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Entre Aulas et le PSG, des relations toujours froides

Publié le samedi 16 septembre 2017 à 13:38 par Philippe Goguet
A la veille de PSG/OL, la presse fait le point sur les relations entre les deux clubs, notamment car Jean-Michel Aulas ne cesse finalement jamais de titiller le club parisien. De son côté, Paris s'agace en silence, à l'image d'un Nasser Al-Khelaïfi qui ne répond pratiquement jamais à son homologue lyonnais mais n'en pense pas moins.

Il y a un an environ, le président de l'OL Jean-Michel Aulas s'engageait devant les autres présidents de L1 à ne plus parler publiquement du PSG, une promesse qui avait finalement volé en éclats très vite. A la veille d'un PSG/OL qui va clôturer la 6ème journée de L1, le président lyonnais est toujours aussi apte à parler du club parisien et il se place même très clairement comme le plus grand opposant du PSG dans le football français, entre jalousie de l'argent qatari et recherche d'une compétition plus égalitaire selon le point de vue où on se place.

Aulas : «J’espère que je serai aussi bien reçu par le PSG que Nasser et les autres dirigeants le sont au Groupama Stadium.»

Le n°1 de l'OL est prêt à tout pour enquiquiner le PSG et, dans L'Equipe, il tacle par exemple l'absence de repas d'avant-match entre les deux clubs : «Je n’ai pas reçu d’invitation. Mais je ne doute pas un instant que le contact sera très courtois à mon endroit. Moi, j’invite tous les présidents à venir déjeuner ou dîner quand c’est possible. Jean-Claude Blanc (directeur général du PSG) et Victoriano Melero (secrétaire général) sont des amis. J’espère que je serai aussi bien reçu par le PSG que Nasser et les autres dirigeants le sont au Groupama Stadium.»

Du côté du PSG, le petit jeu de Jean-Michel Aulas agace toujours autant, même si club parisien ne répond que rarement aux attaques du président lyonnais. Le club de la capitale se lasse des attaques répétées de JMA, toujours prompt à rappeler l'écart économique entre Paris et les autres clubs de L1. Au PSG, on appuie en revanche où ça fait mal, cf ce tacle dans Le Parisien : «Il se trompe de débat. S'il passait plus d'énergie à défendre son club qu'à nous attaquer, il ne ferait pas 1-1 contre l'Apollon Limassol (jeudi en Ligue Europa), un club au budget largement inférieur à celui de Lyon. Comment peut-il se faire dépasser par Nice la saison dernière voire Monaco ? Qu'il se pose les bonnes questions !»

Jalousie économique ?

Un membre de l'OL : «Nous, on générait nos ressources parce qu'on avait bien bossé.»

Un ancien collège d'Aulas au conseil d'administration de La LFP évoque également un autre pan du contentieux entre le Lyonnais et le PSG : «Aulas est jaloux du PSG et réalise que son modèle économique ne suffira plus.» Cette affirmation fait bondir le camp lyonnais : «Jaloux ? Mais ce sont des conneries ! S'il y a bien un truc qui ne l'a jamais gêné, c'est la compétition. Mais la compétition à armes égales...» Car l'OL vise encore et toujours les ressources du PSG : «Le problème, ce n'est pas que des clubs soient riches mais comment ils le deviennent. Nous, on générait nos ressources parce qu'on avait bien bossé.»  Autre souci pour lequel Paris est visé par l'OL, l'explosion des montants de transferts : «L'inflation des transferts vient des clubs anglais et de leurs droits télé exorbitants et du PSG.»

Le très détesté président lyonnais se défend de son côté et tente de se justifier en évitant d'écorcher Al-Khelaïfi : «Il est l’acteur d’un système que je conteste, car il est dangereux à terme pour le football français. Mes propos sont ceux d’un entrepreneur soucieux de l’écosystème. Je plaide pour une plus grande régularité, un plus grand contrôle de l’organisation des compétitions. Aujourd’ hui, celui qui veut exister doit participer à la Ligue des champions, où la France n’a plus que deux représentants (assurés, hors barrages, qui concernent le troisième de Ligue 1). Et on se rend compte que les moyens extrêmement importants mis à la disposition du PSG par le Qatar ne laissent plus qu’une seule place pour les autres clubs français.» Traduction, l'OL a moins de chances de toucher le gros lot nommé Champions League et cela ne passe pas...

Du côté de Paris, Nasser Al-Khelaïfi reste muet face aux attaques de JMA, un homme qu'il côtoie pourtant au conseil d'administration de la LFP et de l'ECA, l'association européenne des clubs. A la Ligue, les deux hommes se sont rarement affrontés, à l'exception de la célèbre sortie de NAK envers JMA en septembre 2016 qui avait généré la promesse de silence. Du côté de l'ECA, le Parisien éviterait plutôt le Lyonnais selon des observateurs. Et comme l'explique un membre du PSG, «il y a vingt clubs en L 1, donc dix-neuf présidents avec qui Nasser al-Khelaïfi échange. Jean-Michel Aulas critique, libre à lui. Chaque dirigeant doit se concentrer sur son club mais on se doit d’être tous ensemble pour le développement du football français.»

Caïazzo (ASSE) : «Je suis persuadé que le combat du PSG est celui du football français.»

Bernard Caïazzo, président du comité de surveillance de Saint-Étienne et de Première Ligue, résume finalement la situation entre les deux hommes : «Nasser est un homme qui n’aime pas que l’on mette sur la place publique des critiques sur le PSG et encore moins sur le Qatar. Il n’a pas tort. Néanmoins, au cours des réunions, je vois des rapports courtois de gentilshommes entre Nasser et Aulas. Pour ma part, je suis persuadé que le combat du PSG est celui du football français. Je remarque que ses ressources sont de plus en plus stables et qu’elles correspondent de plus en plus à un modèle économique. 90 % des clubs sont favorables à un PSG fort. Jean-Michel a la liberté d’expression et le droit de dire ce qu’il pense. On peut lui reconnaître sa franchise, mais je préfère l’expression plus posée de Nasser. Même si je sais que l’on ne change pas les hommes…»

Les piques de Jean-Michel Aulas envers le PSG ne sont donc probablement pas près de s'arrêter.

NB : Citations issue de L'Equipe et Le Parisien.

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