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Système de jeu, Mbappé, Renato, Ramos, préparation physique, etc, la conférence complète de Galtier avant Clermont/PSG

Publié le jeudi 4 août 2022 à 15:21 par Arthur Verdelet
C'est un Christophe Galtier en grande forme qui s'est présenté devant la presse à l'avant-veille du début de la Ligue 1. S'il n'a finalement pratiquement pas évoqué le match, il a en revanche balayé toute l'actualité du PSG : le retour de Mbappé, l'arrivée de Renato Sanches, sa relation avec Sergio Ramos, le système de jeu parisien, la préparation physique, etc. Voici ses propos, en intégralité.

En quoi le système de jeu que vous mettez en place peut vous aider face à des équipes qui ont pour habitude de se recroqueviller face au PSG ?

« Ce système permet d’attaquer en nombre, et peut, et doit même, permettre de donner un juste équilibre pour éviter ces fameuses transitions »

« On peut avoir le sentiment, quand on joue à 3 ou à 5 derrière, que c’est un système défensif. Je pense que c’est le contraire. C’est un système qui peut nous permettre d’avoir beaucoup plus de de joueurs en positions hautes et offensives. Avec des pistons très hauts et beaucoup de monde à l’intérieur du jeu et dans la surface adverse. Je répète qu’on voit souvent ce système comme avant tout défensif, mais non non, on s’aperçoit justement qu’au plus haut niveau, de plus en plus d’équipes l’utilisent. Il permet d’attaquer en nombre, et peut, et doit même, permettre de donner un juste équilibre pour éviter ces fameuses transitions. Quand vous affrontez le PSG, vous évoluez souvent dans la transition. Ce système, utilisé avec différentes animations, peut permettre de mieux sortir le ballon et d’avoir le juste équilibre pour éviter les transitions et récupérer le ballon le plus vite possible. »

Vous allez retrouver Kylian Mbappé contre Clermont et donc pouvoir reformer le trio avec Neymar et Lionel Messi. Quelle est la clé pour régler le problème d’équilibre constaté sur la durée en leur présence, notamment au plus haut niveau ? Est-ce un problème d’attitude ou d’environnement (système, attitude ou profil des coéquipiers) ?
« Déjà, c’est un plaisir, et nous sommes tous très contents de récupérer Kylian pour ce match de championnat. (Gêné par le bruit, Galtier s’interrompt : « Ils sont en train de faire un déménagement à droite ? Sans déconner ! Désolé, c’est la première…»). Kylian est aussi très heureux de retrouver la compétition après avoir peu joué lors de la préparation. Concernant cet équilibre lié au repli défensif, c’est tout d’abord une envie collective et aussi une responsabilité individuelle. Il y a des périodes très serrées et fermées dans des matchs, où l’équipe n’a pas encore pris l’ascendant au score ou réussi à creuser des écarts sur l’adversaire.

« Il faut que nous restions très attentifs à ne pas donner de possibilités à l’adversaire de nous faire courir en long et en large »

Il faut que nous restions très attentifs à ne pas donner de possibilités à l’adversaire de nous faire courir en long et en large. C’est une priorité sur le plan collectif, mais aussi une responsabilité individuelle des uns et des autres. Je crois que, quand vous avez un partenaire qui fait un effort, c’est contagieux. Cela donne envie à un autre de faire les mêmes efforts. Il faut rester attentifs et rigoureux sur ce point tant que le match n’est pas acquis. Après, il peut y avoir des moments dans un match, et c’est l’une des responsabilités de nos milieux de terrain, d’accepter que sur des attaques ou des périodes de jeu, l’on se retrouve avec des attaquants ou l’un voire les deux pistons en difficulté pour revenir défendre. C’est pour cela que nous devons avoir la volonté d’accepter que nous devons défendre tous ensemble, mais que, parfois, ceux qui doivent être les premiers à tenter de récupérer le ballon, puissent passer à travers un pressing ou une réaction à la perte. Là il faudra gagner du temps pour permettre au joueur voire aux joueurs éliminé(s) de se replacer dans le bloc équipe. »

Qu’est-ce qui vous a le plus satisfait lors de cette pré-saison ?
« Le sérieux et l’état d’esprit. Le groupe a été sérieux et l’état d’esprit bon. Les joueurs ont été très disponibles et concentrés lors des séances d’entraînement. Ils ont participé à la préparation des matchs et à la mise en place de ce système que je voulais installer. Il y a eu beaucoup d’échanges, du travail vidéo avec des corrections et améliorations. Ils ont eux aussi des idées à faire valoir, donc il faut être à leur écoute. Sur ce point, ça a été intéressant dans le travail au quotidien. Presque la totalité du groupe a fait l’intégralité des séances. »

On sait que Renato Sanches est attendu très prochainement. Vous le connaissez bien pour l’avoir dirigé à Lille. Qu’attendez-vous de lui à Paris ?

