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Le marasme collectif de PSG/Leipzig analysé d'un point de vue tactique

Publié le jeudi 26 novembre 2020 à 13:35 par Simon Piotr
Organisé dans un 4-3-3 hybride face au 4-2-3-1 de Leipzig, le PSG a confirmé toutes ses difficultés du moment et dû s’en remettre à un penalty de Neymar pour vaincre une équipe allemande qui a dominé dans le jeu. Retour sur cette partie marquée par l'indigence collective rare des Parisiens.

Une relance du PSG en difficulté

37.2 % de possession de balle, c’est avec ce petit chiffre que le PSG est rentré aux vestiaires à la mi-temps du match contre Leipzig, une première depuis trois ans pour les Parisiens. En effet, le PSG positionné dans son 4-3-3 / 3-4-3 a eu toutes les peines du monde à maîtriser ses phases de possession face à Leipzig, que ce soit pour relancer depuis l'arrière comme pour attaquer dans le camp adverse. 

Face à une équipe plus en forme, au jeu porté sur une large possession de balle et menée après dix minutes de jeu ; le PSG n’a pas réussi à se sortir de l’étouffant 4-4-2 de Leipzig en phase défensive. Pourtant, la structure de jeu choisie aurait pu aider le PSG. 

Le PSG qui s’organise dans une sorte de 3-4-3 à la relance face au 4-4-2 de Leipzig :

  • Danilo décroche entre les centraux
  • Paredes et Herrera forment un double pivot dans l’axe
  • Neymar et Di Maria (+ Mbappé sur certaines actions) occupent les half-spaces

La déformation du 4-3-3 en 3-4-3 était intéressante et prévisible face à un Leipzig qui défend en 4-4-2 depuis deux matches car elle permet notamment de créer une supériorité numérique sur la première ligne face aux attaquants adverses. Danilo peut se placer face au jeu, lui qui était le milieu du jour le plus fragile sous pression. 

En revanche, le fait de se priver de Leandro Paredes comme premier relanceur, forcé de jouer la quasi-totalité du temps dos au jeu, coupe sa relation technique avec Neymar ce qui reste peut-être le plus gros avantage de ce système très axial. Diallo se retrouve donc en homme libre principal face au jeu pour relancer mais, là encore, la faillite technique de Bakker (55 % de passes réussies) et le fait que Neymar est soit trop éloigné de lui, soit couvert par les positions de Olmo ou Haidara, ne permettent pas au PSG de progresser sur le terrain. 

En effet, le football n’est pas un jeu d’échec. Imaginer un avantage systémique sur l’adversaire ne vaut que si l’on a les ressources techniques nécessaires pour l’exploiter. Sans joueurs suffisamment habiles ou inspirés pour attaquer par les ailes (Neymar dans le half-space ou l’axe, Bakker et Florenzi invisibles, Mbappé limité dans sa liberté par l’absence d’une vraie pointe), le PSG se retrouve souvent bloqué dans l’axe, et met le 4-4-2 en zone de Leipzig dans le confort pour défendre. 

Incapable de sortir de la pression, le PSG a dû la subir de plein fouet soit par des pertes de balle, soit en jouant long vers les attaquants. Mais là encore, l’incapacité des attaquants parisiens à recevoir du jeu long ainsi que le rapport athlétique trop défavorable (taille moyenne 1m77 pour l’attaque Neymar-Mbappé-Di Maria contre 1m89 de moyenne pour la défense Mukiélé-Upamecano-Konaté) ont permis à Leipzig de rester haut sur le terrain. 

Paredes est parvenu à se retourner et prend appui sur Herrera, qui n’a jamais pris l’info de Neymar démarqué dans son dos, et joue directement en retrait vers Diallo. Sans avoir eu à positionner son bloc très haut au départ de l’action, Leipzig prend l’avantage territorial, repousse le ballon jusqu’à Navas, et le portier parisien doit allonger pour tenter de trouver .. Neymar en duel aérien face à Upamecano. 

Privé de solutions offensives viables durant toute la rencontre, Paris a dû s’en résoudre à un Neymar totalement à côté de ses pompes pour attaquer : 67 % de passes réussies, un seul dribble réussi dans le dernier tiers, 11 pertes de balle dans des zones dangereuses. Malgré un pénalty victorieux, Neymar n’a pas pu aider l’équipe, voire a fait couler l’animation offensive avec lui. 

Défensivement, le 7 + 3 a fait son retour

Le PSG tente bien de presser par moments en 4-3-3, formation de base de l’équipe, mais manque de gaz et de coordination pour inquiéter Leipzig sur le long terme. Cela a été néanmoins suffisant pour les pousser une fois à l’erreur en début de rencontre, perte de balle sur laquelle Di Maria obtient le pénalty décisif. 

