Vitinha était présent en conférence de presse ce mardi à la veille du choc PSG/Liverpool en quart de finale aller de Champions League. L'occasion pour le milieu portugais d'évoquer l'absence de Fabian Ruiz, le leadership d'Ousmane Dembélé, le retour à Paris d'Hugo Ekitike ou encore le statut de favori du PSG avant ce match. Voici ses propos en intégralité retranscrits par nos soins.
Ousmane Dembélé prend beaucoup la parole après les matches et semble prendre beaucoup de place dans le vestiaire. Quel type de leader est-il ? Et est-ce que sa place dans le groupe est différente depuis son Ballon d'Or ?
« Oui, je dirais qu'Ousmane a toujours été un peu un leader, même l'année dernière quand il n'était pas capitaine. Quand tu as un gars qui fait ce qu'il fait sur le terrain, c'est contagieux et c'est une forme de leadership naturel. Donc oui, même après le Ballon d'Or qu'il a eu, je dirais qu'il a ce statut de leader, mais c'est une chose naturelle. »
Cela fait deux mois et demi que vous jouez sans Fabian Ruiz et avec Warren (Zaïre-Emery) au milieu. Est-ce que cela a entraîné une modification des rôles et de votre jeu et est-ce que le ballon circule autrement ?
« On a déjà montré plein de fois que quand quelqu'un n'est pas là, l'équipe prend ses responsabilités »
« C'est vrai que ça fait un peu de temps que Fabian est dehors (indisponible). Nous, on ne le cache pas, on veut que tous les joueurs soient disponibles, encore plus quand c'est un joueur qui jouait presque tout le temps l'année dernière, un joueur qui était titulaire. Ce sont deux joueurs différents, ils font des choses un peu différentes, mais c'est à nous de nous ajuster. On a déjà montré plein de fois que quand quelqu'un n'est pas là, que ce soit Fabian, Warren, Viti, João ou Ousmane, l'équipe prend ses responsabilités, gagne le match et répond présente. Je pense que c'est ça le plus important. Quelle que soit la manière, on continue à être performant et à gagner, ce qui est le plus important. Et pour mon jeu ? C'est ce que j'ai dit, c'est comme pour l'équipe. Il faut s'adapter à différentes manières de jouer et être prêt. »
Il y a eu plusieurs blessés cette saison, mais vous personnellement, vous ne l'avez pas trop été. Comme vous l'expliquez ? Est-ce que c'est votre façon de jouer ou votre corps qui est particulièrement robuste ?
« J'ai eu la chance de ne pas avoir eu de problèmes physiques »
« J'ai eu de la chance. Moi robuste ? Non, je ne le suis pas (sourire). C'est vrai que j'ai eu la chance de ne pas avoir eu de problèmes physiques. On va croiser les doigts et espérer que ça continue, mais parfois, tu ne peux pas beaucoup contrôler. On est tous très professionnels, on récupère tous bien. On fait ce qu'on peut pour bien récupérer entre les matches : la physio, le froid, la cryothérapie, etc. On a plein de trucs, comme bien manger aussi. Là, je pense qu'on fait tous ça. Après, c'est de la chance, de la génétique. Il y a des joueurs plus sujets aux blessures que d'autres. Moi, je suis content de ne pas m'être blessé et j'espère que ça va continuer. Mais oui, un peu de chance c'est important aussi. »
Cela fait un petit moment que tu es ici et tu as déjà connu beaucoup d'affiches de Coupe d'Europe où le PSG était favori. Avant ce quart de finale aller, c'est encore peut-être plus le cas. Le PSG arrive vraiment en favori. Est-ce que tu t'es habitué à ce costume de favori et est-ce que tu penses que c'est réellement le cas avant le match de demain ?
« Favori ? Pour nous, ça ne signifie absolument rien »
« Favori, c'est vous qui le dites. L'an dernier, c'était vous aussi qui disiez que Liverpool était favori. Pour nous, ça ne signifie absolument rien. On connaît bien le foot, je pense que vous aussi. Vous le connaissez bien pour savoir que dans ce type de match, il n'y a pas de favori. On a déjà tout vu dans le foot. Liverpool reste Liverpool. Même s'ils sont dans un état de forme pas idéal pour eux, ça reste Liverpool, une grande équipe, avec de grands joueurs. Il n'y pas de favori, il y a un grand match à jouer ici et à Anfield. Et demain, on va être à 100%, on va être alerte parce qu'on sait que quand on met ces ingrédients dans un match, on peut avoir de bons résultats. Et c'est ça qu'on va faire parce que ça reste toujours un match très, très difficile. »
On a évoqué le rôle d'Ousmane Dembélé précédemment. Après la défaite à Rennes, il avait un peu tiré la sonnette d'alarme sur le côté collectif. Depuis, votre équipe semble monter en puissance. Est-ce que ça a entraîné au sein du groupe une grosse remise en question et est-ce que vous à l'époque, vous vous étiez senti visé par les propos d'Ousmane ?
