Le samedi 30 mai 2026, le Paris Saint-Germain disputera sa troisième finale de Ligue des Champions, pour ce qui sera sa cinquième finale européenne. Depuis près de quarante ans, nos Rouge et Bleu nous ont fait vibrer en coupes d’Europe, en attendant un nouvel exploit contre Arsenal ? Pour patienter jusqu’au match, CulturePSG vous propose de revivre douze grandes nuits européennes parisiennes, racontées par ses forumeurs. Aujourd’hui, pour le premier de nos quatre articles dédiés, retour sur les années 1990 du PSG en Europe.
18 mars 1993 – Quart de finale retour de Coupe de l’UEFA – PSG / Real Madrid – Par Rjay
C'est auréolé d'un tableau de chasse bien fourni que le PSG aborde son quart de finale en ce mois de mars 1993. En effet, après deux saisons sans Europe et pour sa première campagne sous Canal+, le PSG a fait forte impression en se débarrassant du PAOK Salonique, du Naples de Zola et Ranieri, et d'Anderlecht, le tout sans perdre un seul match et avec une victoire marquante au pied du Vésuve. Mais le tirage au sort lui offre un adversaire autrement plus prestigieux et ardu en lui proposant le Real Madrid de Butragueño, Hierro et Zamorano…et du jeune Luis Enrique.
Cette difficulté se confirme au match aller durant lequel un Real plus expérimenté met à mal l'équipe parisienne, menée 2 à 0 à la mi-temps. La deuxième période verra le PSG retrouver son collectif et, emmené par un Ginola qui commencera à gagner son surnom d'El Magnifico, reviendra à 2 à 1 avant d'être crucifié par un pénalty à la 89e minute.
C'est donc avec deux buts à remonter et la règle du but à l'extérieur chère à Avi Assouly que le PSG accueille le Real Madrid en ce jeudi 18 mars 1993. Fort de sa bonne deuxième mi-temps à Madrid, le PSG et ses supporters croient à l'exploit et Artur Jorge propose une équipe très offensive pour le réaliser, incorporant Amara Simba aux côtés de Weah et Ginola au détriment de Laurent Fournier.
Après un bon début de match, c'est sur un corner où "les grands sont montés" comme le dira Thierry Gilardi (voir le résumé du match ci-dessous) que George Weah propulse le PSG en tête à la demi-heure de jeu. La moitié du chemin est faite à la mi-temps.
En deuxième mi-temps, le PSG est dominateur, mais a du mal à concrétiser malgré une tête sur la barre transversale de Daniel Bravo. C'est alors qu'à la 81e minute, la magie opère : Valdo s'avance et donne à George Weah. Celui-ci, dos au but à l'entrée de la surface, lève le ballon d'un extérieur du pied pour Daniel Bravo, qui remet de la tête en retrait pour Ginola qui fusille le gardien madrilène de l'entrée de la surface. Un but extraordinaire qui permet au PSG d'être alors virtuellement qualifié.

Après un avertissement sans frais à la 87ème où Alfonso voit sa tête passer au-dessus des buts d'un Lama battu, sur un contre mené par Weah et Ginola, Valdo fait danser Rocha et marque le but du 3-0 pour le PSG. Alors que le PSG pense sa qualification assurée, la bête n'est pas morte : 92è minute, coup franc excentré pour le Real, Zamorano est le plus prompt et vient remettre les deux équipes à égalité parfaite pour une prolongation à venir.
Mais le grand Sándor Puhl, arbitre hongrois élu quatre fois de suite meilleur arbitre du monde entre 1994 et 1997, laisse le plaisir durer et, à la 96e minute, offre au PSG un coup franc dans l'angle droit de la surface madrilène. Valdo dépose alors un magnifique ballon qu'un Kombouaré revanchard vient catapulter dans les cages madrilènes. Celui qui gagnera alors son surnom de Casque d'Or, après son but déjà décisif à Anderlecht, envoie les Parisiens au paradis dans une ambiance de folie, pour ce qui était alors le plus grand exploit européen du Paris Saint-Germain.

