Le samedi 30 mai 2026, le Paris Saint-Germain disputera sa troisième finale de Ligue des Champions, pour ce qui sera sa cinquième finale européenne. Depuis près de quarante ans, nos rouge et bleu nous ont fait vibrer en coupes d’Europe, en attendant un nouvel exploit contre Arsenal ? Pour patienter jusqu’au match, CulturePSG vous propose de revivre douze grandes nuits européennes parisiennes, racontées par ses forumeurs. Aujourd’hui, pour le deuxième de nos quatre articles dédiés, retour sur les années 2000 du PSG en Europe.
La première partie sur les années 1990 est disponible ici.
26 septembre 2000 – Première phase de groupes de Ligue des Champions – PSG / Bayern Munich – Par Babou1
Pour comprendre ce rendez-vous, il faut remettre un peu de contexte. Du contexte au niveau de l’Histoire du club, du contexte au niveau de l’histoire de cette saison particulière, et au niveau personnel du contexte autour de la plus belle histoire de ma vie : le PARIS….SAINT-GER-MAIN.
Cette saison 2000-2001, c’est avant tout le retour du PSG sur la scène européenne, et même sur la plus belle de toutes les scènes, la Ligue des Champions. Depuis ses deux finales consécutives en C2, le PSG n’est pas au mieux à l’échelle nationale comme à l’échelle continentale : une campagne de C1 sans sortir des poules en 97/98, malgré un parcours honorable mais dont le point d’orgue aura finalement été le match retour du tour préliminaire contre le Steaua. Puis une campagne en C2 accablante en 98/99, avec la fameuse sortie de route contre le Maccabi Haïfa dès les 16emes de finales et la tête de chien battu d’Alain Giresse. Enfin, une absence totale des compétitions continentales en 99/2000, qui est peut-être la première fondation de toute la suite avec une équipe confiée, dans l’inconnue la plus totale, à un Philippe Bergeroo qui n’apportait à l’époque aucune certitude mais qui va créer un PSG cohérent, conquérant, performant et surtout très aimable.
Ce PSG 99/2000 qui va remettre le club sur l’échiquier européen est une de mes équipes préférées parmi les époques, avec le repositionnement d’Okocha en doublette avec Ducrocq, Robert et Benarbia pour faire lever le stade, Christian/Lolo Leroy diablement complémentaires, et le plus beau jeu de maillots possible (trois réussites totales). Bon, on ne parlera pas du point Godwin (Okpara) ni de la finale contre Gueugnon. L’essentiel est ailleurs : après une lutte remarquable face à un impressionnant Monaco, le PSG est de retour en LIGUE DES CHAMPIONS.
A l’été 2000, la base de la saison précédente a été renforcée de manière spectaculaire par ce qu’on a appelé à l’époque de façon maladroite la « génération banlieue ». Le PSG revient en Ligue des Champions et surtout pas pour y faire de la figuration, avec un recrutement pharaonique : Letizi, Déhu, Distin, Dalmat, Luccin, Mendy et évidemment Nicola Anelka du Real Madrid, acheté pour 220 millions de francs (soit 33,5 millions d’euros, record de l’époque pour notre club).

Cette ambition marquée, dans la continuité de la saison précédente réussie, ne s’était plus fait sentir depuis des années. Les maillots fleurissent partout dans la capitale, un engouement différent et plus puissant émerge, quelque chose change et tout le monde veut croire dans le retour d’un grand d’Europe, la présentation en grande pompe au Parc des Princes de Nicolas Anelka étant peut-être le plus bel exemple de cet été d’espoirs.
A titre personnel, c’est ma deuxième année d’abonnement en tribune Auteuil Rouge (c’est peut-être pour cela que 99/2000 restera toujours à part pour moi) : je remercierai toujours mes parents de m’avoir permis de découvrir le collège en même temps que la C1 au Parc des Princes, ça a changé ma vie. J’ai même gardé mon abonnement, en souvenir de cette saison.
Celle-ci démarre bien, par une victoire estivale en ouverture du championnat face à Strasbourg, puis des matches à l’extérieur un peu plus poussifs, et ensuite PSG/Bastia à la toute fin de l’été. Pour rentrer plus tôt sur Paris et ne pas rater ce match qui célèbrait les trente ans du club, j’ai fait une petite feinte de maladie pour écourter les vacances. A la clé, belle victoire, grosse ambiance, premiers buts d’Anelka dont une magnifique reprise (finalement involontaire du tibia), l’avenir est à nous et le mois de septembre s’annonce complètement fou avec 3 matches de Ligue des Champions.
En championnat, les résultats sont plutôt bons au Parc des Princes, mais médiocres en déplacements (grosse défaite à Troyes avant d’exploser Saint-Etienne au Parc), avant que ne commence enfin ce que tout le monde attend : les nuits européennes. L’entrée dans la compétition est ratée, avec une défaite (1-3) à Rosenborg en Norvège. Heureusement, le PSG à l’occasion de faire oublier tout cela dès la semaine suivante avec la première rencontre au Parc des Princes contre les Suédois du Helsingborgs.
Je me souviens ne pas avoir dormi la nuit précédente, les fameux gribouillis sur mon cahier de texte étaient tous en forme d’étoiles. Arrive enfin la musique de la compétition reine dans mon stade, dans mon virage, je ne réalise pas.
Anelka ouvre le score, les Suédois égalisent puis Laurent Robert envoie une lucarne de folie depuis l’angle de la surface en rentrant sur son pied gauche de feu, là je ne sais plus où j’habite, c’est trop de bonheur. 4-1 score final, les rêves de grandeur de l’intersaison se prolongent. Trois jours plus tard, PSG/Nantes en championnat : Robert inscrit le même but, mais de l’autre côté du terrain et avec son pied droit. Rien ne peut nous arriver, le PSG est leader du championnat et reçoit le grand Bayern Munich trois jours après.

