose.»

Le début de saison de Diani : 

« Je n'étais pas forcément content de ce qu'elle avait produit en tout début de saison. Mais elle a montré aujourd'hui qu'elle est décisive, qu'elle est performante, encore un peu irrégulière à mon goût. J'en ai déjà parlé précédemment, je pense qu'elle a encore une grosse marge de progression et qu'elle est encore loin du compte. Je le dis depuis le début. Ce n'est pas d'aujourd'hui. Même si elle a beaucoup marqué et passé, elle a encore tout un bagage technique et tactique à développer. Elle a beaucoup de facilités par moments, mais c'est aussi ce qu'on peut lui reprocher, quand c'est trop facile, elle a tendance à déjouer. Mais quand c'est plus difficile, elle se révèle. Par contre, dans sa progression, je trouve qu'elle a une diversité d'un point de vue technique et ça, c'est une bonne chose. D'un point de vue tactique, j'ai besoin de la voir un peu plus dans le sens du jeu, plus dans la verticalité, dans la profondeur, parce qu'elle a des qualités physiques au-dessus de la moyenne. Je pense qu'elle n'en profite pas encore assez. »

Les remplacements lors des rencontres de D1 :

« Ma position est claire, il faut passer à 5 remplacements. J'ai fait partie des coachs à demander auprès du syndicat de passer à 5 remplacements pour la bonne et simple raison qu'il faut protéger les joueuses. On doit les protéger, il y a trop de joueuses blessées dans les clubs, les circonstances de cette crise sanitaire nous démontrent qu'il y a des risques. Si on peut passer à 5, comme l'ont fait les autres pays comme l'Angleterre, l'Espagne, l'Allemagne, on a fait la demande qui a été refusée par le COMEX de la FFF. On va continuer à se battre pour pouvoir avoir gain de cause, je pense que c'est important pour nos joueuses. C'est complètement nécessaire. Même sans le COVID, c'est une bonne initiative. En sachant qu'on est 18 sur la feuille de match, cela permet aussi de faire vivre le groupe, parce qu'il y a des joueuses qui se donnent énormément, qui ont un formidable état d'esprit et qui ne sont pas forcément récompensées de leurs efforts. Des fois, 20, 15, voire même 10 minutes, cela peut leur permettre de leur redonner une nouvelle motivation aussi en dehors de l'aspect médical.»

Sa vision sur le cas Amandine Henry / Diacre : 

« C'est très difficile de répondre à cette question. Pour la bonne raison que je n'ai pas tous les tenants et les aboutissants de ce qui explique la non-sélection d'Amandine. Après, ce n'est pas vraiment de mon registre. Je suis actuellement entraîneur du PSG, je ne suis pas à la tête de l'équipe de France, même si je l'ai été. C'est un choix qui a été fait, et je n'ai pas à le commenter, sincèrement. Parce que je n'ai pas les éléments en ma possession pour trancher. Je sais juste que sportivement, elle avait l'air mieux. Peut-être que la sélectionneuse en a décidé autrement. On ne veut pas forcément se priver de ses meilleures joueuses. Certainement pas. Si on veut être compétitif, performant, il va y avoir des rencontres très importantes pour l'équipe de France, notamment le second match contre l'Autriche. Mais comme je l'ai dit, je n'ai pas à commenter ce choix, il ne m'appartient pas et il a sûrement été fait sur des éléments que je n'ai pas en ma possession.

Je ne peux pas entrer dans un débat que je ne maîtrise pas. On ne peut entrer dans ce débat-là. Aujourd'hui, il se passe peut-être des choses en équipe de France mais je ne suis pas à l'intérieur pour voir ce qu'il s'y passe. On parle de relationnel, j'y attache beaucoup d'importance avec mes joueuses. Que ce soit avec le PSG ou avant avec l'équipe de France. Chacun à son mode de fonctionnement, sa propre méthode, elle marche ou pas. Chacun se fait sa propre idée. En tout cas, au niveau relationnel, tout se passait bien voire même très bien. Cela a été même plus difficile de les quitter qu'autre chose. Mais après, je ne peux pas parler de choses que je ne maîtrise pas non plus à l'intérieur du groupe et de ce qu'il s'y passe aussi. Les joueuses, on apprend tous les jours d'elles. Leurs qualités, leurs défauts, il y a toujours des surprises. I

