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Paredes, les chiffres d'une métamorphose

Publié le vendredi 5 mars 2021 à 19:24 par Thibaut Brossard
Le plus souvent titulaire depuis l’arrivée de Mauricio Pochettino à la tête du PSG, Leandro Paredes a vu son rôle considérablement s’amplifier avec le changement de staff technique. Cette influence accrue se traduit par un niveau de performance en hausse, stats à l’appui. Et s'il était sur le banc mercredi à Bordeaux, le milieu de terrain a vu ses indicateurs monter entre les quatre premiers mois sous la houlette du coach allemand et les deux derniers drivés par l’Argentin.

Les statistiques issues de cet article portent uniquement sur la Ligue 1 et la Champions League et sont majoritairement issues des sites whoscored.com et fbref.com. 

L’échantillon de matches utilisé pour ce comparatif n’est pas énorme (21 en tout : 12 entre septembre et décembre, 9 en janvier-février) mais suffisamment représentatif néanmoins. Paredes a en outre déjà disputé sur la saison plus de minutes (1341) que lors des deux exercices précédents (1285 en 2018-2019 et 1178 en 2019-2020).

Un changement de statut clair

Un premier indicateur de la confiance accordée par le nouveau staff technique est d’ailleurs le temps de jeu accordé : depuis l’arrivée de Pochettino, Paredes a été titularisé à tous les matches où il a été disponible à l'exception du dernier à Bordeaux, c’est-à-dire les neuf matches de Ligue 1 et le 1/8e de Champions League - moins les deux premiers contre Saint-Etienne et Brest où il était blessé. En minutes, cela donne 65 % des minutes totales possibles.

A l’inverse, entre ses blessures, sa suspension et les choix du coach, il n’avait disputé que 33 % du temps de jeu possible sur le début de saison 2020-2021. Si l’on extrapole à l’ensemble de sa cohabitation avec Tuchel, il n’a disputé que 43 % des minutes possibles entre son arrivée en février 2019 et le départ du coach allemand fin 2020. Cela s’appelle un changement de statut clair.

Toutes les statistiques qui vont suivre sont aussi à relativiser selon les adversaires rencontrés cette saison. Un « scan » rapide incite en effet à dire que l’adversité sous Tuchel (Leipzig, MU, Monaco, Lyon notamment) fut plus forte que sous Pochettino (Barcelone, Marseille, Monaco). Les données ont par ailleurs été ramenées à 90 minutes pour pouvoir être comparées car les moyennes par match auraient faussé l’analyse compte tenu des écarts de temps de jeu.

Dépositaire du jeu

Au niveau offensif, la prise de responsabilités de Paredes dans le jeu parisien se traduit dans le nombre de ballons joués. Verratti positionné plus haut sur le terrain, l’Argentin devient le dépositaire du jeu. C’est lui qui dicte le tempo. Certains diront pour le meilleur et pour le pire. En tous les cas, cela se voit clairement dans ses stats de ballons joués et de passes exécutées.

Par rapport au début de saison, il a augmenté d’environ 30 % sa participation au jeu de l’équipe. Son nombre de ballons joués ramené à 90 minutes est même proprement hallucinant (122). Son taux de passes réussies n’a pas pâti de cette hausse du volume de passes et reste très élevé (91.8 %).

Cette saison, il a déjà franchi à sept reprises la barre des 100 ballons joués, dont cinq fois sous Pochettino. Son record est de 142 à Angers. Son record « all time » sous les couleurs rouge et bleu date aussi d’une rencontre face à Angers mais c’était la saison dernière (148), donc avec le précédent coach.

Plus de jeu long, de passes en profondeur et donc de mètres gagnés

Les statistiques relatives à la passe nous montrent tout ce que l’Argentin apporte au jeu parisien : du jeu long en premier lieu. En augmentant son nombre de passes, il a logiquement augmenté son nombre de passes longues qui est passé de 5.7 à 7.3 par 90 minutes. C’est d’ailleurs lui qui en tente et réussit le plus au sein de l’effectif parisien. Son taux de succès dans cet exercice s’est même amélioré en élevant la fréquence de passes (de 61 % à 73 %).

Le graphique ci-dessus montre clairement une augmentation du nombre de passes longues sur la période récente (pour rappel, son premier match avec Pochettino est celui contre Angers).

Outre les transversales pour déplacer le bloc adverse, l’autre spécialité par la passe de Paredes est sa capacité à casser des lignes. Les passes réussies vers le dernier tiers du terrain traduisent cette capacité de l’ancien joueur de Boca à faire progresser le jeu parisien.

Le graphique ci-dessus est éloquent : il a plus que doublé sa moyenne par rapport au début de saison. Il faut dire que ses performances en la matière en fin de règne « tuchelien » étaient particulièrement faméliques (4.5 en moyenne en novembre-décembre 2020). Mais l’écart par rapport aux saisons précédentes (8.3 en 2018-19 et 9.6 en 2019-2020) reste important. Alors qu’il n’avait atteint la barre des 10 passes vers le dernier tiers qu’à deux reprises en début de saison (contre Angers et Bordeaux), il a réussi cette performance un match sur deux depuis l’arrivée du coach argentin, avec un pic à 19 face à Nice. Sur la même période, Verratti tourne à 9.5 et Marquinhos à 7.4. Sur l’ensemble de la saison, seul Verratti tourne à une moyenne supérieure à la sienne parmi tous les pensionnaires de Ligue 1.