Le Bayern, pour moi c’est George Weah qui dribble toute l’équipe, j’étais trop jeune pour voir le match mais j’ai visionné Euro PSG 94/95 une bonne cinquantaine de fois, le Bayern c’est un mastodonte européen, le Bayern c’est le club qu’Anelka avait éliminé l’an passé en demi-finales avec le Real Madrid.
Là, je ne vais pas vous mentir, je ne me souviens pas de tout le contenu du match, en revanche je me souviens minute par minute, visage par visage, chant par chant de ce qu’avait été l’atmosphère du Virage Auteuil. Je me rappelle d’un match où on avait tenu la dragée haute aux Allemands, une intensité folle, des opportunités de Christian et Anelka notamment, une ambition affirmée des deux côtés et un match assez ouvert, Bergeroo laissant Ducrocq sur le banc pour un milieu Dalmat/Luccin.
Jusqu’à ces arrêts de jeu, et une phase préparatoire qu’Aimé Jacquet, aux commentaires du match, aurait voulue plus mature, plus patiente, mais qui finalement débouche sur un pointard victorieux de Lolo Leroy et un Parc qui chavire dans l’hystérie et le bonheur les plus dingues. L’arbitre siffle la fin du match, personne ne part, je passe trente minutes dans un Virage Auteuil encore rempli à chanter face au parcage allemand juste à côté, et pour notre PARIS…SAINT GER-MAIN.
Retour très tardif à la maison, je me fais embrouiller de façon extraordinaire par la mama, le prof de techno va surement m’éclater le lendemain matin, mais moi j’ai passé la plus belle soirée de ma vie et je ne l’oublierai jamais. Comme disait Aimé Jacquet à la 92ème, sur la préparation de l’action décisive : « on n’est pas pressés de toute manière ».
Résumé vidéo :
Composition du PSG : Letizi – Algerino, Rabesandratana, Déhu, Mendy – Dalmat, Luccin, Benarbia (Ducrocq, 69ème), Robert – Anelka, Christian (L.Leroy, 79ème). Entraîneur : Philippe Bergeroo.
But : L.Leroy (90ème).
24 octobre 2000 – Première phase de groupes de Ligue des Champions – PSG / Rosenborg – Par Babou1
Suite à la victoire extraordinaire face au Bayern, le PSG conclut un mois de septembre intense qui le voit être bien placé en championnat comme en Ligue des Champions. Le recrutement époustouflant de l’été semble être digéré et assumé, même si les performances à l’extérieur et certains contenus de match laissent toujours planer quelques doutes sur les forces réelles de ce PSG, et suggèrent une fragilité qui pourrait ne pas toujours être contrebalancée par ses individualités.
Retour de trêve internationale pour nos joueurs et un enchainement de quatre matches importants à la suite se profile, à l’issue desquels on en saura plus sur ce PSG. Ça commence avec un PSG/OM dans un Parc des Princes bouillant, qui nous servira un de ses tifos les plus mythiques avec le Magicien. Le match est enlevé, Letizi est très bon et comme très souvent, l’homme providentiel est Laurent Robert, de la tête, pour ouvrir le score, alors que Christian fera le break pour sceller la victoire (2-0) en fin de match. Le PSG est sur le trône, et je ne parle pas du championnat cette fois-ci.

