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Que retenir de PSG/Bayern Munich (3-0) ?

Publié le jeudi 28 septembre 2017 à 19:10 par Philippe Goguet
Le PSG s'est imposé 3-0 face au FC Bayern Munich ce mercredi en phase de poules de la Ligue des Champions. Malgré l'ampleur du score, les débats ont longtemps été équilibrés et la partie a été riche d'enseignements, montrant notamment une équipe parisienne sous un autre visage, plus combative et défensive qu'habituellement. Retour sur quelques points à retenir de ce premier choc européen.

Le PSG en 4-3-3 et avec un onze bien établi

Malgré les légers doutes autour de certains postes, Unai Emery n'a pas fait dans l'originalité concernant son onze de départ au moment de défier un FC Bayern qui était en revanche loin de l'équipe annoncée. Marquinhos a finalement été privilégié à Kimpembe tandis que Berchiche a tout bonnement atterri en tribunes, Kurzawa étant le titulaire et Kimpembe la roue de secours sur le banc. Le PSG a donc abordé son match avec exactement la même équipe qu'à Glasgow il y a quinze jours et Emery est même allé plus loin dans son idée d'équipe-type puisque le premier changement n'est intervenu qu'à dix minutes de la fin alors qu'il avait eu lieu dès l'heure de jeu en Ecosse.

Pas de test tactique au menu avec un éventuel passage au 4-2-3-1 et des remplacements tardifs alors que le match était plié dès l'heure de jeu, les Bavarois étant globalement résignés à 0-3. Di Maria a eu un droit à un retour tranquille tandis que Draxler s'est contenté des miettes, comme Lo elsCo. A l'issue de ces deux excellents premiers matches de Ligue des Champions, il en ressort que le PSG a très clairement un onze-type pour l'Europe et que les remplaçants vont devoir être très performants pour bousculer la hiérarchie. Ou attendre les absences des titulaires.

Un but rapide qui change forcément tout :

Alors que le PSG peine souvent à ouvrir le score et que le but le plus rapide de la saison avait été inscrit contre le Celtic à la 19ème minute de jeu seulement, Paris a cette fois trouvé la brèche dès la 2ème minute, et ce alors que le Bayern avait pourtant eu l'engagement. On notera donc que les deux buts les plus rapides de la saison ont eu pour théâtre la Ligue des Champions. De là à dire que les Parisiens sont plus concentrés dès le coup d'envoi pour aborder ces rencontres-là, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons pas.

Reste que ce but rapide a bouleversé les plans de jeu des deux équipes. Ancelotti avait eu un discours prudent la veille du match et son équipe s'est soudainement retrouvée à attaquer pour revenir au score. Côté PSG, les joueurs ont aussi admis que ce but rapide avait changé la face du match. Les deux équipes se sont donc retrouvées à jouer avec leurs plans de jeu alternatifs. Pour le Bayern, c'est plus ou moins la situation qui se présente tous les week-ends, à savoir possession de balle et défense regroupée à contourner. Pour le PSG, en revanche, c'est un contexte complètement différent de ce qu'il rencontre habituellement qu'il a dû affronter. Un contexte qui a d'ailleurs rappelé durant une bonne partie du match la fameuse remontada, avec des Parisiens arc-boutés devant leur surface. Mais cette fois-ci sans céder.

Les trois buts les plus rapides du PSG depuis le début de la saison :

  1. Dani Alves contre le FC Bayern : 2ème minute
  2. Neymar contre le Celtic FC : 19ème minute
  3. Cavani contre Saint-Etienne : 20ème minute

Paris entre souffrance et gestion

Si l'attaque a brillé de mille feux, la défense n'est pas étrangère au score final de ce PSG/Bayern (3-0). A la pause, le 2-0 était même particulièrement flatteur vu la physionomie du match et les expected Goals, autrement dit la probabilité de marquer des buts selon l'endroit d'où part la frappe, donnent le Bayern en tête jusqu'à la 50ème minute de jeu environ. Deux choses sont facilement déductibles et collent à la physionomie du match : Paris a été bien moins en danger en seconde période qu'en première et le Bayern a vraiment secoué le club parisien avant la pause.