Privé du ballon chez eux, les Parisiens doivent s’employer défensivement pour contenir les assauts répétés de Leipzig autour de la surface. En effet, avec seulement sept joueurs totalement impliqués défensivement, et trois attaquants avec une participation très sporadique, le PSG  doit défendre dans le 7 + 3 inauguré durant l’ère Unai Emery avec les attaquants qui jouent la carotte plus haut sur le terrain. 

  • Le PSG en 7 + 3, assez bas et orienté en zone dans l’axe face au ballon
  • Leipzig attaque surtout dans l’axe avec peu de débordements ou d’exploitation réelle des côtés
  • Angelino et Sabitzer libres face au jeu pour organiser

Cette animation défensive force le PSG à défendre assez proche de sa surface puisqu’avec seulement trois milieux pour couvrir la largeur, une position trop agressive laisserait de trop grands espaces à exploiter, surtout face à Leipzig qui est une équipe habituée à mettre beaucoup de joueurs dans le camp adverse. 

Le pouvoir d’intimidation du PSG en transition offensive a cependant l’avantage de limiter les ardeurs offensives de ses adversaires dans une certaine mesure. Angeliño, latéral gauche très offensif, est par exemple très impliqué avec ballon face au jeu, mais n’a pas joué dans son registre habituel qui consiste à attaquer la ligne défensive adverse avec ou sans ballon en étant souvent le joueur le plus haut de son équipe. Cette position assez précautionneuse rappelle le rôle des latéraux du Bayern Munich en finale de Ligue des champions qui devaient couvrir les attaquants parisiens. 

Toutefois, le marquage en zone des Parisiens côté ballon avec les milieux proches les uns des autres offre à Leipzig des possibilités de renversement du jeu côté opposé avec des situations d’égalité numérique. Peu ou mal exploitées par Leipzig, les Parisiens gardaient le contrôle avec Diallo-Marquinhos solides dans leur surface et Bakker qui a pris des ballons au deuxième poteau face à Olmo et Haidara. 

Centre au deuxième poteau de Leipzig, infériorité numérique avec les projections de Poulsen, Forsberg, Mukiele et Olmo, bien repoussé par Bakker. 

Passée la demi-heure de jeu, Leipzig cherche de plus en plus de relais intérieurs avec des passes vers Forsberg ou Poulsen, ce qui a offert l’occasion de Poulsen servi dans les pieds en pleine surface et qui ne cadre pas sa frappe. Les deux autres occasions de Leipzig viennent de Forsberg sur deux centres, un qui vient d’un jeu dos au but de Poulsen qui lance Olmo, et le second en début de deuxième période après une touche haute.

Trop limité dans sa création offensive malgré la domination territoriale, Leipzig a été renvoyé à son manque de qualité individuelle et s’est résolu à des frappes de loin qui font passer un frisson chez le supporter inquiet, mais peu dangereuses en réalité. Le seul tir cadré de Leipzig dans la surface parisienne vient même d’une tête d’Upamecano en début de match. 

De l’adaptation en seconde mi-temps 

Autour de l’heure de jeu avec le remplacement de Di Maria par Rafinha, le PSG modifie légèrement son animation défensive avec Danilo qui glisse en défense centrale, Paredes en sentinelle, et Rafinha relayeur gauche. Sans changer globalement l’approche des siens, Tuchel veut sans doute se prémunir contre les attaques qui passent de plus en plus par les côtés, tout en rajoutant un homme de plus dans le bloc bas, le PSG défendant du coup à huit joueurs et non plus sept. Au cours de cette fin de match, Marquinhos a tenu son rôle de patron de défense en écartant plusieurs centres dangereux. 

Le PSG se positionne dans un 5-3-2 défensif, Danilo passe en libéro permanent, Mbappé et Neymar restent seuls en pointe, comme souvent dans les fins de matches européens. 

Le bruyant Nagelsmann a bien tenté d’alourdir le poids de son équipe dans la surface parisienne avec l’entrée de Sørloth, grand attaquant de pointe, mais c’est bien Poulsen qui reprend de la tête un corner à la 79e minute, au-dessus de la cage de Navas. Force est de constater qu’après cette dernière alerte, la défense ne sera plus vraiment inquiétée jusqu’au bout des 96 minutes de jeu.

Le PSG retrouve même légèrement des couleurs après l’entrée de Kean et Verratti qui proposent plus que certains titulaires en quatre-vingt minutes (à remettre dans le contexte d’une adversité qui arrive au bout physiquement). Malgré la grande fatigue et la nervosité visibles des Parisiens, le PSG confirme bien sa toute petite victoire contre une équipe moyenne de Leipzig. 

Il fallait absolument une victoire pour relancer la course à la qualification en huitièmes de Ligue des champions, c’est chose faite. Pour le jeu et la forme globale de l’équipe, on repassera.

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