C'est un Luis Enrique souriant, mais un brin pressé, qui s'est présenté en conférence presse ce jeudi à la veille d'un nouvel affrontement face à Monaco, cette fois en Ligue 1. L'Espagnol a forcément évoqué ce match et son importance, ainsi que le retour d'Ousmane Dembélé et quelques cas individuels comme ceux de Bradley Barcola et Warren Zaïre-Emery. Luis Enrique a aussi été interrogé sur le PSG/Chelsea de mercredi prochain. Voici ses propos en intégralité, retranscrits par nos soins.
La Ligue 1 et la Ligue des champions sont deux compétitions très différentes. Est-ce que le match d’avant PSG/Monaco raconte des choses sur le match d’après ? Est-ce que ça va donner des indications sur l’état de forme du moment du PSG ?
« Ça dépend. Ça dépend surtout de l'adversaire. Mais dans le cas présent, c’est pareil puisque c’est Monaco. Et Monaco était une équipe de Ligue des Champions donc c’est la même chose. On jouera contre Monaco et ce sera comme un match de Champions League. »
Vous disposez de cinq jours avant le match aller contre Chelsea et de six jours avant le match retour. Cela signifie-t-il que dans un monde idéal vous pourriez jouer avec les mêmes joueurs. Et faut-il le faire ?
« Je dois faire ce qui est le mieux pour l’équipe. C'est une constante chez tous les entraîneurs : on cherche à trouver les meilleures options pour l’équipe. Et vous pourrez voir après le match quelle était la meilleure selon moi. »
Allez-vous changer l’approche ou les consignes aux joueurs pour connaître un match plus serein demain que les deux précédents contre Monaco ?
« Ce que je peux vous dire, c’est quelle sera notre mentalité et notre travail pendant le match. Ce que feront nos adversaires dépend de beaucoup de choses. Ce n’est pas une question pour moi. C’est une question pour l’entraîneur de Monaco. Ce qui dépend de nous, c’est de chercher à mieux jouer et de s’améliorer à chaque match pour gagner les points parce qu’on en a besoin. »
L’autre sujet avant ce match de Ligue des champions, ce sont les blessés. Ousmane Dembélé est de retour, il a participé à l’entraînement ce matin. Comment le sentez-vous ? Ses différents petits pépins de santé vous invitent-il à davantage de prudence justement avant ce match très important ?
« C’est toujours une bonne nouvelle quand on a des joueurs de retour (de blessure) comme dans le cas de Senny Mayulu et Ousmane Dembélé. On est contents. On attend de voir (l’évolution) et de savoir au prochain match. Mais c’est comme d’habitude, il n’y a rien de nouveau. Il faut évaluer et juger exactement l’état physique de chaque joueur puis analyser tout ça. »
Bradley Barcola en est à neuf buts cette saison. Comment le voyez-vous devant le but ? Le Barcola de 2026 peut-il être comparé au Dembélé de 2025 ?
« La première chose, c’est que ce n’est pas correct de comparer les joueurs entre eux, parce que chaque joueur et chaque saison sont différents. Ce que je peux dire de Bradley, c'est qu'il a eu beaucoup de temps de jeu, qu’il a joué beaucoup de matches et qu’il a très bien joué. Il peut jouer partout aux positions d’attaquant. Je suis content de ce que j’ai vu (de lui) et bien sûr qu'on espère et qu’on s’attend à voir de meilleures choses encore. Et c’est ce que j’attends de Bradley Barcola. »
On est en mars. On arrive dans les mois décisifs pour le PSG. Il y a d’abord Monaco, puis Chelsea. Estimez-vous que votre équipe est dans les temps de ce que vous voulez ?