On se déplace ensuite en Bavière pour un match raté : scénario frustrant au possible avec un but encaissé à la 5ème minute et un autre à la 90ème, pour une défaite (0-2) à oublier, il faudra donc se qualifier à domicile en battant Rosenborg la semaine suivante.
Avant ce rendez-vous européen décisif, le PSG va une nouvelle fois éprouver des difficultés à l’extérieur mais l’emporte (3-2) et ramène trois points du Stadium de Toulouse, et peut ainsi se concentrer sur son objectif qualification : il faut battre les Norvégiens.
Face à Helsingborgs, il y avait une grosse ferveur pour le retour de la C1 au Parc des Princes, puis face au Bayern c’était irréel, mais avant ce match face à Rosenborg il flotte une atmosphère très particulière, entre ambition, force et excitation. Ce soir, le PSG peut se qualifier pour la deuxième phase et valider son retour parmi les (très) grands, et le Parc est bien décidé à tout faire pour l’aider à y parvenir.
Et ça n’aura pas trainé : ce match part en feu d’artifice, le PSG emballe directement la rencontre, les nordiques ne savent plus où donner de la tête, ça part de tous les côtés dans une version hyper offensive du PSG qui lance des flèches sur chaque récupération. Robert, Dalmat, Christian, Anelka, ça va beaucoup trop vite pour Rosenborg. Durant le premier quart d’heure, le PSG aurait pu ouvrir le score trois ou quatre fois, mais il y a toujours un pied qui traîne ou le gardien qui sauve les visiteurs, jusqu’à ce que Déhu (ou via un CSC, c’est confus) ouvre le score à la 16ème minute.

Là, c’est parti : Christian en s’y reprenant à deux fois à la suite d’une frappe de Robert à la 25ème, puis Anelka suite à un ballon qui lui revient dans ses pieds au point de penalty à la 35ème, aggravent le score et rendent le tableau d’affichage bien plus conforme à ce qu’on voit sur le terrain depuis le début. A ce moment-là, chaque offensive parisienne est suivie par quatre ou cinq joueurs dans la surface adverse, l’équipe joue avec une confiance totale, mais on connaît notre PSG, rien n’est jamais facile, rien n’est jamais « logique », et dès la minute suivante, des Norvégiens pourtant asphyxiés marquent deux buts en cinq minutes, et reprennent l’avantage à la différence de but particulière face au PSG. Et surtout, peuvent reprendre la deuxième place au PSG en cas d’égalisation.
Mais le PSG continue à attaquer et juste avant la pause, Peter Luccin vient conclure cette mi-temps délirante d’une belle tête plongeante sur un centre parfait de Robert. La deuxième mi-temps est plus rationnelle de la part des deux équipes, jusqu’au dernier quart d’heure. Lolo Leroy a remplacé Christian et va faire revivre le match en marquant le but du 5-2, puis 6-2 sur un penalty de Robert, et finalement 7-2 après un ultime but d’Anelka en solo. Le PSG est qualifié pour la phase suivante !

Ce match, qui ne parle peut-être pas à la nouvelle génération de supporters parisiens, est pourtant une soirée qui aura marqué toute une époque. Il constitue, sur le moment avec la qualification en poche, et avec la manière dont elle a été obtenue en battant le Bayern et en établissant contre Rosenborg un record de buts marqués en LDC, une validation du projet de reconstruction lancé l’été précédent avec des investissements massifs, pour refaire du PSG la place forte du football européen qu’il a été quelques années auparavant.
De la seconde place en 99/2000, en passant par la signature d’Anelka et par le statut de leader du championnat, jusqu’à l’écrasant succès contre Rosenborg pour valider le retour du PSG sur le devant de la scène continentale, on a vécu une période magique qui était censée nous remettre là où on a toujours pensé légitime de se trouver, à savoir sur le toit de l’Europe.