Après la partie, Emery s'est réjoui de voir son équipe maîtriser le match sans le ballon, elle qui fait justement de la possession une des bases de ses prestations, parfois de façon abusive. Cette fois-ci, le ballon a été très clairement bavarois, les redoublements de passes également et Paris a globalement passé bien plus de temps à défendre qu'à attaquer. C'est une nouveauté pour le PSG et il semblerait que tout n'ait pas été improvisé, même si les joueurs ont admis que le plan de jeu initial n'a pas vraiment été respecté suite au but précoce d'Alves. Le coach parisien s'est aussi félicité de sa double ligne défensive constituée des quatre défenseurs et des trois milieux. Il a également révélé avoir fait à la mi-temps les derniers ajustements avec ses ailiers pour gérer les centres adverses.

Incapable de trouver de la place dans l'axe au sol face au bloc parisien, le Bayern a largement arrosé de centres (et de corners) la surface de réparation parisienne pour un résultat pour le moins médiocre. Thiago Silva a régné dans les airs, bien secondé par Marquinhos et Areola, et c'est justement là que semblait être le plan de jeu parisien vu l'efficacité pour repousser les tentatives du Bayern. Paris a globalement abandonné les ailes, particulièrement avant la pause, pour se concentrer sur le lieu de destination des ballons afin de mieux les repousser.

Conséquence, des centreurs reconnus comme Kimmich et Alaba n'ont pratiquement jamais réussi à trouver leurs partenaires dans la surface parisienne. La prestation de Lewandowski, cible n°1 des Bavarois, résume bien les difficultés allemandes. Alors qu'il représente un danger constant pour n'importe quelle défense, le Polonais n'est parvenu à exploiter les tentatives de ses partenaires qu'à deux reprises : sa première tête manquait de tranchant et a été captée par Areola, la seconde a décalé un Vidal finalement hors-jeu dans la surface. 

Mais le symbole de ce plan parisien dont l'exécution a globalement été bonne se trouve aussi dans les moments où Paris a mal géré les centres et a semblé surpris. En début de seconde période, quand le Bayern a commencé à tirer ses corners différemment par le nouvel entrant Sebastian Rudy, les premières failles sont immédiatement apparues dans la défense parisienne, visiblement pas totalement au courant de la façon de frapper du milieu défensif allemand. Cela n'a finalement pas eu de conséquences mais cela montré malgré tout que tout n'a pas été parfait dans la préparation de la partie. Pour un plan alternatif, le résultat reste toutefois très satisfaisant.

Le milieu en difficulté ?

Brillant à Glasgow aussi bien dans la récupération que dans l'utilisation du ballon, le milieu à trois parisien n'a pas pu ou su livrer une prestation aussi aboutie. Comme l'ont expliqué les Parisiens, ils se sont adaptés à la configuration du match et il est impossible de savoir à quel point les attaques rapides ont été privilégiées au jeu placé et plus lent que le PSG développe habituellement. Reste malgré tout le sentiment que le milieu à trois parisien Verratti/Motta/Rabiot a été globalement en difficulté face au trio allemand Tolisso/Vidal/Alcantara.

Ce n'est pas tant au niveau défensif que les trois Parisiens ont souffert, leur travail de colmatage devant la surface ayant globalement été de grande qualité. A part Javi Martinez sur un corner mal renvoyé, combien d'Allemands se sont retrouvés aux 20m pour envoyer une bonne grosse kartoffel si typique du football d'outre-Rhin ? Pratiquement aucun, et tout le mérite en revient aux trois milieux, particulièrement généreux dans leur effort défensif.