« Je me rappelle bien de ça. Ce que je peux dire, c'est qu'on a même parlé de ça. On est tranquille, on connaît bien notre coéquipier. Il était un peu chaud à la fin du match et il a parlé c'est normal. Même s'il avait un peu raison dans ce qu'il a dit, on l'a bien pris et on a continué, et on a vu que ça a donné un bon résultat. Et non, personnellement, je ne me suis pas senti visé. »
Sans parler de favori, est-ce que quand on voit la forme actuelle du PSG, celle de Liverpool, la double-confrontation de l'année dernière, il n'y a pas tout de même un ascendant psychologique en votre faveur ?
« Si c'est quelque chose qui peut nous être bénéfique, j'espère. Si c'est quelque chose qui peut nous porter préjudice, je n'en veux pas. C'est vrai que l'aspect mental est très, très important dans ce type de match. On ne peut pas contrôler l'état d'esprit de l'adversaire. Ce qu'on peut contrôler, c'est notre état mental, notre état d'esprit. Et je peux vous assurer qu'on va être dans un état d'esprit alerte, à 100%, en étant prêt à jouer ce type de matches, comme on l'a fait jusqu'à maintenant en Champions League et en championnat. »
Il y avait eu des moments assez exceptionnels la saison passée lors de cette double-confrontation face à Liverpool. Est-ce que vous pouvez nous replonger dans ces deux rencontres ? Est-ce que vous avez eu le sentiment à un moment donné de toucher à la perfection au niveau de ce que vous recherchiez collectivement ?
« Je ne me rappelle pas d'une occasion de Liverpool (au Parc), sauf leur but à la fin »
« C'est vrai que c'étaient deux matches exceptionnels, Arne Slot a beaucoup parlé de ça. C'était vraiment une double-confrontation incroyable. Le match à Anfield a aussi été un match difficile à jouer pour les deux équipes. Le premier match, je dirais un peu de frustration parce qu'on a tout fait : on a beaucoup contrôlé le match, beaucoup contrôlé l'adversaire. Je ne me rappelle pas d'une occasion de Liverpool, sauf leur but à la fin, et nous on avait eu plein d'occasions. Alisson avait été l'homme du match, il avait fait plein d'arrêts. Donc oui, c'est ça qu'on veut faire et ce n'est pas facile. Parfois les gens tombent dans cette erreur de penser que cela va être comme ça, mais probablement pas, parce que c'est difficile de faire ça. On a réussi à le faire l'année dernière, mais on a perdu (il parle de l'aller). C'est ça le foot. Un peu de frustration en cette fin de match. On a même parlé entre nous du fait qu'en jouant comme ça, on allait gagner à Liverpool. Heureusement, on a pu le faire. Mais c'était l'année dernière, maintenant est une autre année. Il y a eu des changements dans les deux équipes. Il se passe beaucoup de choses dans le football en une semaine et énormément en un an. On va être prêt pour jouer demain et on hâte de jouer ce match, qui va être différent bien sûr. »
Demain, Hugo Ekitike va potentiellement et probablement revenir sur la pelouse du Parc des Princes. Est-ce que tu peux nous dire ce que ça pourrait te faire, toi, de retrouver un ancien club ?
« Malheureusement, ce n'était pas le bon contexte pour Ekitike »
« Je n'ai jamais été à cette place donc je ne peux pas le dire. Ce que je peux dire sur Hugo, c'est que c'est un gars fantastique. J'ai bien aimé l'année qu'on a passé ensemble. Il a beaucoup de qualités, ça se voyait déjà à cette époque. Malheureusement, ce n'était pas le bon contexte pour lui, mais heureusement, il a retourné les choses en sa faveur et il a très bien joué depuis. On espère qu'il ne jouera pas bien demain, mais je lui souhaite tout le meilleur, à part pour ces deux matches. »
Hakimi, qui a joué son 200e match contre Toulouse, a déjà délivré 5 passes décisives en Ligue des champions. Au-delà de ces statistiques, qu'est-ce qu'il vous apporte ?
« Hakimi est une pièce fondamentale de notre équipe, pas seulement pour les statistiques qu'il présente. Pour un joueur normal, elles sont incroyables, mais pour un défenseur, elles le sont encore plus. Mais il nous apporte aussi un avantage offensivement. Il fait aussi très bien son boulot défensif. C'est un joueur complet, un joueur de plus qui est très important pour cette équipe et j'espère qu'il va continuer comme ça parce qu'il est indispensable. »
Une dernière question en anglais pour Vitinha.
En Angleterre, il y a beaucoup de pression sur Liverpool par rapport à la saison qu'ils sont en train de faire. Est-ce que vous pouvez utiliser ça à votre avantange ? Et comment trouvez-vous l'équipe de Liverpool de maintenant par rapport à celle de l'an dernier ?
« Je vais répéter ce que j'ai dit plus tôt. Liverpool sera toujours Liverpool. On sait qu'ils ne sont pas dans leur meilleure forme. Je pense que si on peut en profiter, on le fera. On sait que l'ascendant psychologique est important dans ce genre de match, mais on fait très attention contre ces équipes. Peu importe leur forme, ils ont une superbe équipe et c'est toujours très dangereux contre eux. C'est pour ça qu'on va jouer à 100% et qu'on va tout donner pour pouvoir gagner. »