« Nous sommes dans la situation que nous aimons »
« Ça dépend. Ça dépend. Je cherche toujours à me concentrer sur les choses positives qui entourent notre équipe. Pour le moment, on est qualifié pour la Champions League et on attend (d’affronter) notre prochain adversaire. Et en championnat, on a eu beaucoup de difficultés, mais on est premiers. Nous savons l’importance de ce mois pour poursuivre en Ligue des Champions et pour continuer à être leader de notre championnat. Nous sommes dans la situation que nous aimons. »
Mardi, nous étions à 100 jours tout pile du lancement de la Coupe du monde. Est-ce que les blessures sont un sujet qui trotte un peu dans la tête des joueurs pour ne pas se blesser à l’approche de cette Coupe du monde ? Et vous, avec votre staff, comment gérer-vous éventuellement ce problème ? En parlez-vous pour donner peut-être plus de repos à certains joueurs à l’approche de ce tournoi ?
« (Avec ironie et le sourire) Un petit peu de repos pour qu’ils arrivent frais au Mondial ? Ha ha ha. (Rires) Je pense qu’il ne faut faire aucune déclaration sur ça. Ils (Les joueurs) sont professionnels, je suis très content chaque fois que je suis entraîneur lors d’une année de Mondial parce que j’ai totalement confiance en mes joueurs. Nous aimerions que tous nos joueurs jouent la Coupe du monde. Mais pour le moment, il faut rester concentré sur le club et penser à ce qui est important pour nous, à savoir de gagner les trophées que nous convoitons. Et (bien) plus tard, bien sûr que l’on souhaite aux joueurs une très bonne Coupe du monde. Mais pour le moment, l’important c’est le club. »
Un jour, vous évoquiez la difficulté de trouver du temps pour faire des entraînements tactiques. Est-ce important aujourd’hui de faire ce type d’entraînements ? Et avez-vous du temps pour ça en ce moment ?
« C’est important pour nous de pouvoir travailler les aspects tactiques »
« Quand on joue tous les trois jours, c’est difficile de préparer cet aspect parce qu'on est toujours en avant-match et en après-match donc on n’a pas le temps. Mais en ce moment, et plus particulièrement ce mois-ci, c’est important pour nous de pouvoir travailler les aspects tactiques, offensifs, défensifs, les coups de pied arrêtés, les situations de touche... Il y a beaucoup de choses que nous pouvons et cherchons à améliorer en ce moment parce qu’on a le temps pour travailler sur ces concepts. On est contents. C’est différent de ce que nous avons connu par le passé. »
Vous avez parlé du temps à votre disposition pour travailler les matches à venir. Mais vos joueurs ont-ils besoin de plus de repos, à l’image des deux jours que vous leur avez accordés en début de semaine, ou de plus de rythme avant de retrouver la Ligue des Champions notamment ?
« Il faut évaluer ça, et ça varie individuellement et collectivement. Ce que j’ai vu et ce que je peux analyser de l’équipe, c’est qu’elle est dans une très bonne condition physique. On a fait des matches incroyables. Quand je vois nos statistiques sans le ballon, c’est incroyable, top ! Je suis content. Normalement quand on rencontre des problèmes, vous nous cherchez tout le temps sur l’aspect physique. Mais pour moi le mental est plus important que le physique. Et je suis content de ce que je peux voir de l'équipe. »
En cas de victoire contre Monaco, vous pouvez mettre Lens à sept points. C’est un match important pour le championnat mais aussi pour prendre confiance avant la Ligue des Champions ?
« C'est très motivant d’avoir une équipe (Lens) aussi proche de nous »
« On vit en championnat une situation très différente de celles qu’on a connues les saisons dernières. Et c’est du fait de Lens, qui est en train de réaliser un championnat incroyable. Je l’ai déjà souvent dit : ils méritent d’être là. Et pour nous aussi, c’est très motivant d’avoir une équipe aussi proche de nous (au classement). Ça nous motive à nous améliorer, d’où l’importance du match de demain. »
Vous avez parlé de l’aspect mental. Est-ce que vous ressentez chez vos joueurs une fatigue mentale après l’année 2025 qui a été très énergivore, et une saison 2025-2026 qui pèse aussi sur le physique de vos joueurs ?
