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40 pensées rapides sur PSG/Arsenal (1-1, 4-3 t.a.b.)
Quelques jours après la seconde consécration européenne des Parisiens, retour en 40 pensées rapides sur PSG/Arsenal, du scénario du match au rapport de force avec la défense anglaise en passant par quelques remarques sur les à-côtés de la rencontre jouée à Budapest.

- Le PSG est donc double Champion d’Europe, et rien que le dire semble encore un peu irréel, même quelques jours plus tard. Mais être appelés les champions d’Europe pour douze mois de plus est un plaisir infini.
- Le PSG a désormais connu la finale de rêve puis la finale indécise où pas grand-chose ne se passe comme prévu, si ce n’est le happy end. Chacun aura sa préférence, mais pas sûr que les images de ce PSG/Arsenal reviendront aussi souvent que celles de PSG/Inter Milan.
- Il faut reconnaître à Arsenal une immense qualité : parvenir en une mi-temps, si ce n'est moins, à expliquer au reste de la planète pourquoi toute l’Angleterre déteste cette équipe.
- Il est probablement abusif de dire que le football a gagné, mais l’antijeu a en tout cas bel et bien perdu.
- Il est d’ailleurs assez drôle de constater que la seule équipe qui a écopé d’avertissements pour des gestes d’humeur ou de l’antijeu est celle qui essayait pourtant de faire dérailler l’autre. Même à ce petit jeu, les Gunners ont perdu.
- Que la joie de Luis Enrique était belle à l’issue de la partie, celle d’un entraîneur libéré après avoir passé deux heures en totale apnée.

- A noter aussi sa volonté de se mettre en retrait derrière ses joueurs au moment où ceux-ci ont soulevé la coupe.
- Arsenal avait le meilleur banc de touche, assez clairement, et chaque remplacement parisien affaiblissait l’équipe. Et malgré ça, l'équipe adverse a réussi à ne strictement rien tenter pour essayer de l’emporter. En cours de match, le PSG a littéralement vu toute sa colonne vertébrale sortir à l’exception de Pacho et Arsenal n’a pratiquement rien changé dans son approche du match.
- A quel moment un adversaire du PSG peut se dire que c’est une bonne idée d’aller aux tirs au but face à une équipe pareille ?
- L’un des tournants du match a probablement eu lieu juste avant la pause lorsque l’arbitre M. Siebert en a clairement eu marre de l’antijeu des Anglais et a sifflé la fin de la première mi-temps alors qu’un corner allait être tiré par Saka si celui-ci n’avait pas relancé la comédie habituelle. L’Allemand a longtemps toléré les gains de temps des Gunners, puis a basculé de façon radicale. M. Siebert, l'homme qui a dit non ?

- Si cette finale ne restera pas un sommet de spectacle ni de technique, le niveau physique des deux équipes a été absolument phénoménal. Pratiquement aucun repli défensif non-effectué, des courses d’une intensité folle à chaque instant, des pressings sans relâche. Les deux équipes sont allées très loin dans la souffrance ce samedi et ils ont tous fini absolument exténués.
- Qu’a-t-il bien pu se passer pour que Mikel Arteta, ce milieu si fin, si élégant et toujours fair-play devienne cet entraîneur aussi truqueur, pénible et globalement détestable ?
- Il faut reconnaître à Arsenal une véritable capacité à annihiler les points forts du PSG avec le ballon : pendant une bonne partie du match, Paris n’a jamais pu relancer depuis l’arrière, n’a jamais vraiment réussi à gagner la bataille de l’axe et ses ailiers ont tous vécu un match compliqué. Peu y arrivent aussi bien, même s’il a fallu un plan de jeu très jusqu’au-boutiste pour y parvenir.

- Le travail défensif des ailiers d’Arsenal pour empêcher Doué mais surtout Kvaratskhelia de se retrouver en un-contre-un face au latéral a été absolument colossal. Mais le corollaire est évident : Saka et Trossard puis Madueke et Martinelli se sont épuisés à défendre et en ont payé le prix offensivement, évoluant la majeure partie du temps très loin du but parisien. Cela résume finalement bien les priorités d’Arsenal : faire déjouer Paris plutôt que de jouer son propre jeu.
- Kai Havertz a une fois de plus montré qu’il est un vrai poison pour la défense du PSG et son manque de rythme a été une aubaine. Après 60 minutes, l’Allemand longtemps blessé cette saison n’avait plus rien dans les jambes et cela s’est vu. Le match de Pacho décolle d’ailleurs quand celui de Havertz s’éteint.
- A voir la façon dont Luis Enrique a tenu à immédiatement expliquer sa décision de faire de Zaïre-Emery un remplaçant en conférence de presse, et le ton avec lequel il l'a fait, il n'y a que peu de doutes quant au fait qu'il s'agissait d'un choix particulièrement dur à faire pour lui.
- Que la rage du capitaine Marquinhos était belle ce samedi à Budapest. Celui qui a parfois touché le fond lors des grandes soirées européennes du passé a totalement montré le joueur libéré qu’il est désormais, capitaine rayonnant et inspirant.

- Comme de nombreux supporters parisiens, votre dévoué rédacteur a dû prendre un chemin pour le moins alternatif afin de se rendre à Budapest, visitant pas moins de cinq pays en un peu plus de 24 heures. Et bien peu de choses ressemblent autant à une moissonneuse-batteuse de la campagne slovaque que Gyökeres qui avance balle au pied vers le but du PSG.
- Il paraît que la Premier League est le championnat des duels les plus intenses et les plus accrochés. João Neves a donné une leçon dans ce domaine à Arsenal, comme face à Chelsea et Liverpool.
- La performance athlétique de Hakimi à Budapest est du même niveau que celle technique de Vitinha à Munich. Mais cela explique aussi pourquoi PSG/Inter a été un sommet de jeu collectif et PSG/Arsenal une bataille physique.