Forcément, s’il augmente son nombre de transversales et de passes en profondeur, il fait davantage avancer le ballon. On en a la confirmation avec l’indicateur des mètres gagnés par la passe : il tourne à l’incroyable moyenne de 561 mètres (/ 90 minutes) depuis le début de l’année civile 2021. L’écart par rapport au début de saison (391 mètres) est très important (+44%).

Sur l’ensemble de la Ligue 1 et sur toute la saison, en n’intégrant que les joueurs de champ ayant disputé au moins dix matches, ils ne sont que deux à plus faire progresser le ballon que lui par la passe : Aguerd (Rennes) et Medina (Lens).

Néanmoins, s’il poursuit sur sa moyenne des deux derniers mois, il pourrait doubler les deux défenseurs centraux devant lui.  

Là aussi, l’analyse match par match met bien en évidence l’évolution entre la période Tuchel (en rouge dans le graphique ci-dessous) et la période Pochettino (en bleu).

Hormis face à Marseille (contre qui il n’a joué que 66 minutes), il a toujours dépassé les 300 mètres gagnés, alors que cela ne lui était arrivé que trois fois en douze matches en début de saison. Il a même atteint les 789 mètres face à Nice, seul Verratti a fait mieux pour Paris cette saison (839 mètres à Lens).

Attention toutefois à cette variable des mètres gagnés par la passe puisque les deux pics de Paredes, contre Bordeaux sous Tuchel et Nice avec Pochettino, correspondent justement à des matches où le PSG a été en très grande difficulté dans le jeu durant une large partie du match, avec le ballon qui va d'un but à l'autre et des contres qui s'enchaînent des deux côtés. Plus le ballon bouge sur le terrain, plus il va y avoir des mètres gagnés, sans que ce ne soit forcément favorable à l'équipe.

5 passes clés lors des trois derniers matches

Pour en terminer avec les passes, une dernière « data » illustre bien le poids pris par Paredes dans le jeu parisien : les passes clés. Aussi fou que cela puisse paraître, il n’en avait délivré aucune lors des douze premiers matches de la saison. En huit matches sous Pochettino, il en a réussi sept, dont cinq lors de ses trois derniers matches. Cerise sur le gâteau, deux de ses passes furent même transformées en but : passe décisive pour Mbappé face à Nîmes et pour Kean contre le Barça.

Outre par la passe, c’est par la conduite qu’il fait progresser, dans une moindre mesure, le ballon. Et là aussi, ses stats ont augmenté entre le début de saison tuchélien et les deux derniers mois en passant de 140 à 207 mètres gagnés toutes les 90 minutes.

Ses stats de tirs restent, en revanche, globalement identiques entre les deux coaches (environ 1 tir toutes les 90 minutes). On rappellera que sur les 51 tirs qu’il a pris depuis qu’il joue pour le PSG, il en a déclenché 50 de l’extérieur de la surface. Malheureusement, toujours aucun but à son actif, alors qu’il tournait à 2 buts de moyenne par saison en Italie et 4 en Russie.

Davantage de ballons récupérés

Est-ce que cette production offensive supérieure se fait au détriment de son rôle défensif ? Pas vraiment. Plusieurs indicateurs en attestent.

 Son nombre de ballons récupérés tout d’abord, qui passe de 5.7 à 7.5 d’un coach à l’autre.

Son investissement défensif se voit aussi dans ses stats de duels : même en ayant eu moins de duels à disputer lors des deux derniers mois, il en a gagné plus.

Depuis deux mois, il gagne la majorité de ses duels, ce qui n’était pas le cas avant, en particulier lors de la fin de mandat du précédent staff. Contre Barcelone, par exemple, il a remporté six des neuf duels qu’il a eus à disputer.

Même constat pour les tacles : il en effectue et réussit plus depuis le changement d’entraîneur :

Son match référence en la matière étant la victoire à Angers où il a réussi les sept tacles qu’il a tentés.

Ses stats de dégagements (de 1 à 0.7) et d’interceptions (de 2.2 à 1.1) sont en revanche en diminution. Si le premier chiffre peut s'expliquer par divers facteurs durs à identifier (changement dans le style de jeu, positionnement différent, etc), le second est possiblement le corollaire d'un chiffre précédent, à savoir le nombre de tacles tentés. En tentant plus de tacles, Paredes fait, forcément, moins d'interceptions, d'où une baisse dans ce secteur. Ce n'est pas pour autant qu'il défend moins, au contraire même.

Au global, le constat est sans appel : que ce soit offensivement ou défensivement, les stats de Paredes, même ramenées à 90 minutes, sont largement en hausse depuis la prise de fonctions de Pochettino. Certes, les équipes affrontées, à quelques exceptions près, sont de faible calibre. L’objectif est donc de confirmer ce type de performance sur la durée.

Vous pouvez retrouver les commentaires de l'article sous les publicités.
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