Cette rencontre restera iconique dans une saison qui a vu le PSG de Canal+ découvrir l'Europe et tout de suite s'y sentir comme chez lui. Bien que battu sans démériter en demi-finale par la Juventus au tour suivant, le PSG marque cette saison-là les esprits, et surtout les cœurs des supporters parisiens.
Cette rencontre m'a marqué par son scénario impensable et la croyance en l'exploit qui se dégageait avant le match : cela allait arriver, le PSG ne pouvait pas s'arrêter là. Je me souviens l'avoir vu avec mon père et mon frère aîné, avoir sauté dans leurs bras, avoir battu le record de la famille du salon-cuisine en passant par le couloir sur les 2e, 3e et 4e buts. Ce match est un des éléments déclencheurs du passage d'un attrait pour le foot à une passion pour le Paris Saint-Germain. Battre le Real Madrid, réaliser un tel parcours, jouer une demi-finale pour cette première saison européenne vécue en tant que supporter restera un souvenir marquant, plein de joies et de folie.
Résumé vidéo :
Composition du PSG : Lama – Sassus (Germain, 77ème), Kombouaré, Ricardo, Colleter – Guérin, Le Guen, Valdo – Simba (Bravo, 72ème), Weah, Ginola. Entraîneur : Artur Jorge.
Buts : Weah (33ème), Ginola (81ème), Valdo (89ème), Zamorano (92ème), Kombouaré (96ème).
4 avril 1996 – Demi-finale aller de la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe – Deportivo la Corogne / PSG – Par D’Alessandro
Ce n'était qu'un match aller, mais il me reste l'impression qu'un poids s'était vraiment envolé ce soir du 4 avril 1996 au Riazor, le stade des locaux. Cette demi-finale aller ne parlera vraisemblablement pas aux plus jeunes de nos fans et pourtant... Moi, en tout cas, sur tant d’aspects, elle m'aura marqué.

Le but de Youri Djorkaeff m'aura en effet fait vibrer quasiment autant que la demi-volée de Fabián Ruiz contre Arsenal en 2025, ou qu’un but d'Ousmane Dembélé. C'est qu'à l'époque, avec notre jeune club, on ne savait pas ce qu'était une finale européenne. La Juventus, Arsenal (hum...), le Milan AC étaient en effet tous passés par là et ainsi, trois années de rang, on s'était fait sortir en demi-finale de Coupe d’Europe. Oui, néanmoins, n'oubliez jamais : avant QSI, il y avait aussi un PSG qui s'illustrait sur la scène européenne, avec ses cinq demi-finales consécutives entre 1992 et 1997.
A l’époque, il manquait tout le temps un petit quelque chose, jusqu'à cette frappe de Youri Djorkaeff à une minute de la fin du temps réglementaire. Une frappe superbe de 22-23 mètres que renierait pas un certain Khvicha Kvaratskhelia.