- Comme souvent dans ce genre d’affiches, les fameux points forts évidents chaque équipe qui ont animé l'avant-match n’ont rien donné : Arsenal n’a pratiquement pas été dangereux sur coups de pied arrêtés et Kvara n’a passé qu’une seule fois Mosquera balle au pied. Cela s’est fini en penalty, certes.
- Les deux footballs du Brésil se sont manifestés sur le cinquième et dernier tir au but de chaque équipe : d’un côté le fin et technique Beraldo, de l’autre le rugueux et truqueur Gabriel. Dieu merci, Zico sera toujours grand que Dunga.

- Entre le coup reçu sur la tête en première période et son attitude à la fin de la séance de tirs au but, ce ne serait qu'une demi-surprise que Matvey Safonov ait subi une commotion cérébrale. Pas certain que les deux sorties loin du but sur lesquelles il a envoyé un coup de tête puissant ait amélioré la chose non plus.
- Même si le Lucho FC a changé nos vies à jamais, ce serait mentir que de dire que nous étions très rassurés au moment où Lucas Chevalier a commencé à s'échauffer.
- La victoire parisienne aurait-elle été plus belle si Barcola avait marqué à la dernière seconde du temps réglementaire ? Dur de le savoir, donc vérifions ce scénario à la prochaine finale.

- Trois chants en tout et pour tout, une ambiance totalement parisienne malgré une supériorité numérique londonienne vraiment importante et des touches célébrées comme des buts : la finale d’Arsenal a été aussi dégueulasse en tribunes que sur le terrain.
- Il faut en revanche reconnaître aux supporters d’Arsenal un fair-play absolument remarquable après le match : aucune animosité, un comportement exemplaire d’une immense majorité et pas de petite vengeance gratuite. A se demander s’il s’agissait bien des mêmes petits arrogants que pendant le match, fiers d’eux à chaque corner et applaudissant les gains de temps.
- Félicitations aux horribles revendeurs de places parisiens qui ont permis à des supporters d’Arsenal d’assister au match jusque dans le virage de la capitale.
- Mikel Arteta, 24 ans que ton départ de petit traître était coincé au fond de ma gorge. La vengeance est un plat qui se mange froid, mais il était quand même temps qu’on le déguste.

- Comme le Bayern au tour précédent, il est probable que le PSG retrouve Arsenal dans le futur, et dans les tours avancés de la compétition. Pas sûr que ce soit une nouvelle très excitante en revanche.
- Au milieu de cette équipe obsédée par la défense, il faut tout de même reconnaître la classe absolue de Declan Rice au milieu du terrain. Rares sont les adversaires dont on peut se dire qu’ils ont leur place en face, lui fait partie de cette caste.
- Après Aston Villa la saison passée lorsqu'il avait repoussé devant sa ligne une volée de Ian Maatsen qui allait envoyer les deux équipes en prolongation, Willian Pacho a réussi à la dernière seconde de la prolongation une déviation tout aussi importante sur la frappe de Gyökeres qui partait franchement très bien.
- Il y avait dans ce match une petite vibe de la Supercoupe contre Tottenham : un PSG qui bute sur une excellente défense et se retrouve mené, la peur de ne jamais trouver la solution, une action inattendue qui relance la partie, des remplaçants en nombre sur le terrain puis une séance de tirs au but gagnée 4-3 pour arracher le trophée à la fin. Arsenal ou Tottenham, le PSG a fait pleurer tout le nord de Londres sans faire de jaloux.
- On connaîtra peut-être dans quelques temps l’état réel d’Ousmane Dembélé au coup d’envoi du match mais dur d’imaginer qu’il a joué cette finale en étant à 100%. Ses difficultés à utiliser son pied gauche pour frapper illustrent d’ailleurs très bien ces doutes.

- Le PSG est toujours une équipe jeune, mais la patience dont elle a fait preuve est pourtant la preuve d’une immense maturité. Son entraîneur aime le jeu et l’attaque avant tout, mais qu’il doit être fier aussi de l’attitude de ses troupes durant le match : du calme face à l’injustice des gains de temps, de la patience face au mur dressé et de la maîtrise en toutes circonstances.
- Au final, le Parisien qui s’est le plus plaint de l’arbitrage est assez clairement Luis Enrique, qui signalait de façon bien visible à l’arbitre central le moindre gain de temps ou les mètres que gagnait Arsenal sur chaque touche. Mais ses joueurs, eux, étaient pleinement concentrés sur le match.
- A voir Kvaratskhelia à l'échauffement enfiler les frappes monumentales, le Géorgien semblait parti pour une soirée de légende. Et il n'en a finalement rien été, preuve que le football est aussi une question de rapport de force à l'adversaire.

- Marquinhos est d'ores et déjà un joueur historique du Paris-Saint-Germain, possiblement même le plus symbolique de l'histoire du club, et il y a un côté très gratifiant à voir que le joueur qui a le plus joué pour le Paris Saint-Germain soit définitivement lié à ces deux premières Ligue des Champions, comme une preuve que la fidélité paye à une époque où c'est de plus en plus rare dans le football.
- Après avoir attendu tant d'années pour gagner la première Champions League, le PSG semble aujourd'hui totalement affamé à l'idée de les empiler. Comme si la troisième était déjà l'objectif quelques minutes à peine après avoir gagné la seconde.
- Avant de passer à la prochaine, cette nouvelle campagne européenne mythique mériterait même d'être racontée dans un livre non ?
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