« Non. Rien de tout ça. Vous cherchez à trouver des problèmes tout le temps mais il n’y a rien. On est au même point que quand on a gagné 5-0 à Marseille : c’est le même état physique et le même état mental. C’est ce que je pense. C’est ce que je défends parce que j’ai vu tous les entraînements quotidiens et tous les matches. J’ai analysé et jugé tous les matches de mon équipe et tout est normal. Mais pendant la saison, il y a des hauts et des bas : il faut l’accepter. C’est normal. »
Warren Zaïre-Emery fêtera ses 20 ans dans quelques jours. C’est le joueur le plus utilisé. Vous impressionne-t-il ? Et si oui, dans quel domaine ?
« Il ne manque plus que Zaïre-Emery fasse les conférences de presse pour que je l’épouse »
« Je pense qu’on a souvent parlé de Warren. Il représente vraiment ce qu’est un titi comme vous dites, un vrai titi. Non seulement pour ce qu’il fait sur le terrain, mais également pour la manière dont il se comporte en dehors, dans sa vie. C’est un privilège d’avoir un joueur comme lui. Il est incroyable : il joue partout, il a des qualités individuelles, techniques et physiques. C’est un vrai plaisir pour moi de l’entraîner. Il ne manque plus qu’il fasse les conférences de presse (à ma place) pour que je l’épouse. (Rires) Ce serait parfait. Il parle moins que moi. Je ne sais pas si ce serait un problème mais si vous voulez, je peux le faire venir à ma place… J’en serais ravi !
(Il se lève pour partir) Allez les gars merci. Ah encore ? (Il se rassoit) »
Vous avez pris quatre buts sur les deux derniers matches contre Monaco. L’aspect défensif a-t-il été le principal axe de travail cette semaine ou pas du tout ?
« Monaco est une vraie équipe, difficile, compliquée »
« Non, pas spécialement. On a parlé de beaucoup de choses et on a travaillé sur des petits concepts. Mais il faut savoir que Monaco a beaucoup de joueurs de grande qualité individuelle. Pour moi, leurs attaquants sont du niveau qui se rapproche le plus de celui de nos attaquants. Et ce que je veux dire, c’est que Monaco est une vraie équipe, difficile, compliquée. Quand ils ont le ballon, c’est très difficile de défendre contre eux. Mais on doit s'améliorer dans tous les aspects du jeu. En ce qui concerne le défensif, je pense qu’on s’est améliorés par rapport à l’année dernière. Je parle en termes statistiques mais aussi de ce que je ressens quand je vois jouer mon équipe.
(Il veut partir à nouveau) Des questions encore ? Mais qu’est-ce qu’il se passe ?
(Au journaliste suivant en plaisantant) Faites attention. »
(Avec le sourire) Je fais très attention, toujours. Concernant l’aspect mental dont vous avez beaucoup parlé, on se souvient de ce qu’il s’était passé en finale contre Chelsea avec cette fin de match un peu houleuse pendant la Coupe du Monde des Clubs. Êtes-vous d’accord pour dire que Chelsea est l’équipe qui a le plus embêté le PSG mentalement depuis que vous êtes arrivé au club ?
« Non, c’est juste différent. Et c’est pour ça que je dis qu’il n’y a aucun sentiment de revanche parce que ce sont des compétitions différentes. Ce match de finale s’est joué il y a six ou neuf mois [13 juillet 2025] et voilà. Ce qui est important, c’est de préparer le match de la meilleure manière. Ce sera un adversaire difficile quand on repense à ce résultat, ok. Mais on est prêts à jouer ce match, ou plutôt cette double confrontation à élimination directe. Et ce sera très différent de ce qu’on a joué l’été dernier. Rien à voir.
(Il se lève vite) Oh c’est terminé, bien. Je cours…»