« Renato est un joueur avec des qualités que d’autres n’ont pas »

« Oui, Renato arrive cet après-midi. Il est un joueur avec des qualités que d’autres n’ont pas. Si je le compare à Marco (Verratti), Viti (Vitinha) ou encore Danilo (Pereira), c’est un joueur différent. Il est très explosif et percutant, avec de l’impact. Il y avait cette opportunité sur le marché, de prendre un joueur qui connaissait à la fois le championnat français et le très haut niveau. Nous avons évidemment saisi cette opportunité. Renato va maintenant devoir s’intégrer parce qu’il arrive assez tardivement. Je crois qu’il n’a pas du tout joué lors de la préparation, puisqu’il était dans l’attente d’un transfert, donc il sera en retard. On ne prendra de risque avec lui. Mais Renato est un joueur complètement différent du fait de son explosivité et de ses capacités à casser les lignes au milieu, ainsi qu’à rattraper des coups sur le plan défensif. »

Pouvez-vous nous décrire le fonctionnement de la préparation physique du groupe. Et quand se situera le pic de forme que vous souhaitez atteindre en cette année chamboulée par la coupure liée au Mondial ?
« Avec le staff médical, la cellule performance et mes préparateurs physiques, avec qui j’ai l’habitude de travailler depuis plusieurs années, nous ne sommes pas allés jusqu’à réfléchir sur la forme du groupe le 13 novembre. Nous sommes dans une réflexion semaine après semaine. Nous faisons en sorte d’avoir un cadre hebdomadaire avec des charges bien précises chaque jour, tout en incluant beaucoup de travail technique et tactique. Il faudra bien sûr aérer tout cela quand nous aborderons les semaines à trois matchs, et Dieu sait que cela va arriver rapidement et qu’il y en aura beaucoup. En plus de cette charge de travail et du nombre de matchs à jouer, il y a l’importance des données que nous allons avoir sur les états de forme des uns et des autres.

« Le terme rotation ne me plaît pas du tout, mais il y aura toujours de la concurrence »

Nous voulons avoir un effectif rendant toujours le PSG très performant, que ce soit avec Pierre, Paul ou Jacques. Peu importe qui sera sur le terrain. Nous travaillons beaucoup avec la direction sportive et notre président pour avoir non pas un effectif très large et étoffé, mais avec des joueurs très performants. Il va falloir manager (sourire), et ménager aussi sur un plan physique. Le terme rotation ne me plaît pas du tout, mais il y aura toujours de la concurrence. La performance d’un joueur sera toujours mise en avant. Il faudra changer pendant et d’un match à l’autre pour que tout le monde puisse être performant et que nous perdions le moins de joueurs possibles jusqu’au 13 novembre. Ce qu’il se passera ensuite ? Nous verrons bien, il y aura aussi un mercato d’hiver. Nous verrons comment les choses évolueront à ce moment-là. »

On a beaucoup parlé de vous et du PSG. N’êtes-vous pas pressé d’en découdre, de rentrer dans cette saison de Ligue 1 ?
« Évidemment, nous faisons ce métier pour être dans la compétition et les émotions. Nous vivons pour la compétition et sommes en manque actuellement. J’ai envie de rentrer du mieux possible dans ce championnat. Il y a toujours, peut-être pas de l’excitation, mais une réelle envie de rentrer dans la compétition. Quand le PSG se déplace, les stades sont pleins, et c’est souvent le match de la saison pour beaucoup d’équipes. Cela fait que vous êtes dans l’adversité. C’est aussi cela d’entraîner le PSG. Mais il y a cette envie de découvrir tout cela de mon côté. »

De nombreux de vos confrères français se sont dits contents pour vous, tels que Philippe Montanier ou encore Antoine Kombouaré. Cela vous met-il une pression supplémentaire sur les épaules ?
« Je lis mes collègues, notamment français, même si des étrangers se sont aussi exprimés. Cela fait plaisir. Je fais en sorte d’être très solidaire avec mes collègues parce que nous faisons un métier très difficile. Souvent, quand un entraîneur, qu’il soit français ou non, se retrouve en difficulté ou embarqué, il reçoit un message de ma part. Je sais que c’est un métier difficile et que cela peut m’arriver. Mais comme je l’ai déjà dit, je ne suis et ne veux pas être l’ambassadeur des entraîneurs français. Je suis l’entraineur du PSG, j’ai accepté avec un grand plaisir une mission qui m’a été confiée, mais c’est tout. Je suis à la tête d’une équipe extraordinaire, d’un grand club qui très exposé. J’en suis très heureux et reçoit les marques de soutien avec plaisir, mais cela doit s’arrêter là. D’autant plus que quand je vais les affronter, ils vont vouloir me battre (sourire). »

Sergio Ramos n’a que très peu joué l’an dernier mais sort d’une tournée de préparation pleine. Le considérez-vous comme un taulier de votre vestiaire ?

« Sergio fait partie des cadres du vestiaire »

« (Galtier prend quelques secondes avant de répondre) Sergio fait partie des cadres du vestiaire. J’ai par habitude, avec ce profil de joueur-là, et qu’il joue ou non, qu’il vous apporte l’exigence du très haut niveau. Tu ne peux pas pas avoir joué 800 matchs, gagné X trophées et X fois la Ligue des Champions sans être exemplaire, exigeant et très professionnel. Donc, automatiquement, Sergio fait partie des cadres du vestiaire. Il m’est arrivé, dans différents clubs, que ces cadres ne jouent pas à cause de joueurs meilleurs et de la concurrence en vigueur. Je m’appuie toujours sur ce profil de joueurs avec un parcours extraordinaire, le vécu de ces cadres et ce qu’ils doivent amener en termes de professionnalisme. Ils peuvent aussi m’amener des réponses par le biais d’échanges grâce à leur vécu.

Vous me parlez précisément de Sergio, qui a fait une préparation où il n’a manqué aucune séance, a fait beaucoup de matchs et travaille bien. Il a eu un choc sur le quadriceps lors du Trophée des Champions. Je l’ai interrogé deux fois, parce que je le découvre, pour savoir s’il se sentait de terminer le match. Il avait mal, mais comme il est un énorme compétiteur et n’a pas énormément joué jusque-là, il a tenu à finir le match pour montrer qu’il sera présent et disponible cette saison. »

Pour finir sa conférence de presse, Galtier a évoqué le mercato, une partie que nous avons traitée à part :

Le replay vidéo de la conférence de presse :


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