C'est en revanche sur leur point fort habituel que Motta, Verratti et Rabiot sont apparus gênés, voire dominés, à savoir la capacité à casser le pressing adverse, à faire courir l'adversaire pour laisser respirer l'équipe parisienne et à construire le jeu parisien de façon patiente et méthodique. A plusieurs reprises, les joueurs de Carlo Ancelotti ont su étouffer le trio parisien et celui-ci a alors perdu de sa superbe. Alors que le jeu parisien se base la majeure partie du temps sur ces trois joueurs dominants dans l'entrejeu, ceux-ci ont simplement été les supports des deux points forts du soir, à savoir l'imperméabilité de la défense centrale et la vitesse de l'attaque. Alors qu'elle est habituellement une équipe basée sur son milieu, la machine parisienne était hier une équipe létale à ses deux extrémités. 

Il est dur de savoir à quel point les consignes ont dicté la façon de jouer du milieu mais celui-ci aussi a donc évolué dans un registre légèrement différent, recherchant plus vite qu'à l'accoutumée ses rapides attaquants pour aller vite faire mal à des Bavarois qui laissaient beaucoup d'espace. On retrouve notamment cette perte d'influence dans la carte des passes échangées où le binôme Motta/Verratti apparaît de façon bien moins évidente qu'habituellement :

Une attaque qui révèle ses capacités en contre

Si le score est lourd et laisse une trace forte en ce début de saison, le message envoyé aux adversaires est différent quand il s'agit d'évoquer le jeu et met en avant une caractérisique du PSG que ce dernier peut rarement mettre en avant : Paris sait très bien contrer quand on lui en laisse la possibilité. En Ligue 1, cela n'arrive pratiquement jamais et le premier match de Champions League était sur le même modèle. En prenant la balle et en jouant haut pour revenir au score, le FC Bayern a forcément offert cette possibilité au PSG et il l'a regretté, Ancelotti lui-même convenant que son équipe n'avait pas su gérer la vitesse des attaquants parisiens.

En attaquant franchement et avec un nombre important de joueurs comme l'a fait le Bayern, les Bavarois ont pris le risque d'offrir de l'espace à un trio offensif parisien qui sait parfaitement en tirer profit et semble même s'épanouir dans cette configuration. Avant la partie, Ancelotti avait déclaré que l'équilibre de son équipe entre attaque et défense était la clé et qu'il ne fallait pas laisser d'espaces à Neymar, Cavani et Mbappé. Son équipe n'a pas su le faire et c'est le coach qui en a, dès le lendemain, payé les frais.

A l'avenir, les adversaires vont quelque part devoir choisir leur poison à l'heure d'affronter Paris : vaut-il mieux laisser la balle au PSG quitte à s'époumonner à force de courir derrière, un syndrome bien connu des équipes de L1, ou confisquer le ballon au club parisien et possiblement ouvrir des espaces à ses flèches offensives en tentant d'aller vers le but ? Le Celtic en a pris 5 avec la première solution, le Bayern 3 avec la seconde. 

Un petit goût d'inachevé malgré tout : 

Cela peut paraît légèrement paradoxal alors que les points positifs sont très nombreux au lendemain de ce triomphe qui a plus que fait vaciller la maison Bayern mais il reste de cette partie un petit goût d'inachevé malgré tout. Le score est lourd et jouissif mais la perfection du récent PSG/Barça (4-0) ou la folie du dernier PSG/Bayern (1-0 dans les arrêts de jeu) n'était pas au rendez-vous et Paris a été trop bousculé dans son jardin pour que le match soit parfait. Malgré le score final, la première période a montré une équipe parisienne par moments réellement dominée, une rareté au Parc des Princes.

Pour autant, ce petit goût d'inachevé convient parfaitement à ce qu'était cette partie, à savoir un match de poules qui se tient en septembre. Le résultat est parfait et même au-delà des espérances, il place le PSG en position idéale pour finir à la première place de la poule si tant est que les Parisiens ne perdent pas de points bêtement, il donne de la confiance au groupe ainsi que du temps et du crédit à l'entraîneur. Celui-ci sort également de ce choc plutôt bien géré avec de nombreux axes de travail à étudier en vue du printemps, le moment où les matches inaboutis signifient la fin de l'aventure.

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