l y a aussi peut-être un environnement qui n'existait pas encore complètement quand j'étais sélectionneur. Un environnement différent avec des agents, la famille, quelquefois, peut-être qu'il n'y a pas forcément parfois les bons conseils. Il faut trouver le bon équilibre. Et quelquefois, il y a des caractères, des egos à gérer au quotidien, il y a des filles qui ont beaucoup gagné en club, elles ont envie aussi de gagner des titres avec leur sélection aussi. Il faut demander à Zidane comment ça se passe avec le cas Gareth Bale. Il faut essayer de comprendre déjà pourquoi cela ne fonctionne pas. Après, les caractères, les egos, les humeurs diffèrent selon les gens. Ils peuvent varier aussi. Je pense que le plus important est d'être capable de faire sa propre auto-critique. On n'est pas forcément à même de le faire quand on est joueur ou entraîneur. Mais après, au niveau du terrain, un outil vital nous permet de le faire, c'est la vidéo. Elle nous permet de rétablir certaines choses.

Après, cela m'est déjà arrivé d'avoir des tensions, des engueulades même, je pense qu'il faut savoir aussi prendre du recul parce que les mots peuvent dépasser la pensée. Essayer d'analyser ça dans un second temps, essayer de rétablir doucement une nouvelle relation. Il faut y aller par étapes, je pense que les joueuses sont un peu plus rancunières aussi par moments. Cela met plus de temps, il faut mettre plus de temps pour apaiser ces problématiques. On ne parle pas trop du PSG. Je pense qu'il y a des discussions à avoir du côté des intéressées, mais cela ne me concerne pas. J'ai déjà assez à faire avec mes joueuses. On essaye toujours de faire de son mieux et quelquefois, ce n'est pas tout le temps idéal. »

La suspension de 17 matches de Biancalani (coach de Guingamp) : 

« C'est incompréhensible. Aujourd'hui, la commission qui a statué là-dessus met pratiquement un entraineur au chômage. Après, par rapport aux éléments du dossier, ça me paraît quand même énormissime. J'en ai référé au syndicat des entraîneurs aujourd'hui pour pouvoir aider Biancalani et Guingamp. Parce qu'aujourd'hui, il ne pourra plus coacher cette saison. Et Dieu sait si aujourd'hui, avoir un emploi, ce n'est quand même pas évident. Le problème de l'arbitrage est connu dans le football féminin, on sait qu'il y a des difficultés, on ne peut pas non plus trop les blâmer parce que ce n'est pas évident aussi d'arbitrer au plus haut niveau. Mais le football féminin devient très professionnel à tous les niveaux, on se doit d'avoir un arbitrage aussi de qualité. Maintenant, la commission a statué sur un rapport, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, 4 ou 5 matches de suspension, ca pouvait se comprendre mais 17 matches de suspension, ce n'est pas possible. En sachant qu'il y a 22 journées et qu'on en a déjà joué 5, c'est terminé pour cette saison en championnat du moins.

Il y a deux poids deux mesures, il faut quand même savoir que la commission qui a statué est rattachée à la FFF, et non à la LFP, quand c'est la LFP qui s'occupe des clubs professionnels, c'est peut-être un peu plus clément, mais la proportion est gigantesque, entre 3, 4, 5 matches de suspension et 17, c'est irréel. On soutient aussi notre collègue parce qu'on sait qu'en ce moment, ce ne doit pas être évident pour lui. Mais il faut arriver à comprendre pourquoi il prend 17 matches, quelle est la raison. Je n'ai pas d'éléments, c'est une démarche par rapport à un collègue, personnelle, auprès du syndicat et des autres entraîneurs. On a un groupe commun et j'ai alerté l'ensemble des entraîneurs pour être solidaires de Biancalani et surtout comprendre pourquoi la commission lui a infligé 17 matchs. »

Les conséquences de l'affaire Médiapro : 

« Une inquiétude ? On en a, forcément. Il a fallu faire beaucoup d'économies pour certains clubs à l'intersaison et il faudra en faire encore. On est vigilants. Mais on se dit aussi qu'on a encore beaucoup de chance d'avoir un poste, de pouvoir pratiquer notre métier, que ce soit les joueuses ou le staff. Quand on voit toutes les personnes qui vivent dans la difficulté, qui perdent leur emploi, qui travaillent à la maison avec les enfants, on ne va pas se plaindre de quoi que ce soit, on est chanceux. L'aspect économique ? tout le monde est touché, même nous au PSG.»

Vous pouvez retrouver les commentaires de l'article sous les publicités.


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