Par la suite tout s’est écroulé, que ce soit en championnat ou en Ligue des Champions (on sortira de la compétition au tour suivant face à La Corogne, à Galatasaray, et à José Mari et le Milan AC), « j’ai vomi » (hommage à Vahid) plusieurs fois. Avec le recul, je pense que ce soir d’octobre 2000, après ce 7ème but, aura été le point culminant de notre histoire européenne pendant de longues années, une parenthèse enchantée de quelques mois coincée entre la finale de Coupes des Coupes (malheureusement perdue contre le Barça) le 14 mai 1997 à Rotterdam, et l’ère QSI.
Résumé vidéo :
Composition du PSG : Letizi – Mendy, Rabesandratana, Distin, Algerino – Dalmat, Luccin (Ducrocq, 60ème), Déhu, Robert – Anelka, Christian (L.Leroy, 73ème). Entraîneur : Philippe Bergeroo.
Buts : Déhu (16ème), Christian (24ème), Anelka (35ème), George (36ème et 38ème), Luccin (45ème), L.Leroy (76ème), Robert (87ème), Anelka (90ème).
18 décembre 2008 – Phase de groupes de Coupe de l’UEFA – PSG / Twente – Par Rod Jr
Le PSG-Twente de décembre 2008 aurait pu être une affiche banale de Coupe UEFA, mais restera comme l’une des plus grandes émotions européennes de la décennie. J’avais 20 ans et je suivais le PSG partout cette saison-là, au Parc des Princes comme à l’extérieur. Si en championnat, l’équipe tournait très bien, le turn-over effectué en Europe a fait que nous n’étions pas qualifiés au coup d’envoi et qu’il fallait faire mieux que les Espagnols de Santander, qui recevait Manchester City au même moment, pour se qualifier pour le tour suivant.
L’avant-match était déjà très particulier. Comme à leur habitude, les Hollandais s’étaient déplacés en masse et ont été plus que bien reçus par la tifoseria parisienne, pour ce qui sera peut-être l’un des derniers moments d’union du peuple parisien avant le tragique plan Leproux. Avec le stade Jean Bouin (voisin du Parc des Princes) envahi, c’est dans un contexte de chaos total (lacrymos, pétards, police sur les dents) que s’est faite l’entrée au stade, avec l’impression que Paris s’était fait respecter.
Le Parc sonnait presque creux. On annonçait 30 000 personnes, mais on était probablement un peu moins. C’était l’hiver et une affiche peu glamour, avec un accès à la billetterie bloqué à cause des incidents d’avant-match.

Mais conformément à la puissance visuelle et sonore de ses ultras de l’époque, nous avons eu un Parc des Princes moins rempli que prévu, certes, mais en mission derrière son équipe, avec une oreille à Santander. Dès le début, le Parc pousse et Paris démarre fort grâce à Luyindula, 1-0, puis Sessègnon, 2-0. Le Parc explose, on y croit, mais on apprend très vite des mauvaises nouvelles venues d’Espagne.
Santander mène aussi 2-0 à la mi-temps. Puis 3-0 en seconde période. Il faut encore marquer par deux fois pour se qualifier si le score en reste là. Quand Kezman rate son penalty à l’heure de jeu, le doute envahit légitimement le Parc, d’autant plus que les deux mille Hollandais présents chambrent et se font enfin entendre. Petit moment de flottement, mais le Parc reste derrière son équipe jusqu’à la 84ème et deux minutes de folie pure qui sont restées dans la légende rouge et bleu.
De l’intervention rageuse de Marcos Ceará à la célébration de Luyindula devant Auteuil, le Parc était complètement fou, comme rarement je l’ai vu. On se retrouve plusieurs rangs plus bas sur les deux buts, tout le monde s’écroule, le temps s’arrête, je pense que c’est l’un des plus gros chaos que j’ai vécu en tribunes.
Sur ce but de Luyindula, je pense que tous les présents au stade se souviennent de l’éternité que nous a semblé durer le moment où il crochète le gardien, avant de résister au défenseur et marquer dans le but vide. Célébration très marquante de tout l’effectif parisien, banc compris, les uns sur les autres, un peu comme nous en tribune.

Et ce chaos va continuer : à partir de là, tout le stade annonce des faux scores venus d’Espagne : 4-0, 5-0, 4-1… Même le banc parisien croît dans ces informations erronées, et Paris repart à l’attaque dans les arrêts de jeu, avec un Landreau quasiment libéro, avant de comprendre que c’était en réalité Manchester City qui avait marqué, nous donnant une marge confortable pour la qualification. On n’est alors pas passé loin d’un imbroglio énorme, tellement “PSG” de l’époque.
Le coup de sifflet final libère tout le stade et les joueurs célèbrent un long moment. Ce fut une qualification européenne qui aujourd’hui semblerait anodine, mais qui à l’époque comptait énormément pour nous, tant les émotions sur la scène européenne étaient rares depuis le début des années 2000. Et surtout, il me reste ce sentiment incroyable d’avoir vécu une soirée totalement chaotique, avec un Parc des Princes en fusion malgré le froid et les presque vingt-mille places vides, une tension permanente dès l’avant-match, deux minutes complètement irréelles, et tout qui tourne en notre faveur.
Résumé vidéo :
Composition du PSG : Landreau – Ceará, Camara (Chantôme, 62ème), Sakho, Armand – Pancrate (Giuly, 72ème), Bourillon, Clément, Sessègnon (Hoarau, 62ème) – Luyindula, Kezman. Entraîneur : Paul le Guen.
Buts : Luyindula (8ème), Sessègnon (23ème), Ke~man (84ème), Luyindula (86ème)
NB : Merci à HistoireduPSG.fr pour les images
La première partie sur les années 1990 est disponible ici.