Oh, ce match n'avait pas été d'une grande beauté, on ne comparera jamais Luis Fernandez à Luis Enrique, mais que cela faisait plaisir de sentir que, cette fois, ça allait être la bonne. Qu'on se rapprochait bien du Graal. Un sentiment de nouveau vécu depuis, mais tellement inédit à l’époque.
La défense à trois NGotty-Le Guen-Roche avait bien tenu, devant un Bernard Lama des grands jours face au champion du monde Bebeto, Fran ou Manjarín. Il allait falloir confirmer cet avantage du match aller au Parc mais, quelque part, on savait. Youri nous avait montré la direction. Et comme le disait alors Charles Biétry au micro, "avec sa seule séance d'entraînement en trois semaines", elle suffisait pour entrer dix petites minutes et sortir cette frappe superbe qui voulait dire "allez là, cette fois on y sera en finale". Ah Youri, quel joueur tu étais ! L'un des plus sous-cotés de l'Histoire.
Pour la petite histoire, ce 4 avril 1996, j'étais en tournoi avec mon club de l’AS Evry en Roumanie. A l'époque, pas de PSG sauce QSI évidemment, mais aussi pas de téléphone portable ou de moyen de communication rapide. Surtout au fin fond de la Roumanie (à Dudetii, à côté de Timioara), où les petits banlieusards que nous étions écarquillions bien fort les yeux devant le fait que les routes n’en étaient pas vraiment pour nous, que les toilettes des maisons se résumaient à une planche dans une cabane au fond d'un jardin, que les Roumains étaient surpris de voir autant de joueurs de couleurs.
Un autre monde donc, qui fait alors comprendre à des gamins de onze ans que tous les pays n’ont pas les mêmes vitesses de développement. Mais les locaux qui nous hébergeaient, malgré tout ça et cette apparente pauvreté pour nous, jeunes Français, avaient quand même le câble. On avait pu voir le match et le but de Youri en direct via Eurosport, et crier donc "Youriiii" ! A mon retour en France, mon père me dira vite "Tu sais le score ? Je t'ai enregistré le match si tu veux, mais je ne te dis rien". Il a souri, j'ai souri, j'ai juste dit "Youri". Eh oui, j'avais vu ce match. De Roumanie -où est aussi née ma passion pour les voyages et je ne l'oublierai jamais-, le PSG a alors aussi appris à gagner.
Résumé vidéo :
Composition du PSG : Lama - Ngotty, Le Guen, Roche - Fournier (Mahé, 85e), Bravo, Guérin, Colleter - Dely Valdés (Djorkaeff, 81e), Loko (Llacer, 47e), Nouma. Entraîneur : Luis Fernandez.
But : Youri Djorkaeff (89e).
8 mai 1996 – Finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe – PSG / Rapid Vienne – Par JTAH
Après un parcours brillant qui a vu le PSG s’imposer face au Molde d’Ole Gunnar Solskjaer, le Celtic Glasgow de Pierre Van Hooijdonk, le Parme de Hristo Stoichkov et le Deportivo La Corogne, voici le PSG lancé face à l’un de ses plus grands défis, remporter sa première coupe d’Europe face à la surprise de la compétition, le Rapid Vienne de Carsten Jancker et du regretté Trifon Ivanov.
Le PSG aborde ce grand rendez-vous européen, dans l’antre du stade Roi Baudouin à Bruxelles, dans une ambiance des plus pesantes, sur fond de crise, après un effondrement en championnat qui lui fera perdre le titre face à l’AJ Auxerre, avec des prestations en première division française indignes de son rang, et une avance de dix points qui s’est envolée en cours de route.
Entre stage commando à Hendaye dans le Pays basque, tensions avec Luis Fernandez et intervention d’un « psychologue » en la personne de Yannick Noah, le PSG se rend en Belgique avec une pression palpable, pour cet événement qui doit aboutir à la concrétisation de quatre années européennes réussies. La coupe d’Europe apparaît comme une bouffée d’air et le PSG n’a pas le droit de se louper sur cet événement.

Et cette finale de Coupe des Vainqueurs de Coupe démarra bien mal pour notre équipe, avec la blessure à la cheville de Raí dès la 6ème minute, qui cédera sa place au panaméen Julio César Dely Valdes peu de temps après.
Dans une rencontre tactique et fermée, ce sont nos Parisiens qui malgré tout ont la maitrise du match, et sur une faute sur Djorkaeff peu avant la demi-heure de jeu, à plus de 30 mètres des buts des Autrichiens, survint le fameux coup franc de « gros nounours » Bruno Ngotty, une frappe superbe et pleine de puissance qui, légèrement déviée, finira néanmoins sa course au fond des filets adverses.

Le PSG ouvre le score et domine, et se crée même de nombreuses occasions d’accroître son avance au score, mais Djorkaeff, Guérin et Loko se montrent pour le moins maladroits face aux cages autrichiennes, et Paris reste sous la menace d’une embuscade. Les dernières minutes sont pesantes, le Rapid Vienne use et abuse de longs ballons dans la surface et le meilleur gardien du monde d’alors, Bernard Lama, est obligé de s’employer avec talent sur deux ballons brûlants dans la surface de réparation. Après trois minutes d’arrêts de jeu, le Paris Saint-Germain est enfin un vainqueur européen, après de très belles épopées qui firent vivre à ses supporters de magnifiques émotions.

Je me revois le lendemain, au centre de documentation et d’information du collège du haut de mes onze ans, sortir le journal l’Equipe de mon cartable et me délecter de sa célèbre une « LA CONSECRATION », le sourire aux lèvres et des étoiles pleins les yeux. Pour la première fois, le palmarès de notre PSG s’écrivait en lettres européennes, et il aura fallu attendre vingt-neuf ans et la bande à Luis Enrique pour récidiver.
Résumé vidéo :
Composition du PSG : Lama – Fournier (Llacer, 77ème), Roche, Le Guen, Colleter – Bravo, Ngotty, Guérin, Raí (Dely Valdes, 12ème) – Djorkaeff, Loko. Entraîneur : Luis Fernandez.
But : Ngotty (29ème).
NB : Merci à HistoireduPSG.fr pour les images